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samedi 22 décembre 2012

La voiture électrique va-t-elle créer des emplois ?

J’en reviens encore aujourd’hui à l’étude de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile sur le véhicule électrique, qui est vraiment une mine d’informations. Ce document se penche à un moment sur la filière française. Alors que le nombre de salariés du secteur de la construction automobile est passé de 300 000 personnes au début des années 80 à 149 000 en 2009*, on peut se demander si les efforts consentis par le gouvernement et les industriels vont se concrétiser par de l’emploi en France. Un point crucial, quand on sait que le secteur auto au global représente 260 000 emplois (un dixième des effectifs en Europe).



Selon une étude publiée par le Commissariat général au développement durable, et que rappelle le Cetelem, la création d’une filière véhicules électriques dans l’Hexagone (moteurs + batteries) permettrait de créer entre 15 000 et 30 000 emplois à l’horizon 2025-2030, venant ainsi largement compenser les 4 000 à 8 000 pertes d’emplois industriels engendrées par la baisse des volumes de moteurs thermiques produits en France. Toutefois, Jean Louis Legrand, coordinateur interministériel pour les véhicules décarbonés au ministère de l’Écologie, du Développement durable, du Transport et du Logement, se veut plus mesuré. « On peut dire que la filière électrique devrait contribuer à maintenir des emplois en France, plus qu’à en créer », avoue cet expert. Et pour appuyer son propos, il considère « tout l’écosystème de l’électromobilité : batteries, chaînes de traction, électronique de puissance, après-vente, cycles, production et distribution d’électricité, infrastructures de recharge, installateurs, domotique et réseau intelligent, commerce et distribution, stations-service, métiers du stationnement, opérateurs de mobilité ».


Des emplois, oui, mais différents et plus qualifiés. La création d’une filière véhicules électriques met en oeuvre de nouvelles technologies, tant dans la partie « amont » (de la conception à la production) que dans la partie « aval » de la filière automobile (distribution, entretien…), relève le Cetelem. Ainsi, le volume d’emploi dans l’activité « construction automobile » devrait rester à peu près constant si la filière batteries et moteurs électriques est développée en France. Avec la rupture technologique que représente le véhicule électrique, de nouveaux métiers feront aussi leur apparition dans la filière automobile, en particulier ceux liés à la batterie et à la distribution de l’énergie électrique : opérateurs en électricité automobile, postes de techniciens et d’informaticiens pour la maintenance des infrastructures de recharge par exemple, ou bien encore métiers relatifs à l’électrotechnique/électromécanique, compte tenu de la croissance des équipements électroniques dans les voitures à énergie alternative.


Mais, c’est bien dans les activités de services que se situe l’essentiel des emplois induits par la création de cette nouvelle filière, souligne l’Observatoire. « Bien que le véhicule électrique soit peu générateur d’opérations d’entretien (pas de vidange ni de remplacement de courroie de distribution…) », avance l’étude, il y a du potentiel dans le commerce et la réparation, les stations-service, le contrôle technique, la déconstruction, le recyclage, la location de voiture et les services liés aux nouveaux usages de mobilité comme l’auto-partage. Ces activités représentent un gisement « d’autant plus important qu’il s’agit de services de proximité, donc d’emplois qualifiés difficilement délocalisables ». En conclusion, les services associés au véhicule électrique auront aussi un impact positif en termes d’emplois indirects et seront source de nouveaux métiers liés à la filière automobile.

*En cette année de crise, 54 300 postes qui ont été supprimés dans l’automobile, dont 9 800 chez les constructeurs, 35 000 chez les fournisseurs et 9 000 dans le commerce et la réparation.

samedi 20 octobre 2012

PlugSurfing : un réseau social pour la recharge des véhicules électriques

Recharger son véhicule électrique chez des "amis" ? Simple, encore fallait-il y penser. PlugSurfing combine, en tant que première communauté européenne en ligne, les aspects techniques d'un réseau de rechargement pour véhicules électriques avec les fonctionnalités d'un réseau social. La communauté donne accès à un réseau de plus de 7 000 bornes de chargement. En plus de proposer la plus grande carte interactive de bornes de rechargement à travers l'Europe, la communauté en ligne propose plusieurs avantages pour la vie de tous les jours: une fois leurs batteries rechargées les utilisateurs peuvent, à la manière de l'internet coopératif, noter et commenter en direct les bornes de chargement. Il est aussi possible de mettre en ligne une photo de la borne et de la conseiller à ses amis à travers l'application. Ses fonctionnalités permettent aux membres de la communauté, les PlugSurfers, de trouver beaucoup plus facilement la borne de chargement qui leur conviendra le mieux. Dans le cas d'une borne défectueuse, elle sera directement signalée par le fournisseur ou par un des membres de la communauté à travers l'application PlugSurfing.

Voir la vidéo :

dimanche 14 octobre 2012

L'électro mobilité à Equip Auto




Le salon Equip Auto se tient en ce moment au parc des expositions de Villepinte, près de Paris. C'est un rendez-vous important pour la filière automobile, notamment au niveau de l'entretien et de la réparation. Ici, on ne présente pas de nouvelles voitures mais les outils et les méthodes qui vont permettre de les réparer.
Cette année, le salon a décidé de mettre l'accent sur l'électro mobilité. Il y a un espace d'exposition et d'essai où on peut voir notamment la future Peugeot Ion électrique, dont c'est la première sortie en France.




Parmi les nouveautés françaises, il y a la Lumeneo Smera, qui est issue d'une coopération entre industriels et labos de recherches. C'est un engin ludique et électrique, dans la lignée de ce qu'on va voir arriver chez Renault (Twizy) et Nissan (au salon de Tokyo, je vous en parlerai la semaine prochaine). La Lumeneo Smera sera mise en vente en fin d'année pour 24500 Euros TTC (aide écologique déduite et batteries incluses). Un show room permet de découvrir l'engin porte Maillot, à Paris.



Du côté des bornes électriques de recharge, voici un modèle compatible Moneo. C'est utile, car la traçabilité sera essentielle pour le paiement des connexions au réseau électrique. DBT est le leader français et européen en matière de bornes de recharge pour véhicules électriques.



Pour moi, le plus innovant est cette initiative montée par un transporteur du Loiret, Deret Transporteur, le réseau Electruck City. Ce réseau permet de louer des utilitaires et camions électriques pour des livraisons en centre-ville, sans bruit et sans émission. Le service est disponible dans une vingtaine de villes de France.
Pour info, une conférence aborde les challenges liés au véhicule électrique cet après midi dans le cadre du salon. Pour ma part, j'organise et anime une conférence vendredi matin à Equip Auto pour expliquer qu'au jour d'aujourd'hui, absolument rien n'est prévu pour accueillir les futurs véhicules électriques en atelier.
Affaire à suivre, donc....

samedi 13 octobre 2012

La mobilité urbaine selon BMW


BMW est un constructeur qui porte un regard global sur la mobilité urbaine. Dans le cadre d'un test avec la Mini électrique à Berlin - avec le producteur d'énergie Vattenfall - le groupe BMW a développé une application iPhone ("Mobility Assistant") qui permet d'avoir accès à l'autonomie restante du véhicule, le temps de charge s'il se trouve sur une prise, et bien sûr la liste des bornes de recharge les plus proches. Mais, le constructeur va plus loin. L'application iPhone permet également d'avoir accès aux "park and ride" (ces parcs de rabattement d'où l'on peut ensuite emprunter d'autres modes de transport) et surtout aux horaires des transports en commun. On peut ainsi consulter les plans des lignes et calculer un itinéraire avec les temps de parcours.




Toujours à propos d'iPhone, BMW a aussi développé une application ("My BMW Remote") qui permet de contrôler à distance son véhicule. Si, par exemple, vous avez oublié de fermer les portes ou d'éteindre les phares dans le parking, il est possible de le faire via le Smartphone. L'application, qui permet aussi de localiser le véhicule sur sa place de stationnement avec le GPS, est un prolongement des services "Connected Drive" qui font appel à la communication embarquée.



Par ailleurs, BMW cherche à intégrer les informations les plus pertinentes pour la navigation GPS (rythme de passage des feux tricolores, places de parking disponibles). Cela permet de calculer l'itinéraire le plus pertinent par rapport au trafic et aux arrêts prévisibles. Le gain se traduit en temps et en économies de carburant. Et, si l'automobile n'est plus le moyen le plus adapté pour le trajet, il est toujours temps d'opter pour les transports en commun. Les infos sont accessibles depuis le GPS connecté du véhicule.



Une autre approche, encore plus étonnante, consiste à transformer la clé de contact en un porte-monnaie électronique. La clé permet alors de payer un certain nombre de prestations, dont par exemple le train. Depuis le véhicule, on peut consulter les horaires de train de la Deutsche Bahn, réserver en ligne et partir pour la gare avec sa clé en poche.



C'est dans la clé que se trouve le billet électronique que le contrôleur pourra ensuite "lire" grâce à un terminal communicant. Pour cette application, qui ne reste pour le moment qu'un test, BMW utilise la technologie sans contact NFC (Near Field Communication). Ce n'est encore que de la fiction, mais le scénario paraît crédible avec le développement des Smartphones et des solutions de communication sans fil.

jeudi 11 octobre 2012

A Equip Auto, le véhicule électrique pointe son nez dans les ateliers


Le salon des pros de l'automobile, qui se tient en ce moment à Paris-Nord-Villepinte, met à l'honneur le véhicule électrique qui fait l'objet d'un espace dédié Green Tech. Mais, la tendance la plus nette est sa présence chez les spécialistes du diagnostic. Ainsi, l'italien Texa propose par exemple pour les garages des outils qui permettent de dialoguer avec les équipements embarqués des véhicules électriques et hybrides (dont certains sans fil pour éviter les risques d'électrocution). Pour illustrer ce savoir-faire, une Peugeot Ion est exposée sur le stand. Par ailleurs, le français Actia se distingue en fournissant à la fois la chaîne de traction électrique de la Bolloré Bluecar et les outils qui servent pour le diagnostic.




Chez Bosch, les outils de diagnostic sont également de sortie sur la 3008 Hybrid4. L'équipementier, qui fournit les composants de la technologie hybride (il a reçu un prix à ce propos dans le cadre des Grands Prix de l'Innovation Automobile), est évidemment bien placé pour faire le diagnostic de ce véhicule. J'en profite au passage pour préciser que j'anime justement sur Equip Auto cet après-midi une conférence sur l'impact de la voiture électrique et hybride en après-vente. Bosch y participe, tout comme Delphi, Actia et plein d'autres acteurs dont Frost & Sullivan, ESG, Hybrelec, Groupauto, le GNFA et le CNPA.



Bosch qui par ailleurs en profite pour présenter les composants en préparation pour les constructeurs pour les futurs véhicules électriques. Le géant de l'équipement fabrique des moteurs électriques (avec Daimler) et des batteries (avec Samsung dans le cadre de la joint venture SB Limotive).



Et parmi les acteurs de demain, dans le domaine de la maintenance pour les véhicules électriques, on verra peut être des spécialistes de la réparation rapide. S'il n'est un secret pour personne que Norauto en a fait un axe de développement, j'ai appris en revanche que Speedy se prépare activement. Le réseau compte s'équiper de bornes et prendre une part active dans l'entretien de ces véhicules, avec le soutien des constructeurs.



Plus surprenant, les fournisseurs des stations service commencent à présenter des bornes de recharge. Voici un exemple de borne de charge rapide proposée par la société Lafon. C'est la première fois qu'on voit ça à Equip Auto.



On peut voir aussi sur le salon des deux roues électriques : des scooters électriques (chez Actia et Fog) et des vélos à assistance électrique (chez Bosch et Point S). La palme de l'originalité revient d'ailleurs à cette enseigne de pneus qui propose un vélo à assistance électrique et un scooter électrique en tant que véhicules de courtoisie. C'est bien la preuve que la mobilité est en train de changer. Et que les pros en ont pris conscience.

Voir le diaporama :

mardi 2 octobre 2012

Autolib' entre dans le concret (deuxième partie)


Retour sur le lancement d'Autolib', qui est en test depuis ce dimanche sur Paris avec 66 voitures et 33 stations. La dernière fois, je vous ai parlé de mes premières impressions sur la nouvelle Bluecar. Je vais aborder aujourd'hui plus en détail le fonctionnement même du service Autolib'. En soi, l'auto partage de véhicules électriques n'est pas une première, car il existe déjà à La Rochelle, Antibes et Nice par exemple. Mais, la nouveauté vient du fait qu'Autolib' fera la part belle au contact humain, avec des ambassadeurs (ils seront au nombre de 1200). Il est d'ailleurs possible de s'inscrire si cela vous intéresse de devenir conseiller ou agent d'exploitation. Lien : http://www.autolib.eu/

 

C'est ce que Bolloré appelle l'Autolib' Academy. La présence humaine a été retenue pour deux raisons. La première est qu'une voiture électrique coûte un peu plus cher (le montant de l'assurance est d'ailleurs très élevé, plus de 2000 euros par an et par voiture) qu'un Velib' et que c'est mieux d'avoir quelqu'un pour surveiller. La seconde est que beaucoup de personnes n'ont jamais conduit de véhicule avec boîte automatique et qu'une prise en main s'impose.


Autolib' innove avec le dialogue en temps réel par vidéo. Dans les stations, il suffit en effet de toucher un écran tactile pour lancer une conversation avec un conseiller par chat vidéo. C'est plus vivant et plus rassurant que le simple bouton pour la voix (comme dans les parkings). La personne est là pour aider le client à s'inscrire au service.


Et pour ça, c'est simple : la station est équipée d'un scan pour numériser les documents nécessaires (permis de conduire, pièce d’identité). Une fois que vous avez choisi la formule et payé avec une carte bancaire, on vous donne un badge. Les formalités peuvent aussi s'opérer par Internet.


Une fois équipé du badge, il suffit de le présenter sur le lecteur, de saisir un code secret reçu à l'enregistrement de l'abonnement et de se laisser guider par les instructions affichées à l’écran. Le véhicule vous attribué est signalé par une borne de charge clignotant en bleu. On présente son badge devant le lecteur du véhicule coté conducteur. Le lecteur passe au vert et le véhicule est alors déverrouillé (portières et trappe de charge).


Pour partir, il suffit de se présenter devant la borne de charge, de soulever le capot de la borne jusqu’à son verrouillage en position haute (la borne clignote alors en rouge). On débranche alors le câble de charge côté véhicule et on accompagne l’enroulement du câble dans la borne de charge. Une fois le câble rangé, le capot de la borne se refermera automatiquement.


La Bluecar est évidemment communicante. Le système de navigation aidera les clients à trouver le meilleur chemin et surtout les stations pour pouvoir garer le véhicule. Comme le Vélib', c'est un service de location "en trace directe", sans retour obligé du véhicule au point de départ. S'il n'y a pas de place en station, il suffit d'appeler le centre de contrôle par un bouton bleu qui permet de parler à un conseiller. En dernier recours, un ambassadeur sera dépêché pour récupérer l'auto.
La suite demain de ce tour d'horizon d'Autolib'.

Voir le diaporama :

mardi 18 septembre 2012

TomTom va connecter les Renault électriques aux bornes de recharge

Lors de sa sortie, la Fluence ZE sera équipée d’un GPS Carminat TomTom avec des services connectés Live Services. La différence, c’est qu’il y aura en plus un menu ZE Services. TomTom fournira la liste des bornes de recharge les plus proches, avec une mise à jour en temps réel. Par ailleurs, le niveau d’information va jusqu’au type de recharge (lente, rapide, voire station Quickdrop quand il y en aura). Le GPS est relié au bus CAN du véhicule, de façon à pouvoir prendre l’autonomie de la batterie lors d’un calcul d’itinéraire. Un drapeau rouge barré d’un éclair signifie que la destination n’est pas atteignable sans une recharge. A noter que le GPS propose également un mode d’éco-conduite pour préserver la batterie.

Voir le diaporama :

mardi 21 août 2012

L'Ontario veut devenir la vitrine de la mobilité propre en Amérique du Nord

Cette région du Canada, qui abrite la capitale Ottawa ainsi que la ville de Toronto, et qui est aussi spécialisée dans l'automobile*, souhaite devenir le leader du développement durable en Amérique du Nord. C'est ainsi que la province de l’Ontario a décidé de se doter d'un fonds de 80 millions de dollars (soit 56 millions d’euros) pour démarrer l'installation de bornes de recharge. Le fonds est destiné à encourager les firmes des secteurs public et privé à construire, tester et généraliser des bornes de recharge. L'Ontario apporte ainsi un capital de départ à des projets retenus (par exemple avec Better Place à Toronto). Cette annonce fait partie des investissements du gouvernement de l’Ontario dans les infrastructures, pour un montant de plus de 25 milliards d’euros pour les trois prochaines années. L’objectif de la province est qu’une voiture sur 20 en Ontario soit alimentée par de l'électricité d’ici à 2020.



La stratégie passe également par des incitations pour acheter des véhicules électriques, avec une prime allant de 5000 à 8500 $ (soit 3500 à 6000 euros) et des plaques d’immatriculation « vertes » permettant aux conducteurs d’utiliser le réseau de voies réservées aux véhicules à plusieurs occupants de la province. L'Ontario voit comme un signe du destin le choix de Toyota pour le site de Woodstock (rien à voir avec le site du fameux concert, qui lui se trouve dans l'Etat de New York aux USA) pour la production de son futur Rav4 électrique.

*Chrysler, Ford, GFM, Honda et Toyota y ont des usines.

mercredi 1 août 2012

TomTom va intégrer les bornes de recharge pour VE aux USA

Dans le cadre d'un accord avec Coulomb Technologies, un fournisseur de bornes de recharge qui alimente le site ChargePoint, TomTom va intégrer la liste des bornes pour les véhicules électriques dans ses systèmes de navigation. C'est la première fois qu'un accord de ce type est conclu. Ce partenariat, qui ne concerne pour le moment que les Etats-Unis (le réseau ChargePoint va se développer progressivement en Europe* et en Australie), permettra aux conducteurs de véhicules électriques - et s'ils utilisent une solution de guidage TomTom - de localiser la prise de recharge la plus proche, mais aussi de connaître le type de prise, le prix d'un plein et de réserver un créneau en ligne. TomTom sera aussi en mesure d'optimiser l'itinéraire en fonction de la distance jusqu'à la prochaine station.

*Amsterdam, Dublin, Newcastle et Bochum pour le moment

mercredi 25 juillet 2012

Polar : le premier réseau privé de recharge pour VE au Royaume-Uni

Voilà une initiative qui montre que le développement au véhicule électrique ne passe pas que par le soutien aux constructeurs. Sans attendre une aide de l'Etat, Chargemaster, le spécialiste des bornes de recharge, a décidé de déployer dès septembre prochain son projet "Polar" en Angleterre. Il s'agit du premier réseau de recharge pour véhicules électriques, financé intégralement sur fonds privés. Le déploiement se fera sur une centaine de villes et communes à travers le Royaume-Uni, de façon à équiper ainsi 4.000 places de parking. Il sera possible de recharger son véhicule électrique sur tout le territoire, d’ici à la fin 2012. Ce réseau de 4.000 places est planifié pour compléter la démarche active du Gouvernement avec son Programme « Plugged in Places » (PiPs), qui est centré à ce jour sur 8 régions dans tout le Royaume-Uni.



Le projet "Polar" sera d'abord lancé dans une cinquantaine de villes* sur les 9 prochains mois, autour des 8 régions concernées par PiPs. Avec le support du OLEV (Office for Low Emission Vehicles), Chargemaster travaillera avec chaque PiP de façon à assurer l’interopérabilité pour les conducteurs de VE et ce à travers tout le pays. Ainsi, les conducteurs pourront accéder à tous les points de recharge, même si ceux-ci se sont enregistrés sur un réseau différent. L’accès au réseau de recharge se fera par une très faible souscription mensuelle et un paiement de 1,10 € chaque fois qu’une borne sera utilisée.


Chaque ville dotée d'une quarantaine de places de places équipées de bornes du réseau "Polar" obtiendra le statut "EV Ready" avec un certificat présenté à l’administration locale. Cela permettra aux municipalités d’attirer les fabricants de véhicules électriques comme Renault, Nissan, Ford, Peugeot, Citroën, Mitsubishi, Toyota, Smart et Vauxhall qui ont ou vont avoir des véhicules. Chaque emplacement permettra aux véhicules d’utiliser les plus récents connecteurs "Type 2" fournissant une charge semi-rapide de 7 kW. Toutes les unités seront prêtes à pouvoir recharger des véhicules en 3 Phases 21 kW, ce qui permettra à terme aux conducteurs de recharger des véhicules comme ceux prévus par Renault en environ 1 heure. De plus, environ 20 % de toutes les places "Polar" seront développées pour intégrer une recharge sans fil, avec la technologie d’induction sur laquelle Chargemaster travaille avec son partenaire Halo IPT.


En créant le réseau le plus important d’infrastructures de recharge au monde, la Grande-Bretagne souhaite devenir une vitrine technologique et attirer les constructeurs qui pourraient alors choisir le pays comme base de lancement de leurs modèles décarbonés. En 2025, on estime qu'entre 1 et 2 millions de véhicules électriques circuleront alors au Royaume-Uni.

*Le déploiement initial concernera notamment Basingstoke, Bristol, Cardiff, Bournemouth, Cheltenham, Crawley, Derby, Eastbourne, Exeter, Gloucester, Guildford, High Wycombe, Maidenhead, Maidstone, Newbury, Plymouth, Poole, Portsmouth, Reading, Rochester, Slough, Staines Southend-on-Sea, St. Albans, Southampton, Swansea, Swindon, Taunton, Telford, Warwick et Wokingham parmi d’autres.


mercredi 4 juillet 2012

La région Nord Pas de Calais veut devenir la vitrine en France pour le véhicule électrique

Tout le monde en France essaie de tirer la couverture vers soi, dans la perspective d'un développement de la voiture électrique. On peut citer en autres certaines zones dans le sud comme Alès (dont l'événement RIVE : Rencontres Internationales des Vehicules Ecologiques fait du lobbying politique), Antibes, Cannes (avec son événement GETIS), Nice (avec Auto Bleue, son service d'auto partage qui est opérationnel), plus à l'ouest La Rochelle - qui est incontestablement la pionnière en France et qui continue avec son service Yelomobile, et plus globalement la région Poitou-Charentes (n'oublions pas Mia Electric et les initiatives de Ségolène Royal), encore plus haut la Bretagne (avec son plan VERT et un test en cours avec PSA), l'Alsace de l'autre côté de la France, et bien entendu Paris qui, avec Autolib' en octobre prochain, souhaite mettre tout le monde d'accord. Mais, personne n'évoque la région Nord-Pas-de-Calais, qui a pourtant un potentiel technique à faire valoir.



Pour ceux qui l'ignoreraient, Renault est largement présent dans le Nord, et en particulier à Maubeuge, où la production du Kangoo ZE a déjà débuté depuis quelques mois. Par ailleurs, la région abrite des spécialistes de la borne de recharge comme DBT et Walther. Ces PME à l'expertise reconnue développent des technologies très intéressantes comme les bornes avec capteurs solaires, ou encore l'induction, qu'elles peuvent tester dans le cadre d'une plateforme qui a pour nom CD2E*, et qui est située à Loos-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais. Renault serait très intéressé par la recharge sans fil. De plus, il existe un pôle de recherche qui a pour nom MEDEE (Maîtrise Energétique des Entraînements Electriques), et qui pourrait aider à développer une nouvelle génération de moteurs électriques, plus efficaces et élaborés selon des méthodes d'éco-conception.


Par ailleurs, la région Nord abrite en son sein le groupe Mobivia (Norauto), qui souhaite promouvoir la mobilité électrique. La filiale Better Way a pour mission de vendre et louer des véhicules électriques (des Think City, ainsi que la F-City de FAM et des Reva), entretenus par Norauto (qui se sert aussi des VE comme des véhicules du courtoisie), alors que la nouvelle enseigne Altermove à Lille est là pour convertir les citadins à l'éco mobilité, dont le véhicule électrique sous toutes ses formes (vélo, scooter et voiture).
Tout cela pour dire que le Nord peut aussi, légitimement, s'inscrire dans le débat et apporter des solutions.

*Centre Expert pour l'Emergence des Eco-Technologies au service du développement des éco-entreprises.

mercredi 23 mai 2012

L'heure de vérité pour Better Place en Israël

Avec une bonne année de retard, dû à des obstacles bureaucratiques et à des livraisons tardives de la Fluence ZE, que Renault fournit en tant que partenaire, l'entrepreneur Shai Agassi va très prochainement débuter ses activités en Israël, où il va déployer le premier réseau national de voitures électriques. Un projet très ambitieux qui a déjà englouti plus de 400 millions de dollars. Better Place concrétise donc au bout de 4 ans une vision partagée (à l'époque) avec Carlos Ghosn. Une expérience qui intervient à un moment où l'électro-mobilité traverse une phase de doute.



La promesse de Better Place est géniale sur le papier. Elle consiste à remplacer les batteries vides par d'autres pleines en moins de 5 mn, en réinventant le principe des relais postaux. Pour cela, des stations d'échange automatisées ont été développées. L'autonomie devient donc quasi illimitée, avec un dispositif qui est adapté à la taille du pays (pas plus de 500 km pour les distances en Israël). En parallèle, la start up souhaite également développer des bornes de recharge plus conventionnelles. C'est un projet d'intérêt national, qui permet de s'affranchir du pétrole de ses voisins. De plus, Better Place inaugure un nouveau modèle économique en se positionnant comme un opérateur de mobilité, en maîtrisant la distribution des véhicules et le service.


Le véhicule électrique est proposé avec un abonnement rappelant le forfait téléphonique. En fonction du kilométrage, le client verse une mensualité (entre 300 et plus de 500 $ par mois) pour accéder aux stations d'échange et au point de charge. Better Place a conçu par ailleurs un logiciel, baptisé Oscar, qui donne accès via l'écran de bord à un univers de services, dont bien sûr l'emplacement des stations de charge ou d'échange. L'informatique embarquée permet par ailleurs de recueillir des infos sur l'utilisation des véhicules et de faire des mises à jour à distance.


Toutefois, à ce jour, le réseau reste assez limité. On ne dénombre que quatre stations d'échange de batteries dans le pays. Il devrait y en avoir 40 dans la seconde moitié de l'année. Pour les points de charge, des accords ont été signés avec divers partenaires. Le réseau est censé proposer à terme 500 000 points de charge.


En ce qui concerne les volumes, il n' y a pour le moment que 140 voitures en circulation qui servent en fait pour des tests. Better Place affirme avoir reçu 1800 commandes de la part de flottes et quelques centaines de la part de particuliers. Il devrait y avoir 5000 Fluence ZE d'ici un an sur les routes israéliennes. Si pour le moment seul ce modèle est compatible (ce sera aussi le cas de la Zoé) avec les stations d'échange, l'opérateur indique être en contact avec d'autres constructeurs automobiles.


Israël est a priori réceptif à l'électrique (80 000 personnes ont visité à ce jour le show room de Tel Aviv). Mais, jusqu'à présent, aucun pays dans le monde n'a montré d'appétence pour le véhicule électrique, malgré la hausse des prix du carburant. Better Place reste sur un objectif de 100 000 véhicules en 2016 (en Israël et au Danemark). Il espère un tournant en 2017, avec une baisse du prix des batteries qui rendrait les véhicules plus compétitifs. L'opérateur pronostique même 50 % de parts de marché pour le VE à cet horizon. Mais, Shai Agassi a toujours fait preuve jusqu'à présent d'un optimisme à toute épreuve.

mercredi 9 mai 2012

ChargeMap : la première application communautaire sur iPhone pour les bornes de recharge

chargemap.com
Serait-ce le Coyote des bornes électriques ? Le jeune Yoann Nussbaumer, qui anime le blog Automobile Propre (et qui comme moi collabore au site France Mobilité Electrique de l'Avere France), a fondé une start up répondant au nom de Saabre, et qui vient de développer un site qui a pour nom ChargeMap.com et qui se double d'une application pour iPhone. L'idée est de permettre aux automobilistes de localiser plus facilement les points de charge proximité, grâce à la collaboration active de la communauté d'utilisateurs. Cela me paraît nettement plus utile que Plug Quest, l'application iPhone de Renault qui consiste à choisir un lieu où on aimerait qu'il y ait une borne de recharge.


logo

Suivant le même principe que les avertisseurs de radars communautaires, les utilisateurs de ChargeMap renseignent eux-mêmes les informations sur les points de charge. Ces données sont ensuite supervisées par l’équipe de Saabre afin de faire profiter toute la communauté de ces « précieux » renseignements. Plus de 200 points de charge publics, soit 600 prises, sont déjà référencés en France, avec pour chacun d’entre eux : le type de charge proposée (charge rapide ou standard), les horaires d’accès ou encore le coût de la charge. Pour trouver où charger sa voiture électrique, l’internaute doit simplement saisir une adresse ou le nom de sa ville dans le moteur de recherche.

mobile

L’application Iphone de ChargeMap est munie des mêmes fonctionnalités que le site Internet. Le petit plus est la possibilité pour les automobilistes de renseigner la position géographique d’une borne de charge au moment même où ils rechargent leur voiture. ChargeMap valide ainsi instantanément la position de la borne. Le mobinaute pourra ainsi cumuler des points qui le feront grimper dans le classement des utilisateurs les plus actifs. Dans la seconde version de l’application, les internautes pourront ajouter les photos d’un point de charge, mais également indiquer lorsqu’ils sont en train de recharger leur voiture. Les autres utilisateurs du service pourront être ainsi avertis que le point de charge est occupé.
Soutenu par l'Avere France et Hager, ChargeMap.com est le 1er site francophone entièrement dédié aux infrastructures de charge publiques. Son ambition ne s’arrête pas là puisque le service sera progressivement disponible pour d’autres pays d’ici la fin de l'année.

lundi 16 avril 2012

IssyGrid : la smart city à la française

J'ai déjà eu l'occasion sur ce blog de parler du projet IssyGrid. C'est un projet pilote qui consiste, comme son nom l'indique, à optimiser la consommation énergétique à l'échelle d'un quartier (quartier d'affaires Seine Ouest sur 160 000 m2) de cette banlieue parisienne. Les premiers tests viennent de débuter. L'objectif est de consommer mieux (moins et au bon moment, grâce à des compteurs intelligents), d'intégrer la production locale d’énergies renouvelables (photovoltaique) et d'optimiser la gestion de l’énergie à l’échelle du quartier (bureaux, logements, commerces, équipements publics), en utilisant la communication (alertes SMS, application sur smartphone), en l’intégrant au réseau de distribution publique et en ayant recours à des moyens de stockage (batteries). Préfigurant ce que pourrait être le Grand Paris à terme, le projet fait appel à une kyrielle de partenaires*. Il prévoit également de faire une place aux véhicules électriques avec des équipements de recharge intégrés dans les bâtiments et sur la voie publique.



Le fonctionnement de ces bornes (EV Link de Schneider) sera optimisé grâce à l’intégration de solutions de gestion d’énergie. Selon son profil de consommation (flotte d’entreprise ou véhicule particulier), le client pourra ainsi choisir un mode de recharge adapté à l’usage (normal ou rapide), programmer ses déplacements en fonction du coût de la recharge, voire, à terme, injecter sur le réseau l’électricité stockée dans les véhicules. En attendant le développement du marché des véhicules électriques, IssyGrid va permettre de tester les équipements de recharge intelligents.

*Alstom, Bouygues Immobilier et Bouygues Telecom, EDF, ERDF, ETDE, Microsoft, Schneider Electric, Steria et Total, plus des start ups.

dimanche 15 avril 2012

eCarTec Paris passe au crible le modèle économique de la voiture électrique

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Paris accueille depuis hier et jusqu'à ce soir le congrès eCarTec Paris. C'est le pendant en France du congrès du même nom qui est organisé depuis l'an dernier à Munich et qui réunit la fine fleur de la filière électrique (constructeurs, fournisseurs, spécialistes de la recharge). Ce congrès, dont Autodeclics est partenaire et que j'ai l'honneur d'animer, permet de discuter de façon réaliste des challenges à relever pour assurer le lancement de la voiture électrique. Outre la nécessaire infrastructure de recharge, avec les prises pour la recharge rapide, le modèle économique a été beaucoup discuté. On semble d'acheminer vers un mix entre la vente et la location.


Voir la vidéo de l'émission "Biocar" sur Motors TV :



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Renault a par exemple donné quelques précisions sur son modèle. La marque au losange, qui par hasard du calendrier a aussi levé le voile sur les versions définitives de Fluence ZE et de Kangoo ZE, a prévu de mettre le concessionnaire au centre du dispositif. C'est auprès de lui que le client va s'engager. A priori, le constructeur va vendre la voiture et louer la batterie pour un forfait mensuel. Le montant arrêté est de 80 € pour la batterie et 20 € pour l'électricité. Soit, 100 € par mois. En apparence, c'est plus économique que le budget carburant du français moyen. Pour sa part, PSA Peugeot Citroën, qui intervenait aussi au congrès, a retenu la leçon des voitures vendues pendant les années 90 et ne séparera pas la batterie du véhicule. Les clients disaient à l'époque : "on ne vend pas de voitures sans moteurs". PSA réfléchit à de nouveaux modes de diffusion et opterait a priori pour un package "tout compris" qui sera sans doute plus sous forme de leasing. 

Voir le diaporama de Fluence ZE :




Voir le diaporama de Kangoo ZE :



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En matière de modèle économique, celui des prises de recharge ne manque pas d'intérêt non plus. Pour information, un chargeur sécurisé à domicile coûte environ 500 €. Il faut ensuite compter 1500 € pour un chargeur plus élaboré pour l'usage d'un parc automobile de flotte captive et 5000 € pour une borne de recharge sur une borne publique.

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Ca se complique ensuite pour les bornes de recharge rapide. Elles sont nettement plus chères et coûtent entre 30 000 et 60 000 €. En ce qui concerne le mode de paiement, on semble se diriger au sein de la commission Legrand (du nom de Jean-Louis Legrand, celui qui coordonne le plan pour les véhicules électriques et hybrides) vers un paiement par téléphone mobile ou par RFID. Comme on le voit, les choses avancent, mais il y a encore beaucoup d'inconnues (standards, financements) et rien ne sera vraiment prêt lors du lancement des premiers véhicules en fin d'année. Ce qui remet en cause sensiblement les effets d'annonces de certains constructeurs.