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samedi 15 décembre 2012

L'Angleterre accélère sur la voiture propre



En quelques semaines, la Grande-Bretagne a fait un certain nombre d'annonces dans le domaine de la voiture propre. La plus récente remonte au 10 décembre et concerne un prix doté de 19 millions de £ (21 millions d'Euros) pour développer des véhicules à très faibles émissions de carbone. L'annonce a été faite par Lord Mandelson, le ministre de l'Economie. La compétition est organisée par le Technology Strategy Board et le bureau gouvernemental OLEV (Office for Low Emission Vehicles). C'est la 4ème compétition du genre et elle doit débuter en février 2010. Un peu plus tôt, la Grande-Bretagne, par son Département à l'Energie et au Changement Climatique, avait lancé un concours similaire et avec une dotation de 7,2 millions de £ (8 millions d'Euros) pour l'hydrogène et la pile à combustible.



Les 9 et 10 septembre derniers, un séminaire avait réuni des experts du monde entier pour lancer l'initiative Low Carbon Vehicles. Voir la vidéo :
http://www.lcv2009.co.uk/video/video.asp



Avec des projets et un budget de 400 millions de £ (443 millions d'Euros), dont 230 millions pour des subventions de 2000 à 5000 £ pour les véhicules électriques et hybrides et 30 millions pour les bornes de recharge, l'OLEV n'est pas ridicule comparé à la France et son plan pour les véhicules décarbonés. De plus, l'Angleterre dispose d'une plateforme d'innovation pour ces mêmes véhicules à faibles émissions de carbone, avec un budget de 120 millions de £ (133 millions d'Euros) pour développer et tester les véhicules de demain.
Des tests sont prévus avec 340 véhicules à partir de 2010 à Londres, Oxford, Glasgow, dans le Nord-Est, le Sud-Est et les West Midlands (où le test vient de débuter avec 110 voitures dont 40 Smart, 25 Mitsubishi i-MIEV, 25 Tata Indica EV, 10 Microcab Hydrogen, 5 Land Rover Range_es et 5 taxis électriques LTI).



Parmi les projets concrets, on peut par exemple citer la T-27. Cette voiture électrique, conçue par Gordon Murray (ex-ingénieur de F1 qui a monté sa structure de design) et Zytek, sera ultra légère, plus petite qu'une Smart et pourtant plus spacieuse à l'intérieur. Le gouvernement britannique avance 4,5 millions de £ sur les 9 que va coûter le projet. Grâce à une approche originale de conception (méthode iStream), chaque partie du véhicule sera optimisée. Par exemple, le moteur, la transmission et l'électronique de puissance formeront un seul ensemble compact. Les émissions de CO2, sur l'ensemble du cycle de vie, seront inférieures de 63 % par rapport à une auto conventionnelle, et de 27 % par rapport à une voiture électrique "classique". Le projet, qui associe également Michelin, Continental et Enax, doit déboucher en 2011 sur l'élaboration de 4 prototypes.

mercredi 21 novembre 2012

IBM voit l'automobile évoluer vers un monde de services

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IBM vient de publier une étude qui montre que l'industrie automobile est à la croisée des chemins. L'enquête, réalisée par l’Institute for Business Value (IBV) et intitulée "En route vers une mobilité plus intelligente – horizon 2020 – d’une industrie de produits à une industrie de services" a été menée auprès de 123 décideurs issus du monde automobile, de la finance, du gouvernement et de grands groupes industriels dans 18 pays. Elle se focalise sur l’évolution du concept de mobilité et présente des pistes de réflexion sur la façon dont les entreprises automobiles vont pouvoir prétendre à une part de revenu dans ce nouvel écosystème. Le message est clair. Alors que le monde change rapidement, et que la mobilité adopte de nouvelles formes - abandon de la propriété au bénéfice de l'usage par la location - les constructeurs ne seront pas forcément les champions de demain. S'ils ne réagissent pas très vite pour s'adapter à la nouvelle donne, ils pourraient se cantonner au rôle de simples fournisseurs, au lieu de contrôler la chaîne de valeur. L’évolution de la mobilité implique un changement radical pour le secteur automobile, qui doit passer d’une industrie orientée produits à une industrie orientée services. Certains diront que ce n'est pas gagné de faire bouger des mammouths.


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S’ils possèdent des atouts évidents – connaissance du produit automobile, réseaux de concessionnaires, sociétés financières, marchés captifs – les constructeurs vont devoir changer s’ils veulent pouvoir faire face à l’arrivée des nouveaux entrants sur ce marché. Ils doivent faire face à deux problèmes. Le premier est la concurrence des chinois qui, à coups de rachats de constructeurs à leur portée, vont très vite rattraper le retard sur la voiture traditionnelle et vont surtout aller très vite sur l'électrique. Le second est l'arrivée de nouveaux opérateurs (General Electric, Better Place, Vinci et les loueurs pour la France), qui mettent au centre de leur stratégie la culture du service et pour qui la relation avec le constructeur auto n'est pas un rapport de soumission.

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Pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, les sociétés automobiles devront d'abord proposer un portefeuille produit élargi allant du véhicule thermique au véhicule électrique en passant par le véhicule hybride.  Il est intéressant de noter à ce propos que 83% des personnes interrogées dans le monde pensent que les constructeurs doivent faire évoluer leur portefeuille (le chiffre est de 92% en France). L'autre défi est de construire des véhicules plus intelligents et connectés, avec des offres de télématique élargies (infotainement, sécurité, solutions de diagnostic à distance etc.). Toujours selon l'étude, 2 interviewés sur 3 dans le monde reconnaissent qu’il existe des opportunités de développement grâce à la télématique (même chiffre en France).

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Mais il faut aussi être capable de combiner l'offre produit avec divers services (intégrant la multi-modalité du transport). Ainsi, interrogés sur les principales tendances à l’horizon 2020, les Français ont répondu que l’évolution se fera essentiellement au travers des services de mobilité à 75% contre 63% dans le monde. Dans ce nouvel écosystème de la mobilité, la capacité à gérer des alliances avec d’autres acteurs afin de proposer des services élargis et innovants sera déterminante. On peut déjà observer l’arrivée de multiples acteurs, extérieurs au monde traditionnel de l’automobile qui se positionnent autour du véhicule électrique et des services (fournisseurs de télématiques, sociétés d’auto-partage, entreprises d’infrastructure, distributeurs de la grande distribution, capital-risqueurs…).

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Que font les constructeurs ? On peut citer l'alliance entre Renault et Better Place en Isräel et le Danemark, sachant que le losange s'est doté depuis un an d'une direction nouvelles mobilités qui explore l'auto partage et ces formes nouvelles de déplacement. Pour sa part, Peugeot a lancé son service de location Mu, qui repose sur ses produits et son réseau. Citroën, avec son offre "Facility" et un premier service baptisé Call Car, joue la carte du partenariat avec National Citer (qui est une filiale du groupe PSA) pour proposer un véhicule de location en moins de 3h. La marque aux chevrons se lance également dans l'auto-partage de véhicules électriques avec Carbox sous le nom "Citroën Business Connected". Cette dernière initiative, avec une prestation "tout compris" de gestion de flottes externalisée en BtoB est sans doute la voie à suivre.
Lire l'étude en intégralité : http://www-935.ibm.com/services/us/gbs/thoughtleadership/ibv-ibm-global-mobility.html