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lundi 17 décembre 2012

La voiture électrique sort gagnante de Copenhague



Quel que soit le résultat final de la conférence de Copenhague, à l'issue du COP 15, les ONG (organisations non gouvernementales) ont marqué des points et ont avancé leurs pions pour développer la mobilité du futur et notamment le véhicule électrique. Bien entendu, je ne parle pas des associations de militants qui se font refouler à l'entrée ou qui défilent dans les rues, mais de grosses structures para-gouvernementales. La fondation de Bill Clinton (Clinton Climate Initiative) vient par exemple de fédérer 13 des plus grandes villes du monde pour développer une infrastructure de recharge et soutenir la demande pour les véhicules électriques sur la période de 2010 à 2013. Une aubaine pour les constructeurs BYD, Mitsubishi, Nissan et Renault qui sont associés à la démarche.

Le groupe a pour nom C40 Electric Vehicle Network. Il est porté par les villes de Bogota, Buenos Aires, Chicago, Copenhague, Delhi, Hong Kong, Houston, Los Angeles, Mexico City (qui accueillera la prochaine conférence de l'ONU sur le climat en 2010), Toronto, Sao Paulo, Séoul et Sydney, qui font elles mêmes partie du groupe C40 Cities des 40 villes les plus impliquées dans la lutte contre le changement climatique, dont Paris. On peut retrouver le détail de l'annonce à l'adresse suivante : http://www.clintonfoundation.org/news/news-media/press-release-cities-join-forces-on-electric-vehicles



Une autre ONG s'est agitée en coulisses au COP 15 : le Climate Group. Elle existe depuis 2004 et semble très bien introduite auprès de l'ONU et des grands de ce monde, avec des bureaux à Londres, Bruxelles, aux USA, au Canada, en Australie et en Chine. On compte dans les rangs de cette organisation un certain Tony Blair (qui, à l'époque de la fondation en 2004 était encore au pouvoir en Grande-Bretagne), des villes et régions (Londres, New York, Californie, Ile-de-France, Québec, Ontario, Catalogne) et surtout des industriels. La liste est longue comme le bras avec des mastodontes tels que Google, IBM, Dell, Nike, Coca-Cola (et Pepsi aussi !), Virgin, ou encore les banques Barclays et HSBC.



Dans l'automobile, le panel est plus restreint. Néanmoins, on retrouve un pétrolier (BP), le désormais incontournable opérateur Better Place (infrastructure de recharge) et depuis peu l'équipementier Johnson Controls qui produit des batteries au lithium-ion (avec le français Saft) pour les véhicules électriques et hybrides. Le Climate Group entend bien favoriser le développement du véhicule électrique en menant une action sur l'ensemble de l'éco-système. D'ailleurs, le Prince Albert de Monaco est venu parler de voiture électrique à Copenhague, en compagnie de Shai Agassi, le patron de Better Place. Un projet est en cours avec justement Better Place, Johnson Controls et la province de l'Ontario qui a lancé un plan d'1,5 milliards de dollars canadiens (930 millions de $) pour développer les technologies propres, dont les carburants et les véhicules du futur (projet "voiture 2.0" pour un réseau de recharge et des véhicules électriques). On en saura plus dans le courant de l'année 2010...



Certains pourront penser que ce type d'organisation sert plus les intérêts de leurs membres que ceux de la planète. Néanmoins, je recommande la lecture de leur rapport "Smart 2020" qu'on peut consulter sur Internet : http://www.smart2020.org/
On y découvre comment les technologies de l'information et de la communication peuvent aider la société à réduire efficacement les émissions de carbone. L'approche concerne à la fois les bâtiments (surveillance en temps réel de la consommation électrique), les équipements électriques et électroniques (réseau électrique intelligent, PC et mobiles à faible consommation) et l'infrastructure numérique (télétravail, visioconférences). Dans le domaine de la mobilité, le Climate Group recommande d'optimiser la logistique en investissant dans les système de géolocalisation (GPS) et de traçabilité (RFID), de gérer le trafic de façon intelligente et d'utiliser tout ce qui "IT" pour économiser du carburant (éco conduite en tenant compte du trafic et de l'itinéraire) et aider les voyageurs à passer facilement d'un mode de transport à l'autre en l'incitant à prendre moins souvent sa voiture.

vendredi 7 décembre 2012

Better Place fait son show à Copenhague



Better Place a fait le déplacement jusqu'à Copenhague. D'une part, ce nouvel opérateur de services autour du véhicule électrique (bornes de recharge, logiciel pour recharger les batteries de façon intelligente et avec le moins d'impact possible sur le réseau) est impliqué au Danemark avec un projet mené en collaboration avec Renault. D'autre part, il profite bien sûr de la caisse de résonance que constitue le COP15 pour présenter sa vision d'une infrastructure de recharge intelligente.
Ainsi, des tests seront réalisés avec Renault pour conduire la Fluence ZE. Better Place a en fait installé des bornes de recharge qu'utilisent également d'autres constructeurs pour faire des démos auprès des VIP.




L'opérateur a prévu aussi de participer à un certain nombre d'événements, officiels ou non, dont plusieurs conférences sur le thème du véhicule électrique et de l'économie à faible teneur de carbone.
On peut en savoir plus en visitant la page du site consacrée à Copenhague : http://www.betterplace.com/cop15.

Pour ceux qui ne connaitraient pas Better Place, voici une vidéo qui retrace la genèse de cette start up :



A ce jour, Better Place a conclu des accords pour se développer en Israël, au Danemark, en Australie, en Californie, au Canada (Ontario), à Hawaï et au Japon. Les deux projets les plus emblématiques sont Israël (premier pays concerné et patrie d'origine de Shaï Agassi, le fondateur de Better Place) et le Danemark.



Les projets démarrent à partir de 2011 avec la mise en place d'une infrastructure de recharge. Le véhicule retenu est la Renault Fluence ZE, qui sera diffusée à 100 000 exemplaires sur l'ensemble des deux pays d'ici 2016.
Au Danemark, 103 millions d'Euros ont été investis dans l'infrastructure de recharge avec la compagnie d'énergie locale Dong (Danish Oil & Natural Gas), qui fournira du courant dans le réseau électrique à partir de turbines. Voilà qui devrait aider le pays à réduire de 21 % ses émissions de CO2 en 2012. Mais, encore faut-il que les consommateurs achètent les véhicules...

mercredi 21 novembre 2012

IBM voit l'automobile évoluer vers un monde de services

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IBM vient de publier une étude qui montre que l'industrie automobile est à la croisée des chemins. L'enquête, réalisée par l’Institute for Business Value (IBV) et intitulée "En route vers une mobilité plus intelligente – horizon 2020 – d’une industrie de produits à une industrie de services" a été menée auprès de 123 décideurs issus du monde automobile, de la finance, du gouvernement et de grands groupes industriels dans 18 pays. Elle se focalise sur l’évolution du concept de mobilité et présente des pistes de réflexion sur la façon dont les entreprises automobiles vont pouvoir prétendre à une part de revenu dans ce nouvel écosystème. Le message est clair. Alors que le monde change rapidement, et que la mobilité adopte de nouvelles formes - abandon de la propriété au bénéfice de l'usage par la location - les constructeurs ne seront pas forcément les champions de demain. S'ils ne réagissent pas très vite pour s'adapter à la nouvelle donne, ils pourraient se cantonner au rôle de simples fournisseurs, au lieu de contrôler la chaîne de valeur. L’évolution de la mobilité implique un changement radical pour le secteur automobile, qui doit passer d’une industrie orientée produits à une industrie orientée services. Certains diront que ce n'est pas gagné de faire bouger des mammouths.


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S’ils possèdent des atouts évidents – connaissance du produit automobile, réseaux de concessionnaires, sociétés financières, marchés captifs – les constructeurs vont devoir changer s’ils veulent pouvoir faire face à l’arrivée des nouveaux entrants sur ce marché. Ils doivent faire face à deux problèmes. Le premier est la concurrence des chinois qui, à coups de rachats de constructeurs à leur portée, vont très vite rattraper le retard sur la voiture traditionnelle et vont surtout aller très vite sur l'électrique. Le second est l'arrivée de nouveaux opérateurs (General Electric, Better Place, Vinci et les loueurs pour la France), qui mettent au centre de leur stratégie la culture du service et pour qui la relation avec le constructeur auto n'est pas un rapport de soumission.

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Pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, les sociétés automobiles devront d'abord proposer un portefeuille produit élargi allant du véhicule thermique au véhicule électrique en passant par le véhicule hybride.  Il est intéressant de noter à ce propos que 83% des personnes interrogées dans le monde pensent que les constructeurs doivent faire évoluer leur portefeuille (le chiffre est de 92% en France). L'autre défi est de construire des véhicules plus intelligents et connectés, avec des offres de télématique élargies (infotainement, sécurité, solutions de diagnostic à distance etc.). Toujours selon l'étude, 2 interviewés sur 3 dans le monde reconnaissent qu’il existe des opportunités de développement grâce à la télématique (même chiffre en France).

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Mais il faut aussi être capable de combiner l'offre produit avec divers services (intégrant la multi-modalité du transport). Ainsi, interrogés sur les principales tendances à l’horizon 2020, les Français ont répondu que l’évolution se fera essentiellement au travers des services de mobilité à 75% contre 63% dans le monde. Dans ce nouvel écosystème de la mobilité, la capacité à gérer des alliances avec d’autres acteurs afin de proposer des services élargis et innovants sera déterminante. On peut déjà observer l’arrivée de multiples acteurs, extérieurs au monde traditionnel de l’automobile qui se positionnent autour du véhicule électrique et des services (fournisseurs de télématiques, sociétés d’auto-partage, entreprises d’infrastructure, distributeurs de la grande distribution, capital-risqueurs…).

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Que font les constructeurs ? On peut citer l'alliance entre Renault et Better Place en Isräel et le Danemark, sachant que le losange s'est doté depuis un an d'une direction nouvelles mobilités qui explore l'auto partage et ces formes nouvelles de déplacement. Pour sa part, Peugeot a lancé son service de location Mu, qui repose sur ses produits et son réseau. Citroën, avec son offre "Facility" et un premier service baptisé Call Car, joue la carte du partenariat avec National Citer (qui est une filiale du groupe PSA) pour proposer un véhicule de location en moins de 3h. La marque aux chevrons se lance également dans l'auto-partage de véhicules électriques avec Carbox sous le nom "Citroën Business Connected". Cette dernière initiative, avec une prestation "tout compris" de gestion de flottes externalisée en BtoB est sans doute la voie à suivre.
Lire l'étude en intégralité : http://www-935.ibm.com/services/us/gbs/thoughtleadership/ibv-ibm-global-mobility.html

dimanche 28 octobre 2012

Better Place a-t-il du plomb dans l'aile ?

Better Place projet SAVE
Le jeu de mots (plomb pour batteries au plomb) est un peu facile, je le reconnais. Mais, force est de constater que l'opérateur israélien - qui va, cela dit, déployer ses solutions dans son pays d'origine en 2011 et au Danemark, dans les deux cas avec Renault - fait nettement moins parler de lui. Les fameuses stations d'échange de batteries ne sont plus à l'ordre du jour, même chez le constructeur français (le losange parle moins de Quickdrop). Il faut dire que Nissan ne souhaite pas travailler avec Better Place et que cela n'arrange guère les affaires de Shaï Agassi, qui au passage n'a rien raconté de fracassant dans l'interview qu'il a accordée à nos amis d'Automobile Propre (http://www.automobile-propre.com/2010/10/16/interview-shai-agassi-better-place-mondial-auto-paris-2010/), lors de son passage - incognito - au Mondial de l'Automobile. Pour être juste, il faut cependant rappeler qu'une station d'échange a été mise en place à Tokyo, dans le cadre d'un projet avec une compagnie de taxis, et que l'expérience a été prolongée de trois mois. On a appris également hier que 4 stations d'échange de batteries vont être installées d'ici 3 ans en Californie, dans la baie de San Francisco, pour des taxis électriques. Par contre, vous n'en verrez pas en région parisienne, où débute le projet SAVE d'expérimentation de véhicules électriques avec Renault, Nissan, EDF, Schneider Electric et... Total !


Better Place borne publique

La seule actu à relever est celle d'un partenariat avec General Electric. De par sa connaissance des réseaux électriques, ce partenaire peut effectivement aider à Better Place dans ses projets. Mais, on se dirige plus vers un réseau classique de recharge, incluant de la recharge rapide.
L'accord prévoit ces quatre points :
Une technologie standard :
Le chargeur WattStation™ de GE sera compatible avec le réseau de Better Place. Dans le modèle imaginé par Better Place, la propriété du véhicule et celle de la batterie sont dissociées. Les conducteurs de véhicules électriques n’ont de ce fait pas à assumer les frais élevés d’acquisition de la batterie. À la place, un abonnement leur est proposé en fonction des kilomètres parcourus, et ils contribuent ainsi au développement d’une solution de transport personnelle plus propre et mieux adaptée. Ce partenariat permettra aux automobilistes ayant opté pour le réseau Better Place de recharger aisément leur véhicule en utilisant les WattStation de GE. En standardisant les infrastructures de recharge mises à la disposition des conducteurs, ce partenariat leur garantit de pouvoir se rendre indifféremment d’une borne de recharge à une autre, pour une utilisation plus flexible et une recharge plus rapide.
Financement des batteries :
GE et Better Place mettront en place un programme de financement des batteries qui débutera par un projet pilote en Israël et au Danemark, les deux premiers marchés de Better Place. Ce projet, destiné à financer 10 000 batteries, accompagnera le lancement de ces marchés pionniers en équipant les 10 000 premiers véhicules électriques de ces régions.
Électrification de flottes automobiles :
GE et Better Place unissent leurs forces afin de proposer aux propriétaires de flottes automobiles des projets pilotes permettant de tester un modèle global d'électrification de leur parc dans le centre des grandes villes et sur les principaux axes routiers qui les desservent. L’objectif est de convaincre les entreprises d’opter pour l’électrification de leur flotte, ce qui leur procurera un double avantage : la diminution du coût d’exploitation de ce parc automobile d’une part et la réduction des émissions nocives d’autre part. Parmi les lieux ciblés dans le cadre du développement de ces projets pilotes figurent les grandes villes nord-américaines, notamment celles situées dans la baie de San Francisco, à Honolulu, à Hawaï ainsi que dans la province de l’Ontario au Canada ou encore les grandes villes d’Europe, d’Asie et d’Australie. Better Place travaille d’ores et déjà au déploiement de réseaux qui devraient être opérationnels sur ces marchés en 2011.
Sensibilisation du public :
Dans le cadre du programme Ecomagination développé par GE, Better Place et GE s’attacheront à sensibiliser le public aux avantages tant économiques qu’environnementaux de l’adoption généralisée des modes de transport électriques et des infrastructures nécessaires. Il s’agit là du préalable à la réalisation effective de cet objectif.
Affaire à suivre, donc...

mardi 21 août 2012

L'Ontario veut devenir la vitrine de la mobilité propre en Amérique du Nord

Cette région du Canada, qui abrite la capitale Ottawa ainsi que la ville de Toronto, et qui est aussi spécialisée dans l'automobile*, souhaite devenir le leader du développement durable en Amérique du Nord. C'est ainsi que la province de l’Ontario a décidé de se doter d'un fonds de 80 millions de dollars (soit 56 millions d’euros) pour démarrer l'installation de bornes de recharge. Le fonds est destiné à encourager les firmes des secteurs public et privé à construire, tester et généraliser des bornes de recharge. L'Ontario apporte ainsi un capital de départ à des projets retenus (par exemple avec Better Place à Toronto). Cette annonce fait partie des investissements du gouvernement de l’Ontario dans les infrastructures, pour un montant de plus de 25 milliards d’euros pour les trois prochaines années. L’objectif de la province est qu’une voiture sur 20 en Ontario soit alimentée par de l'électricité d’ici à 2020.



La stratégie passe également par des incitations pour acheter des véhicules électriques, avec une prime allant de 5000 à 8500 $ (soit 3500 à 6000 euros) et des plaques d’immatriculation « vertes » permettant aux conducteurs d’utiliser le réseau de voies réservées aux véhicules à plusieurs occupants de la province. L'Ontario voit comme un signe du destin le choix de Toyota pour le site de Woodstock (rien à voir avec le site du fameux concert, qui lui se trouve dans l'Etat de New York aux USA) pour la production de son futur Rav4 électrique.

*Chrysler, Ford, GFM, Honda et Toyota y ont des usines.

mardi 3 juillet 2012

Coup d'envoi du projet SAVE dans les Yvelines

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L'Alliance Renault-Nissan a donné le coup d'envoi le 30 juin du projet SAVE (Seine Aval Véhicules Electriques) dans les Yvelines. C'est la première opération grandeur nature sur le territoire français. Avec du retard sur le calendrier, qui prévoyait initialement un démarrage à l'automne, Renault va faire rouler 80 voitures (des Fluence ZE et des Kangoo ZE) et Nissan 20 autos (des Leaf) de janvier 2011 à juillet 2012, en partenariat avec EDF et Schneider Electric. Le projet est porté par la région Ile de France, le Conseil Général des Yvelines et l'EPAMSA (Etablissement Public d'Aménagement du Mantois Seine Aval), avec un financement de l'Ademe de 6,5 millions d'Euros sur un total de 23 millions.


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Le projet va permettre de tester des véhicules électriques en milieu urbain et périurbain, ainsi qu'une infrastructure de 300 points de charge. Ceux-ci seront implantés chez des particuliers, ainsi que dans les parkings d'entreprises, des parkings privés de commerces et des stations-service. Par ailleurs, les villes de Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Conflans-sainte-Honorine et Poissy accueilleront des bornes sur la voirie.

Better Place projet SAVE

Lors de la conférence de présentation, aux Mureaux, il se trouve que j'étais à peu près le seul journaliste. Je me suis aperçu qu'il manquait un nom sur la liste des partenaires, celui de Better Place. J'ai donc posé la question à l'issue de la table ronde (qui ne prévoyait pas d'échange avec la salle, initialement). C'est Jean-Louis Legrand, le coordinateur interministériel pour les véhicules décarbonés, le "Monsieur voiture électrique du gouvernement" qui m'a répondu, en expliquant qu'une discussion était en cours pour associer l'opérateur israélien à ce projet, mais d'une autre manière. Ainsi, l'opérateur israélien devrait tester ses stations d'échange de batteries sur des sites à plus fort volume, sans doute à Paris avec des taxis. En attendant, il est remplacé par... Total, qui va installer des prises sur quelques stations-service. En fait, l'attachée de presse de Better Place, Caroline Langlais, du cabinet Hill Knowlton, m'a confirmé que Better Place s'était retiré du projet, d'un commun accord avec Renault. Le coût des stations d'échange de batteries (2 étaient prévues à l'origine) aurait impacté sévèrement le budget de l'opération SAVE.

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Le projet SAVE va mettre à contribution des professionnels (EDF, La Poste) et des "particuliers", qui se trouvent être en fait des salariés des sociétés et collectivités partenaires du projet. L'objectif est de tester les véhicules en conditions réelles et surtout de valider auprès du "public" les offres de recharge, avec des prix en ligne avec ce que veulent proposer Renault-Nissan et EDF aux futurs clients. Ce projet pilote va aussi servir à alimenter le "livre vert", rédigé dans le cadre du plan Borloo et qui servira de "bible" pour la mise en place d'une infrastructure de recharge.

Voir le diaporama :



Voir la vidéo :

vendredi 15 juin 2012

ELVIRE : un consortium pour rendre le véhicule électrique plus intelligent

Elvire
Un nouveau consortium vient de voir le jour pour remédier au problème majeur que rencontre la voiture électrique et qui est l'autonomie. Il a pour nom ELVIRE (Electric Vehicle communication Vehicle to Infrastructure, Road services and Energy supply). Ce programme de recherche soutenu par Bruxelles réunit 11 partenaires dont Better Place, Renault, Volkswagen, Continental et pour la France le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) à travers son laboratoire LIST sur les transports. L'objectif est de rendre le véhicule électrique plus intelligent, avec un GPS capable de tenir compte de l'autonomie restante pour calculer les itinéraires, mais aussi communicant pour savoir où se trouvent les bornes de recharge les plus proches et si elles sont disponibles. Pour pouvoir accueillir ces véhicules, cela suppose également que les acteurs impliqués dans la recharge électrique développent des points de charge ou des stations d'échange de batteries qui intègrent elles mêmes de l'intelligence. On le voit, l'intention est de mettre en place un écoystème avec du logiciel et de la communication embarquée. Avec de tels outils, le conducteur d'un véhicule électrique serait rassuré car il pourrait assez facilement trouver un point de charge et savoir en combien de temps le plein sera fait.
Mais, il va se passer du temps avant que ne soit opérationnelle une telle plateforme.
Accéder au site :
http://www.elvire-project.org/scripts/home/publigen/content/templates/show.asp?L=EN&P=55&vTicker=alleza

mercredi 23 mai 2012

L'heure de vérité pour Better Place en Israël

Avec une bonne année de retard, dû à des obstacles bureaucratiques et à des livraisons tardives de la Fluence ZE, que Renault fournit en tant que partenaire, l'entrepreneur Shai Agassi va très prochainement débuter ses activités en Israël, où il va déployer le premier réseau national de voitures électriques. Un projet très ambitieux qui a déjà englouti plus de 400 millions de dollars. Better Place concrétise donc au bout de 4 ans une vision partagée (à l'époque) avec Carlos Ghosn. Une expérience qui intervient à un moment où l'électro-mobilité traverse une phase de doute.



La promesse de Better Place est géniale sur le papier. Elle consiste à remplacer les batteries vides par d'autres pleines en moins de 5 mn, en réinventant le principe des relais postaux. Pour cela, des stations d'échange automatisées ont été développées. L'autonomie devient donc quasi illimitée, avec un dispositif qui est adapté à la taille du pays (pas plus de 500 km pour les distances en Israël). En parallèle, la start up souhaite également développer des bornes de recharge plus conventionnelles. C'est un projet d'intérêt national, qui permet de s'affranchir du pétrole de ses voisins. De plus, Better Place inaugure un nouveau modèle économique en se positionnant comme un opérateur de mobilité, en maîtrisant la distribution des véhicules et le service.


Le véhicule électrique est proposé avec un abonnement rappelant le forfait téléphonique. En fonction du kilométrage, le client verse une mensualité (entre 300 et plus de 500 $ par mois) pour accéder aux stations d'échange et au point de charge. Better Place a conçu par ailleurs un logiciel, baptisé Oscar, qui donne accès via l'écran de bord à un univers de services, dont bien sûr l'emplacement des stations de charge ou d'échange. L'informatique embarquée permet par ailleurs de recueillir des infos sur l'utilisation des véhicules et de faire des mises à jour à distance.


Toutefois, à ce jour, le réseau reste assez limité. On ne dénombre que quatre stations d'échange de batteries dans le pays. Il devrait y en avoir 40 dans la seconde moitié de l'année. Pour les points de charge, des accords ont été signés avec divers partenaires. Le réseau est censé proposer à terme 500 000 points de charge.


En ce qui concerne les volumes, il n' y a pour le moment que 140 voitures en circulation qui servent en fait pour des tests. Better Place affirme avoir reçu 1800 commandes de la part de flottes et quelques centaines de la part de particuliers. Il devrait y avoir 5000 Fluence ZE d'ici un an sur les routes israéliennes. Si pour le moment seul ce modèle est compatible (ce sera aussi le cas de la Zoé) avec les stations d'échange, l'opérateur indique être en contact avec d'autres constructeurs automobiles.


Israël est a priori réceptif à l'électrique (80 000 personnes ont visité à ce jour le show room de Tel Aviv). Mais, jusqu'à présent, aucun pays dans le monde n'a montré d'appétence pour le véhicule électrique, malgré la hausse des prix du carburant. Better Place reste sur un objectif de 100 000 véhicules en 2016 (en Israël et au Danemark). Il espère un tournant en 2017, avec une baisse du prix des batteries qui rendrait les véhicules plus compétitifs. L'opérateur pronostique même 50 % de parts de marché pour le VE à cet horizon. Mais, Shai Agassi a toujours fait preuve jusqu'à présent d'un optimisme à toute épreuve.

vendredi 18 mai 2012

Project Better Place et l'échange automatisé de batteries électriques




L'événement vient d'avoir lieu au Japon, là même où Nissan va entamer dès l'année prochaine la commercialisation de sa voiture électrique. C'était donc à Yokohama, il y a quelques jours. La ville japonaise a été choisie comme site pilote par le ministère de l'environnement japonais pour tester les véhicules électriques en grandeur nature pendant six mois. Le coup d'envoi de l'opération a été donné et, à cette occasion, Project Better Place a dévoilé son concept de remplacement automatisé des batteries électriques. Un système très innovant et rapide, puisque cela ne prend que quelques minutes pour enlever la batterie et la remplacer par une autre rechargée. Project Better Place, c'est cette start up fondée par un israélien - Shaï Agassi, ex numéro 2 de SAP - et qui a su convaincre plusieurs pays et des industriels de le suivre dans ce projet fou de développement de la voiture électrique, avec l'infrastructure de recharge à l'appui. Au-delà de la performance technique, signalons que le gouvernement japonais veut que la moitié des véhicules neufs vendus dans le pays soit à propulsion électrique en 2020. Oui, dans dix ans seulement. Pour sa part, Project Better Place a des projets similaires aux Etats-Unis, au Canada, en Israël, au Danemark et en Australie.


Voir la vidéo :

samedi 28 avril 2012

Better Place ouvre sa première station d'échange de batteries à Tokyo

Better Place Tokyo

Better Place a inauguré en début de semaine à Tokyo la première station d’échange de batteries pour taxis électriques, en partenariat avec le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie japonais et Nihon Kotsu, la principale compagnie de taxis de Tokyo. Ce projet, d’une durée de 90 jours, marque une étape majeure vers un le premier test grandeur nature de l’ensemble des éléments de l’infrastructure de charge pour véhicules électriques en Israël avant la fin de l’année. Le choix de la capitale japonaise pour ce premier test est logique. On dénombre davantage de taxis à Tokyo qu’à Londres, Paris et New-York réunis, soit environ 60 000 véhicules. Ils parcourent des milliers de kilomètres, ce qui en fait un segment très visible pouvant servir de catalyseur pour diffuser cette technologie auprès du grand public.


Voir le clip vidéo :



Dans le cadre du projet de taxis électriques à Tokyo, Better Place et Nihon Kotsu, plus importante compagnie de taxis à Tokyo, mettront à la disposition du public trois taxis électriques à batterie échangeable. Les clients les trouveront à la borne de taxis réservée aux véhicules écologiques, située au premier étage du complexe Roppongi Hills. Better Place. Better Place a coopéré sur la conception, la technologie et à la conversion de crossover Nissan Dualis en taxis électriques à batterie échangeable. Les batteries sont fournies par 123 Systems. Better Place avait convaincu le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie japonais de lui confier le projet de Tokyo suite à la démonstration technologique conduite à Yokohama l’année dernière.
La station d’échange de batterie déployée à Tokyo représente une avancée significative par rapport au système d’échange présenté l’année dernière à Yokohama : elle intègre un espace de stockage et de chargement des batteries offrant des capacités de gestion thermique optimales ; de plus, elle est capable de procéder à l'échange de batterie des trois véhicules de manière quasi-continue tout en optimisant leur durée de vie et leurs performances, lesquelles peuvent être suivies en temps réel sur Internet.

Voir le diaporama :

vendredi 13 avril 2012

La France démarre le chantier de l'infrastucture de recharge pour la voiture électrique



La France donne enfin le coup d'envoi pour son infrastructure de recharge. Alors que les tests grandeur nature se multiplient dans le monde et chez nos voisins, le gouvernement entre dans le concret. Hier, Jean-Louis Borloo et Christian Estrosi ont signé une charte d’engagements mutuels avec PSA Peugeot Citroën et Renault, ainsi qu'avec 12 agglomérations pilotes qui vont déployer une première vague d’infrastructures. Ces villes sont Bordeaux, Grenoble, Rennes, Nice, Angoulême, Aix-en-Provence, Orléans, Paris, Rouen, Strasbourg, Le Havre et le Grand Nancy. L'Etat français, qui voudrait disposer d'un début d'infrastructure, quand les constructeurs seront prêts en 2012, veut inciter les villes à investir dès maintenant et prépare un cadre. Le scénario du gouvernement prévoit aujourd’hui la création de 900 000 points de recharge privés et 75 000 points de recharge accessibles au public dès 2015, portés à 4 millions de points de recharge privés et 400 000 points de recharge publics en 2020. Les sociétés d'autoroutes et les centres commerciaux pourraient participer à cet effort.



Parmi les sites pilotes, il y a notamment le département des Yvelines qui, avec le concours de la Région Ile de France, va accueillir le projet SAVE (Seine Aval Véhicules Electriques). Ce projet n'est pas une surprise, car il avait été annoncé depuis déjà un certain temps par l'Alliance Renault-Nissan, concernée au premier plan par ce projet. Il était même temps que le projet SAVE se concrétise car Renault - nul n'est prophète en son pays - a tendance à nouer des accords plus vite que son ombre dans bon nombre de pays, comme par exemple en Irlande et en Espagne, alors que rien n'a démarré jusqu'à présent dans l'hexagone. Ce sont donc une centaine de véhicules de l'Alliance, des berlines et des utilitaires de Renault et de Nissan qui vont bientôt circuler en région parisienne (entre Mantes et les Mureaux) et qui pourront se recharger à domicile, en entreprise, dans les parkings et sur la voirie publique. Le projet bénéficie d'une enveloppe de 6,5 millions d'Euros en provenance du fonds pour les démonstrateurs de l'Ademe.


Au-delà de Renault et de Nissan, qui sont des "poids lourds" pour l'économie locale (surtout dans la perspective de la mise en route de l'usine de batteries à Flins avec le CEA et la production de la ZOE), le projet va surtout permettre de tester l'infrastructure de recharge. L'intérêt de SAVE est de combiner la recharge conventionnelle, avec une infrastructure et une gestion de l'énergie assurée par Schneider Electric, et l'échange de batteries. Ce dernier concept, qui est une exclusivité de l'opérateur Better Place, sera donc testé pour la première fois en France. Rappelons que le principe est de remplacer de façon robotisée la batterie d'un véhicule électrique en trois minutes chrono.

Voir la vidéo :



La première station d'échange de batteries au monde sera inaugurée à Tokyo le 26 avril, où Better Place a un projet avec les taxis locaux, et sera suivie d'autres en Israël. L'objectif du projet SAVE est de tester l'infrastructure de recharge ainsi que les modèles économiques. On va donc enfin voir comment le public réagit par rapport aux véhicules et aux modes de recharge et si la technologie tient toutes ses promesses en matière de performances.

mardi 20 mars 2012

Fluence ZE by Better Place : mieux qu'une Renault électrique

Je reviens sur ma visite chez Continental Automotive à Rambouillet, car l'une des démos concernait le système multimédia développé pour Better Place et s'appliquant à la Fluence ZE. Pour ceux qui ne maîtrisent pas la voiture électrique, ce n'est pas un spécialiste du tuning, mais une start up israélienne qui veut jouer le rôle d'un opérateur de services. Better Place, qui opère justement en Israël et au Danemark, a fait fabriquer par Conti un PC embarqué qui est une vraie petite merveille de technologie.


Ce Car PC tourne sous Windows 7 et intègre une puce Atom d'Intel. De par sa conception (résistance aux températures extrêmes) et sa connectivité (3G, Wi Fi), c'est déjà une première. Mais, c'est surtout sur le plan des services que ce système multimédia innove. Et je dois dire que, quoi qu'en pense de Better Place (et j'ai déjà eu l'occasion ici d'exprimer des doutes sur leur stratégie), c'est bien plus complet que ce que propose Renault sur la Fluence ZE classique.


En apparence, naturellement, rien ne change. Et pour cause : c'est pour le marché israélien que la marque au losange a pris la décision d'électrifier une Fluence. C'est donc à l'intérieur que l'on constate les différences.


D'entrée de jeu, la Fluence ZE propose un menu attractif sur son grand écran. Il est possible de personnaliser son profil et d'accéder à bon nombre de fonctions. Les principales concernent la navigation, la charge et l'échange de batteries.


Si l'on prend l'exemple du guidage GPS, l'autonomie restante est matérialisée par un cercle concentrique, ce qui permet au conducteur de voir tout de suite quel type de trajet il peut faire avant de trouver la prise la plus proche. J'ai pu constater qu'une fonction "customer care" permet d'entrer en contact avec un centre d'appel Better Place, exactement comme le bouton bleu à bord des Bluecar d'Autolib'.


Autre différence notable par rapport au GPS Carminat TomTom de la Fluence ZE européenne, l'écran de bord peut communiquer en Wi Fi avec les stations d'échange de batteries installées en Israël et au Danemark. Une fois que la station en question est localisée, des instructions s'affichent pour procéder au remplacement automatisé de la batterie.


Better Place ne fait pas l'impasse sur les loisirs numériques, au contraire. On peut non seulement brancher une clé USB ou un iPod sur une prise dédiée à l'avant, avec un affichage façon "cover flow" des pochettes d'album, mais des applications sont prévues par l'opérateur. On peut par exemple télécharger des vidéos pendant la nuit ou d'autres contenus. Tout cela transite bien sûr par un store géré par Better Place.


La start up israélienne a une réelle plus value dans les services. Elle joue en tout cas davantage le rôle d'un opérateur de mobilité, si on la compare à Renault dont le métier de base est avant tout de produire des voitures.

lundi 5 mars 2012

Better Place et Renault veulent pousser l'échange de batteries dans le cadre du projet EASYBAT

Un consortium* dirigé par Better Place et réunissant Renault, Continental, Ernst & Young et plusieurs partenaires de premier plan a reçu l'agrément de la Commission Européenne pour le programme EASYBAT. Il s'agit d'un projet de R&D visant à faciliter la production de véhicules électriques à batterie échangeable par les constructeurs automobiles et fabricants de batteries. C'est le premier du genre approuvé par Bruxelles. Dans le cadre de ce projet, le consortium EASYBAT développera des interfaces et composants « génériques » de qualité, qui permettront à l’industrie automobile d’intégrer facilement la technologie d’échange de batteries aux plateformes pour véhicules électriques. Pour le moment, la première application à grande échelle de la technologie sera lancée par Better Place et Renault lors de la commercialisation de la Fluence Z.E. en Israël et au Danemark d’ici la fin de l’année.



A ce propos, Renault et Better Place ont donné quelques détails sur leur accord au Danemark. Chaque abonnement prévoit un accès illimité au réseau de stations de recharge et d’échange de batteries de Better Place, la consommation d’électricité, des services personnalisés de gestion de l’énergie et de navigation grâce à des logiciels de bord, un stock de batteries dont l’accès rapide sera garanti. Il donne également accès à un service clientèle et à une assistance technique 24 heures sur 24, ainsi qu’à une borne de recharge privée. Grâce à la possibilité d’échanger les batteries, l’autonomie (théoriquement de 185 km) pourra être considérée comme « illimitée » : les conducteurs pourront faire le plein de leur batterie en moins de cinq minutes dans le réseau de stations d’échange de batteries de Better Place. La même offre sera dupliquée a priori en Israël en fin d'année. L'opérateur israélien a aussi une station d'échange de batteries en test à Tokyo et a un projet dans la baie de San Francisco.


Pour en revenir à la solution EASYBAT, elle est composée d’interfaces autorisant un remplacement rapide et sûr de la batterie d’un véhicule électrique. Le connecteur assure l’interface entre le véhicule, la batterie, le réseau de communications et le système de refroidissement de la batterie. Sa conception est conforme aux normes industrielles et de sécurité en vigueur en Europe. Après son intégration à des véhicules entièrement électriques, cette solution fera l’objet de tests visant à vérifier sa conformité aux critères de fabrication en série et aux normes de sécurité européennes.
Précisons toutefois que ce n'est qu'un projet de R&D, dans le cadre du septième programme-cadre (7ème PCRD) de l’Union européenne. Doté d'un budget très modeste de 2,2 millions d'euros, il est prévu pour une durée de 30 mois jusqu’en juin 2013. Renault reste le seul partenaire officiel à ce jour de Better Place dans l'échange de batteries.

*Le consortium EASYBAT regroupe 11 partenaires : Better Place (Israël), Ernst & Young (Israël), Renault (France), RWTH Aachen (Allemagne), KEMA (Pays-Bas), l'institut Fraunhofer (Allemagne), le Danish Technological Institute (Danemark), la Technische Universität München (Allemagne), le TÜV Rheinland (Allemagne), la Haifa University (Israël), Continental Engineering Services GmbH (Allemagne).

vendredi 27 janvier 2012

Que faut-il penser de Better Place ?




En début de semaine, Better Place a fait savoir qu'il avait levé 350 millions de dollars dans un tour de table mené par HSBC. Il s'agit d'une certaine performance, car c'est la plus grosse somme réunie pour une "clean tech" et que cela valorise la start up israélienne à 1,2 milliard de dollars. Pour ceux qui ne le savent pas encore, Better Place a pour ambition d'aider au développement des voitures électriques dans le monde avec des bornes de recharge (maison, bureaux, voirie publique) et en particulier des stations d'échange de batteries "Quick Drop". La société veut se positionner aussi dans les services, avec une gestion intelligente de la recharge (grâce au GPS et à du logiciel embarqué dans le véhicule) et de la communication vers le réseau électrique pour adapter la production à la demande. Alors, que penser de ce deal financier ? Faudra-t-il compter dans le futur avec Better Place ?





En ce qui me concerne, je suis plutôt réservé. L'idée de départ est louable et Shaï Agassi, le fondateur de Better Place, a eu une vision. J'ai déjà raconté la genèse de la société dans un précédent article (8 décembre dernier, et aussi le 18 mai). Je n'y reviens pas. Mais, à ce jour, il n'y a que deux pays où des accords en bonne et due forme ont été scellés : Israël (pays dont est originaire M. Agassi, et qui a intérêt à assurer son indépendance énergétique) et le Danemark. Dans ces deux pays, il y a des engagements qui portent au total sur 100 000 véhicules d'ici 2016. Pour sa part, Better Place doit déployer 500 000 prises, rien qu'en Israël. La lecture du site nous apprend qu'il y a aussi des projets en Australie, au Japon, au Canada et aux USA. Sur le plan de la communication, Better Place est un champion. Comme Renault, qui en fait des tonnes sur le sujet, il y a plein de vidéos sur You Tube et des relais sur Facebook. Et, comme la marque au losange, l'opérateur a réussi à faire financer par de l'argent public (celui des Etats) ses investissements.



Mais, voici pourquoi j'ai quelques doutes. D'abord, seul Renault est partenaire de Better Place (Nissan n'y croit pas, mais ne le dit pas officiellement) pour le moment. Ensuite, pour que les stations d'échange marchent, il faut que les constructeurs aient prévu en amont que les batteries puissent être enlevées et remontées par ce système robotisé. Or, comme il n'y a pas de standard vraiment établi pour le moment et que chacun travaille dans son coin avec des fournisseurs différents, bon courage... Sans compter que les stations "Quick Drop" coûtent 500 000 € pièce, qu'il faut stocker les batteries dans des conditions particulières et que la logistique va être compliquée. Quant au profil de l'investisseur, la banque HSBC, il est annoncé comme "très conservateur". C'est sans doute pour souligner le sérieux de la levée de fonds. Mais, HSBC s'est déjà trompé dans le passé (en particulier avec les subprimes, dont il a été l'une des premières victimes). Donc, tout cela est à considérer avec beaucoup de prudence, d'autant que personne ne sait si les clients vont vraiment vouloir d'une voiture électrique...