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dimanche 30 décembre 2012

PSA mise sur la mobilité et le service pour la période 2012-2015


On peut dire ce qu'on veut de PSA Peugeot Citroën, mais le groupe commence à avoir une stratégie lisible dans la mobilité et le service. Les détails ont été fournis lors d'une conférence tenue à l'ADN (Automotive Design Network), le centre de design "maison" et à destination des investisseurs.



En ce qui concerne le véhicule électrique, PSA sera présent sur le marché (Peugeot ion et Citroën C-Zéro) avant Renault, grâce à son accord avec Mitsubushi, et a des accords avec quelques partenaires dont ALD Automotive, Arval, Lease Plan, la Deutsche Bahn en Allemagne et le néerlandais Green Wheels. Avec les deux véhicules déjà cités, mais aussi les utilitaires électriques avec batterie Venturi (Peugeot Partner et le Citroën berlingo First), et en plus le scooter électrique e-vivacity (lire l'article sur le congrès Mobilis du 18 novembre), PSA prévoit de produire 100 000 véhicules électriques d'ici 5 ans.


Voir la vidéo de la Citroën C-Zéro :




PSA mise aussi sur son nouveau service de mobilité "Mu by Peugeot". C'est une solution de mobilité globale qui, sur la base d'une carte et du prépayé, permet à partir d'une carte privative, d'accéder à plusieurs moyens de transport au sein de la marque (voiture, utilitaire, scooter électrique, vélo) et d'utiliser des accessoires (GPS) sur une base de "pay per use". On ne paye que ce que l'on consomme.



Mu a été testé avec succès dans l'ouest de la France et sera déployé en 2010 à Paris et Berlin, puis dans les grandes villes européennes. PSA pourra capitaliser sur ce service pour diffuser ses véhicules électriques avec par exemple de la location ou du leasing avec batterie incluse.



Le troisième pilier est la télématique : un domaine dans lequel il est très actif et figure parmi les leaders en Europe. Le groupe PSA disposera fin 2012 d'un million de véhicules "connectés" grâce à l'appel d'urgence. Les automobilistes disposeront de services comme un trafic enrichi, du diagnostic à distance et la mise à jour pour les radars.



PSA souhaite également viser les jeunes avec des sites communautaires (mycitroen.fr et mypeugeot.fr), dont le premier est déjà actif, pour entretenir un lien autour des futurs produits et services, comme sur les réseaux sociaux.

samedi 22 décembre 2012

La France prépare les biocarburants de seconde génération



Voilà au moins un domaine où la France n'est pas en retard. Même si l'Allemagne est en avance sur nous, notre pays a la chance d'avoir à la fois de la matière première et de la matière grise pour faire avancer le dossier des agrocarburants (c'est un terme qui passe mieux que biocarburants auprès des écologistes). L'actualité vient du fait que le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) et ses partenaires, dont Air Liquide et Choren, viennent de lancer la première phase d'un projet visant à produire des biocarburants de seconde génération. Le site de Bure-Saudron, à la lisière de la Haute-Marne et de la Meuse, va produire à partir de 2011 ce qu'on appelle du BTL : Biomass To Liquids.
Ce site pilote va permettre de tester l'ensemble de la filière, depuis la collecte de biomasse jusqu'à la production de carburants (en passant par la gazéification et la conversion en carburant synthétique par le procédé Fischer-Tropsch). L'usine produira 23 000 tonnes de carburants, dont du biodiesel, du kérosène et du naphta. Précisons au passage que l'ajout d'hydrogène, pour l'amélioration du rendement lors de la conversion de la biomasse, constitue une première mondiale dans ce projet.




Il convient de rappeler que le projet Futurol, qui porte lui sur du bio-éthanol de seconde génération, avait été lancé fin 2008. Le projet est porté par le pôle de compétitivité IAR (Industrie et Agro-Ressources) en Champagne-Ardennes avec le concours notamment de l'INRA, de l'IFP et de Total. L'objectif est de passer du sucre de la betterave et de la graine des céréales à la plante entière pour fabriquer des carburants. On extrait la cellulose de la plante et on utilise des enzymes, d'où le nom d'éthanol ligno-cellulosique. A surface équivalente, on produira plus d'essence verte, sans impact sur l'alimentation. L'objectif est de produire 180 000 tonnes de bio-éthanol par an sur le site de Bazancourt (Marne) et de commercialiser ce produit en 2015, date à laquelle le marché sera prêt à absorber ce carburant.
La France, qui a devancé la directive européenne (5,75 % de biocarburants dans les carburants en 2010) et qui a décidé de porter ce chiffre à 7 %, a certes fait des erreurs (filière désastreuse de l'éthanol E85), mais elle est dans le bon wagon pour les biocarburants de seconde génération.

jeudi 13 décembre 2012

Bright Green Event, l'autre événement de Copenhague



Comme tout événement qui se respecte, la conférence sur le climat de Copenhague a ses "side events". C'est un peu comme les festivals d'été avec le "in" (les artistes officiellement invités) et le "off" (ceux qui cherchent à se faire remarquer par le public). Le "Bright Green" était donc ce week end l'un des "à-côtés" du COP15. Ce n'était pas vraiment un "happening" d'affreux gauchistes, puisqu'il était organisé par la confédération danoise de l'industrie (le Medef local en quelque sorte).



C'était en fait un événement taillé sur mesure pour les industriels, qui pouvaient ainsi venir faire un speech pour présenter leur stratégie afin de sauver le monde et exposer leurs produits. 170 compagnies de taille mondiale ont répondu à l'appel du "Bright Green". On y trouvait des sociétés de l'industrie (Alstom, General Electric, Honeywell, Philips, Sony) et de l'informatique (Intel, Microsoft), des prestataires de services (FedEx), des fournisseurs d'énergie (Air Liquide, GDF-Suez, Dong Energy au Danemark, Total, Statoil), des pôles de recherche (clusters Cleantech de Copenhague, Norvège et Finlande, site de test suédois TSS pour les véhicules hybrides), des villes (Malmö en Suède, Masdar à Abu Dhabi) et des pays (Canada, France).




Les acteurs de l'automobile sont venus à cet événement. On peut citer par exemple Toyota qui, par sa filiale danoise, a rappelé que 2 millions de véhicules hybrides ont été vendus depuis la première Prius en 1997, que la Prius 3 ne rejette que 89 grammes de CO2 par km, et que 150 Prius hybrides rechargeables vont être testées sur route ouverte à partir de 2010 et pour une période de 3 ans en Europe. La marque rappelle par ailleurs qu'elle explore la piste des biocarburants, de l'électricité et de l'hydrogène.
Plus étonnant, Volvo était représenté à plus d'un titre. La marque suédoise, qui est l'un des transporteurs officiels du COP 15 (voir l'article du 7 décembre), a présenté un transfert de technologie sous le nom de la société ChromoGenics. C'est une start up qui fait du vitrage électro-chrome, filtrant les UV et limitant ainsi les besoins en climatisation, grâce à un verre qui devient translucide. La solution ConverLight peut servir aussi bien dans les voitures que dans les bâtiments et pour d'autres applications encore. Lien pour voir la vidéo :
http://www.chromogenics.com/video_eng.htm
Parmi les autres constructeurs, il y avait aussi Saab, présent en voisin, et surtout Peugeot, venu présenter la Ion électrique, ainsi que la 3008 Hybrid4, la 207 à faible CO2 et le service "Mu" de mobilité intégrale. La marque a aussi présenté lors d'une conférence son puits de carbone en Amazonie (deux millions d'arbres réimplantés et 110 000 tonnes de CO2 économisées en 10 ans), qui est un projet sur 40 ans.
Les équipementiers n'étaient pas en reste. Johnson Controls produit par exemple des batteries pour les véhicules hybrides (Mercedes, BMW et Ford) et a des projets dans l'électrique. La marque américaine a monté une joint venture en France avec Saft (à Nersac, en Charente) et va démarrer un site de production de batteries lithium-ion dans le Michigan.
Le camion se montrait également à Copenhague. Man disposait d'un stand sur le "Bright Green".



La Suède présentait également son savoir-faire en matière de développement durable, ne serait-ce qu'à travers l'initiative Symbiocity (réseaux d'experts pour rendre une ville plus "verte").



Ce réseau s'appuie sur l'élaboration d'un éco quartier en Suède (Hammarby à Stockholm), mais aussi sur de bonnes pratiques. j'ai ainsi appris que la région d'Umea, à 600 km de la capitale, avait remporté un prix en menant campagne pour que les taxis arrêtent de laisser tourner leur moteur à l'arrêt. 90 % d'entre eux ont accepté, ce qui a permis de réduire au passage de 10 % la pollution et la consommation de carburant. Un exemple à méditer pour les villes qui ont beaucoup de taxis (1700 à Copenhague, 13000 à New York, 20000 à Londres et 60000 à Tokyo).



Enfin, parmi les exposants du "Bright Green", on peut mentionner le port de Frederikshavn au Danemark qui entend devenir 100 % vert en 2015 en n'utilisant que des énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien, déchets et pompes à chaleur). Un consortium local d'énergie a mis au point un logiciel pour simuler l'apport des différentes énergies.
Quel programme à Copenhague !

samedi 1 décembre 2012

L'hydrogène se montre à Copenhague



Pas question de laisser le champ libre à la seule énergie électrique (à batterie). A quelques jours de la conférence sur le climat de Copenhague, COP15, les acteurs de l'hydrogène ont voulu prendre la parole. Hier, ils sont venus au Parlement Danois présenter les dernières avancées en matière de pile à combustible et d'infrastructure. Nom de l'opération : "bridge to hydrogen". Cet événement était organisé par l'Association Européenne pour l'Hydrogène (EHA), en coopération avec le fournisseur d'hydrogène danois H2Logic, HyRAMP (30 régions d'Europe impliquées dans l'hydrogène, dont les régions Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes en France), le FCHJU (un partenariat public-privé de recherche soutenu par la Commission) et New IG (un groupement d'industriels nouvellement créé et qui compte parmi ses membres de grands noms comme Air Liquide, BMW, BP, Daimler, Fiat, Opel, Shell, Total, Volvo, ou encore Volkswagen).




Une parade a été organisée sur le pont qui relie Copenhague à Malmö en Suède. On a pu voir ansi rouler des véhicules tels que la Think Hydrogen Car (en photo), la GM Hydrogen4, la Fiat Panda Aria H2/CNG (bicarburation gaz naturel et hydrogène), la Fiat Panda Hydrogen, la Fiat Panda Aria (bicarburation essence avec système MultiAir et méthane ou hydrogène gazeux), la Honda FCX Clarity, la Toyota FC-HV et la Mercedes Classe B F-Cell. A noter que Volvo, qui n'avait encore jamais communiqué à ce jour sur l'hydrogène, n'avait pas de voiture à présenter.



Les acteurs de l'hydrogène ne vont pas s'en tenir là. Avant la conférence sur le climat, et pendant, ils vont organiser des démos de voitures qui roulent avec des piles à combustible. L'objectif est de montrer que cette forme d'énergie peut aider l'Europe à réduire ses émissions de carbone, au même titre que les voitures électriques et les biocarburants de seconde génération. Rappelons que plusieurs constucteurs ont annoncé qu'ils étaient prêts à produire les premiers véhicules à partir de 2015, et que l'Allemagne (avec l'initiative H2Mobility et le programme de recherche NOW) figure parmi les pays les plus volontaristes sur la question.
L'hydrogène s'invite donc à la table des négociations.
Voir le site : http://bridge2h.com/

lundi 10 septembre 2012

Un appel en faveur de l'hydrogène pour 2015




Voilà une info qui va tordre le cou à tous ceux qui pensent, disent et parfois écrivent que l'hydrogène, c'est fini, et que l'avenir c'est la voiture électrique. Plusieurs constructeurs, et pas les moindres, se sont regroupés pour signer une lettre d'intention et s'engager en faveur de la pile à combustible. Parmi les signataires, on retrouve Daimler (Mercedes), mais aussi Ford, GM/Opel, Honda, Hyundai, Kia, l'alliance Renault-Nissan et Toyota.
Toutes ces sociétés ont développé des véhicules à l'hydrogène et ont accumulé un certain savoir-faire, surtout Mercedes et Ford, qui sont devenus d'ailleurs les actionnaires majoritaires de Ballard (leader de la pile à combustible). Elles savent donc que la technologie fonctionne et donne de bons résultats. Des millions de km ont été parcourus à titre d'essais.

L'idée est aujourd'hui de favoriser l'introduction de véhicules de série. A partir de 2015, le marché pourrait démarrer avec plusieurs centaines de milliers de véhicules dans le monde. Mais, encore faut-il qu'une infrastructure se développe pour que l'on puisse ravitailler ces voitures avec de l'hydrogène à la pompe. Les constructeurs lancent donc un appel pour que ces pompes puissent voir le jour dans les grandes villes. L'Allemagne pourrait être le point de départ en Europe, avec des relais aux USA, au Japon et en Corée.
Cette lettre d'intention est un geste symbolique, surtout à quelques jours du salon de Francfort où on ne parlera que de véhicules électriques à batteries lithium et d'hybrides. On remarquera toutefois l'absence de BMW (qui explore plutôt la piste de l'hydrogène en tant que carburant dans un moteur conventionnel).

dimanche 2 septembre 2012

La Californie autorise à son tour les voitures sans conducteur

Après le Nevada, qui a ouvert la voie il y a quelques mois, la Californie devrait devenir le second Etat des USA à autoriser la circulation de voitures sans conducteur. Le projet de loi a été adopté au Sénat à une majorité écrasante (74 voix pour, 2 contre) et doit maintenant être ratifié par le gouverneur, Edmund G. Brown Jr. Ce document, le « Bill 1298 » vise à accompagner le développement de ces véhicules dits autonomes, définis comme des véhicules à moteur qui utilisent ordinateurs, capteurs et autres technologies pour fonctionner en toute sécurité « sans le contrôle actif et continu d’un être humain ». Le projet de loi estime que ces véhicules expérimentaux possèdent un « potentiel considérable en termes de sécurité, d’avantage commercial et de mobilité pour les individus et les entreprises de l’État et d’ailleurs ».
C'est a priori une bonne nouvelle pour Google et un encouragement pour ses recherches. Le géant de l'Internet est établi à Moutain View, en Californie précisément. Cela fait deux ans qu'il travaille sur la conduite automatisée, à l'aide de capteurs radars et vidéo et d'algorithmes pour aider la voiture à se repérer dans son environnement. Mais, il n'est pas seul. On compte dans la Silicon Valley plusieurs constructeurs, dont Audi, BMW, Ford et Volkswagen par exemple, qui maîtrisent également ce type de technologie.
On ne sait pas encore quelles seront les règles fixées par le Department of Motor Vehicles (DMV), mais elles sont assez strictes dans l'Etat voisin du Nevada. Les véhicules automatisés ont une Plaque d’immatriculation dédiée, doivent avoir au moins deux personnes à bord pour pouvoir reprendre le contrôle et être équipés d'une boîte noire pour enregistrer les déplacements. Les sociétés qui font la demande d'une licence doivent par ailleurs payer une caution de 1 à 3 millions de dollars selon le nombre de véhicules testés. Quoi qu'il en soit, la Californie pourrait formuler des standards d'ici 2015. Une législation qui pourrait servir de référence dans le monde.

mardi 12 juin 2012

EuroNCAP met en avant le freinage automatique

Ce mercredi, le fameux organisme EuroNCAP célèbre ses 15 ans à Bruxelles et en profite pour donner un coup de projecteur sur les systèmes de freinage automatiques. Ce qu'on appelle aussi en Europe les AEB (Autonomous Emergency Braking systems), du nom de ces systèmes qui équipent déjà plusieurs modèles sur le marché. De tels dispositifs sont proposés par exemple chez Audi, BMW, Mercedes, mais aussi Ford, Honda, Infiniti, Jaguar, Land Rover, Mazda, Volkswagen et Volvo. Ils permettent de réduire de 27 % le risque d'accident. Les constructeurs français n'ont pas encore prévu ce type de freinage automatique. Mais les choses pourraient changer, car l'Europe pourrait imposer ce système vers 2015.

Voyons comment fonctionne ce type de systèmes chez Audi :

 

L'évènement organisé par EuroNCAP a pour vocation justement de militer en ce sens. Il prévoit une prise de parole de plusieurs experts, avec des représentants de la Commission, de l'ETSC (le conseil européen sur la sécurité routière), de l'industrie automobile (CLEPA, Ford), des automobilistes (ADAC pour l'Allemagne), ou encore des assurances (Thatcham).
Des démos sont prévues avec le concours de Jérome d'Ambrosio, pilote de F1 chez Lotus et ambassadeur pour la sécurité routière au sein de la FIA.
Pour sa part, EuroNCAP va intégrer les systèmes de freinage automatique dès 2014 dans son système de classement par étoiles.

dimanche 13 mai 2012

La voiture à hydrogène retardée aux Etats-Unis ?


L'annonce par le Secrétaire d'Etat à l'Energie de l'Administration Obama, Steven Chu, d'un report du programme de recherches sur la voiture à hydrogène fait beaucoup parler sur le web. Il s'agit du fameux plan qu'avait lancé George W. Bush en 2003 et doté d'un budget de 1,2 milliard de dollars. Selon M. Chu, qui est physicien, la voiture à hydrogène ne sera pas prête d'ici 10 à 20 ans pour un marché de masse, et il vaudrait mieux transférer les efforts sur les voitures hybrides à batteries rechargeables. Barack Obama a d'ailleurs annoncé son intention de voir rouler 1 million de ces véhicules à l'horizon 2015, comme je l'ai déjà écrit sur ce bog. Je suis un peu surpris, mais il faut tempérer cette annonce car, si le gouvernement fédéral va économiser 100 millions de dollars par an, 68 millions seront tout de même dépensés sur les piles à combustible.

Je constate que de son côté l'Allemagne s'est dotée d'un plan de recherche sur la voiture à hydrogène qui a pour nom NOW et dont le budget est de 1,4 Md d'Euros (plus que les USA). Il est piloté par un consortium (Clean Energy Partnership), emmené par Mercedes qui prévoit de sortir dès la fin de l'année des prés-éries de la Classe B F-Cell. Le plan traite de la pile, mais aussi du développement de la filière (production, distribution).
Alors, est-ce la fin de la voiture à hydrogène ? Non, bien sûr. Les Etats-Unis, comme d'autres nations (dont la France) mettent plutôt l'accent sur la voiture électrique. C'est un choix.
Cela n'empêche pas la voiture à hydrogène d'avancer, même en France. Il y a quelques jours, PSA Peugeot Citroën a exposé discrètement une 307 CC hybride (non pas diesel, mais électrique et à pile à combustible) à Tours, lors d'un congrès sur le programme de recherche PAN-H. Toujours à Tours, des experts internationaux vont venir parler des derniers développements de l'hydrogène lors du congrès NEST, les 26 et 27 mai. Beaucoup de progrès ont été enregistrés, tant en performances qu'en fiabilité, et surtout en coûts. La réduction est d'un facteur 4 sur la petite série et pourrait même atteindre un facteur 10 pour la grande série, grâce à de nouveaux procédés qui limitent la présence de platine sur la pile.
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas s'enflammer et tirer de conclusions hâtives.

lundi 12 mars 2012

Toyota et la voiture à hydrogène : objectif 2015 et au-delà

A l'ouverture du salon de Genève, le Président de Toyota Europe, le français Didier Leroy, a évoqué la sortie du premier modèle à pile à combustible en 2015. Ce n'est pas tout à fait une surprise, car l'annonce avait déjà était faite l'an dernier au salon de Tokyo. J'en avais même parlé sur ce blog en octobre dernier. La date de 2015 n'est pas un hasard. Elle correspond à l'engagement pris par un certain nombre de constructeurs dont également Daimler, Ford, Honda, Hyundai-Kia, General Motors et Renault-Nissan. Chez Toyota, il s'agira non pas d'un SUV (comme on a pu le voir sous forme de concept pendant des années), mais d'une berline. Ses formes seront proches du concept FCV-R que l'on peut voir sur le salon de Genève. Tout est dit à travers ces lettres : Fuel Cell Vehicle pour l'hydrogène et R pour Réalité et Révolution.


Voir la vidéo :

 

Le premier modèle de 2015 sera en quelque sorte une pré-série pour amorcer le marché. Par la suite, et c'est ce qui constitue à mes yeux la vraie nouveauté, Toyota entend vendre plusieurs dizaines de milliers de voitures au cours des années 2020. La marque japonaise se dit prête pour la série. Ce n'est pas la seule, puisque d'autres marques (dont par exemple Mercedes et Nissan qui vont élaborer un véhicule en commun pour 2016) vont tenir cet engagement.


Selon Frost & Sullivan, "Toyota a toujours tenu ses promesses, dont la Prius est un parfait exemple, et il n’y a aucune raison de douter de son engagement pour la production du premier véhicule à piles à combustible prévu en 2015".
La difficulté va être de mettre en place une infrastructure pour la distribution d'hydrogène à la pompe. Dans son discours, Didier Leroy a souligné que des efforts étaient réalisés en Scandinavie, en Grande-Bretagne et en Allemagne (pas en France, ça vous étonne ?). Toujours selon Frost & Sullivan, "il serait sensé de créer des alliances avec des partenaires pour développer une infrastructure de stations service à hydrogène dans les deux prochaines années. Le stockage de l’hydrogène, à la fois dans les voitures et dans les stations service, implique des systèmes complexes et des coûts associés qui pourraient être partagés avec des partenaires au travers de modèles économiques divers, très similaires à ce que les constructeurs automobiles de véhicules électriques proposent ou développent actuellement".
L'hydrogène est en tout cas dans les starting blocks.

jeudi 16 février 2012

Le Japon prévoit un essor de la pile à combustible entre 2015 et 2020


Grâce aux travaux menés depuis des années par le JHFC (Japan Hydrogen & Fuell Cell Demonstration Project), un consortium qui regroupe les 23 principaux acteurs depuis 2002, le Japon a beaucoup d'avance dans le domaine de la pile à combustible. Une étude, publiée par Fuji-Keizai (et que rapporte l'ADIT dans un de ses bulletins), permet d'avancer quelques dates et de donner la taille de ce futur marché.
L'étude en question donne une vision jusqu'en 2025. A cette date, le marché se partagera entre l'automobile à 70 % (7,8 milliards d'euros) et le secteur résidentiel à 30 % (4 milliards d'euros).



Dans un premier temps, c'est plutôt dans les maisons qu'on va voir se développer la pile à combustible. Les constructeurs japonais s'intéressent d'ailleurs à ce marché, comme Honda mais aussi Toyota. Des systèmes de co-génération, qui transforment le gaz naturel en hydrogène, puis en courant électrique) sont en vente au Japon depuis l'an dernier. Ce secteur va tirer le marché jusqu'en 2018.


En ce qui concerne l'automobile, le marché va démarrer en 2015. La date correspond à ce qu'ont annoncé certains constructeurs (Daimler, General Motors, Ford, Hyundai-Kia, Honda, Toyota) dans une déclaration d'intention il y a quelques mois. Très vite, c'est ce secteur industriel qui va représenter le plus gros des débouchés, dès 2020. Et, d'ici 2025, le marché va être multiplié par 1650.
Cet optimisme peut surprendre, mais le Japon soutient financièrement la filière à hydrogène (ce qui n'est pas le cas des autres pays). D'autre part, bon nombre d'industriels (dont Toshiba) ont déjà annoncé leur intention de lancer des micro-piles à combustible pour alimenter les ordinateurs ou les téléphones portables.