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lundi 17 décembre 2012

La voiture électrique sort gagnante de Copenhague



Quel que soit le résultat final de la conférence de Copenhague, à l'issue du COP 15, les ONG (organisations non gouvernementales) ont marqué des points et ont avancé leurs pions pour développer la mobilité du futur et notamment le véhicule électrique. Bien entendu, je ne parle pas des associations de militants qui se font refouler à l'entrée ou qui défilent dans les rues, mais de grosses structures para-gouvernementales. La fondation de Bill Clinton (Clinton Climate Initiative) vient par exemple de fédérer 13 des plus grandes villes du monde pour développer une infrastructure de recharge et soutenir la demande pour les véhicules électriques sur la période de 2010 à 2013. Une aubaine pour les constructeurs BYD, Mitsubishi, Nissan et Renault qui sont associés à la démarche.

Le groupe a pour nom C40 Electric Vehicle Network. Il est porté par les villes de Bogota, Buenos Aires, Chicago, Copenhague, Delhi, Hong Kong, Houston, Los Angeles, Mexico City (qui accueillera la prochaine conférence de l'ONU sur le climat en 2010), Toronto, Sao Paulo, Séoul et Sydney, qui font elles mêmes partie du groupe C40 Cities des 40 villes les plus impliquées dans la lutte contre le changement climatique, dont Paris. On peut retrouver le détail de l'annonce à l'adresse suivante : http://www.clintonfoundation.org/news/news-media/press-release-cities-join-forces-on-electric-vehicles



Une autre ONG s'est agitée en coulisses au COP 15 : le Climate Group. Elle existe depuis 2004 et semble très bien introduite auprès de l'ONU et des grands de ce monde, avec des bureaux à Londres, Bruxelles, aux USA, au Canada, en Australie et en Chine. On compte dans les rangs de cette organisation un certain Tony Blair (qui, à l'époque de la fondation en 2004 était encore au pouvoir en Grande-Bretagne), des villes et régions (Londres, New York, Californie, Ile-de-France, Québec, Ontario, Catalogne) et surtout des industriels. La liste est longue comme le bras avec des mastodontes tels que Google, IBM, Dell, Nike, Coca-Cola (et Pepsi aussi !), Virgin, ou encore les banques Barclays et HSBC.



Dans l'automobile, le panel est plus restreint. Néanmoins, on retrouve un pétrolier (BP), le désormais incontournable opérateur Better Place (infrastructure de recharge) et depuis peu l'équipementier Johnson Controls qui produit des batteries au lithium-ion (avec le français Saft) pour les véhicules électriques et hybrides. Le Climate Group entend bien favoriser le développement du véhicule électrique en menant une action sur l'ensemble de l'éco-système. D'ailleurs, le Prince Albert de Monaco est venu parler de voiture électrique à Copenhague, en compagnie de Shai Agassi, le patron de Better Place. Un projet est en cours avec justement Better Place, Johnson Controls et la province de l'Ontario qui a lancé un plan d'1,5 milliards de dollars canadiens (930 millions de $) pour développer les technologies propres, dont les carburants et les véhicules du futur (projet "voiture 2.0" pour un réseau de recharge et des véhicules électriques). On en saura plus dans le courant de l'année 2010...



Certains pourront penser que ce type d'organisation sert plus les intérêts de leurs membres que ceux de la planète. Néanmoins, je recommande la lecture de leur rapport "Smart 2020" qu'on peut consulter sur Internet : http://www.smart2020.org/
On y découvre comment les technologies de l'information et de la communication peuvent aider la société à réduire efficacement les émissions de carbone. L'approche concerne à la fois les bâtiments (surveillance en temps réel de la consommation électrique), les équipements électriques et électroniques (réseau électrique intelligent, PC et mobiles à faible consommation) et l'infrastructure numérique (télétravail, visioconférences). Dans le domaine de la mobilité, le Climate Group recommande d'optimiser la logistique en investissant dans les système de géolocalisation (GPS) et de traçabilité (RFID), de gérer le trafic de façon intelligente et d'utiliser tout ce qui "IT" pour économiser du carburant (éco conduite en tenant compte du trafic et de l'itinéraire) et aider les voyageurs à passer facilement d'un mode de transport à l'autre en l'incitant à prendre moins souvent sa voiture.

dimanche 16 décembre 2012

Où en est-on avec la voiture à air comprimé?




Certains mythes ont la vie dure et la voiture à air comprimé en fait partie (au même titre que le kit Pantone et le moteur à eau par exemple). Depuis 1996, la société MDI que dirige Guy Nègre, un ingénieur qui a travaillé en compétition automobile et pour la F1, annonce qu'elle va lancer prochainement un modèle propre et à bas coût. Contre toute attente, ce jour est peut-être proche.
En effet, MDI procède actuellement aux essais de l'Airpod : une voiture que l'on a pu voir cette année au salon de Genève et qui a roulé récemment à Monaco, ou dernièrement à Copenhague.
Hé oui, Guy Nègre est allé faire un tour au COP 15 (mais tout le monde en a fait autant, on a même pu voir la Fisker karma hybride aux mains du prince héritier danois et la Porsche Cayenne électrique de RUF par exemple). A ce propos, MDI affirme qu'il était au Danemark pour le lancement du Prix Nobel du développement durable (Nobel Charitable Trust), qui n'a en fait rien à voir avec les Prix Nobel, même si le fondateur est un arrière petit-neveu d'Alfred Nobel, le célèbre inventeur de la dynamite. La famille lui reproche d'utiliser grossièrement le nom de Nobel pour ce prix récompensant les technologies propres. Déjà, ça atténue un peu le propos.



Ce qui, par contre, ne prête pas à confusion, c'est le fait que des Airpod circulent sur l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol. Dans le cadre d'un accord avec Air France et KLM, ces petits véhicules doivent en effet être testés en vue de leur évaluation. Les deux compagnies veulent remplacer les véhicules de maintenance diesel par des navettes propres. L'Airpod roule à Amsterdam, mais pas encore à Roissy.



Alors, pourquoi les Internautes s'enflamment-ils ? Sur le papier, le concept est génial. Le véhicule est alimenté par de l'air comprimé (0,50 € pour faire 100 km), ne rejette aucun polluant et se recharge en seulement 10 mn. De plus, l'autonomie serait de 220 km. Et en plus, avec son look moderne et sa conduite par joystick, l'Airpod ne coûte que 6000 €. On peut voir notamment des vidéos sur You Tube : http://www.youtube.com/user/mdi06
Mais, car il y a un mais (c'est comme la voiture électrique, si on n'en trouve pas et que c'est cher, il y a des raisons), la technologie offre en vérité un rendement qui n'a rien de très écologique.
Les scientifiques expriment de sérieux doutes et l'étude que vient de mener l'université de Berkeley en Californie n'est pas vraiment tendre avec l'air comprimé. Voici le lien pour lire ce rapport :
http://www.iop.org/EJ/article/1748-9326/4/4/044011/erl9_4_044011.pdf?request-id=584b496a-04ad-4287-8eea-3bd5c32c28f3
Bien sûr, on peut rétorquer que les constructeurs font du lobbying et crier au complot... Le fait est que MDI se contente d'annoncer des partenariats (Ecole Polytechnique de Lausanne, le constructeur Tata qui pour l'instant ne dit rien) et que ça ne vient toujours pas.



Alors, attendons de voir ce qui va se passer à partir de janvier prochain à Antibes. Mon ami Georges Gallais, qui exploite à la tête de la société VuLog le premier service d'autopartage en France de voitures électriques géolocalisées, depuis 2007, a pu essayer l'Airpod. Il a fait l'essai en atelier (pas sur route ouverte) et a proposé d'intégrer le véhicule à son offre d'autopartage. L'annonce est visible sur les sites de MDI et de VuLog et date de novembre dernier. Ce sera l'occasion pour de vrais clients de tester la technologie et de dire, en toute objectivité, ce que vaut l'air comprimé.

jeudi 13 décembre 2012

Bright Green Event, l'autre événement de Copenhague



Comme tout événement qui se respecte, la conférence sur le climat de Copenhague a ses "side events". C'est un peu comme les festivals d'été avec le "in" (les artistes officiellement invités) et le "off" (ceux qui cherchent à se faire remarquer par le public). Le "Bright Green" était donc ce week end l'un des "à-côtés" du COP15. Ce n'était pas vraiment un "happening" d'affreux gauchistes, puisqu'il était organisé par la confédération danoise de l'industrie (le Medef local en quelque sorte).



C'était en fait un événement taillé sur mesure pour les industriels, qui pouvaient ainsi venir faire un speech pour présenter leur stratégie afin de sauver le monde et exposer leurs produits. 170 compagnies de taille mondiale ont répondu à l'appel du "Bright Green". On y trouvait des sociétés de l'industrie (Alstom, General Electric, Honeywell, Philips, Sony) et de l'informatique (Intel, Microsoft), des prestataires de services (FedEx), des fournisseurs d'énergie (Air Liquide, GDF-Suez, Dong Energy au Danemark, Total, Statoil), des pôles de recherche (clusters Cleantech de Copenhague, Norvège et Finlande, site de test suédois TSS pour les véhicules hybrides), des villes (Malmö en Suède, Masdar à Abu Dhabi) et des pays (Canada, France).




Les acteurs de l'automobile sont venus à cet événement. On peut citer par exemple Toyota qui, par sa filiale danoise, a rappelé que 2 millions de véhicules hybrides ont été vendus depuis la première Prius en 1997, que la Prius 3 ne rejette que 89 grammes de CO2 par km, et que 150 Prius hybrides rechargeables vont être testées sur route ouverte à partir de 2010 et pour une période de 3 ans en Europe. La marque rappelle par ailleurs qu'elle explore la piste des biocarburants, de l'électricité et de l'hydrogène.
Plus étonnant, Volvo était représenté à plus d'un titre. La marque suédoise, qui est l'un des transporteurs officiels du COP 15 (voir l'article du 7 décembre), a présenté un transfert de technologie sous le nom de la société ChromoGenics. C'est une start up qui fait du vitrage électro-chrome, filtrant les UV et limitant ainsi les besoins en climatisation, grâce à un verre qui devient translucide. La solution ConverLight peut servir aussi bien dans les voitures que dans les bâtiments et pour d'autres applications encore. Lien pour voir la vidéo :
http://www.chromogenics.com/video_eng.htm
Parmi les autres constructeurs, il y avait aussi Saab, présent en voisin, et surtout Peugeot, venu présenter la Ion électrique, ainsi que la 3008 Hybrid4, la 207 à faible CO2 et le service "Mu" de mobilité intégrale. La marque a aussi présenté lors d'une conférence son puits de carbone en Amazonie (deux millions d'arbres réimplantés et 110 000 tonnes de CO2 économisées en 10 ans), qui est un projet sur 40 ans.
Les équipementiers n'étaient pas en reste. Johnson Controls produit par exemple des batteries pour les véhicules hybrides (Mercedes, BMW et Ford) et a des projets dans l'électrique. La marque américaine a monté une joint venture en France avec Saft (à Nersac, en Charente) et va démarrer un site de production de batteries lithium-ion dans le Michigan.
Le camion se montrait également à Copenhague. Man disposait d'un stand sur le "Bright Green".



La Suède présentait également son savoir-faire en matière de développement durable, ne serait-ce qu'à travers l'initiative Symbiocity (réseaux d'experts pour rendre une ville plus "verte").



Ce réseau s'appuie sur l'élaboration d'un éco quartier en Suède (Hammarby à Stockholm), mais aussi sur de bonnes pratiques. j'ai ainsi appris que la région d'Umea, à 600 km de la capitale, avait remporté un prix en menant campagne pour que les taxis arrêtent de laisser tourner leur moteur à l'arrêt. 90 % d'entre eux ont accepté, ce qui a permis de réduire au passage de 10 % la pollution et la consommation de carburant. Un exemple à méditer pour les villes qui ont beaucoup de taxis (1700 à Copenhague, 13000 à New York, 20000 à Londres et 60000 à Tokyo).



Enfin, parmi les exposants du "Bright Green", on peut mentionner le port de Frederikshavn au Danemark qui entend devenir 100 % vert en 2015 en n'utilisant que des énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien, déchets et pompes à chaleur). Un consortium local d'énergie a mis au point un logiciel pour simuler l'apport des différentes énergies.
Quel programme à Copenhague !

lundi 10 décembre 2012

Copenhague est-elle la ville la plus propre d'Europe ?



Oui, on reparle toujours et encore de Copenhague aujourd'hui. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'une enquête publiée par Siemens (European Green City Index) passe au crible 30 capitales européennes par rapport à la protection du climat. L'étude, réalisée par des chercheurs, porte sur les points suivants : énergie, bâtiments, transport, qualité de l'air, eau, déchets, utilisation des terres et gouvernance environnementale. Résultat : Copenhague arrive en tête, suivie par Stockholm, Oslo, Vienne et Amsterdam. La capitale danoise a la meilleure moyenne, même si c'est Oslo qui se distingue en matière d'émissions de CO2 (2,5 millions de tonnes par an et par habitant, alors que la moyenne européenne est de 8,5). Ca tombe bien pour une ville qui accueille la conférence sur le climat et qui a pour ambition de devenir la première ville "zéro carbone" en 2025.




Globalement, la Scandinavie est largement en tête. Dans la catégorie bons points, on peut souligner la présence de Vilnius pour la meilleure qualité de l'air, Kiev pour le plus fort taux de transports en commun pour les déplacements domicile-travail, ou encore Stockholm pour le transport le plus propre. Déception en revanche pour la France. Paris n'arrive qu'en dixième position dans le classement et ne brille dans aucune catégorie (la meilleure place est 6ème pour le CO2). Il va falloir autre chose que le Velib' et les couloirs de bus pour améliorer le climat. Peut être Autolib' et ses voitures électriques en libre-service, qui fera l'objet d'une annonce aujourd'hui.

En ce qui concerne Copenhague, voici un reportage de Globe TV. Il évoque notamment les projets de la ville en matière de voiture électrique.

samedi 8 décembre 2012

L'hydrogène : une chance pour l'Europe ?



Les constructeurs automobiles ne sont pas les seuls à plaider leur cause à Copenhague, à l'occasion de la conférence sur le changement climatique. Cette fois, c'est au tour de Fuel Cell Europe de lancer un appel en faveur de l'hydrogène. L'association, qui regroupe en son sein des fabricants de pile à combustible (Ballard, Idatech, UTC Power), des industriels (EADS, DuPont, BASF, Toshiba), des fournisseurs d'énergie (Gaz de France, Shell, Vattenfall) et des instituts de recherche (le CEA à Grenoble), exhorte les pays présents au COP15 à prendre en compte cette forme d'énergie et à monter des projets à grande échelle pour démocratiser la technologie.
L'hydrogène est un levier qui pourrait aider l'Europe à atteindre ses objectifs : 80 % d'énergie renouvelable à l'horizon 2050 selon l'EREC (European Renewable Energy Council), qui mise aussi sur le solaire, l'éolien, la géothermie et les biocarburants.




On dit que la solution de la pile à combustible est chère, mais Fuel Cell Europe fait remarquer qu'aux Etats Unis, le soutien du Département d'Etat à l'Energie a fait passer le prix de 275 $ le Kw en 2002 à 61 $ en 2009. Les américains seront sans doute prêts plus tôt que nous (pareil en ce qui concerne la voiture électrique et les batteries). Pourtant, l'Europe soutient aussi la filière hydrogène, avec notamment le projet HyFLEET-CUTE qui a permis de faire rouler 47 bus à l'hydrogène dans une dizaine de villes sur trois continents dont l'Europe (Amsterdam, Barcelone, Berlin, Hambourg, Londres, Luxembourg et Madrid). Bilan de l'opération : 8,5 millions de passagers ont été véhiculés par des transports publics propres qui ont parcouru 2,5 millions de km.

Voir la vidéo :



Mais, ce n'est pas assez. Il faut soutenir le marché pour aider les acteurs à produire de l'hydrogène "vert" à partir de ressources renouvelables (solaire, vent et biomasse) au lieu de l'hydrogène "gris" d'aujourd'hui (hydrocarbures dont le gaz). Selon le Commissaire européen à la recherche Janez Potocnic, il faudrait investir 5 milliards d'euros sur la période 2013-2020 pour l'hydrogène, afin de respecter les engagements sur le climat.



En attendant, la filière hydrogène s'associe à la campagne pour une énergie durable en Europe. Assurément, l'association ne va pas en rester là. Fuel Cell Europe prévoit d'organiser par exemple un dîner avec les membres du Parlement Européen le 26 janvier 2010. Histoire d'aller au-delà de Copenhague...

vendredi 7 décembre 2012

Better Place fait son show à Copenhague



Better Place a fait le déplacement jusqu'à Copenhague. D'une part, ce nouvel opérateur de services autour du véhicule électrique (bornes de recharge, logiciel pour recharger les batteries de façon intelligente et avec le moins d'impact possible sur le réseau) est impliqué au Danemark avec un projet mené en collaboration avec Renault. D'autre part, il profite bien sûr de la caisse de résonance que constitue le COP15 pour présenter sa vision d'une infrastructure de recharge intelligente.
Ainsi, des tests seront réalisés avec Renault pour conduire la Fluence ZE. Better Place a en fait installé des bornes de recharge qu'utilisent également d'autres constructeurs pour faire des démos auprès des VIP.




L'opérateur a prévu aussi de participer à un certain nombre d'événements, officiels ou non, dont plusieurs conférences sur le thème du véhicule électrique et de l'économie à faible teneur de carbone.
On peut en savoir plus en visitant la page du site consacrée à Copenhague : http://www.betterplace.com/cop15.

Pour ceux qui ne connaitraient pas Better Place, voici une vidéo qui retrace la genèse de cette start up :



A ce jour, Better Place a conclu des accords pour se développer en Israël, au Danemark, en Australie, en Californie, au Canada (Ontario), à Hawaï et au Japon. Les deux projets les plus emblématiques sont Israël (premier pays concerné et patrie d'origine de Shaï Agassi, le fondateur de Better Place) et le Danemark.



Les projets démarrent à partir de 2011 avec la mise en place d'une infrastructure de recharge. Le véhicule retenu est la Renault Fluence ZE, qui sera diffusée à 100 000 exemplaires sur l'ensemble des deux pays d'ici 2016.
Au Danemark, 103 millions d'Euros ont été investis dans l'infrastructure de recharge avec la compagnie d'énergie locale Dong (Danish Oil & Natural Gas), qui fournira du courant dans le réseau électrique à partir de turbines. Voilà qui devrait aider le pays à réduire de 21 % ses émissions de CO2 en 2012. Mais, encore faut-il que les consommateurs achètent les véhicules...

jeudi 6 décembre 2012

Des voitures plus propres au sommet de Copenhague ?





C'est donc aujourd'hui que s'ouvre la conférence sur le climat de Copenhague. Les négociations vont se poursuivre jusqu'au 18 décembre dans le cadre du COP15. On ne sait pas sur quoi cela va déboucher, mais l'industrie automobile se positionne pour faire valoir sa bonne volonté.



Pour sa part, BMW a fait un pré-sommet sur le développement durable à Berlin le 3 décembre avec 200 invités, dont le Dr Rajendra Pachauri, Prix Nobel de la Paix 2007 et Président du groupe d'experts sur le changement climatique (GIEC). A cette occasion, la marque allemande a pris l'engagement solennel de réduire de 25 % les émissions de sa gamme d'ici 2020. Un pari qui repose entre autres sur la propulsion électrique.




Parmi les constructeurs qui jouent le rôle de "voiture officielle", on retrouve le même BMW avec la Série 7 Hydrogen et la nouvelle 520 d Efficients Dynamics (freinage récupératif, système stop/start) ; Mercedes avec de l'hybride (S400 Hybrid), de l'hydrogène (Classe B F-Cell), du gaz naturel (Sprinter NGT) et du diesel (E 350 Bluetec, E 250 CDI, S 420 CDI qui est la première voiture diesel bindée !) ; et enfin Honda, avec la Insight hybride (la FCX Clarity à hydrogène sera aussi testée par des officiels).



De façon plus classique, Volvo fournira 60 véhicules (V70 et S80, dont 40 modèles flexifuel (à l'éthanol) et 20 modèles DRIVe avec des moteurs diesel émettant moins de 129 g de CO2.



Les français sont plus en retrait. Peugeot veut aussi participer à l'événement, mais à travers des expositions. Il était présent à l'expo de la conférence sur le climat du 3 au 6 décembre et sera aussi sur le "Bright Green Event" les 12 et 13 décembre. Le discours "vert" s'appuie sur la 207 99 g de CO2, la Peugeot Ion et la 3008 Hybrid4. Pour sa part, Citroën expose à son siège de Copenhague la C-Zéro, le Berlingo First électrique ainsi que le concept car Révolte, la C3 et la DS3. La marque aux chevrons organise aussi une série de conférences du 8 au 10 décembre. Renault s'invite également en proposant à l'essai (et sur rendez-vous) aux accrédités de la conférence plusieurs modèles électriques, dont Fluence ZE, Kangoo Express ZE et Kangoo Be Bop ZE.



La palme de l'originalité revient toutefois à Goodyear. Le fabricant américain de pneus expose à l'aéroport de Copenhague un concept de pneumatique "bio". C'est en effet la première fois au monde que l'on utilise du biolsoprène : un produit issu de la biomasse (et donc renouvelable) comme alternative à la pétrochimie pour réaliser du caoutchouc synthétique. Ce pneumatique a été réalisé en collaboration avec une filiale du géant de l'industrie agro-alimentaire, Danisco. Genencor est une compagnie basée aux USA et spécialisée dans les biotech.

Voir la vidéo :



Le pneu sera visible à l'aéroport de Copenhague jusqu'au 21 décembre, ainsi que les 12 et 13 décembre sur le Bright Green Event, le 17 décembre à une conférence sur les biotechnologies et pendant toute cette période au siège de Danisco.



Le biolsoprène pourrait faire son apparition en 2013 dans les pneumatiques, mais aussi sur d'autres marchés utilisant le caoutchouc. Du pneu au tuyau d'échappement, la voiture devient plus propre. Mais, est-ce que cela va sensibiliser les délégués qui, pour la plupart, sont venus de Bruxelles en train ?

samedi 1 décembre 2012

L'hydrogène se montre à Copenhague



Pas question de laisser le champ libre à la seule énergie électrique (à batterie). A quelques jours de la conférence sur le climat de Copenhague, COP15, les acteurs de l'hydrogène ont voulu prendre la parole. Hier, ils sont venus au Parlement Danois présenter les dernières avancées en matière de pile à combustible et d'infrastructure. Nom de l'opération : "bridge to hydrogen". Cet événement était organisé par l'Association Européenne pour l'Hydrogène (EHA), en coopération avec le fournisseur d'hydrogène danois H2Logic, HyRAMP (30 régions d'Europe impliquées dans l'hydrogène, dont les régions Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes en France), le FCHJU (un partenariat public-privé de recherche soutenu par la Commission) et New IG (un groupement d'industriels nouvellement créé et qui compte parmi ses membres de grands noms comme Air Liquide, BMW, BP, Daimler, Fiat, Opel, Shell, Total, Volvo, ou encore Volkswagen).




Une parade a été organisée sur le pont qui relie Copenhague à Malmö en Suède. On a pu voir ansi rouler des véhicules tels que la Think Hydrogen Car (en photo), la GM Hydrogen4, la Fiat Panda Aria H2/CNG (bicarburation gaz naturel et hydrogène), la Fiat Panda Hydrogen, la Fiat Panda Aria (bicarburation essence avec système MultiAir et méthane ou hydrogène gazeux), la Honda FCX Clarity, la Toyota FC-HV et la Mercedes Classe B F-Cell. A noter que Volvo, qui n'avait encore jamais communiqué à ce jour sur l'hydrogène, n'avait pas de voiture à présenter.



Les acteurs de l'hydrogène ne vont pas s'en tenir là. Avant la conférence sur le climat, et pendant, ils vont organiser des démos de voitures qui roulent avec des piles à combustible. L'objectif est de montrer que cette forme d'énergie peut aider l'Europe à réduire ses émissions de carbone, au même titre que les voitures électriques et les biocarburants de seconde génération. Rappelons que plusieurs constucteurs ont annoncé qu'ils étaient prêts à produire les premiers véhicules à partir de 2015, et que l'Allemagne (avec l'initiative H2Mobility et le programme de recherche NOW) figure parmi les pays les plus volontaristes sur la question.
L'hydrogène s'invite donc à la table des négociations.
Voir le site : http://bridge2h.com/

mardi 13 novembre 2012

Copenhague passe à l'hydrogène




La ville de Copenhague a inauguré aujourd'hui sa première station service à l'hydrogène. Le timing est parfait par rapport à COP15, la conférence sur le climat qui doit se tenir dans la capitale danoise du 7 au 18 décembre (voir le site :http://en.cop15.dk/). Au passage, précisons que parmi les sponsors de ce rendez-vous très attendu figurent BMW, Honda, Mercedes et Volvo. Et les français ? Non, alors que PSA avait pourtant signé le communiqué de Copenhague.

En fait, Copenhague nourrit l'ambition d'être la première ville zéro carbone au monde en 2025 (elle organise déjà le festival CO2penhagen qui est le premier du genre). La ville s'est dotée de 8 véhicules à hydrogène (6 voitures et deux utilitaires) et passera commande un peu plus tard de 25 véhicules électriques. Ce qui fera donc un total de 33 autos propres. Le Danemark entend bien être la tête de pont d'un réseau qui desservirait le nord de l'Europe (Scandinavie et Allemagne) en hydrogène. Le pays collabore avec le Canada (dont l'expertise est reconnue sur les piles à combustible) et a mis en place un projet, porté par le réseau local de recherche Hydrogen Link. La station a quant à elle été réalisée par H2 Logic.

On peut découvrir en images la station ci-dessous :


jeudi 27 septembre 2012

Les industriels qui s'engagent pour le climat





La semaine dernière avait lieu le G20 à New York et au même moment une réunion préparatoire au futur sommet sur le climat de Copenhague, qui lui aura lieu dans 70 jours. A cette occasion, un groupe de décideurs réuni autour du Prince Charles (mais oui), et avec le soutien de l'Université de Cambridge, a proposé aux industriels de signer une charte, le "communiqué de Copenhague", pour appeler en faveur d'un "accord mondial ambitieux, robuste et équitable, qui réponde de façon crédible à l'ampleur et à l'urgence des crises auxquelles le monde est confronté".
Le texte demande notamment une vision à long terme, de 2013 à 2050, avec une réduction par paliers des émissions de gaz à effet de serre. Il souhaite que les pays émergents prennent part à cet effort en suivant un modèle de croissance utilisant le moins possible le carbone, et que les pays industrialisés basculent vers les technologies propres et favorisent le transfert de technologies.

Autre nuance, le texte englobe l'aviation et la navigation maritime dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (la route n'est donc plus isolée).
A ce jour, 600 compagnies ont signé l'appel dans 60 pays.
Parmi les compagnies qui soutiennent cette initiative, on notera la présence de Shell, BP, Johnson Controls, PSA Peugeot Citroën et Rolls Royce. Ca fait quand même peu d'acteurs dans le monde de l'automobile. Mais, il y a au moins un français. La com' responsable fait moins de bruit, mais elle est plus respectable.
La France est d'ailleurs assez présente si l'on en juge par la présence de firmes comme Accor, Air France, Alcatel Lucent, Carrefour, EDF, Saint-Gobain
On peut lire le communiqué à cette adresse :
http://www.copenhagencommunique.com/

jeudi 17 mai 2012

En route pour l'hydrogène avec le projet HyTec

Le saviez-vous ? Londres et Copenhague sont les deux villes d'Europe les plus ouvertes sur l'hydrogène. La première a prévu de faire rouler pendant les JO cet été une quinzaine de taxis et 5 scooters. La seconde veut réduire à zéro son empreinte carbone en 2025 et a pris l'engagement d'avoir d'ci 2015 une flotte municipale composée à 85 % de véhicules électrifiés (à batterie ou à hydrogène). Londres et Copenhague ont par ailleurs la volonté de développer une véritable infrastructure de remplissage. C'est en s'appuyant sur ces deux capitales qu'un consortium, formé de 16 partenaires de 5 pays d'Europe (Angleterre, Allemagne, Belgique, Danemark et Espagne), est né dans le cadre du projet HyTec, soutenu par l'Union Européenne.



L'objectif est de faire rouler une trentaine de véhicules sur Londres et Copenhague. Piloté par Air Products, le projet HyTec va permettre d'évaluer le fonctionnement des stations  et des véhicules. Les données seront analysées par plusieurs universités (anglaises, allemandes et espagnole). Par ailleurs, les équipes et partenaires des deux capitales auront un retour d'expérience de la part de deux autres villes : Hambourg (hySOLUTIONS) et d'Oslo (H2 moves Scandinavia).
En agrégeant ces différentes expériences, et en capitalisant sur le dynamisme de Londres et de Copenhague, les acteurs de l'hydrogène espèrent pouvoir amorcer ce marché. On pourrait ainsi voir apparaître des flottes en 2018 et de premiers vrais modèles de série pour le grand public à partir de 2022.

Lien : http://hy-tec.eu/