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mercredi 14 novembre 2012

Quels seront les opérateurs de mobilité de demain ?

Voilà une question que l'on peut se poser, alors que Better Place vient de lever 200 millions de dollars suite à un nouveau tour de table. La start up israélienne, qui veut se positionner sur les services autour de la mobilité électrique, a levé au total 750 millions depuis sa création. Et elle pèse 2,2 milliards de dollars. Pourtant, Better Place ne vend rien encore. La société, qui n'a convaincu à ce jour que Renault chez les constructeurs, va lancer ses services au premier trimestre 2012 avec la Fluence ZE en Israël et au Danemark avec un package calqué sur les forfaits de téléphonie mobile qui comprend l'usage du véhicule et sa recharge. Une expérience qui sera suivie à la loupe.



Mais Better Place n'a pas le monopole de ce nouveau business (si business il y a vraiment) de la mobilité. D'autres acteurs se déclarent (tel Bolloré à Paris pour Autolib') et ce n'est sans doute qu'un début. Par exemple, le suisse Toowup se rêve en Google de la mobilité. Cet acteur propose un système d'exploitation et des applications logicielles qui permettent de faire de l'auto partage, du co-voiturage, du service et de la géolocalisation.

Voir la vidéo :



Toowup exploite par exemple le service Ah La Carte qui permet à Montbéliard d'utiliser des véhicules électriques (F-City) et des vélos électriques en libre-service, ou encore de prendre le bus, tout cela avec une même carte pré-payée.



L'opérateur suisse va prendre la parole aujourd'hui dans le cadre du congrès Mobilis, qui ouvre à Belfort et qui va se tenir pendant deux jours. Toowup intervient dans la plénière sur les opérateurs de mobilité, au même titre que PSA Peugeot Citroën (pour Mu chez Peugeot et Multicity chez Citroën), la SNCF, Orange, TomTom, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de Belfort et le BIPE. Ces spécialistes vont donner leur vision à travers des exemples locaux et nationaux. On est à un tournant, avec des spécialistes qui cherchent à élargir leur offre et de nouveaux entrants qui veulent se faire une place. Mais, un acteur peut-il y arriver seul ou est-ce que ce nouveau schéma passe par des partenariats ?

mercredi 23 mai 2012

L'heure de vérité pour Better Place en Israël

Avec une bonne année de retard, dû à des obstacles bureaucratiques et à des livraisons tardives de la Fluence ZE, que Renault fournit en tant que partenaire, l'entrepreneur Shai Agassi va très prochainement débuter ses activités en Israël, où il va déployer le premier réseau national de voitures électriques. Un projet très ambitieux qui a déjà englouti plus de 400 millions de dollars. Better Place concrétise donc au bout de 4 ans une vision partagée (à l'époque) avec Carlos Ghosn. Une expérience qui intervient à un moment où l'électro-mobilité traverse une phase de doute.



La promesse de Better Place est géniale sur le papier. Elle consiste à remplacer les batteries vides par d'autres pleines en moins de 5 mn, en réinventant le principe des relais postaux. Pour cela, des stations d'échange automatisées ont été développées. L'autonomie devient donc quasi illimitée, avec un dispositif qui est adapté à la taille du pays (pas plus de 500 km pour les distances en Israël). En parallèle, la start up souhaite également développer des bornes de recharge plus conventionnelles. C'est un projet d'intérêt national, qui permet de s'affranchir du pétrole de ses voisins. De plus, Better Place inaugure un nouveau modèle économique en se positionnant comme un opérateur de mobilité, en maîtrisant la distribution des véhicules et le service.


Le véhicule électrique est proposé avec un abonnement rappelant le forfait téléphonique. En fonction du kilométrage, le client verse une mensualité (entre 300 et plus de 500 $ par mois) pour accéder aux stations d'échange et au point de charge. Better Place a conçu par ailleurs un logiciel, baptisé Oscar, qui donne accès via l'écran de bord à un univers de services, dont bien sûr l'emplacement des stations de charge ou d'échange. L'informatique embarquée permet par ailleurs de recueillir des infos sur l'utilisation des véhicules et de faire des mises à jour à distance.


Toutefois, à ce jour, le réseau reste assez limité. On ne dénombre que quatre stations d'échange de batteries dans le pays. Il devrait y en avoir 40 dans la seconde moitié de l'année. Pour les points de charge, des accords ont été signés avec divers partenaires. Le réseau est censé proposer à terme 500 000 points de charge.


En ce qui concerne les volumes, il n' y a pour le moment que 140 voitures en circulation qui servent en fait pour des tests. Better Place affirme avoir reçu 1800 commandes de la part de flottes et quelques centaines de la part de particuliers. Il devrait y avoir 5000 Fluence ZE d'ici un an sur les routes israéliennes. Si pour le moment seul ce modèle est compatible (ce sera aussi le cas de la Zoé) avec les stations d'échange, l'opérateur indique être en contact avec d'autres constructeurs automobiles.


Israël est a priori réceptif à l'électrique (80 000 personnes ont visité à ce jour le show room de Tel Aviv). Mais, jusqu'à présent, aucun pays dans le monde n'a montré d'appétence pour le véhicule électrique, malgré la hausse des prix du carburant. Better Place reste sur un objectif de 100 000 véhicules en 2016 (en Israël et au Danemark). Il espère un tournant en 2017, avec une baisse du prix des batteries qui rendrait les véhicules plus compétitifs. L'opérateur pronostique même 50 % de parts de marché pour le VE à cet horizon. Mais, Shai Agassi a toujours fait preuve jusqu'à présent d'un optimisme à toute épreuve.