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dimanche 16 décembre 2012

Autolib : la revanche de Bolloré

Ainsi donc, Bolloré a été désigné pour exploiter le futur service d'auto-partage de voitures électriques pour Paris et sa banlieue. Et pourtant, l'industriel breton n'a pas fait de marketing viral, pas de concours sur Facebook et n'a pas fait appel non plus à un cinéaste pour son image. Pour être honnête, ce choix en a surpris plus d'un. J'ai croisé hier deux personnes - avant l'annonce officielle un représentant d'EDF et juste après un journaliste en vue sur les questions d'environnement - qui s'étonnaient de la désignation d'un acteur dont la voiture ne roule pas encore. Ce n'est pas faux, mais il n'est pas le seul dans ce cas. En fait, Bolloré a été préféré aux autres concurrents (Veolia Environnement et le consortium formé par la SNCF, la RATP, Avis et Vinci Park) parce qu'il avait une approche plus globale. Bolloré a choisi d'investir 60 millions d'Euros dans le projet et de prendre en charge tous les risques, de la location à l'entretien, sans oublier le risque de vandalisme.



Mais, revenons à la voiture. Tout le monde se souvient de l'épopée de la Blue Car, que Bolloré avait choisi de fabriquer avec Pininfarina, faute d'avoir trouvé un accord avec un constructeur. Finalement, la voiture sera produite en Italie à Turin chez Cecomp, une société spécialisée depuis 30 ans dans les prototypes et les petites séries. Il s'agit du modèle à deux portes et quatre places que l'on a vu dernièrement au Mondial de l'Automobile, et auquel seront ajoutés un GPS et un bouton d'appel d'urgence. Quant aux batteries lithium-métal polymère, elles seront fabriquées par Batscap (une filiale de Bolloré) à Ergué-Gabéric, près de Quimper. Leur autonomie est de 250 km pour un temps de charge de 4 heures. Si personne - ou pas grand monde - n'a pu à ce jour rouler avec la Blue Car, il se trouve que j'ai eu l'occasion de rouler avec, et lors d'un véritable essai sur route ouverte à l'époque où je travaillais pour M6 Turbo. Et j'avais trouvé à l'époque la technologie très convaincante.
Voir mon sujet : http://www.youtube.com/watch?v=vtXcwykuiQU
Quoi qu'il en soit, Vincent Bolloré a réussi son pari puisque 3000 voitures électriques à son nom vont sillonner Paris et sa banlieue à partir d'octobre 2011. Et pour longtemps, puisque l'industriel breton est lié au syndicat mixte Autolib' par un contrat de 12 ans !


Au-delà d'une technologie 100 % française, Bolloré a fait la différence par son approche en matière de services. 800 emplois vont être créés pour animer les stations et expliquer l'offre aux utilisateurs. Il faudra 10 mn pour souscrire à l'abonnement et 2 mn pour la prise en main du véhicule. Environ 1 060 stations seront implantées sur le territoire des 41 communes adhérentes à ce jour, dont 700 à Paris. Chaque station comporte une borne interactive à écran tactile, sur laquelle les clients pourront s'identifier, choisir et réserver la station d’arrivée. Les stations comporteront 6 places de stationnement en moyenne, chaque place - matérialisée par un marquage au sol spécifique - étant équipée d’une borne de recharge, qui indiquera également par un voyant lumineux l’état de la place ou du véhicule (rouge si indisponible). Pas moins de 75 stations comporteront également un kiosque situé sur le trottoir, avec des Espaces Autolib’ où un agent sera présent tous les jours de 08 h à 20 h.

Voici comment le service va marcher :



Pour utiliser le service, il en coûtera 12 € par mois pour l'abonnement (avec une caution de 500 €), sachant que le coût d'utilisation sera ensuite de 5 € pour la première demi-heure. Les familles auront droit à une réduction de 10 % et des formules sont prévues pour les visiteurs occasionnels.
Testé à partir de l'été prochain, le service Autolib' sera déployé entre octobre 2011 et mars 2012.

Lien : http://www.autolib-paris.fr/

dimanche 14 octobre 2012

Bolloré trace sa route dans l'électrique

Vendredi dernier, j'ai été invité à une conférence de presse de Vincent Bolloré au siège d'Autolib' à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine. C'est ici, où se trouve également le siège de Bolloré Energie, que l'on suit à distance les voitures et que l'on communique aussi avec les abonnés. L'industriel breton voulait faire l'annonce d'un nouveau prêt de 75 millions d'euros de la BEI (Banque Européenne d'Investissement) pour ses activités électriques. Pas vraiment le genre de conf' où on invite des blogueurs*. Dans l'assistance, on trouvait plutôt de la presse économique et des analystes financiers.


Le prêt, qui est le second** du genre, va servir en fait à financer le déploiement d'Autolib' qui est à ce jour l'expérience à plus grande échelle au monde de location de voitures électriques. Un concept novateur et qui nécessite aussi un peu d'informatique pour que cela puisse fonctionner, avec des stations et des places de parkings connectées. Bolloré a donné quelques chiffres, alors que les premières Bluecar ont arpenté pour la première fois le bitume parisien il y a à peine plus d'un an. Ainsi, le service a passé le cap des 592 000 locations. Il compte 39 000 clients (dont 14 000 Premium) pour 1750 voitures en service et 720 stations d'accueil (dont 200 hors de Paris). Et tout cela par bouche-à-oreille.
A ce rythme là, Vincent Bolloré estime que l'équilibre pourrait être atteint dès avril 2014 (au lieu des 7 à 8 ans initialement prévus). A Vaucresson, un compteur égrène en temps réel le nombre de locations et les kg de CO2 ainsi économisés.


Vincent Bolloré, que je connais un peu, était en grande forme. Non sans malice, il a rappelé qu'il n' y avait pas pire "stress test" pour les batteries et pour une voiture électrique que la location en libre-service. Avec son mordant habituel, il a aussi lancé que sa part de marché était de 32 % du marché français et de 5 % au niveau mondial par rapport aux VE en circulation. Il a également mis les rieurs de son coté en déclarant que le nouveau responsable désigné par le gouvernement pour coordonner l'installation des bornes de recharge en France, un certain Mr Hirtzman, n'avait pas encore contacté Autolib', alors que le service a déployé 4000 bornes de recharge sur les 5500 recensées en France.
L'industriel breton n'a pas résisté non plus à l'envie de se moquer de Shai Agassi, l'ex patron de Better Place (que la BEI a aussi financé), en soulignant qu'il ne croyait pas au modèle de l'échange de batteries, pas plus d'ailleurs que la charge ultra rapide au coeur des villes avec un courant de 400 000 volts.


L'actualité, chez Bolloré, c'est aussi la sortie de la Bluecar pour les particuliers. On a pu découvrir au Mondial cette version, de couleur bleue. Le choix a été de proposer un forfait mensuel, d'un montant de 500 euros. Il se décompose en un loyer de 300 euros par mois pour la voiture et de 200 euros pour un ensemble de services, dont l'accès aux bornes d'Autolib' et l'assistance. Bolloré ne prend pour le moment que les commandes de clients habitant en Ile-de-France. Une centaine de voitures seront livrées d'ici la fin de l'année  et un millier d'autres sont prévues en 2013.


Ayant fait la démonstration que ses batteries fonctionnent, Bolloré aimerait bien pouvoir convaincre un constructeur automobile de l'accompagner. Mais, il ne veut pas se contenter d'un seul rôle de fournisseur, mis en concurrence avec d'autres et obligé de négocier le prix du kWh. L'industriel breton aimerait plutôt devenir partenaire pour mieux monnayer son savoir-faire. Mais, peut-il réussir là où un Dassault*** a échoué avant lui ?


En attendant, les batteries Batscap fournissent les minibus électriques de Gruau. On en dénombre une cinquantaine en France, dont certains pour la desserte du Mont Saint-Michel.


Bolloré, qui veut mettre en bourse ses activités liées aux véhicules électriques en 2013, va aussi lancer des offres à domicile avec des batteries permettant de stocker à domicile de l'électricité produite à partir de panneaux solaires.

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/50796aad75e9b

*Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir il y a quelques jours de la part d'une société qui fait du "inbound marketing" un lien pour copier une vidéo sur Autolib' et la mettre sur ce blog. Une interview de Morald Chibout, le patron du service chez Bolloré (que je connais par ailleurs), prête à diffuser. Encore des as de la com' qui ont tout compris...
**La BEI avait déjà prêté à Bolloré 130 millions d'euros pour le financement des travaux sur la batterie lithium-métal-polymère.
***Ses brevets ont été rachetés par Dow Kokam. J'ai appris que Serge Dassault aurait réclamé à Carlos Ghosn, en échange de sa techno de batteries, 3 % du capital de Renault à l'époque.

mercredi 3 octobre 2012

Autolib' entre dans le concret (troisième partie)


Suite et fin de ce panorama consacré à la mise en place progressive d'Autolib' à Paris avec la Bluecar de Vincent Bolloré. je vais vous parler aujourd'hui de certaines fonctions innovantes et du capital que pourrait retirer l'industriel breton d'un tel service, unique au monde par sa taille (1100 stations dans 46 communes et 3000 voitures). Comme cela a été annoncé, Bolloré va investir au minimum 100 millions d'euros dans ce projet. Pour devenir rentable, le service doit recruter au moins 80 000 abonnés utilisant la voiture deux fois par semaine et pendant une heure. Un objectif que le grand patron se fixe en 7 ans, sachant que sa concession court sur 12 ans. Vincent Bolloré va avoir beaucoup de frais, dont l'assurance et la maintenance des véhicules. N'oublions pas non plus qu'il y a la masse salariale de 1500 personnes, en comptant les ambassadeurs et les 250 employés du centre de contrôle des opérations.


C'est précisément à Vaucresson, en banlieue ouest, dans les locaux de Bolloré Energies, qu'est situé le centre des opérations d'Autolib'. Ouvert 24h/24 et 7j/7, ce centre nerveux va suivre en temps réel chacune des Bluecar. Des conseillers seront disponibles pour répondre aux questions posées par les clients et pour intervenir en cas de problème.


Le centre de contrôle est également joignable depuis la voiture. La Bluecar est évidemment communicante et un bouton bleu est prévu pour pouvoir appeler un conseiller en cas de souci. Il faut également savoir que les voitures sont tracées par GPS et qu'une alerte se déclenche si on sort du périmètre délimité par les 46 communes adhérentes au programme Autolib'. Dans ce cas, un conseiller appelle dans le véhicule pour savoir ce qui se passe.


Un mot sur les bornes de recharge : elles seront plus de 6600 à terme. C'est un sacré dispositif et ces bornes pourront être utilisées par les autres utilisateurs de véhicules électriques. Il faudra toutefois s'abonner et payer 180 euros par an. Les clients intéressés pourront donc venir se garer sur des places Autolib' le temps de faire la recharge (pendant 8 heures). Ce sera un coup de pouce pour inciter à l'usage des véhicules électriques.


Si d'aucuns dénoncent l'ajout de 3000 véhicules et la construction de stations qui éliminent des places de stationnement, Autolib' fait remarquer que l'auto partage va en fait contribuer à enlever du trafic parisien l'équivalent de 22 500 véhicules, soit l’équivalent de 164 500 000 kms parcourus par an par des véhicules plus polluants.


Reste à voir maintenant quel avantage peut retirer Vincent Bolloré de ce pari électrique. Il est en train d'apprendre un nouveau métier, celui d'opérateur d'auto partage de véhicules électriques. Une activité qui pourrait se révéler porteuse, car le groupe a été approché par une ville britannique. Mais, le principal intérêt est de montrer au monde entier la fiabilité de ses batteries. Bolloré persiste et signe dans cette voie, en rappelant que la batterie est une évolution logique dans sa stratégie, l'industriel étant numéro un mondial dans le domaine des condensateurs.

mardi 2 octobre 2012

Autolib' entre dans le concret (deuxième partie)


Retour sur le lancement d'Autolib', qui est en test depuis ce dimanche sur Paris avec 66 voitures et 33 stations. La dernière fois, je vous ai parlé de mes premières impressions sur la nouvelle Bluecar. Je vais aborder aujourd'hui plus en détail le fonctionnement même du service Autolib'. En soi, l'auto partage de véhicules électriques n'est pas une première, car il existe déjà à La Rochelle, Antibes et Nice par exemple. Mais, la nouveauté vient du fait qu'Autolib' fera la part belle au contact humain, avec des ambassadeurs (ils seront au nombre de 1200). Il est d'ailleurs possible de s'inscrire si cela vous intéresse de devenir conseiller ou agent d'exploitation. Lien : http://www.autolib.eu/

 

C'est ce que Bolloré appelle l'Autolib' Academy. La présence humaine a été retenue pour deux raisons. La première est qu'une voiture électrique coûte un peu plus cher (le montant de l'assurance est d'ailleurs très élevé, plus de 2000 euros par an et par voiture) qu'un Velib' et que c'est mieux d'avoir quelqu'un pour surveiller. La seconde est que beaucoup de personnes n'ont jamais conduit de véhicule avec boîte automatique et qu'une prise en main s'impose.


Autolib' innove avec le dialogue en temps réel par vidéo. Dans les stations, il suffit en effet de toucher un écran tactile pour lancer une conversation avec un conseiller par chat vidéo. C'est plus vivant et plus rassurant que le simple bouton pour la voix (comme dans les parkings). La personne est là pour aider le client à s'inscrire au service.


Et pour ça, c'est simple : la station est équipée d'un scan pour numériser les documents nécessaires (permis de conduire, pièce d’identité). Une fois que vous avez choisi la formule et payé avec une carte bancaire, on vous donne un badge. Les formalités peuvent aussi s'opérer par Internet.


Une fois équipé du badge, il suffit de le présenter sur le lecteur, de saisir un code secret reçu à l'enregistrement de l'abonnement et de se laisser guider par les instructions affichées à l’écran. Le véhicule vous attribué est signalé par une borne de charge clignotant en bleu. On présente son badge devant le lecteur du véhicule coté conducteur. Le lecteur passe au vert et le véhicule est alors déverrouillé (portières et trappe de charge).


Pour partir, il suffit de se présenter devant la borne de charge, de soulever le capot de la borne jusqu’à son verrouillage en position haute (la borne clignote alors en rouge). On débranche alors le câble de charge côté véhicule et on accompagne l’enroulement du câble dans la borne de charge. Une fois le câble rangé, le capot de la borne se refermera automatiquement.


La Bluecar est évidemment communicante. Le système de navigation aidera les clients à trouver le meilleur chemin et surtout les stations pour pouvoir garer le véhicule. Comme le Vélib', c'est un service de location "en trace directe", sans retour obligé du véhicule au point de départ. S'il n'y a pas de place en station, il suffit d'appeler le centre de contrôle par un bouton bleu qui permet de parler à un conseiller. En dernier recours, un ambassadeur sera dépêché pour récupérer l'auto.
La suite demain de ce tour d'horizon d'Autolib'.

Voir le diaporama :

lundi 1 octobre 2012

Autolib' entre dans le concret (première partie)


Tous ceux qui avaient parié sur l'échec de Bolloré en sont pour leurs frais. La Bluecar est bien là, comme prévu, et les 66 premiers exemplaires seront au rendez-vous dès ce dimanche pour les premiers tests du service sur Paris, avec 33 stations. Leur nombre va ensuite passer à 250 pour l'ouverture du service, le 5 décembre prochain, puis à 2500 l'été prochain et enfin 3000 à terme. Pas de doute, c'est la revanche de la voiture électrique... de Bolloré. Le syndicat Autolib', qui regroupe 46 communes d'Ile-de-France, a rappelé hier que le choix s'était fait à l'unanimité en décembre 2010. Un an plus tard, le plus grand service d'auto partage de véhicules électriques au monde va pouvoir devenir une réalité, avec un slogan phare : "libre comme l'air".


Voir la vidéo :



L'industriel breton, que j'ai déjà côtoyé lors du démarrage de son projet de voiture électrique, est un coriace. Il est allé jusqu'au bout de son rêve. Malgré les moqueries des grands constructeurs (qu'il ne s'est d'ailleurs pas privé de dézinguer en soulignant que lui n'avait pas reçu d'aide de l'Etat), qui pour le moment sont en retard ou n'ont pas vraiment convaincu le grand public*, il a montré qu'il était possible de proposer une alternative.


Avec humour, Bolloré a fait le rapprochement avec sa chaîne Direct 8, qui avait été beaucoup critiquée lors de son lancement. L'intention première reste toujours de produire avant tout des batteries lithium métal polymère, ces fameuses batteries produites près de Quimper. L'industriel breton affirme toujours qu'elles sont plus sûres, car elles ne s'échauffent qu'à partir de 180 C, contre 60 C pour les batteries lithium-ion. Il ne désespère pas de convaincre un jour les constructeurs de les adopter.


Il faut savoir à ce propos que ces mêmes batteries équipent le micro bus électrique de Gruau, dont l'autonomie est de 120 km.


Mais, revenons à la Bluecar version Autolib'. La voiture avait été présentée lors du dernier Mondial de l'Automobile. C'est une stricte 4 portes. Comme on peut le voir, la Bluecar classique pour les particuliers (qui devront encore attendre, la priorité étant pour le moment réservée à Autolib') est bleue, alors que la version Autolib' est grise.


L'explication est simple : on a choisi chez Bolloré de ne pas peindre la caisse. Elle est donc nue, couleur aluminium. Officiellement, c'est pour ne pas utiliser de solvants et préserver l'environnement. Plus prosaïquement, c'est en prévision des inévitables dégradations. L'aluminium a tendance à s'auto réparer.


Alors, qu'est-ce que vaut la nouvelle Bluecar ? En tant que passager, j'ai eu l'occasion de rouler sur route sur quelques km. A l'arrière, les places sont un peu justes et ne réservent que peu d’espace sous le toit. On peut voyager à 4, mais on est un peu à l'étroit dans cette auto de 3,56 m à l'ambiance spartiate.



Au moment de prendre le volant, je me suis rappelé l'essai de la toute première Bluecar, celle qui avait été dessinée par Philippe Guédon, le père de l'Espace. Au fond, il n'y a que la carrosserie qui change, puisque les composants sont restés les mêmes. L'auto embarque un moteur électrique de 50 Kw, ainsi qu'une batterie lithium-métal-polymère de 30 kWh et de 350 kg. Verdict : elle se montre assez vive au démarrage. Nous avons même fait crisser les pneus. Le responsable du développement m'a avoué coiffer le sur le poteau n’importe quelle voiture au feu vert jusqu’à 60 km/h. Autre particularité : un rayon de braquage exceptionnel.


Sinon, elle est silencieuse et plaisante à conduire, grâce à sa boîte de vitesses automatique avec trois modes : normal, éco et ICE (pour l’antipatinage sur sol gelé). Pendant les deux premières minutes, la Bluecar ne délivre pas tout de suite sa puissance maxi (puissance limitée, peut on lire sur l’écran). Mais, c’est voulu pour épargner la batterie. Nous n’avons pas pu rouler beaucoup et donc vérifier l’autonomie affichée de 250 km. Les parisiens pourront juger sur pièces pendant le test qui débute ce week end et jusqu’à l’ouverture du service, le 5 décembre.
La prochaine fois, je reviendrai sur le fonctionnement du service Autolib'.

Voir le diaporama :



*Bolloré a rappelé qu'il ne s'était immatriculé que 1200 VE au 31 août et que l'année devrait se terminer sur 2000 immats, dont 250 Bluecar.

Autolib' : une Bluecar communicante pour rouler autrement

Dès ce week end, les parisiens vont pouvoir tester la Bluecar de Bolloré dans le cadre d'Autolib', le service d'auto partage de véhicules électriques. Outre sa technologie de batteries, la voiture de l'industriel breton va aussi jouer la carte des NTIC. C'est par exemple avec un badge sans contact que l'on pourra accéder à bord de ce véhicule, une fois qu'on s'est inscrit au service.



Par ailleurs, la Bluecar sera géolocalisée en permanence. Ainsi, si un utilisateur sort du périmètre délimité par les 46 communes du syndicat Autolib', un système d'alerte se déclenche. Un conseiller vous contacte alors dans le véhicule pour savoir ce qui se passe.


A l'inverse, il est possible à tout moment d'appeler par téléphone l'un des conseillers du service Autolib'. Une carte SIM est embarquée dans le véhicule. Il suffit d'appuyer sur ce bouton bleu.


La Bluecar est également équipée d'un GPS. Ce système de navigation affiche naturellement les stations les plus proches. La voiture propose également un système audio.


Et pour finir, voici le tableau de bord de la Bluecar. Un écran simple, mais lisible. L'affichage de couleur bleue est "raccord" avec le nom de la voiture.

mercredi 12 septembre 2012

Journées de la mobilité électrique à Paris



Jusqu'au 16 septembre, la mairie de Paris organise les journées de la mobilité électrique. Sur le parvis de l'Hôtel de Ville, les parisiens et les touristes de passage peuvent découvrir tous les véhicules électriques du marché et des prototypes innovants. En tout, une quarantaine de modèles sont exposés. Cela va du deux roues au bus, en passant par le triporteur et bien sûr la voiture.
Parmi les exposants, on retrouve notamment Bolloré, FAM (projet F-City), Heuliez, Mercedes, Newteon (Fiat électriques), Toyota ou encore Venturi. Il y a aussi EDF. En revanche, aucune trace de Renault et de PSA Peugeot Citroën. Ces deux là préfèrent attendre le salon de Francfort, la semaine prochaine, pour dévoiler leurs futurs modèles électriques.
Ces journées de la mobilité électriques seront l'occasion de rencontrer les acteurs impliqués dans cette énergie et de découvrir leurs produits et services. Il sera même possible d'essayer les scooters électriques (dont ceux de Sweet' Elec) dans un espace sécurisé.
Un avant-goût du futur Autolib' dans la capitale.

vendredi 20 juillet 2012

Autolib sur les rails



Cette fois, ça y est. Les conditions sont réunies à Paris pour la création d'Autolib', le fameux système d'auto partage qui va permettre de rouler avec des véhicules électriques dans la capitale et ses alentours. Le préfet de Paris a en effet pris un arrêté qui créée le syndicat mixte Autolib'. Concrètement, cela veut dire que la Ville de Paris et les partenaires tels que le Val de Marne (Créteil, Alfortville, Limeil-Brévannes), le Val de Seine (Boulogne-Billancourt), Arcueil, Bagnolet, Cachan, Charenton, Le Bourget, La Garenne-Colombes, Les Lilas, Montrouge, Nanterre, Neuilly-sur-Seine, Pantin, Saint-Maurice, Sceaux, Villeneuve-La-Garenne, et plus tard la région Ile de France, vont pouvoir former un consortium pour installer le système.
Evidemment, ça ne vas pas se faire du jour au lendemain. Il va d'abord falloir élire un président, installer un bureau et procéder à un appel d'offres pour la délégation de service public. Lequel est prévu à l'automne. Il ne s'agit pas seulement de commander des véhicules électriques, mais de choisir un prestataire capable d'offrir une complémentarité avec les autres modes de mobilité tels que les transports en commun, les vélos et les taxis.

Autolib' représente un beau défi. Voulu par le maire de Paris, il offrira 2000 voitures écologiques dans la capitale et 2000 autres dans les villes de la proche couronne. C'est comme le Velib'. On pourra prendre les autos dans une station et les ramener dans une autre. 1400 stations sont prévues. La différence, c'est qu'on pourra réserver à l'avance une place de stationnement dans la station où on veut rendre le véhicule. L'abonnement devrait coûter 15 à 20 euros par mois, pour un coût d'usage de 5 euros de la demi-heure. Ces recettes permettront notamment de couvrir l'installation d'une infrastructure de recharge pour les véhicules électriques.
Autolib' est censé entrer en vigueur au 4ème trimestre 2010.
Rappelons simplement que les lyonnais ont pris de l'avance et qu'un service d'auto partage répondant au même nom est déjà opérationnel dans l'ancienne capitale des Gaules avec 22 stations pour louer des autos (citadines, berlines hybrides, utilitaires ou monospaces)à la demande.
La mobilité change de visage en ville.

dimanche 1 juillet 2012

Autolib' et Car2Go vont-ils devoir changer de nom ?

Le service de location de voitures électriques en libre-service Autolib' va devoir changer de nom, suite à une plainte déposée par Europcar qui y voyait une contrefaçon de sa marque AutoLiberté, et qui a obtenu de la justice l’annulation de la marque en appel, après avoir été débouté une première fois. "Convaincue qu'il n’y a aucune confusion possible entre les marques Autoliberté* et Autolib', déclinaison du Vélib', la Ville de Paris va se pourvoir en cassation. Pour sa part, le groupe Bolloré, qui est concessionnaire jusqu’en 2023, prendra toutes les mesures nécessaires (changement des stickers sur les voitures, les bornes, les abris, des badges abonnés, des outils de communication…) pour réaliser le changement de nom au cas où cela s’avérerait nécessaire. Mais, cela ne changera rien au service lui même, qui est plébiscité par plus en plus de parisiens.



Autolib’ est déjà "un très grand succès technologique et commercial" affirme le groupe Bolloré, qui met en avant une flotte de 1 800 voitures 100% électriques, connectées par ordinateur à un centre opérationnel d’assistance ouvert 24h/24, et dont la technologie de batterie (technologie lithium-métal-polymère) a ainsi démontré son autonomie et sa résistance. Mais surtout, le service a déjà séduit, après 7 mois d’existence, 24 000 abonnés, dont 8 000 à l’année. Plus de 250 000 locations ont été effectuées, représentant plus de 2 millions de kilomètres. Aujourd’hui plus de 3 000 utilisations sont faites quotidiennement.


La même mésaventure est arrivée à Daimler avec son service Car2Go à Lyon. Les 200 Smart de couleur blanche et bleue proposées en auto partage, et qui sillonnaient les rues depuis février dernier sont retournées au garage. C'est le résultat d'une décision de justice qui contraint le service à changer de nom pour cause de concurrence déloyale, suite à une plainte du loueur Car'Go. Le nom Car2Go a été déposé au niveau international**, mais n'avait jamais été utilisé jusqu'à présent en France. Opéré par Daimler et.. Europcar (!), le service pourrait cependant réapparaître ultérieurement. L'expérience est positive à Lyon et le groupe allemand va sans doute explorer des voies légales de recours.
On peut se demander quelles sont les motivations de ces loueurs qui ne proposent pas du tout les mêmes prestations. Pour la petite histoire, il existe à Lyon depuis 2008 un service d'auto partage qui a pour nom Autolib' et qui, lui, n'a pas été inquiété par la justice.

*C'est un service destiné aux citadins qui souhaitent pouvoir disposer d’une voiture à la carte à travers un système d’abonnement très souple, tout en réalisant des économies. Il compte, selon Europcar, 4.000 abonnés en France.
**Le service est opéré aux Pays-Bas (Amsterdam), en Allemagne (Berlin, Düsseldorf, Hambourg, Ulm), en Autriche (Vienne), en Grande-Bretagne (Birmingham), aux USA (Austin, Miami, Portland, San Diego, Washington DC), au Canada (Calgary, Toronto, Vancouver).

jeudi 10 mai 2012

La voiture électrique a un avenir dans le car sharing

Dans son dernier numéro, le remarquable site Mobility Management consacre un dossier au car sharing, autrement dit l'auto partage. Il est rédigé par des experts de Frost & Sullivan et la conclusion est que ce mode d'utilisation de l'automobile, avec un seul véhicule partagé par plusieurs personnes (au lieu de continuer à produire en masse des modèles utilisés par un seul propriétaire et garés 90 % du temps), va se développer considérablement, en particulier grâce au véhicule électrique. Si je reste sceptique sur la vision grandiloquente de certains, qui essaient de faire croire que le VE est un produit de masse qui sert pour tous les usages, je pense au contraire qu'un véhicule zéro émission est très pertinent en milieu urbain, d'autant que son coût prohibitif peut justement être amorti en location partagée.




Que nous apprend ce dossier ? Il indique que les routes pourraient être libérées de 2 millions de voitures dans les 5 prochaines années au niveau mondial, dont 1 million rien qu'en Europe, grâce à un meilleur partage. Ce calcul prend en compte 71 utilisateurs pour un seul véhicule. La règle est simple : une voiture partagée enlève en moyenne 10 véhicules privés dans la circulation. L'auto partage, qui se développe enfin après des débuts difficiles, constitue par ailleurs une vitrine intéressante pour le véhicule électrique. Ce sera le cas par exemple avec Autolib' et ses 3000 VE, qui permettra aux parisiens d'apprécier (ou non) la Blue Car de Bolloré. Aux USA, les experts pronostiquent qu'une nouvelle voiture partagée sur cinq (et une sur dix au total) sera une électrique en 2016. A cette même date, il y aura 10 fois plus d'utilisateurs d'auto partage (alors qu'on en dénombre un demi million aujourd'hui).


Si l'on s'en tient à un ratio utilisateurs par rapport à la population, le marché du car sharing reste très dominé par l'Allemagne (168 000 membres qui partagent 5000 véhicules). La demande est forte également en Suisse et cela devient plus important en France. Toujours selon le dossier de Frost & Sullivan, en 2016, on devrait comptabiliser 1 million de membres outre-Rhin, et 2 millions en Grande-Bretagne. Il y aura aussi 1 million d'utilisateurs au Japon. Le car sharing est donc un levier efficace. Mais, pour que ce soit des véhicules électriques et non des véhicules thermiques (comme pour le moment pour Daimler Car2Go et BMW DriveNow), il faut que les pouvoirs publics continuent d'aider au développement des infrastructures de recharge. Les opérateurs de services, qui rivaliseront sur ce point avec les constucteurs, devront pour leur part proposer des tarifs attractifs et des formules de complément avec du vélo en libre partage et un lien avec les transports en commun pour passer à la véritable électro mobilité.

Lien : http://www.smart-mobilitymanagement.com/

mardi 21 février 2012

Autolib suscite de l'appétit chez les les opérateurs de transport


Malgré le retard pris en amont, Autolib' entend bien être prêt à l'automne 2011 et proposer aux franciliens des véhicules électriques en auto-partage. Le syndicat mixte, qui est désormais opérationnel et qui comprend 30 communes de la région, a reçu des demandes suite à l'appel d'offres lancé en décembre dernier.
Voici les 6 opérateurs sélectionnés :
- Interparking
- Bolloré
- Le consortium Avis - RATP développement - SNCF - VINCI Park
- Extelia
- Le groupement VTLIB’ (Veolia transport urbain)
- Le loueur ADA (repêché alors que sa candidature avait été déclarée irrecevable)



La présence de Veolia et de la SNCF (associée à Avis, la RATP et Vinci Park) n'est pas vraiment une surprise. Le premier est le 1er opérateur privé de transport au monde et exploite déjà le service Liselec d'auto-partage de voitures électriques à La Rochelle (le service le plus ancien). Voir le site : http://www.liselec.fr/. Veolia est également derrière Mobizen (http://mobizen.fr/) à Paris. la SNCF s'intéresse également beaucoup à la mobilité. Elle dispose d'un fonds d'investissement dans les projets innovants en matière de mobilité. Elle a notamment pris des parts (avec Norauto) dans Green Cove, l'un des leaders du covoiturage. La SNCF, qui propose de la location dans les gares (et sur sur site Internet voyages-sncf.com), s'intéresse au dernier maillon. La RATP, qui partage le réseau ferré avec la SNCF en Ile-de-France, s'intéresse aussi à la mobilité de demain. Quant à Avis et Vinci Park, ils sont déjà associés à travers le service d'auto-partage Okigo (http://www.okigo.com/). ADA est un loueur. Sa présence n'est donc pas pas étonnante.


La démarche est plus surprenante de la part d'Interparking (http://www.interparking-france.com/). La société, d'origine belge, gère 23 parcs publics (Paris, Tours, Nice, Cannes et Nîmes) et 13 000 emplacements de stationnement. Elle propose notamment la P Card, qui permet de payer le parking sans monnaie. Il suffit d’insérer la carte à l’entrée et à la sortie du parking.


L'autre surprise - et de taille - est la présence de Bolloré. L'industriel breton, que l'on imaginait surtout parmi les fournisseurs éventuels de véhicules, entend mettre en place ce service. Mais, peut-il être opérateur et faire circuler des Blue Car sans être taxé de favoritisme ? Voilà en tout cas une approche qui ne manquera pas de faire jaser...
Le syndicat mixte déterminera le 18 mars prochain si ces 5 candidats peuvent présenter début juin une offre complète, comprenant l’ensemble des prestations relatives à la mise en place, la gestion et l’entretien du service Autolib’.
Selon le syndicat mixte Autolib, les profils des candidats, spécialistes de la mobilité dans toute ses composantes; témoignent de la complémentarité d’Autolib’ avec les autres modes de transport, individuels et collectifs (bus, métro, taxis, location de voitures, vélo, autopartage...).