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lundi 3 décembre 2012

Les patrons US se mobilisent pour le véhicule électrique



Avez-vous entendu parler de la "coalition sur l'électrification" ? Non ? Ce n'est pas étonnant, car l'initiative reste encore assez discrète.



Une douzaine de patrons établis en Amérique, dont Carlos Ghosn pour Nissan, mais aussi les big boss de plusieurs compagnies US comme Fedex, Johnson Controls, ou encore NRG Energy, se sont regroupés pour former cette organisation, basée à Washington. Elle se veut non partisane et indique ne pas agir pour le profit. Il n'empêche que cette action de lobbying arrange bien les affaires de Nissan (et de Renault) qui met le paquet sur l'électrique, et qui est d'ailleurs le seul constructeur de la coalition.
On peut en savoir plus en consultant leur site : http://www.electrificationcoalition.org/

Il y a même une vidéo sur You Tube :



La coalition avance quelques chiffres instructifs. L'Amérique consomme plus de 20 millions de barils de pétrole par jour (le prix du baril a atteint jusqu'à 147 $ en juillet 2008) et son secteur transport rejette 34 % des émissions de CO2. A l'inverse, la production d'électricité (à partir de gaz, charbon, nucléaire et énergies renouvelables) est domestique. De plus, 90 % des américains parcourent moins de 30 miles par jour, ce qui est largement à la portée des batteries. Le pari est qu'il vaut mieux investir dans l'électrique pour rouler moins cher et ne plus dépendre d'autres pays pour bénéficier de l'énergie. Pour information, les hybrides ne pèsent que 3 % du marché US. Il n'y a que 1000 points de recharge électrique contre 150 000 stations-service.



En téléchargeant la roadmap pour l'électrification depuis le site, on peut lire que 75 % des miles parcourus aux Etats-Unis en 2040 devraient l'être avec des véhicules électriques. La coalition propose tout un programme avec une première phase de 2010 à 2013 pour mettre en place l'éco-système (financement des infrastructures de recharge dans 6 à 8 villes, incitation à l'achat) et une seconde phase de 2014 à 2018 pour la montée en puissance avec un élargissement à 20 ou 25 villes et une réduction des incentives en pariant sur le fait que les économies d'échelle permettront un prix plus abordable des véhicules.


Le calendrier est le suivant :
2013 : 700 000 véhicules
2020 : 14 millions de véhicules électriques sur la route
2030 : 123 millions de véhicules
2040 : 75 % des miles parcourus par des véhicules légers le seront avec un véhicule électrique.



Bien sûr, cela passe par un appui du pouvoir politique (achat de véhicules par le gouvernement, réduction d'impôts, actions pour inciter les entreprises et les particuliers à installer des prises, mises à niveau des centrales électriques). La coalition propose d'ailleurs la création du poste de secrétaire au transport électrique au Département d'Etat à l'Energie.
Voilà un bien joli programme qui montre que les USA veulent accélérer et qu'ils iront plus vite que nous.

mardi 22 mai 2012

Pour Michelin, il faut se fixer un seuil de 50 g par km en 2040

Cité par nos confrères du site Autoactu.com, l'un des meilleurs experts de Michelin, le docteur Patrick Oliva dit en substance que l'industrie automobile est mal partie pour respecter l'objectif de 95 g par km de CO2 en 2020 et qu'il faut redoubler d'efforts au cours de cette décennie, si on ne veut pas réchauffer le climat de la planète de plus de 2 degrés en 2100*. La solution serait de se fixer un seuil de 50 g/km de CO2 en 2040 ce qui est techniquement possible avec des véhicules très optimisés.



Qui est Patrick Oliva ? C'est le directeur prospective et développement durable de Michelin. On lui doit notamment le Challenge Bibendum, dont il est l'un des artisans. J'ai eu l'occasion de travailler avec lui sur quelques éditions de cet évènement unique en son genre, et qui consiste justement à évaluer les solutions de l'avenir. M. Oliva est également membre du conseil industriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, dépendant de l’OCDE). Ce qu'il nous dit, c'est que l'année 2017 est une année charnière. Dans 5 ans, si rien ne change, on aura peut être atteint un point de non retour. Il faut donc "poursuivre les progrès le plus loin et le plus vite dans l’efficience des moteurs et rechercher des voies alternatives au carburant pétrole. Il ne s’agit pas de l’éliminer mais d’en consommer moins dans les véhicules. Les progrès accomplis ont été considérables et nous en avons encore sous le pied".


Les solutions passent par l’allègement des véhicules, le recours à des sources d’énergie à moindre empreinte (dont l'hybridation, le véhicule électrique et sans doute l'hydrogène dans lequel Michelin s'investit), des pneus encore plus écologiques, le développement des réseaux intelligents, ou encore un partage plus important de la voiture dans les villes. A ce stade, l'évolution passe sans doute par une réflexion mondiale et pas seulement européenne. Je pense aussi qu'il est nécessaire d'avoir des procédures d'homologation plus réalistes.

*L'hypothèse basse du GIEC, la plus pessimiste évoquant une hausse de 6 degrés.