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dimanche 30 décembre 2012

Le bonus écologique en 2011 : les choix de la France et de la Grande-Bretagne

Avec l'arrêt de la prime à la casse au 31 décembre, le gouvernement français va mettre fin à une aberration : celle qui consiste à mettre sous perfusion un secteur de l'industrie qui demande l'aide de l'Etat dès que les ventes vont mal, sans pour autant remettre en cause son mode de fonctionnement. Est-ce qu'on en fait autant pour les deux roues, l'électro-ménager, ou l'habitat ? Non. Et que dire du bonus-malus, qui en se fondant sur les seuls seuils de CO2, sans tenir compte de la pollution, privilégie les ventes de petits véhicules (dont des modèles diesel sans filtre à particules), qui sont par ailleurs produits pour la plupart hors de France (Slovénie, république Tchèque, Slovaquie, Roumanie) ? Bilan : un trou dans la caisse des finances publiques de 500 millions d'Euros. On en finirait presque par regretter Jean-Louis Borloo, qui n'est plus là pour claironner qu'on a le parc le plus propre du monde. Le fameux bonus-malus va se durcir encore en 2011 pour inciter encore plus les français à adopter un mode vertueux. Sur le principe, c'est plutôt louable. Sauf que... encore une fois, les pouvoirs publics ont décidé des mesures illogiques.



Ainsi, à partir du 1er janvier, le gouvernement met un terme au bonus spécifique GPL de 2.000 euros, institué lors du Grenelle de l'environnement en 2007, pour l'achat d'un véhicule fonctionnant au GPL ou au gaz naturel véhicule. L'Etat voudrait tuer cette filière qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Le gouvernement a décidé également de réduire les seuils pour les véhicules hybrides. Ils passent de 135 g à moins de 111 g pour bénéficier du bonus de 2.000 euros. C'est un peu rude, mais la plupart des nouveaux modèles passent aisément la barre, comme par exemple la Honda Jazz hybride, la Lexus CT200h, et même la Peugeot 3008 Hybrid4, grande nouveauté de l'année 2011 et annoncée à 99 g de CO2 par km.
En revanche, le gouvernement ne touche pas (pour l'instant) à la prime de 5.000 euros pour les voitures émettant moins de 60 grammes de CO2/km et qui doit soutenir l'essor du véhicule électrique. Je dis bien pour l'instant, car si 2011 est la première vraie année de lancement, on s'interroge dans les ministères pour essayer de réduire la voilure. Si l'on en croit les chiffres du CCFA, il s'est vendu 14 Peugeot Ion et 5 Citroën C-Zéro au 3ème trimestre 2010. Pour le moment, pas de quoi aggraver le déficit.


Et que fait-on de l'autre côté de la Manche ? En Grande-Bretagne, des mesures vont s'appliquer à partir de janvier 2011. Chaque acheteur d’une automobile électrique, hybride "plug-in" ou alimentée par une pile à combustible, qu’il soit un particulier ou une entreprise, verra le prix de son acquisition réduit de 25%, la réduction étant plafonnée à 5.000 £ (5849 €). Pour être éligibles à cette aide gouvernementale, les véhicules devront être conformes à un ensemble de critères :
- seules les automobiles sont concernées, les fourgons et les motocyclettes sont exclus du programme
- les émissions de dioxyde de carbone doivent être inférieures à 120 g/mile
- l'autonomie doit être au moins de 70 miles (110 km) pour les véhicules électriques, au moins 10 miles (16 km) en mode tout électrique pour les véhicules hybrides rechargeables
- la vitesse maximum doit être d'au moins 60 mph (100 km/h)
- la sécurité des systèmes électriques doit être garantie en cas de choc.
Cette mesure incitative se poursuivra jusqu’en mars 2012 puis sera modifiée selon les décisions qui auront été prises en janvier 2012 en prenant en compte l’état du marché à cette date. Le budget provisionné pour ce système de prime à l’achat jusqu’en mars 2012 s’élève à 43 M£.
(Source Ambassade de France en Grande-Bretagne)
Une fois de plus, la comparaison avec nos voisins montre que la France n'a pas de lisibilité dans sa stratégie (un coup le GPL, un coup l'E85, puis l'électrique....) et que les anglais sont plus raisonnables.

samedi 29 décembre 2012

L'étude qui remet les pendules à l'heure dans l'électrique

Une étude récente, menée par le cabinet Xerfi (leader en France des études économiques sectorielles) a de quoi calmer le buzz incessant autour du véhicule électrique. Et pour cause : elle estime à 2 % seulement la part de marché des voitures électriques en France à l'horizon 2020. C'est moins que les 10 % du marché mondial avancés par Carlos Ghosn à cette même date (mais que personne ne partage), et moins aussi que les prévisions du gouvernement français. Jusqu'à présent, peu de médias en ont parlé. Pourtant, l'étude passe au crible tous les facteurs positifs (soutien des pouvoirs publics, préoccupations en matière d'environnement) avant de confronter le véhicule électrique à certaines réalités.



Au-delà des facteurs de soutien au déploiement de la voiture électrique (commandes publiques, primes), beaucoup d’obstacles se dressent en réalité sur la route des constructeurs. Selon les experts de Xerfi, les VE demeureront encore longtemps un marché de niche en France pour au moins 4 raisons :
- Des difficultés techniques très contraignantes. Celles-ci sont bien connues : faible autonomie, absence d’infrastructure en matière de bornes de recharge mais aussi de standard technologique qui empêche entre autres les économies d’échelles dans l’industrie, etc. Dans ces conditions, ni la praticité ni la liberté d’utilisation chères aux automobilistes ne sont au rendez-vous.
- Un environnement socioculturel défavorable. La désaffection croissante pour l’automobile se traduit par un report modal vers le transport ferroviaire. Le budget auto est aussi devenu une variable d’ajustement pour les ménages face à l’accroissement des dépenses contraintes comme le logement ou les télécommunications.
- Un coût d’achat et d’usage supérieur à celui d’un véhicule diesel équivalent. Et ce, quelle que soit l’évolution des cours du pétrole. Selon les calculs de Xerfi, les futurs propriétaires ne peuvent espérer un « retour sur investissement » avant 4 à 5 ans, malgré le prix peu élevé du kilowattheure. Les systèmes de batterie renchérissent en effet d’un tiers le prix d’achat du VE. La location des batteries, expérimentée par les constructeurs, permet d’en lisser le prix dans le temps. Mais, in fine, le coût global demeure rigoureusement identique.
- Une concurrence des motorisations alternatives, notamment des véhicules hybrides mais aussi des moteurs à essence ou diesel. Tous les constructeurs sans exception sont engagés dans la réduction des émissions de CO2 des moteurs à combustion. Les performances environnementales des futures autos vont inévitablement s’améliorer, rendant les VE moins attrayants.


L’analyse menée par le cabinet Xerfi ne se contente pas de dégonfler la bulle spéculative qui commence à se former autour du véhicule électrique. Elle analyse également  les mutations en cours dans la filière automobile, et en particulier le risque de sortie de route des constructeurs. Ces derniers pourraient perdre la main dans le jeu concurrentiel avec l’essor de systèmes électriques innovants qui équipent les véhicules zéro émission et bientôt les véhicules thermiques. Détenteurs d’un véritable savoir-faire, qui échappe désormais aux constructeurs en raison des mouvements d’externalisation de ces dernières années, les équipementiers représentent déjà plus de 60% de la création de valeur d’une automobile. Or, l’électrification des modèles implique une révision complète de l’architecture des véhicules. Ce qui renforce le rôle de premier plan des équipementiers et fabricants de batteries. Dans ce contexte, une redistribution des cartes au sein de l’industrie automobile, voire même de l’ensemble de la filière des transports, semble fort probable.

Et en bonus, voici une analyse sur les fameux "smart grids", ces réseaux intelligents qui vont accompagner le véhicule électrique :



Si vous voulez aller plus loin, voici le site de Xerfi : http://www.xerfi.fr

samedi 22 décembre 2012

La voiture électrique va-t-elle créer des emplois ?

J’en reviens encore aujourd’hui à l’étude de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile sur le véhicule électrique, qui est vraiment une mine d’informations. Ce document se penche à un moment sur la filière française. Alors que le nombre de salariés du secteur de la construction automobile est passé de 300 000 personnes au début des années 80 à 149 000 en 2009*, on peut se demander si les efforts consentis par le gouvernement et les industriels vont se concrétiser par de l’emploi en France. Un point crucial, quand on sait que le secteur auto au global représente 260 000 emplois (un dixième des effectifs en Europe).



Selon une étude publiée par le Commissariat général au développement durable, et que rappelle le Cetelem, la création d’une filière véhicules électriques dans l’Hexagone (moteurs + batteries) permettrait de créer entre 15 000 et 30 000 emplois à l’horizon 2025-2030, venant ainsi largement compenser les 4 000 à 8 000 pertes d’emplois industriels engendrées par la baisse des volumes de moteurs thermiques produits en France. Toutefois, Jean Louis Legrand, coordinateur interministériel pour les véhicules décarbonés au ministère de l’Écologie, du Développement durable, du Transport et du Logement, se veut plus mesuré. « On peut dire que la filière électrique devrait contribuer à maintenir des emplois en France, plus qu’à en créer », avoue cet expert. Et pour appuyer son propos, il considère « tout l’écosystème de l’électromobilité : batteries, chaînes de traction, électronique de puissance, après-vente, cycles, production et distribution d’électricité, infrastructures de recharge, installateurs, domotique et réseau intelligent, commerce et distribution, stations-service, métiers du stationnement, opérateurs de mobilité ».


Des emplois, oui, mais différents et plus qualifiés. La création d’une filière véhicules électriques met en oeuvre de nouvelles technologies, tant dans la partie « amont » (de la conception à la production) que dans la partie « aval » de la filière automobile (distribution, entretien…), relève le Cetelem. Ainsi, le volume d’emploi dans l’activité « construction automobile » devrait rester à peu près constant si la filière batteries et moteurs électriques est développée en France. Avec la rupture technologique que représente le véhicule électrique, de nouveaux métiers feront aussi leur apparition dans la filière automobile, en particulier ceux liés à la batterie et à la distribution de l’énergie électrique : opérateurs en électricité automobile, postes de techniciens et d’informaticiens pour la maintenance des infrastructures de recharge par exemple, ou bien encore métiers relatifs à l’électrotechnique/électromécanique, compte tenu de la croissance des équipements électroniques dans les voitures à énergie alternative.


Mais, c’est bien dans les activités de services que se situe l’essentiel des emplois induits par la création de cette nouvelle filière, souligne l’Observatoire. « Bien que le véhicule électrique soit peu générateur d’opérations d’entretien (pas de vidange ni de remplacement de courroie de distribution…) », avance l’étude, il y a du potentiel dans le commerce et la réparation, les stations-service, le contrôle technique, la déconstruction, le recyclage, la location de voiture et les services liés aux nouveaux usages de mobilité comme l’auto-partage. Ces activités représentent un gisement « d’autant plus important qu’il s’agit de services de proximité, donc d’emplois qualifiés difficilement délocalisables ». En conclusion, les services associés au véhicule électrique auront aussi un impact positif en termes d’emplois indirects et seront source de nouveaux métiers liés à la filière automobile.

*En cette année de crise, 54 300 postes qui ont été supprimés dans l’automobile, dont 9 800 chez les constructeurs, 35 000 chez les fournisseurs et 9 000 dans le commerce et la réparation.

jeudi 20 décembre 2012

La ville du futur vue par IBM



En attendant la prochaine conférence sur le climat, qui aura lieu à Mexico en décembre 2010 (COP16) et qui sera a priori précédée par une réunion intermédiaire à Bonn, voyons quel futur se prépare dans nos villes. Selon IBM, 60 millions d'êtres humains migrent dans les cités chaque année dans le monde (plus d'un million chaque semaine). Il est donc urgent de trouver des solutions pour consommer moins d'énergie.
Dans le domaine du transport, Big Blue travaille avec des partenaires comme par exemple au Danemark (programme de recherche EDISON avec DONG Energy, Oestkraft, l'Université technique du Danemak, Siemens, Eurisco et l'Association Danoise d'Energie) pour développer une infrastructure de recharge intelligente pour les véhicules électriques. Le pays veut avoir rapidement 10 % de son parc en hybrides et en véhicules électriques. Des travaux, visant à adapter la recharge des voitures en fonction de la production de courant par les éoliennes, est en cours dans l'île de Bornholm. De plus, les labos d'IBM travaillent sur une batterie lithium-air avec des nanocomposants dont l'autonomie pourrait atteindre 800 km d'autonomie (projet 500 miles, voir l'article du 7 octobre) pour rendre cette énergie plus attractive. Ces recherches pourraient bénéficier plus tard aux grandes villes.




Mais, ce n'est pas tout. IBM prévoit de mettre en place des technologies de l'information qui peuvent aider à économiser l'énergie dans les bâtiments, préserver l'eau, lutter contre le crime et les incendies (analyse de données en temps réel), et même détecter les signes avant-coureurs de maladies (type virus H1N1). Certaines réalisations sont opérationnelles, comme en Chine à Hangzhou où le Dragon Hotel fait preuve d'intelligence et adapte en temps réel sa consommation d'énergie. Le mieux est encore de regarder cette vidéo, visible également sur You Tube.

Véhicule électrique : les points de blocage confirmés par une étude Cetelem

L’Observatoire Cetelem de l’Automobile, qui se distingue par ses études sur le marché, a publié récemment une enquête européenne sur le véhicule électrique. On peut l'interpréter comme le verre à moitié vide, ou à moitié plein. Je propose d’y revenir pour faire le tour des points de blocage, un an après le lancement des premiers modèles en France, et alors que Renault vient de lancer les deux premiers modèles de sa gamme ZE. Les points qui posent problème sont, sans surprise, le coût, l’autonomie insuffisante, mais aussi le temps de recharge et l’absence de prises.



Le premier point concerne donc le prix. S’il y a un effort financier à consentir, les Européens seraient tout au plus prêts à payer 30 % plus cher par rapport à la valeur d’un véhicule thermique. Le problème, c’est que le surcoût est bien plus important (deux à trois fois le prix par rapport à un modèle thermique). D’autre part, les consommateurs raisonnent par rapport au prix facial. Ils ne font pas le bilan des coûts d’utilisation (forcément moins élevés pour un véhicule électrique pour le carburant, mais aussi l’assurance et l’entretien). Le cochon de client n’est pas très familier avec le TCO (Total Cost of Ownership), contrairement aux entreprises. Mais, ce n’est pas tout.


L’étude Cetelem montre également que les européens, et en particulier les français, rejettent le mode de location des batteries. C’est pourtant la parade (déjà expérimentée dans le passé par PSA) qu’avait trouvée Renault pour lisser le prix de la voiture électrique, en dissociant le prix du véhicule et celui de la batterie, proposé sous la forme d’une mensualité (en fonction de la durée et du nombre de km). Pourquoi un tel refus ? Certains sont très attachés à la notion de propriété. D’autres mettent en avant le manque d’information, et donc de transparence, sur le système de location. L’étude montre, plus largement et de façon paradoxale, que la batterie en tant que solution technologique souffre d’un déficit de fiabilité, qui pénalise n’importe quelle solution lorsqu’elle est isolée commercialement.


Venons-en à l’autonomie. Cetelem rappelle qu’avec un kilo d’essence, on parcourt 25 km, contre seulement 0,4 km en véhicule électrique. Et, même si le rayon d’action a été doublé par rapport aux précédentes générations de batteries, ce n’est pas suffisant. Ainsi, 55 % des Européens n’envisagent pas l’achat d’une voiture électrique si l’autonomie n’est pas d’au moins 250 km. Or, pour le moment, seul Bolloré en est capable sur le papier avec sa Bluecar. Les autres constructeurs oscillent entre 130 et 160 km (175 km homologués pour la Nissan Leaf), et encore ce chiffre reste très théorique car très variable selon le style de conduite et le type de parcours. Sur cette question de l’autonomie, Allemands et Français sont pour une fois d’accord et se montrent clairement les plus exigeants (70 et 71 %).


Bien sûr, on peut toujours rétorquer que 82 % des Européens font moins de 100 km par jour. Ils sont même 45 % à rouler moins de 30 km par jour. Ces chiffres n’ont d’ailleurs guère changé en 20 ans. Mais, le rayon d’action limité est anxiogène, d’autant qu’il faut composer avec le temps de recharge. A ce propos, si un tiers des Européens n’a ainsi aucune idée du temps qu’il faut pour la recharger, un sur deux réclame une batterie complètement rechargeable en moins de 2 heures. Là encore, c’est un voeu pieu puisque, selon la puissance délivrée et le type de prise, il faut compter actuellement entre 7 h 30 et 11 heures pour une recharge à 100 %.


Le dernier point, qui est lié à tous les autres, concerne l’infrastructure de recharge. Seule la mise en place massive de bornes de recharge rapide pourrait être de nature à rassurer les automobilistes. 90 % des personnes interrogées les réclament et 59 % estiment qu’elles sont indispensables. La conclusion de tout cela ? L’étude de l’Observatoire Cetelem indique tout simplement que, malgré un réel attrait pour le produit (surtout quand les sondés ont eu l’occasion de faire un essai), les clients ne sont pas encore prêts à faire le saut. Ignorant les plans marketing de certaines marques, les français comme les européens n’envisagent pas d’acheter un véhicule avec lequel ils ne peuvent pas partir en vacances. Les constructeurs vont devoir déployer d’énormes efforts en termes de pédagogie et compenser, en attendant un hypothétique décollage de la demande pour le grand public, avec une clientèle de professionnels.

*Cette édition est consacrée à une analyse approfondie de la voiture électrique et des attentes des Européens en la matière. L’étude a été menée dans 10 grands pays européens : Allemagne, Espagne, France, Italie, Portugal, Grande-Bretagne, Belgique,Pologne, Russie et Turquie. Menée avec le BIPE et TNS Sofres, elle a été réalisée durant l’automne 2011, auprès d’un échantillon de 6 000 personnes.

mercredi 12 décembre 2012

La voiture électrique et le grand froid


L'épisode neigeux qui a paralysé l'Ile de France la semaine dernière et qui a provoqué un belle pagaille, avec des milliers de personnes bloquées sur les routes, n'a pas fait de victimes, fort heureusement. Mais, que se serait-il passé si au lieu de rouler dans des voitures thermiques, les franciliens avaient eu une voiture électrique ? "J'aurais été frigorifié et en panne", m'a écrit un de mes amis, dirigeant d'un sous-traitant de l'automobile, et qui importe un modèle de voiture électrique en France. Il précise : "l'hiver en voiture électrique est un autre thème critique, car l'autonomie des batteries par 0 degré est divisée par deux". Par chance, il était ce soir là au volant de sa Peugeot 3008, dont le moteur pouvait tourner pendant des heures pour chauffer l'habitacle... Ce week end, en lisant mon courrier, je pouvais lire également cette interview* de Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l'ingénierie avancée de PSA Peugeot Citroën : "Par temps froid, un véhicule électrique peut consommer autant d'énergie (5 à 10 kW) pour chauffer son habitacle que pour se mouvoir en ville. L'automobile va devoir penser "isolation thermique" afin de limiter le recours au chauffage ou à la climatisation".



Parmi les constructeurs qui développent des voitures électriques, Mercedes est le seul qui a communiqué sur les essais par grand froid. Le Vito E-Cell a subi une batterie de tests en Laponie à Arjeplog, à une heure de "route" du cercle polaire. L'utilitaire électrique peut continuer à rouler jusqu'à - 30 degrés. Toutes les fonctions ont été testées sur neige et sur le verglas. Mercedes ne précise pas pour autant à combien est descendue l'autonomie, qui est de 130 km en théorie.


Au-delà de la capacité des voitures - et on peut faire confiance aux constructeurs pour trouver des solutions - on peut s'interroger sur la capacité du réseau électrique à faire face au froid. On a pu entendre récemment la ministre de l'Environnement Nathalie Kosciuzko-Morizet déclarer : "s'abstenir de démarrer son lave-linge ou autres équipements électriques pas totalement indispensables vers 19 heures constitue un acte de civisme par grand froid". Ce qui constitue un aveu de faiblesse. Un article du Point, consacré au problème, souligne qu'"avec la généralisation du chauffage électrique en France, les périodes de froid ont un impact très important sur la consommation d'électricité. En hiver, une baisse de 1 C de la température entraîne une augmentation de la consommation d'électricité d'environ 2.300 MW, soit le double de la consommation de la ville de Marseille, selon RTE. En particulier aux heures de retour de l'école et du travail, entre 17 heures et 20 heures". N'oublions pas non plus que la Bretagne, alimentée par une seule ligne à haute tension à 400.000 volts, est régulièrement en panne de courant quand il fait très froid. Même souci en ce qui concerne la région Paca, peuplée de 5 millions d'habitants, et qui ne dispose que d'une ligne de 400.000 volts qui longe sa côte. Le 21 décembre 2009, deux millions d'habitants avaient été privés d'électricité à la suite d'un incident qui avait fait craindre un "black-out" complet" selon RTE, écrit encore Le Point.
Bref, "tout n'est pas si rose dans la voiture électrique", comme l'affirme mon ami, dans le mail qu'il m'a envoyé au lendemain de la tempête de neige en région parisienne. 

*Il s'exprimait dans "Axes", le magazine de l'INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et la Sécurité"

GM met au point un bruiteur pour voiture électrique



Intéressante initiative que celle de General Motors. Avec l'aide de la fédération nationale US des aveugles, le groupe américain essaie d'identifier le niveau sonore suffisant pour avertir les passants, et en particulier les malvoyants, de la présence à proximité des voitures électriques. On n'y pense pas, mais l'énergie électrique se traduit aussi par une absence totale de bruit. Les constructeurs qui ont produit de tels véhicules par le passé (GM avec l'EV1, mais aussi Renault et PSA) savent bien qu'un bruiteur est nécessaire pour ne pas surprendre les piétons. La Chevrolet Volt, qui sort en 2010, sera bien sûr équipée d'un tel système. C'est d'autant plus nécessaire que la multiplication des véhicules hybrides - qui démarrent en mode électrique en général - représente une source de danger à terme. Les passants n'auront plus les mêmes repères.
Avec les aveugles, le bruiteur a été testé dans plusieurs configurations et à plusieurs allures.


Voir la vidéo :






Si vous voulez entendre ou télécharger le son du bruiteur de la Volt, voici le lien :
http://media.gm.com/content/Pages/news/us/en/2009/Nov/1125_GM_Volt/_jcr_content/rightpar/tabbedframe/par2/download/file.res/Volt%20Sound%20Alert.wav




Le bruiteur à bord des voitures électriques n'est pas une idée saugrenue. D'ailleurs, Lotus y pense très sérieusement. Il développe ce qu'on appelle l'ESS (Electronic Sound Synthesis), en liaison avec Harman Kardon. Ce système, qui mesure la vitesse de roulement, convertit les données en un son qui sera restitué aux autres usagers. On peut choisir entre Lotus, Lamborghini ou Ferrari.
Ce n'est pas très écolo, mais utile pour la sécurité.

lundi 10 décembre 2012

L'Amérique bâtit son infrastructure de recharge



On quitte le Danemark et sa conférence sur le climat pour survoler le Groenland et atterrir en Amérique. Direction la côte Ouest où il se passe pas mal de choses en ce moment. Parmi les multiples projets autour de la voiture électrique, je voulais vous entretenir de "The EV Project". Ce projet, financé à hauteur de près de 100 millions de $ par le Département d'Etat à l'Energie (DOE), est porté par eTec (Electric Transportation Engineering Corporation), une filiale d'ECOtality, en association avec BP, Zipcar et surtout Nissan.



L'objectif est de préparer le terrain pour la voiture électrique en déployant une infrastructure de recharge. Et, croyez-moi, c'est du lourd. Le projet ne prévoit pas moins de 11210 bornes de recharge, dont 260 pour la recharge rapide. Même si c'est un projet "régional", c'est 10 fois plus que ce que prévoit par exemple le plan national pour le Portugal (1300 prises en 2011, dont 320 en 2010).




L'infrastructure va être déployée dans 5 Etats des USA : Arizona (Phoenix et Tucson), Californie (San Diego), Oregon (Corvallis, Eugene, Portland), Tennessee (Chattanooga, Nashville, Knoxville), Washington (Seattle). Le projet a débuté le 1er octobre de cette année et va se poursuivre pendant 36 mois.
On peut suivre le projet par ce lien : http://www.theevproject.com/index.php



Pour sa part, Nissan va fournir 4700 exemplaires de la Leaf. Par un heureux hasard, l'infrastructure sera déjà bien avancée quand la voiture sera disponible sur le marché, c'est à dire en fin d'année 2010. Ce n'est qu'une première étape, car l'objectif après est d'étendre la couverture au reste du pays, à partir de 2013. The EV Project devrait créer 750 emplois en 2012 et 5500 en 2017, alors que le nombre de voitures électriques fournies par Nissan et d'autres pourrait passer à cette même date à 5 millions. Dans la liste des partenaires du projet, on retrouve une des sociétés (Coulomb Technologies) qui ont aidé Nissan à fonder la fameuse "coalition électrique" qui fait un lobbying intelligent pour convertir les Etats-Unis à la voiture électrique. C'est sans doute une coïncidence (voir l'article du 4 décembre).
Voilà qui permet en tout cas de mesurer le décalage entre les annonces de certains (le plan du gouvernement français par exemple sur l'infrastructure de recharge et les véhicules décarbonés) et la réalité sur le terrain.

L'automobile, plateforme multimédia et réseau social de demain ?


Qui a dit : "le véhicule électrique sera à la voiture ce que l’iPhone est au téléphone" ? C'est Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan et c'était ce mercredi, en ouverture de leWeb 2010 la grand messe des blogueurs et des spécialistes de l'Internet à Paris. Organisé par le désormais célèbre Loïc Le Meur, ce rendez-vous regroupait les plus grands noms du web mondial, dont Google et Microsoft devant 2500 personnes. Renault, qui était partenaire de l'événement, en a profité pour exposer sa vision des technologies de la communication.



Devant un auditoire conquis, et face à des blogueurs dont certains ont été invités* par Renault, Carlos Ghosn a fait un discours remarqué. Dans son keynote, qui faisait penser un peu à ce qui se passe au CES de Las Vegas**, il a comparé le véhicule électrique à une plateforme multimédia, qui va accueillir des applications informatiques.

Voir la vidéo :



Il y a chez Renault comme chez tous les autres constructeurs une fascination pour l'iPhone et surtout pour le business model de l'App Store. Mais, n'est pas Steve Jobs qui veut... Il faut reconnaître que la marque au losange a un certain talent pour faire passer son retard dans les produits pour une marque de supériorité. En attendant, elle communique à tout va, avec par exemple une campagne sur la Twizy qui utilise iAd, la régie d'Apple sur l'iPhone.


Il y a quelques semaines, Renault a aussi lancé l’application « Plug quest » qui permet de prendre en photo les endroits où les utilisateurs de véhicules électriques souhaiteraient voir installer leurs bornes de recharge. Ces informations sont ensuite partagées avec les partenaires pour construire le réseau de demain.


Il est bon parfois de rappeler que Renault n'a pas le monopole de l'iPhone. Plusieurs constructeurs proposent déjà des applications pour des voitures électriques qui, elles, circulent déjà. On peut notamment citer le cas de Nissan pour la Leaf, mais aussi de Chevrolet pour la Volt. Les applications permettent de piloter la charge. Il ne faut pas oublier non plus l'appli qui permet chez BMW de prendre le contrôle à distance du véhicule et qui est pour moi la plus innovante à ce jour.


Mais, revenons au sujet principal qui est celui du multimédia. Je suis d'accord avec Carlos Ghosn, quand il dit que les plateformes de communication digitales sont un nouvel atout pour développer plus de services, de sécurité et de confort à bord d’une automobile. A ce propos, on peut citer l'exemple de la LTE Connected Car : ce prototype réalisé par Alcatel Lucent et Toyota, avec l'aide de plusieurs partenaires. Là, on est concrètement dans une offre de services et l'auto devient un Smartphone sur 4 roues.
D'autres exemples ? Ford a fait appel à des étudiants pour développer des applications dans le cadre de SYNC, l'offre de connectivité de la marque aux Etats-Unis. Volkswagen a organisé un concours d'idées autour des applications de demain. Pour sa part, Kia USA a déjà présenté un concept qui donne accès à Facebook et Twitter à bord (à l'arrêt uniquement).


La bonne question est : qui va fournir cette plateforme et en tirer les bénéfices ? Apple peut se permettre de verrouiller le système, car il a bâti un éco système autour de son offre produits (iPod, iPhone, iPad...). Les constructeurs automobiles ne peuvent pas en faire autant, et pas plus Renault qu'un BMW qui a imaginé pourtant un App Store adapté à sa marque. Que pèsent ils par rapport aux géants de l'Internet et de l'informatique ? Par ailleurs, la culture de service n'est pas non plus le point fort de l'industrie auto. J'attends de voir ce que Renault va faire avec Yahoo! (des séries limitées et a priori communicantes sont prévues en 2011), sachant que sur ce point là aussi, il y a du retard par rapport à d'autres constructeurs (Audi, BMW, Peugeot, Citroën) qui proposent déjà l'accès à Internet à bord, avec même parfois du service.
Bilan : encore - et surtout - une belle opération de communication.

*L'entrée est en principe à 1990 € par personne.
**Mais à Las Vegas, c'est Audi qu'on invite par exemple en janvier 2011 (c'était Ford en 2010). Rupert Stadler parlera des relations entre l'électronique grand public et l'automobile, ainsi que de voiture électrique.

Site : http://www.leweb.net/

vendredi 7 décembre 2012

Better Place fait son show à Copenhague



Better Place a fait le déplacement jusqu'à Copenhague. D'une part, ce nouvel opérateur de services autour du véhicule électrique (bornes de recharge, logiciel pour recharger les batteries de façon intelligente et avec le moins d'impact possible sur le réseau) est impliqué au Danemark avec un projet mené en collaboration avec Renault. D'autre part, il profite bien sûr de la caisse de résonance que constitue le COP15 pour présenter sa vision d'une infrastructure de recharge intelligente.
Ainsi, des tests seront réalisés avec Renault pour conduire la Fluence ZE. Better Place a en fait installé des bornes de recharge qu'utilisent également d'autres constructeurs pour faire des démos auprès des VIP.




L'opérateur a prévu aussi de participer à un certain nombre d'événements, officiels ou non, dont plusieurs conférences sur le thème du véhicule électrique et de l'économie à faible teneur de carbone.
On peut en savoir plus en visitant la page du site consacrée à Copenhague : http://www.betterplace.com/cop15.

Pour ceux qui ne connaitraient pas Better Place, voici une vidéo qui retrace la genèse de cette start up :



A ce jour, Better Place a conclu des accords pour se développer en Israël, au Danemark, en Australie, en Californie, au Canada (Ontario), à Hawaï et au Japon. Les deux projets les plus emblématiques sont Israël (premier pays concerné et patrie d'origine de Shaï Agassi, le fondateur de Better Place) et le Danemark.



Les projets démarrent à partir de 2011 avec la mise en place d'une infrastructure de recharge. Le véhicule retenu est la Renault Fluence ZE, qui sera diffusée à 100 000 exemplaires sur l'ensemble des deux pays d'ici 2016.
Au Danemark, 103 millions d'Euros ont été investis dans l'infrastructure de recharge avec la compagnie d'énergie locale Dong (Danish Oil & Natural Gas), qui fournira du courant dans le réseau électrique à partir de turbines. Voilà qui devrait aider le pays à réduire de 21 % ses émissions de CO2 en 2012. Mais, encore faut-il que les consommateurs achètent les véhicules...

jeudi 6 décembre 2012

Des voitures plus propres au sommet de Copenhague ?





C'est donc aujourd'hui que s'ouvre la conférence sur le climat de Copenhague. Les négociations vont se poursuivre jusqu'au 18 décembre dans le cadre du COP15. On ne sait pas sur quoi cela va déboucher, mais l'industrie automobile se positionne pour faire valoir sa bonne volonté.



Pour sa part, BMW a fait un pré-sommet sur le développement durable à Berlin le 3 décembre avec 200 invités, dont le Dr Rajendra Pachauri, Prix Nobel de la Paix 2007 et Président du groupe d'experts sur le changement climatique (GIEC). A cette occasion, la marque allemande a pris l'engagement solennel de réduire de 25 % les émissions de sa gamme d'ici 2020. Un pari qui repose entre autres sur la propulsion électrique.




Parmi les constructeurs qui jouent le rôle de "voiture officielle", on retrouve le même BMW avec la Série 7 Hydrogen et la nouvelle 520 d Efficients Dynamics (freinage récupératif, système stop/start) ; Mercedes avec de l'hybride (S400 Hybrid), de l'hydrogène (Classe B F-Cell), du gaz naturel (Sprinter NGT) et du diesel (E 350 Bluetec, E 250 CDI, S 420 CDI qui est la première voiture diesel bindée !) ; et enfin Honda, avec la Insight hybride (la FCX Clarity à hydrogène sera aussi testée par des officiels).



De façon plus classique, Volvo fournira 60 véhicules (V70 et S80, dont 40 modèles flexifuel (à l'éthanol) et 20 modèles DRIVe avec des moteurs diesel émettant moins de 129 g de CO2.



Les français sont plus en retrait. Peugeot veut aussi participer à l'événement, mais à travers des expositions. Il était présent à l'expo de la conférence sur le climat du 3 au 6 décembre et sera aussi sur le "Bright Green Event" les 12 et 13 décembre. Le discours "vert" s'appuie sur la 207 99 g de CO2, la Peugeot Ion et la 3008 Hybrid4. Pour sa part, Citroën expose à son siège de Copenhague la C-Zéro, le Berlingo First électrique ainsi que le concept car Révolte, la C3 et la DS3. La marque aux chevrons organise aussi une série de conférences du 8 au 10 décembre. Renault s'invite également en proposant à l'essai (et sur rendez-vous) aux accrédités de la conférence plusieurs modèles électriques, dont Fluence ZE, Kangoo Express ZE et Kangoo Be Bop ZE.



La palme de l'originalité revient toutefois à Goodyear. Le fabricant américain de pneus expose à l'aéroport de Copenhague un concept de pneumatique "bio". C'est en effet la première fois au monde que l'on utilise du biolsoprène : un produit issu de la biomasse (et donc renouvelable) comme alternative à la pétrochimie pour réaliser du caoutchouc synthétique. Ce pneumatique a été réalisé en collaboration avec une filiale du géant de l'industrie agro-alimentaire, Danisco. Genencor est une compagnie basée aux USA et spécialisée dans les biotech.

Voir la vidéo :



Le pneu sera visible à l'aéroport de Copenhague jusqu'au 21 décembre, ainsi que les 12 et 13 décembre sur le Bright Green Event, le 17 décembre à une conférence sur les biotechnologies et pendant toute cette période au siège de Danisco.



Le biolsoprène pourrait faire son apparition en 2013 dans les pneumatiques, mais aussi sur d'autres marchés utilisant le caoutchouc. Du pneu au tuyau d'échappement, la voiture devient plus propre. Mais, est-ce que cela va sensibiliser les délégués qui, pour la plupart, sont venus de Bruxelles en train ?

mardi 4 décembre 2012

La voiture électrique en libre-service testée au Japon



Mazda est au coeur d'un projet de voiture électrique en libre-service qui va se dérouler au Japon, à Tsukuba. Cette ville, que l'on surnomme "Science City", se trouve à 50 km de Tokyo et près de l'aéroport de Narita. Plus de 60 instituts de recherche et universités sont concentrés sur le site.
La première information est que Mazda s'intéresse au véhicule électrique. La marque japonaise, qui était la seule à ne pas proposer de véhicule à énergie alternative lors du dernier salon de Tokyo (à part son Premacy hybride à hydrogène), a donc revu sa copie. Mazda va fournir trois modèles électrifiés de la Demio (connue sous le nom de Mazda 2 hors du Japon).




Le projet va se faire en coopération avec Ener1. Il s'agit d'une compagnie américaine qui produit des batteries lithium-ion sous la marque EnerDel. Elle est basée à Indianapolis (tout un symbole) et travaille aussi bien avec l'automobile qu'avec l'industrie militaire. C'est elle qui fournit par exemple le constructeur norvégien Think, dont la City Electric est aussi impliquée dans le projet.



Cette marque nordique est très dynamique et communique beaucoup, dans le monde entier, pour mieux faire connaître le véhicule électrique.



L'intérêt du projet est toutefois ailleurs. Ce qui est intéressant à Tsukuba, c'est qu'on va utiliser les magasins de la chaîne Family Mart du groupe Itochu pour la recharge des véhicules. L'énergie électrique sera produite par des panneaux solaires et stockée dans des stations fixes, où on pourra à la fois recharger rapidement les voitures et faire l'échange des batteries.
Le projet, qui a pour nom "Tsukuba Environmental Style Project", sera une sorte d'Autolib' en réduction. On pourra louer des autos électriques (Mazda et Think) et régler par carte bancaire. Mais, il y aura aussi de l'intelligence pour adapter la production et la distribution d'électricité en fonction de la demande (on appelle cela en anglais le "smart grid"), au moyen de l'informatique.
C'est donc un projet très innovant qui démarre à partir de mars 2010 au Japon.

lundi 3 décembre 2012

Les patrons US se mobilisent pour le véhicule électrique



Avez-vous entendu parler de la "coalition sur l'électrification" ? Non ? Ce n'est pas étonnant, car l'initiative reste encore assez discrète.



Une douzaine de patrons établis en Amérique, dont Carlos Ghosn pour Nissan, mais aussi les big boss de plusieurs compagnies US comme Fedex, Johnson Controls, ou encore NRG Energy, se sont regroupés pour former cette organisation, basée à Washington. Elle se veut non partisane et indique ne pas agir pour le profit. Il n'empêche que cette action de lobbying arrange bien les affaires de Nissan (et de Renault) qui met le paquet sur l'électrique, et qui est d'ailleurs le seul constructeur de la coalition.
On peut en savoir plus en consultant leur site : http://www.electrificationcoalition.org/

Il y a même une vidéo sur You Tube :



La coalition avance quelques chiffres instructifs. L'Amérique consomme plus de 20 millions de barils de pétrole par jour (le prix du baril a atteint jusqu'à 147 $ en juillet 2008) et son secteur transport rejette 34 % des émissions de CO2. A l'inverse, la production d'électricité (à partir de gaz, charbon, nucléaire et énergies renouvelables) est domestique. De plus, 90 % des américains parcourent moins de 30 miles par jour, ce qui est largement à la portée des batteries. Le pari est qu'il vaut mieux investir dans l'électrique pour rouler moins cher et ne plus dépendre d'autres pays pour bénéficier de l'énergie. Pour information, les hybrides ne pèsent que 3 % du marché US. Il n'y a que 1000 points de recharge électrique contre 150 000 stations-service.



En téléchargeant la roadmap pour l'électrification depuis le site, on peut lire que 75 % des miles parcourus aux Etats-Unis en 2040 devraient l'être avec des véhicules électriques. La coalition propose tout un programme avec une première phase de 2010 à 2013 pour mettre en place l'éco-système (financement des infrastructures de recharge dans 6 à 8 villes, incitation à l'achat) et une seconde phase de 2014 à 2018 pour la montée en puissance avec un élargissement à 20 ou 25 villes et une réduction des incentives en pariant sur le fait que les économies d'échelle permettront un prix plus abordable des véhicules.


Le calendrier est le suivant :
2013 : 700 000 véhicules
2020 : 14 millions de véhicules électriques sur la route
2030 : 123 millions de véhicules
2040 : 75 % des miles parcourus par des véhicules légers le seront avec un véhicule électrique.



Bien sûr, cela passe par un appui du pouvoir politique (achat de véhicules par le gouvernement, réduction d'impôts, actions pour inciter les entreprises et les particuliers à installer des prises, mises à niveau des centrales électriques). La coalition propose d'ailleurs la création du poste de secrétaire au transport électrique au Département d'Etat à l'Energie.
Voilà un bien joli programme qui montre que les USA veulent accélérer et qu'ils iront plus vite que nous.