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mercredi 28 novembre 2012

Nissan se met en valeur au COP 16 de Cancun


Les constructeurs se font plus discrets au COP 16, la conférence sur le climat qui se déroule à partir d'aujourd'hui à Cancun, au Mexique. Un an après les espoirs déçus de Copenhague, personne ne s'attend vraiment à un accord et les industriels ne se bousculent pas autant au portillon pour communiquer sur l'écologie. Néanmoins, on retrouve plusieurs constructeurs dans les sponsors du Village sur le Changement Climatique, dont Nissan, BMW, Ford, Mitsubishi et Volkswagen (plus Volvo Trucks).



Nissan, qui est sponsor "diamant", en profitera sans doute pour évoquer ses projets en Amérique du Nord. Il se trouve que la marque a un partenariat avec General Electric pour développer une infrastructure de recharge. Leur accord court sur trois ans. Nissan et GE sont engagés dans un programme piloté entre les Etats-Unis (Etat de New York, Michigan) et le Japon, visant à tester les réseaux intelligents ("smart grids") sur des véhicules électriques. Nissan a par ailleurs signé un accord avec les autorités mexicaines. La ville de Mexico sera la première capitale d'Amérique Latine à recevoir la Leaf en 2011, alors que son lancement n'était prévu à l'origine qu'en 2012. La voiture électrique de Nissan fera l'objet d'une promotion dans le cadre du "plan vert" des autorités mexicaines.
Les autres constructeurs n'ont pas de programme aussi avancé à faire valoir, en tout cas localement. On aurait pu s'attendre à une présence de la Chevrolet Volt, d'autant que GM Mexique produit une partie de l'auto. Mais, a priori, Cancun n'entre pas dans les plans du groupe américain.

mercredi 21 novembre 2012

IBM voit l'automobile évoluer vers un monde de services

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IBM vient de publier une étude qui montre que l'industrie automobile est à la croisée des chemins. L'enquête, réalisée par l’Institute for Business Value (IBV) et intitulée "En route vers une mobilité plus intelligente – horizon 2020 – d’une industrie de produits à une industrie de services" a été menée auprès de 123 décideurs issus du monde automobile, de la finance, du gouvernement et de grands groupes industriels dans 18 pays. Elle se focalise sur l’évolution du concept de mobilité et présente des pistes de réflexion sur la façon dont les entreprises automobiles vont pouvoir prétendre à une part de revenu dans ce nouvel écosystème. Le message est clair. Alors que le monde change rapidement, et que la mobilité adopte de nouvelles formes - abandon de la propriété au bénéfice de l'usage par la location - les constructeurs ne seront pas forcément les champions de demain. S'ils ne réagissent pas très vite pour s'adapter à la nouvelle donne, ils pourraient se cantonner au rôle de simples fournisseurs, au lieu de contrôler la chaîne de valeur. L’évolution de la mobilité implique un changement radical pour le secteur automobile, qui doit passer d’une industrie orientée produits à une industrie orientée services. Certains diront que ce n'est pas gagné de faire bouger des mammouths.


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S’ils possèdent des atouts évidents – connaissance du produit automobile, réseaux de concessionnaires, sociétés financières, marchés captifs – les constructeurs vont devoir changer s’ils veulent pouvoir faire face à l’arrivée des nouveaux entrants sur ce marché. Ils doivent faire face à deux problèmes. Le premier est la concurrence des chinois qui, à coups de rachats de constructeurs à leur portée, vont très vite rattraper le retard sur la voiture traditionnelle et vont surtout aller très vite sur l'électrique. Le second est l'arrivée de nouveaux opérateurs (General Electric, Better Place, Vinci et les loueurs pour la France), qui mettent au centre de leur stratégie la culture du service et pour qui la relation avec le constructeur auto n'est pas un rapport de soumission.

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Pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, les sociétés automobiles devront d'abord proposer un portefeuille produit élargi allant du véhicule thermique au véhicule électrique en passant par le véhicule hybride.  Il est intéressant de noter à ce propos que 83% des personnes interrogées dans le monde pensent que les constructeurs doivent faire évoluer leur portefeuille (le chiffre est de 92% en France). L'autre défi est de construire des véhicules plus intelligents et connectés, avec des offres de télématique élargies (infotainement, sécurité, solutions de diagnostic à distance etc.). Toujours selon l'étude, 2 interviewés sur 3 dans le monde reconnaissent qu’il existe des opportunités de développement grâce à la télématique (même chiffre en France).

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Mais il faut aussi être capable de combiner l'offre produit avec divers services (intégrant la multi-modalité du transport). Ainsi, interrogés sur les principales tendances à l’horizon 2020, les Français ont répondu que l’évolution se fera essentiellement au travers des services de mobilité à 75% contre 63% dans le monde. Dans ce nouvel écosystème de la mobilité, la capacité à gérer des alliances avec d’autres acteurs afin de proposer des services élargis et innovants sera déterminante. On peut déjà observer l’arrivée de multiples acteurs, extérieurs au monde traditionnel de l’automobile qui se positionnent autour du véhicule électrique et des services (fournisseurs de télématiques, sociétés d’auto-partage, entreprises d’infrastructure, distributeurs de la grande distribution, capital-risqueurs…).

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Que font les constructeurs ? On peut citer l'alliance entre Renault et Better Place en Isräel et le Danemark, sachant que le losange s'est doté depuis un an d'une direction nouvelles mobilités qui explore l'auto partage et ces formes nouvelles de déplacement. Pour sa part, Peugeot a lancé son service de location Mu, qui repose sur ses produits et son réseau. Citroën, avec son offre "Facility" et un premier service baptisé Call Car, joue la carte du partenariat avec National Citer (qui est une filiale du groupe PSA) pour proposer un véhicule de location en moins de 3h. La marque aux chevrons se lance également dans l'auto-partage de véhicules électriques avec Carbox sous le nom "Citroën Business Connected". Cette dernière initiative, avec une prestation "tout compris" de gestion de flottes externalisée en BtoB est sans doute la voie à suivre.
Lire l'étude en intégralité : http://www-935.ibm.com/services/us/gbs/thoughtleadership/ibv-ibm-global-mobility.html

dimanche 18 novembre 2012

General Electric va-t-il devenir l'opérateur de référence de l'électro-mobilité ?

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25 000 véhicules électriques d'ici 2015 : c'est l'énorme commande que vient d'annoncer General Electric, l’une des plus grosses entreprises au monde. L'opération se fera via la filiale Capital Fleet Services, afin de convertir la moitié de sa flotte et pour aider ses 65 000 clients en leasing à adopter progressivement les énergies alternatives. Une première tranche de 12 000 véhicules (pratiquement la moitié) va concerner la Chevrolet Volt, qui est actuellement lancée aux USA. GE annonce que d'autres véhicules seront achetés par la suite, en fonction des lancements. On peut imaginer qu'il y aura des Nissan (et peut être des Renault), vu que le patron de General Electric, Jeffrey Immelt, et Carlos Ghos, le boss de Renault-Nissan, sont tous les deux membres du lobby "Electrification Coalition" (http://www.electrificationcoalition.org/index.php) aux USA, et dont j'ai déjà parlé sur ce blog. Au-delà de l'annonce, GE pourrait être le premier à maîtriser à grande échelle l'écosystème complet de la mobilité électrique.


Voir la vidéo :



Cette annonce montre que de "nouveaux acteurs" pourraient se placer comme unique interlocuteur du client final, le constructeur devenant un sous-traitant (et non l'opérateur). GE est, en effet, en position de force en raison de ses multiples activités. Il maîtrise non seulement l’achat de véhicules et la gestion de flottes, mais aussi les infrastructures de recharge et les réseaux d’énergie (smart grids). GE a par exemple développé le concept WattStation.

Voir la vidéo :



Dans l’écosystème complet et complexe de la mobilité électrique, GE possède plus de cartes maitresses que les constructeurs ou des start up du style Better Place. Par exemple, la multinationale va acquérir une expérience majeure en matière d’usage des véhicules par les utilisateurs, de leurs charges, des conséquences sur les réseaux, et sur l’endommagement des batteries. Deux centres chargés de recueillir les données vont voir le jour près de Detroit (Michigan) et au siège de Capital Fleet Services dans le Minnesotta. C'est ce qui va permettre à GE d'accéder au Graal : l’information. Plus exactement la gestion des données permettant d’optimiser le système complet dans lequel le véhicule n’est qu’un sous-ensemble (le véhicule, l'énergie, les infrastructures étant les 3 autres piliers).
Et en plus, General Electric se met à la place des clients (ce que ne font pas les autres). Ainsi, la compagnie a monté un programme mondial collaboratif baptisé "ecomagination" (http://www.ecomagination.com/), dont la vocation est d'échanger avec les citoyens-utilisateurs, de façon à intégrer leurs réflexions dans les projets de R&D. Accessoirement, GE sait aussi communiquer, comme le montre ce web épisode "GE Show" : http://www.ge.com/thegeshow/electricvehicles/#ch1.

dimanche 28 octobre 2012

Better Place a-t-il du plomb dans l'aile ?

Better Place projet SAVE
Le jeu de mots (plomb pour batteries au plomb) est un peu facile, je le reconnais. Mais, force est de constater que l'opérateur israélien - qui va, cela dit, déployer ses solutions dans son pays d'origine en 2011 et au Danemark, dans les deux cas avec Renault - fait nettement moins parler de lui. Les fameuses stations d'échange de batteries ne sont plus à l'ordre du jour, même chez le constructeur français (le losange parle moins de Quickdrop). Il faut dire que Nissan ne souhaite pas travailler avec Better Place et que cela n'arrange guère les affaires de Shaï Agassi, qui au passage n'a rien raconté de fracassant dans l'interview qu'il a accordée à nos amis d'Automobile Propre (http://www.automobile-propre.com/2010/10/16/interview-shai-agassi-better-place-mondial-auto-paris-2010/), lors de son passage - incognito - au Mondial de l'Automobile. Pour être juste, il faut cependant rappeler qu'une station d'échange a été mise en place à Tokyo, dans le cadre d'un projet avec une compagnie de taxis, et que l'expérience a été prolongée de trois mois. On a appris également hier que 4 stations d'échange de batteries vont être installées d'ici 3 ans en Californie, dans la baie de San Francisco, pour des taxis électriques. Par contre, vous n'en verrez pas en région parisienne, où débute le projet SAVE d'expérimentation de véhicules électriques avec Renault, Nissan, EDF, Schneider Electric et... Total !


Better Place borne publique

La seule actu à relever est celle d'un partenariat avec General Electric. De par sa connaissance des réseaux électriques, ce partenaire peut effectivement aider à Better Place dans ses projets. Mais, on se dirige plus vers un réseau classique de recharge, incluant de la recharge rapide.
L'accord prévoit ces quatre points :
Une technologie standard :
Le chargeur WattStation™ de GE sera compatible avec le réseau de Better Place. Dans le modèle imaginé par Better Place, la propriété du véhicule et celle de la batterie sont dissociées. Les conducteurs de véhicules électriques n’ont de ce fait pas à assumer les frais élevés d’acquisition de la batterie. À la place, un abonnement leur est proposé en fonction des kilomètres parcourus, et ils contribuent ainsi au développement d’une solution de transport personnelle plus propre et mieux adaptée. Ce partenariat permettra aux automobilistes ayant opté pour le réseau Better Place de recharger aisément leur véhicule en utilisant les WattStation de GE. En standardisant les infrastructures de recharge mises à la disposition des conducteurs, ce partenariat leur garantit de pouvoir se rendre indifféremment d’une borne de recharge à une autre, pour une utilisation plus flexible et une recharge plus rapide.
Financement des batteries :
GE et Better Place mettront en place un programme de financement des batteries qui débutera par un projet pilote en Israël et au Danemark, les deux premiers marchés de Better Place. Ce projet, destiné à financer 10 000 batteries, accompagnera le lancement de ces marchés pionniers en équipant les 10 000 premiers véhicules électriques de ces régions.
Électrification de flottes automobiles :
GE et Better Place unissent leurs forces afin de proposer aux propriétaires de flottes automobiles des projets pilotes permettant de tester un modèle global d'électrification de leur parc dans le centre des grandes villes et sur les principaux axes routiers qui les desservent. L’objectif est de convaincre les entreprises d’opter pour l’électrification de leur flotte, ce qui leur procurera un double avantage : la diminution du coût d’exploitation de ce parc automobile d’une part et la réduction des émissions nocives d’autre part. Parmi les lieux ciblés dans le cadre du développement de ces projets pilotes figurent les grandes villes nord-américaines, notamment celles situées dans la baie de San Francisco, à Honolulu, à Hawaï ainsi que dans la province de l’Ontario au Canada ou encore les grandes villes d’Europe, d’Asie et d’Australie. Better Place travaille d’ores et déjà au déploiement de réseaux qui devraient être opérationnels sur ces marchés en 2011.
Sensibilisation du public :
Dans le cadre du programme Ecomagination développé par GE, Better Place et GE s’attacheront à sensibiliser le public aux avantages tant économiques qu’environnementaux de l’adoption généralisée des modes de transport électriques et des infrastructures nécessaires. Il s’agit là du préalable à la réalisation effective de cet objectif.
Affaire à suivre, donc...