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dimanche 28 octobre 2012

Better Place a-t-il du plomb dans l'aile ?

Better Place projet SAVE
Le jeu de mots (plomb pour batteries au plomb) est un peu facile, je le reconnais. Mais, force est de constater que l'opérateur israélien - qui va, cela dit, déployer ses solutions dans son pays d'origine en 2011 et au Danemark, dans les deux cas avec Renault - fait nettement moins parler de lui. Les fameuses stations d'échange de batteries ne sont plus à l'ordre du jour, même chez le constructeur français (le losange parle moins de Quickdrop). Il faut dire que Nissan ne souhaite pas travailler avec Better Place et que cela n'arrange guère les affaires de Shaï Agassi, qui au passage n'a rien raconté de fracassant dans l'interview qu'il a accordée à nos amis d'Automobile Propre (http://www.automobile-propre.com/2010/10/16/interview-shai-agassi-better-place-mondial-auto-paris-2010/), lors de son passage - incognito - au Mondial de l'Automobile. Pour être juste, il faut cependant rappeler qu'une station d'échange a été mise en place à Tokyo, dans le cadre d'un projet avec une compagnie de taxis, et que l'expérience a été prolongée de trois mois. On a appris également hier que 4 stations d'échange de batteries vont être installées d'ici 3 ans en Californie, dans la baie de San Francisco, pour des taxis électriques. Par contre, vous n'en verrez pas en région parisienne, où débute le projet SAVE d'expérimentation de véhicules électriques avec Renault, Nissan, EDF, Schneider Electric et... Total !


Better Place borne publique

La seule actu à relever est celle d'un partenariat avec General Electric. De par sa connaissance des réseaux électriques, ce partenaire peut effectivement aider à Better Place dans ses projets. Mais, on se dirige plus vers un réseau classique de recharge, incluant de la recharge rapide.
L'accord prévoit ces quatre points :
Une technologie standard :
Le chargeur WattStation™ de GE sera compatible avec le réseau de Better Place. Dans le modèle imaginé par Better Place, la propriété du véhicule et celle de la batterie sont dissociées. Les conducteurs de véhicules électriques n’ont de ce fait pas à assumer les frais élevés d’acquisition de la batterie. À la place, un abonnement leur est proposé en fonction des kilomètres parcourus, et ils contribuent ainsi au développement d’une solution de transport personnelle plus propre et mieux adaptée. Ce partenariat permettra aux automobilistes ayant opté pour le réseau Better Place de recharger aisément leur véhicule en utilisant les WattStation de GE. En standardisant les infrastructures de recharge mises à la disposition des conducteurs, ce partenariat leur garantit de pouvoir se rendre indifféremment d’une borne de recharge à une autre, pour une utilisation plus flexible et une recharge plus rapide.
Financement des batteries :
GE et Better Place mettront en place un programme de financement des batteries qui débutera par un projet pilote en Israël et au Danemark, les deux premiers marchés de Better Place. Ce projet, destiné à financer 10 000 batteries, accompagnera le lancement de ces marchés pionniers en équipant les 10 000 premiers véhicules électriques de ces régions.
Électrification de flottes automobiles :
GE et Better Place unissent leurs forces afin de proposer aux propriétaires de flottes automobiles des projets pilotes permettant de tester un modèle global d'électrification de leur parc dans le centre des grandes villes et sur les principaux axes routiers qui les desservent. L’objectif est de convaincre les entreprises d’opter pour l’électrification de leur flotte, ce qui leur procurera un double avantage : la diminution du coût d’exploitation de ce parc automobile d’une part et la réduction des émissions nocives d’autre part. Parmi les lieux ciblés dans le cadre du développement de ces projets pilotes figurent les grandes villes nord-américaines, notamment celles situées dans la baie de San Francisco, à Honolulu, à Hawaï ainsi que dans la province de l’Ontario au Canada ou encore les grandes villes d’Europe, d’Asie et d’Australie. Better Place travaille d’ores et déjà au déploiement de réseaux qui devraient être opérationnels sur ces marchés en 2011.
Sensibilisation du public :
Dans le cadre du programme Ecomagination développé par GE, Better Place et GE s’attacheront à sensibiliser le public aux avantages tant économiques qu’environnementaux de l’adoption généralisée des modes de transport électriques et des infrastructures nécessaires. Il s’agit là du préalable à la réalisation effective de cet objectif.
Affaire à suivre, donc...

mercredi 23 mai 2012

L'heure de vérité pour Better Place en Israël

Avec une bonne année de retard, dû à des obstacles bureaucratiques et à des livraisons tardives de la Fluence ZE, que Renault fournit en tant que partenaire, l'entrepreneur Shai Agassi va très prochainement débuter ses activités en Israël, où il va déployer le premier réseau national de voitures électriques. Un projet très ambitieux qui a déjà englouti plus de 400 millions de dollars. Better Place concrétise donc au bout de 4 ans une vision partagée (à l'époque) avec Carlos Ghosn. Une expérience qui intervient à un moment où l'électro-mobilité traverse une phase de doute.



La promesse de Better Place est géniale sur le papier. Elle consiste à remplacer les batteries vides par d'autres pleines en moins de 5 mn, en réinventant le principe des relais postaux. Pour cela, des stations d'échange automatisées ont été développées. L'autonomie devient donc quasi illimitée, avec un dispositif qui est adapté à la taille du pays (pas plus de 500 km pour les distances en Israël). En parallèle, la start up souhaite également développer des bornes de recharge plus conventionnelles. C'est un projet d'intérêt national, qui permet de s'affranchir du pétrole de ses voisins. De plus, Better Place inaugure un nouveau modèle économique en se positionnant comme un opérateur de mobilité, en maîtrisant la distribution des véhicules et le service.


Le véhicule électrique est proposé avec un abonnement rappelant le forfait téléphonique. En fonction du kilométrage, le client verse une mensualité (entre 300 et plus de 500 $ par mois) pour accéder aux stations d'échange et au point de charge. Better Place a conçu par ailleurs un logiciel, baptisé Oscar, qui donne accès via l'écran de bord à un univers de services, dont bien sûr l'emplacement des stations de charge ou d'échange. L'informatique embarquée permet par ailleurs de recueillir des infos sur l'utilisation des véhicules et de faire des mises à jour à distance.


Toutefois, à ce jour, le réseau reste assez limité. On ne dénombre que quatre stations d'échange de batteries dans le pays. Il devrait y en avoir 40 dans la seconde moitié de l'année. Pour les points de charge, des accords ont été signés avec divers partenaires. Le réseau est censé proposer à terme 500 000 points de charge.


En ce qui concerne les volumes, il n' y a pour le moment que 140 voitures en circulation qui servent en fait pour des tests. Better Place affirme avoir reçu 1800 commandes de la part de flottes et quelques centaines de la part de particuliers. Il devrait y avoir 5000 Fluence ZE d'ici un an sur les routes israéliennes. Si pour le moment seul ce modèle est compatible (ce sera aussi le cas de la Zoé) avec les stations d'échange, l'opérateur indique être en contact avec d'autres constructeurs automobiles.


Israël est a priori réceptif à l'électrique (80 000 personnes ont visité à ce jour le show room de Tel Aviv). Mais, jusqu'à présent, aucun pays dans le monde n'a montré d'appétence pour le véhicule électrique, malgré la hausse des prix du carburant. Better Place reste sur un objectif de 100 000 véhicules en 2016 (en Israël et au Danemark). Il espère un tournant en 2017, avec une baisse du prix des batteries qui rendrait les véhicules plus compétitifs. L'opérateur pronostique même 50 % de parts de marché pour le VE à cet horizon. Mais, Shai Agassi a toujours fait preuve jusqu'à présent d'un optimisme à toute épreuve.

vendredi 18 mai 2012

Project Better Place et l'échange automatisé de batteries électriques




L'événement vient d'avoir lieu au Japon, là même où Nissan va entamer dès l'année prochaine la commercialisation de sa voiture électrique. C'était donc à Yokohama, il y a quelques jours. La ville japonaise a été choisie comme site pilote par le ministère de l'environnement japonais pour tester les véhicules électriques en grandeur nature pendant six mois. Le coup d'envoi de l'opération a été donné et, à cette occasion, Project Better Place a dévoilé son concept de remplacement automatisé des batteries électriques. Un système très innovant et rapide, puisque cela ne prend que quelques minutes pour enlever la batterie et la remplacer par une autre rechargée. Project Better Place, c'est cette start up fondée par un israélien - Shaï Agassi, ex numéro 2 de SAP - et qui a su convaincre plusieurs pays et des industriels de le suivre dans ce projet fou de développement de la voiture électrique, avec l'infrastructure de recharge à l'appui. Au-delà de la performance technique, signalons que le gouvernement japonais veut que la moitié des véhicules neufs vendus dans le pays soit à propulsion électrique en 2020. Oui, dans dix ans seulement. Pour sa part, Project Better Place a des projets similaires aux Etats-Unis, au Canada, en Israël, au Danemark et en Australie.


Voir la vidéo :

samedi 28 avril 2012

Better Place ouvre sa première station d'échange de batteries à Tokyo

Better Place Tokyo

Better Place a inauguré en début de semaine à Tokyo la première station d’échange de batteries pour taxis électriques, en partenariat avec le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie japonais et Nihon Kotsu, la principale compagnie de taxis de Tokyo. Ce projet, d’une durée de 90 jours, marque une étape majeure vers un le premier test grandeur nature de l’ensemble des éléments de l’infrastructure de charge pour véhicules électriques en Israël avant la fin de l’année. Le choix de la capitale japonaise pour ce premier test est logique. On dénombre davantage de taxis à Tokyo qu’à Londres, Paris et New-York réunis, soit environ 60 000 véhicules. Ils parcourent des milliers de kilomètres, ce qui en fait un segment très visible pouvant servir de catalyseur pour diffuser cette technologie auprès du grand public.


Voir le clip vidéo :



Dans le cadre du projet de taxis électriques à Tokyo, Better Place et Nihon Kotsu, plus importante compagnie de taxis à Tokyo, mettront à la disposition du public trois taxis électriques à batterie échangeable. Les clients les trouveront à la borne de taxis réservée aux véhicules écologiques, située au premier étage du complexe Roppongi Hills. Better Place. Better Place a coopéré sur la conception, la technologie et à la conversion de crossover Nissan Dualis en taxis électriques à batterie échangeable. Les batteries sont fournies par 123 Systems. Better Place avait convaincu le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie japonais de lui confier le projet de Tokyo suite à la démonstration technologique conduite à Yokohama l’année dernière.
La station d’échange de batterie déployée à Tokyo représente une avancée significative par rapport au système d’échange présenté l’année dernière à Yokohama : elle intègre un espace de stockage et de chargement des batteries offrant des capacités de gestion thermique optimales ; de plus, elle est capable de procéder à l'échange de batterie des trois véhicules de manière quasi-continue tout en optimisant leur durée de vie et leurs performances, lesquelles peuvent être suivies en temps réel sur Internet.

Voir le diaporama :

vendredi 13 avril 2012

La France démarre le chantier de l'infrastucture de recharge pour la voiture électrique



La France donne enfin le coup d'envoi pour son infrastructure de recharge. Alors que les tests grandeur nature se multiplient dans le monde et chez nos voisins, le gouvernement entre dans le concret. Hier, Jean-Louis Borloo et Christian Estrosi ont signé une charte d’engagements mutuels avec PSA Peugeot Citroën et Renault, ainsi qu'avec 12 agglomérations pilotes qui vont déployer une première vague d’infrastructures. Ces villes sont Bordeaux, Grenoble, Rennes, Nice, Angoulême, Aix-en-Provence, Orléans, Paris, Rouen, Strasbourg, Le Havre et le Grand Nancy. L'Etat français, qui voudrait disposer d'un début d'infrastructure, quand les constructeurs seront prêts en 2012, veut inciter les villes à investir dès maintenant et prépare un cadre. Le scénario du gouvernement prévoit aujourd’hui la création de 900 000 points de recharge privés et 75 000 points de recharge accessibles au public dès 2015, portés à 4 millions de points de recharge privés et 400 000 points de recharge publics en 2020. Les sociétés d'autoroutes et les centres commerciaux pourraient participer à cet effort.



Parmi les sites pilotes, il y a notamment le département des Yvelines qui, avec le concours de la Région Ile de France, va accueillir le projet SAVE (Seine Aval Véhicules Electriques). Ce projet n'est pas une surprise, car il avait été annoncé depuis déjà un certain temps par l'Alliance Renault-Nissan, concernée au premier plan par ce projet. Il était même temps que le projet SAVE se concrétise car Renault - nul n'est prophète en son pays - a tendance à nouer des accords plus vite que son ombre dans bon nombre de pays, comme par exemple en Irlande et en Espagne, alors que rien n'a démarré jusqu'à présent dans l'hexagone. Ce sont donc une centaine de véhicules de l'Alliance, des berlines et des utilitaires de Renault et de Nissan qui vont bientôt circuler en région parisienne (entre Mantes et les Mureaux) et qui pourront se recharger à domicile, en entreprise, dans les parkings et sur la voirie publique. Le projet bénéficie d'une enveloppe de 6,5 millions d'Euros en provenance du fonds pour les démonstrateurs de l'Ademe.


Au-delà de Renault et de Nissan, qui sont des "poids lourds" pour l'économie locale (surtout dans la perspective de la mise en route de l'usine de batteries à Flins avec le CEA et la production de la ZOE), le projet va surtout permettre de tester l'infrastructure de recharge. L'intérêt de SAVE est de combiner la recharge conventionnelle, avec une infrastructure et une gestion de l'énergie assurée par Schneider Electric, et l'échange de batteries. Ce dernier concept, qui est une exclusivité de l'opérateur Better Place, sera donc testé pour la première fois en France. Rappelons que le principe est de remplacer de façon robotisée la batterie d'un véhicule électrique en trois minutes chrono.

Voir la vidéo :



La première station d'échange de batteries au monde sera inaugurée à Tokyo le 26 avril, où Better Place a un projet avec les taxis locaux, et sera suivie d'autres en Israël. L'objectif du projet SAVE est de tester l'infrastructure de recharge ainsi que les modèles économiques. On va donc enfin voir comment le public réagit par rapport aux véhicules et aux modes de recharge et si la technologie tient toutes ses promesses en matière de performances.

mardi 20 mars 2012

Fluence ZE by Better Place : mieux qu'une Renault électrique

Je reviens sur ma visite chez Continental Automotive à Rambouillet, car l'une des démos concernait le système multimédia développé pour Better Place et s'appliquant à la Fluence ZE. Pour ceux qui ne maîtrisent pas la voiture électrique, ce n'est pas un spécialiste du tuning, mais une start up israélienne qui veut jouer le rôle d'un opérateur de services. Better Place, qui opère justement en Israël et au Danemark, a fait fabriquer par Conti un PC embarqué qui est une vraie petite merveille de technologie.


Ce Car PC tourne sous Windows 7 et intègre une puce Atom d'Intel. De par sa conception (résistance aux températures extrêmes) et sa connectivité (3G, Wi Fi), c'est déjà une première. Mais, c'est surtout sur le plan des services que ce système multimédia innove. Et je dois dire que, quoi qu'en pense de Better Place (et j'ai déjà eu l'occasion ici d'exprimer des doutes sur leur stratégie), c'est bien plus complet que ce que propose Renault sur la Fluence ZE classique.


En apparence, naturellement, rien ne change. Et pour cause : c'est pour le marché israélien que la marque au losange a pris la décision d'électrifier une Fluence. C'est donc à l'intérieur que l'on constate les différences.


D'entrée de jeu, la Fluence ZE propose un menu attractif sur son grand écran. Il est possible de personnaliser son profil et d'accéder à bon nombre de fonctions. Les principales concernent la navigation, la charge et l'échange de batteries.


Si l'on prend l'exemple du guidage GPS, l'autonomie restante est matérialisée par un cercle concentrique, ce qui permet au conducteur de voir tout de suite quel type de trajet il peut faire avant de trouver la prise la plus proche. J'ai pu constater qu'une fonction "customer care" permet d'entrer en contact avec un centre d'appel Better Place, exactement comme le bouton bleu à bord des Bluecar d'Autolib'.


Autre différence notable par rapport au GPS Carminat TomTom de la Fluence ZE européenne, l'écran de bord peut communiquer en Wi Fi avec les stations d'échange de batteries installées en Israël et au Danemark. Une fois que la station en question est localisée, des instructions s'affichent pour procéder au remplacement automatisé de la batterie.


Better Place ne fait pas l'impasse sur les loisirs numériques, au contraire. On peut non seulement brancher une clé USB ou un iPod sur une prise dédiée à l'avant, avec un affichage façon "cover flow" des pochettes d'album, mais des applications sont prévues par l'opérateur. On peut par exemple télécharger des vidéos pendant la nuit ou d'autres contenus. Tout cela transite bien sûr par un store géré par Better Place.


La start up israélienne a une réelle plus value dans les services. Elle joue en tout cas davantage le rôle d'un opérateur de mobilité, si on la compare à Renault dont le métier de base est avant tout de produire des voitures.

lundi 5 mars 2012

Better Place et Renault veulent pousser l'échange de batteries dans le cadre du projet EASYBAT

Un consortium* dirigé par Better Place et réunissant Renault, Continental, Ernst & Young et plusieurs partenaires de premier plan a reçu l'agrément de la Commission Européenne pour le programme EASYBAT. Il s'agit d'un projet de R&D visant à faciliter la production de véhicules électriques à batterie échangeable par les constructeurs automobiles et fabricants de batteries. C'est le premier du genre approuvé par Bruxelles. Dans le cadre de ce projet, le consortium EASYBAT développera des interfaces et composants « génériques » de qualité, qui permettront à l’industrie automobile d’intégrer facilement la technologie d’échange de batteries aux plateformes pour véhicules électriques. Pour le moment, la première application à grande échelle de la technologie sera lancée par Better Place et Renault lors de la commercialisation de la Fluence Z.E. en Israël et au Danemark d’ici la fin de l’année.



A ce propos, Renault et Better Place ont donné quelques détails sur leur accord au Danemark. Chaque abonnement prévoit un accès illimité au réseau de stations de recharge et d’échange de batteries de Better Place, la consommation d’électricité, des services personnalisés de gestion de l’énergie et de navigation grâce à des logiciels de bord, un stock de batteries dont l’accès rapide sera garanti. Il donne également accès à un service clientèle et à une assistance technique 24 heures sur 24, ainsi qu’à une borne de recharge privée. Grâce à la possibilité d’échanger les batteries, l’autonomie (théoriquement de 185 km) pourra être considérée comme « illimitée » : les conducteurs pourront faire le plein de leur batterie en moins de cinq minutes dans le réseau de stations d’échange de batteries de Better Place. La même offre sera dupliquée a priori en Israël en fin d'année. L'opérateur israélien a aussi une station d'échange de batteries en test à Tokyo et a un projet dans la baie de San Francisco.


Pour en revenir à la solution EASYBAT, elle est composée d’interfaces autorisant un remplacement rapide et sûr de la batterie d’un véhicule électrique. Le connecteur assure l’interface entre le véhicule, la batterie, le réseau de communications et le système de refroidissement de la batterie. Sa conception est conforme aux normes industrielles et de sécurité en vigueur en Europe. Après son intégration à des véhicules entièrement électriques, cette solution fera l’objet de tests visant à vérifier sa conformité aux critères de fabrication en série et aux normes de sécurité européennes.
Précisons toutefois que ce n'est qu'un projet de R&D, dans le cadre du septième programme-cadre (7ème PCRD) de l’Union européenne. Doté d'un budget très modeste de 2,2 millions d'euros, il est prévu pour une durée de 30 mois jusqu’en juin 2013. Renault reste le seul partenaire officiel à ce jour de Better Place dans l'échange de batteries.

*Le consortium EASYBAT regroupe 11 partenaires : Better Place (Israël), Ernst & Young (Israël), Renault (France), RWTH Aachen (Allemagne), KEMA (Pays-Bas), l'institut Fraunhofer (Allemagne), le Danish Technological Institute (Danemark), la Technische Universität München (Allemagne), le TÜV Rheinland (Allemagne), la Haifa University (Israël), Continental Engineering Services GmbH (Allemagne).

dimanche 1 janvier 2012

10 prédictions pour le véhicule électrique en 2010



2010 sera-t-elle vraiment l'année de la voiture électrique ? Pour le savoir, je vous invite à consulter l'étude réalisée par l'Institut américain Pike Research (http://www.pikeresearch.com/research/electric-vehicles-10-predictions-for-2010), qui est spécialisé dans l'énergie propre et qui a publié ce rapport en partenariat avec le site hybridcars.com. Profitez-en, car l'étude est en téléchargement gratuit.



L'étude prévoit en préambule que des millions de véhicules électriques ou hybrides rechargeables vont arriver sur le marché dans les 10 ans à venir. Toutefois, l'ensemble des véhicules électrifiés ne devrait représenter que 2,5 % du marché en 2015, date à laquelle on devrait avoir un peu plus de 5 millions de prises disponibles dans le monde.
Mais, surtout, voici 10 infos qui risquent de surprendre.

1) Rouler à l'électrique ne revient pas forcément moins cher.
Selon les calculs, rouler à l'électrique revient à 3 cents de $ par mile (contre 12 pour l'essence). Mais, cela n'est rentable que si les clients gardent au moins 7 ans leur véhicule, de façon à amortir le prix des batteries (plus de 500 $ le kWh).
2) 2012 sera vraiment l'année de référence.
C'est à cette date qu'arriveront les modèles les plus intéressants. D'autre part, les fabricants auront eu le temps d'investir dans la production de batteries et de faire baisser les coûts. Les bonus (7500 $ aux US, 5000 € en France) peuvent aussi décider les clients qui veulent migrer vers l'électrique.
3) L'hybride classique va continuer à progresser.
Pike Research voit un marché mondial à 1 million d'unités par an à partir de 2014. Les micro hybrides (systèmes Stop & Start) et les hybrides plus élaborés vont continuer à tirer les volumes.
4) Les hybrides rechargeables de 2020 ne seront pas ceux de 2010.
Les constructeurs font en sorte de proposer une trentaine de miles d'autonomie (près de 50 km) sur les hybrides "plug in". Mais, cela se traduit par un surcoût lié à la batterie lithium-ion. Or, il n'est pas certain que les clients aient envie de payer plus cher. Une autonomie maxi de 10 à 20 miles suffirait en mode hybride et rendrait le véhicule plus compétitif.

5) Les batteries des premiers véhicules électrique n'auront que peu de valeur à la revente.
Le coût des batteries lithium-ion devrait être réduit de 50 % en 2015, en passant de 940 $ le kWh aujourd'hui à 470 $. La durée de vie estimée est de 7 à 10 ans.
6) L'Asie sera le principal acteur et le marché dominant.
La Chine et le Japon soutiennent la demande et accompagnent la transition de leur industrie automobile. Pike prévoit 1 million de véhicules électrifiés (dont les hybrides) par an en Asie en 2015, dont 500 000 véhicules électriques en Chine. La Chine, la Corée du Sud et le Japon dominent le marché des batteries lithium-ion.

7) L'échange de batteries ne pèsera pas lourd.
Pierre angulaire de la stratégie de Better Place, le concept de station où on vient remplacer sa batterie en 3 mn chrono n'inspire guère de crédit. Chaque station coûte 500 000 $ et une standardisation des batteries (pour faciliter le démontage et le remontage) n'apparaît guère plus plausible dans la mesure où chaque constructeur ou presque a son propre système.
8) Les bornes de recharge ne rapporteront pas beaucoup d'argent.
Une majorité de clients feront le "plein" chez eux ou sur leur lieu de travail. Les bornes qui seront installées sur la voirie ou dans les parkings devront avoir un programme de traçabilité pour la facturation. Or, il est probable que certaines enseignes (supermarchés) seront tentées d'offrir l'électricité gratuite pour inciter les automobilistes à venir chez eux. Quant à la borne de recharge rapide, elle coûte 50 000 $ et accélère le vieillissement de la batterie.
9) Le réseau électrique pourra supporter la charge, mais à certaines conditions.
Même avec un million de véhicules connectés par jour, un réseau comme celui des USA pourrait tenir le choc. Cela ne fait que 1 % d'énergie en plus à acheminer. Toutefois, il faut inciter les automobilistes à faire le plein en dehors des heures de pointe. Les producteurs d'énergie pourraient proposer des tarifs préférentiels.
10) Le "Vehicle to Grid" n'aura qu'un faible impact en 2015 et au-delà.
Ce concept fait du véhicule électrique une source de stockage d'énergie, capable d'absorber le surplus de courant fourni par les éoliennes et d'alimenter à son tour le réseau électrique aux heures de pointe. Mais, l'impact sur la batterie n'est pas connu et cela ne rapporterait rien aux constructeurs.
En résumé, l'avenir du véhicule électrique n'est pas encore pleinement tracé.