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dimanche 30 décembre 2012

Un petit vent d'espoir pour la Saint-Sylvestre...

Juste avant de débrancher la "makina à actus" pour 2 jours de repos, je lis cette dépêche Reuters...

STOCKHOLM (Reuters) - Plusieurs candidats ont exprimé un intérêt pour reprendre tout ou partie de Saab, le constructeur automobile suédois en liquidation judiciaire, ont déclaré vendredi les administrateurs judiciaires du groupe.

Il paraît possible d'atteindre un accord qui permette à certaines opérations de l'entreprise de se poursuivre, ont-ils ajouté au sujet du groupe, qui a finalement jeté l'éponge en décembre après neuf mois de bataille de la part de son actionnaire Swedish Automobile pour le garder en vie.

Saab, qui n'a pas produit de véhicule depuis avril et qui a fait l'objet de plusieurs tentatives de sauvetage, intéresse plusieurs acteurs, suédois et étrangers, pour un rachat partiel ou total, ont précisé dans un communiqué Hans Bergqvist et Anne-Marie Pouteaux, les administrateurs désignés par un tribunal suédois.

"Les contacts qui ont eu lieu jusqu'à présent ont été positifs et donnent l'espoir d'une possible alternative et certaines solutions combinées pourraient même donner lieu à une poursuite d'activité et à un développement adéquat des actifs liquidés", ont-ils déclarés.

Les administrateurs judiciaires n'étaient toutefois pas en mesure de dire à quel moment ils seraient en mesure de présenter des solutions concrètes pour Saab.

Le magazine allemand Auto Motor und Sport écrit vendredi que Saab est en discussion avec le gouvernement turc. Une source proche de la situation a indiqué à Reuters qu'une délégation turque avait visité la Suède en vue d'exprimer son intérêt pour Saab, mais la source n'a pas souhaité fournir davantage de détail.

L'un des plus grands constructeurs automobiles indiens pourrait également être intéressé par une partie des activités de Saab, écrit de son côté le quotidien suédois Dagens Industri, selon lequel le groupe indien serait représenté par Lars Carlstrom, précédemment un porte-parole de Vladimir Antonov, un homme d'affaires qui a tenté de prendre une participation dans Saab.

Lars Carlstrom n'était pas immédiatement disponible pour un commentaire.

En opposant à la mi-décembre son veto à un projet visant à impliquer le chinois Zeijiang Youngman Lotus Automobile, General Motors, ancien propriétaire de Saab et disposant de licences technologiques clés ainsi que d'une petite participation, a incité Swedish Automobile à abandonner sa quête de financements.

Un représentant du groupe Youngman en Suède a déclaré que l'entreprise chinoise restait intéressée à reprendre Saab, en particulier ses technologies qui ne nécessitent pas de licence GM.

Mia Shanley, Marie Mawad pour le service français, édité par Jean Décotte

P4Väst (la radio suédoise) dit que la rencontre avec Mahindra a été annulée, ce qui a "étonné" le porte-parole de Swedish Automobile Gemini CCP, Lars Carlström...

GM : officiellement pas complètement fermés à la discussion

Extrait de TTela.se:

"S'il y a quelqu'un (un repreneur) qui souhaite construire des Saab avec nos licences et que leurs intérêts n'entrent pas en conflit avec les nôtres, nous serions à l'écoute de leurs propositions. Mais cette possibilité est lointaine" a déclaré hier J. Caïn, porte-parole de General Motors

jeudi 27 décembre 2012

Info sur le personnel Saab : pas de rupture de contrat de travail

TimR de Saabsunited a donné l'info que les salaires de novembre et décembre ont été payés grâce à l'aide du gouvernement en procédure de dépôt de bilan. Cette aide va jusqu'à 170KSEK de compensation (salaire d'un ouvrier aux alentours de 22KSEK).

Autre info, un détail qui a une extrême importance : les salariés conservent leur contrat de travail jusqu'à une éventuelle liquidation ... Ou un rachat. Donc pas licenciement d'office pour l'instant.

mercredi 26 décembre 2012

Retour sur le 19 décembre vu par la presse (francophone) avec ma petite contribution

Comme promis, voici un petit tour des blogs de presse et de leurs appréhensions de l'évènement du 19 décembre 2011. 

Deux consensus semblent se dégager malgré des nuances d'un journaliste à l'autre : Saab, une marque historique ; GM a achevé Saab et cela remonte bien avant 2012. Certains ne manquent pas de souligner l'inaction effrayante du gouvernement suédois pour prévenir de la crise quand d'autres insistent sur les tensions économico-politiques entre la Chine et les Etats-Unis.

Avant de rentrer dans le détail, ce qui me mine aujourd'hui, c'est le sentiment d'impuissance. Les personnes bien informées ont vu le mur venir dès fin novembre 2010 quand les 6 mois de retard dans la réorganisation complète de la production aussi bien que des réseaux de distribution et des canaux de communication ont pu être chiffrés. Dès le départ le business plan était biaisé.

La principale et (trè)s grave faute de Victor Muller (dont la société holding Spyker/ Swedish Automobile était déjà en 2010 sans fonds propres à injecter dans Saab) serait-elle de n'avoir pas mesuré les conséquences juridiques du crash financier qui se profilait à moins de 6 mois de novembre 2010?
Il devait savoir que tout changement au capital social de plus de 20% risquait de causer une rupture avec GM. Il devait savoir également que tout impayé au fournisseur de licences GM risquait de rendre caduque les accords de 2010 (ce qui a permis à GM de dire définitivement "non" à Youngman, même sans modification du capital social dans le dernier plan présenté et refusé par GM). Victor Muller a-t-il cru que les 280M$ d'actions préférentielles de GM et les dizaines de millions d'euros de créances allaient intimider GM ? Les faits ont démontré le contraire.

Victor Muller a entamé et poursuivi jusqu'au crash financier le développement de la 9-5 Estate et a payé GM les droits nécessaires pour la mise en production du 9-4X au Mexique. Il a également souhaité privilégier une valorisation des actifs de Saab par le développement de la plateforme phoenix (futures 9-3/9-2/9-5), le relooking de la 9-3 2011( Griffin + édition Indépendance) ou encore les nouvelles technologies avec le joint-venture d'e-AAM (XWD full hybride électrique), l'IQon, etc. Le prêt de la BEI a servi à financer la 9-3 électrique et les motorisations < 119gr. de CO2 pour la 9-3 Griffin... Si financièrement Saab a été conduit de façon extrêmement téméraire, la logique de Victor Muller était une logique sincèrement de long terme dont l'avenir de Saab aurait répondu à mi-parcours de la maturité commerciale.

En business point de sentiments. Ce qui intéresse Youngman est bien sûr de pouvoir importer à terme une technologie de constructeur en Chine. Tant que le savoir-faire de Saab serait là - comprendre l'usine de Trollhättan et son personnel d'ingénieur - tout accord entre Saab et Youngman pouvait paraître potentiellement dangereux à GM dont la Chine était le premier marché chinois. Car, enfin, personne il me semble n'a bien cerné le problème actuel de Youngman qui se retrouveRAIT avec des licences (celles de la phoenix) sans le savoir-faire pour les utiliser... Cela, GM l'avait bien compris. Cette décision ne lui aura coûté qu'une petite centaine de millions car ses titres convertibles avaient sans aucun doute déjà été provisionnés à perte dans l'ancienne structure de GM toujours en liquidation judiciaire depuis 2009.

Justement le blogauto nous a rappelé un anniversaire peu reluisant du géant américain : le 20 décembre, "ce jour où GM est mort"
Les événements dans le dossier Saab ont largement éclipsé la disparition d’un autre constructeur la semaine dernière. General Motors, société fondée voici 103 ans, a en effet cessé d’exister…

Fondée le 16 septembre 1908 à Flint par William C. Durant, General Motors a dominé le monde automobile durant plusieurs décennies. Et pas uniquement le monde automobile, puisque GM s’est aussi aventuré selon les périodes dans le milieu aéronautique, le chemin de fer ou même l’électroménager avec la marque Frigidaire… Durant des années, GM fut la plus grosse entreprise du monde, tous secteurs confondus. Et puis est arrivé 2009, et la faillite, la chute d’un symbole.

Une chute qui a entrainé la fermeture de plusieurs usines, le licenciement de milliers d’ouvriers, ainsi que la disparition de trois marques, Hummer, Saturn, Pontiac, et par onde de choc Saab… Au sortir de cet épisode de faillite, General Motors Corp. devient Motors Liquidation Co. tandis que les actifs jugés sains sont transférés dans une toute nouvelle compagnie : General Motors Co., une toute nouvelle société fondée à coups de milliards de dollars apportés par le gouvernement. lire la suite sur le blogauto
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Certains journaux interprêtent le communiqué de l'AFP de façon extensive, mais positive. Ainsi Actualité Automobile souligne que (...)
Victor Muller a aussi précisé aux journalistes que plusieurs investisseurs étaient intéressés par une reprise de l’ultime dernière chance. (....) Dès ce mercredi, une délégation de Youngman (...) [était] présente dans l’usine de Trollhättan pour trouver une solution. Le constructeur chinois est intéressé à garder SAAB dans son usine, mais avec une production à plus petite échelle que précédemment. Avec probablement de nouveaux modèles et sans la technologie GM. Ce qui signifie que SAAB ne relancera son activité que d’ici 18 mois environ^^
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Libération s'étonne de l 'entêtement mortifère de General Motors :

(...) GM ne voulait pas qu’ils s’approprient ses technologies, qui équipent la plupart des modèles Saab. «C’est comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits», s’est indigné le syndicaliste Ulf Drufva. (...)
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Un certains nombre de journalistes relèvent le côté scandaleux du dossier Saab - et cela fait du bien de les lire - quand d'autres jouent les grands prêtres de l'industrie automobile ou les cyniques. Oublions les seconds qui n'ont sans doute pas tenu un volant d'une Saab récente plus d'une heure entre les mains...

Le Francofil' s'exclame "Saab suffit!" :
(...) Et comme l’éditorialise le quotidien libéral de la côte ouest le Göteborgs-Posten : A son tour la Suède perd son industrie, à son tour la Suède perd des emplois !
Et de citer sa source Euronews le blog déplore :
(...) "Pour le quotidien libéral Göteborgs-Posten, cela signifie inévitablement la fin de la marque : « L’espoir ne quitte les gens qu’en dernier. Mais croire que quelqu’un serait prêt à reprendre Saab dans son état actuel semble beaucoup trop optimiste. … La production automobile pourra probablement se poursuivre d’une manière ou d’une autre à Trollhättan, où se trouve une usine dernier cri équipée de technique moderne. Le gouvernement et les agences pour l’emploi doivent en tout cas se baser sur le pire scénario possible pour réagir au chômage et au besoin de reclassement qui attend de nombreux employés. La faillite de Saab est une perte pour le grand ensemble que constitue l’industrie automobile suédoise."
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Antoine Dufeu de Caradisiac aussi enrage avec sympathie pour les derniers modèles présentés par Saab:
Et, effectivement, cela ressemble à la fin. General Motors, avant-dernier propriétaire de la marque suédoise, s’est à nouveau opposé à une cession aux récents partenaires chinois de Saab. Pourtant le dernier patron de Saab, Victor Muller, veut encore y croire. Il faut dire qu’il déploie depuis des mois maintenant une énergie incroyable pour trouver une solution aux problèmes financiers et assurer un avenir à la marque.

Avenir qui aurait dû passer par les 9-4X et 9-5. Cette grande berline semblait enfin renouer avec la belle histoire de la marque, proposant une ligne singulière et un cachet si particulier. D’autres projets, plutôt dans l’air du temps, semblaient également en mesure de permettre à Saab de rebondir. Mais le nerf de la guerre aura fait défaut.

Avec Victor Muller et tous les fans de la marque, on ne peut qu’espérer une renaissance proche, tel un Phénix, celui que le concept PhoeniX présenté au Salon de Genève au mois de mars dernier annonçait.

Saab ne peut pas disparaître. Saab ne doit pas disparaître.
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Quelques blogs ont déjà fait leur contribution historique, comme cette rapide (quelques erreurs de dates) chronologie brossée par l'Expansion/L'Express qui parle de la "chute d'une icône des années 80".
Parenthèses : ça ne me fait pas vraiment plaisirs de lire ces témoignages qui arrêtent l'histoire de Saab à la fin des années 80 car si je suis convaincu que GM a mis à mort Saab par un sous-investissement chronique, une incompréhension du marché de Saab et enfin une liquidation vendue à Spyker, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que le partage de technologie avec GM a été complètement nocif : les 900NG/9-3/9-5 le démontrent suffisamment à mes yeux. De toute façon, il suffit de se tourner vers nos voisins allemands pour voir que le partage de technologies et des plateformes est la base du financement des lourds investissements des constructeurs, même premium.
Je ne souscris pas vraiment non plus à ce genre d'affirmations journalistiques, répandues concernant Saab et que je trouve, à tort ou à raison - caricaturales, comme Stéphane Lauer les écrit sur son blog Pertes et Profits :
(...) GM n’aura gagné de l’argent avec Saab. La faute à un trop petit nombre de modèles et à des volumes de ventes qui resteront confidentiels. Pour rentabiliser la marque, GM commettra l’irréparable en montant des morceaux d’Opel, autre filiale du groupe, sur les voitures suédoises. Une solution «tue-l’amour», qui aura raison des derniers vestiges du fameux design.
Mais M. Lauer conclue amèrement et solidairement avec Saab :
(...) Il est vrai que la Chine est désormais le premier marché du groupe américain, qui se voyait mal laisser ainsi prospérer un futur concurrent potentiel avec ses propres brevets. Après avoir laissé vivoter sa filiale pendant des années, GM s’est enfin préoccupé de Saab.
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Michel Holtz sur son blog l'autodidacte arrive à la même conclusion : "Saab est victime de la guerre sino-américaine" mais se montre plutôt longanime avec  la position de General Motors.
(... lire le début de l'article ici)
Évidemment, la décision de GM est lourde de conséquence pour le personnel de Saab, les équipementiers et les filiales étrangères. Ce qui représente près de 6000 personnes qui devraient se retrouver très vite au chômage. Même s’ils se raccrochent à l’infime espoir de voir débarquer un repreneur zorro, susceptible de renflouer la boutique sans quémander le moindre brevet. Et donc sans avoir la possibilité de fabriquer de nouvelles voitures, sauf s’il les crée de toutes pièces. Mais la décision du groupe américain n’a pas dû être très longue à prendre. Le nouveau carrosse suédois, le 4X4 Saab 9-4X, qui intéressait particulièrement les Chinois et devait débarquer chez nous au tout début de l’année prochaine, est fabriqué au Mexique, dans la même usine et sur la même chaîne que son cousin le Cadillac SRX. Logique, puisqu’il s’agit d’une seule et même auto. Cette Cadillac est l’un des fleurons de GM et la meilleure vente de la marque aux US. On imagine donc assez mal les dirigeants de GM acceptant de livrer aux acheteurs asiatiques, le mode d’emploi complet pour fabriquer son best-seller, sans aucun recours de plagiat possible, puisque le transfert aurait été accepté et acté. Les financiers de Detroit ont donc sorti leur calculette pour comparer et trancher. D’un côté leur usine mexicaine, presque la banlieue américaine, ses 12000 salariés et les milliers de garagistes Cadillac à travers les Etats-Unis. De l’autre côté, à 9000 kms de là, une usine de 3 700 personnes, dans une ville, Tröllhatan, au nom imprononçable pour un cadre du Michigan. Leur choix fut aisé et les victimes suédoises sont celles d’une guerre que se livrent, et que n’ont pas finies de se livrer, les groupes occidentaux et chinois. Une guerre du protectionnisme qui fait des victimes : les pays qui n’ont pas pu, ou voulu, en leur temps, conserver leur outil industriel. C’est justement le cas de la Suède, puisque l’autre et seul constructeur national a été vendu en 2010. A un autre groupe Chinois.
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Moins pro-américain, le journal belge La libre fait un long article et questionne non sans cynisme les motifs officiels invoqués par GM pour fonder sa décision.
(...) Pourquoi le groupe américain s’est-il opposé à cette solution ? Il y a tout lieu de se le demander, car le modèle 9-3 est déjà ancien et, en ce qui concerne la récente 9-5, le temps que les Chinois la copient, si telles étaient leurs intentions, le modèle aurait lui aussi vieilli. La nouvelle version de 9-3 n’était pas attendue avant l’an prochain, et l’on a peine à imaginer que le concept PhoeniX, présenté au salon de Genève cette année, recèle des trésors d’innovation. Dessiné par Jason Castriota, ses lignes se démarquent du style Saab actuel tout en se référant à la tradition. Sa transmission intégrale, eXWD, met conjointement en œuvre le moteur 1.6 turbo de 200 ch et l’électrique de 34 ch. Est-ce cela que GM craint de voir tomber en des mains chinoises, ou le logiciel de communication IQon ? Difficile à croire, et invoquer la concurrence que pourrait faire Saab à GM sur le marché chinois prête à sourire jaune : General Motors vend 2,5 millions d’autos par an en Chine. Si Saab en avait vendu 10 000, il aurait brûlé un cierge à Lao Tseu.

En définitive, ce lâchage n’est pas sans rappeler l’attitude de General Motors vis-à-vis d’Opel Anvers : préférer casser le jouet plutôt que de voir un autre jouer avec ou, si l’on préfère, ne pas supporter l’idée de voir quelqu’un réussir là où l’on s’est planté. A moins que le groupe américain n’ait préféré se débarrasser très vite de Saab pour n’être tenu à aucun dédommagement ?
Je ne saurais en revanche que trop souligner la conclusion - un poil exagérée dans les chiffres toutefois - de Dominique Simonet qui écrit:
Quoi qu’il en soit, General Motors a tué une deuxième fois Saab. La première, c’était vendre le constructeur suédois à un artisan volontaire, mais pas à un groupe industriel, en sachant qu’il fallait plus d’un milliard d’euros pour relancer la machine. (... lire l'article en entier ici)
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Je passe sur les très nombreux articles qui reproduisent les dépêches et articles de "fond" prédigérés par les Agence de Presse.

Une news néanmoins qui fait tâche en plus des dépôt de bilan de Saab Automobile, Saab Tool et Saab Powertrain : Le JournalAuto a rapporté le 22 décembre la dépêche AFP Saab Car North America, société importatrice, comme Saab Great Britain, et filiale elle aussi du groupe Saab Automobile, tente d'éviter le dépôt de bilan. La loi sur les faillites (Chapt.11) est beaucoup plus lourde de conséquences sur la faillite et donc si SCNA peut éviter l'issue fatale en espérant un rachat par GM ou une reprise par Youngman, ...
(...) La filiale nord-américaine du constructeur suédois en faillite Saab a embauché un cabinet de conseil pour l'aider à discuter avec ses créanciers et tenter d'éviter le dépôt de bilan, a indiqué son président Tim Colbeck à l'AFP.

"Nous espérons éviter la faillite", a expliqué Tim Colbeck, président de Saab Cars North America (SCNA), précisant toutefois que "les créanciers pourraient poursuivre SCNA en justice ou il pourrait devenir nécessaire de déposer le bilan pour protéger certains actifs". (...)
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Signalons une vidéo synthétique de TF1-LCI :


Avec un commentaire sympathique de l'animateur auto de la chaîne, Pascal Boulanger, qui s'exclame sur son blog Auto-Info : "Saab, pire qu'un gâchis, un scandale!"
(...) Depuis que ce blog existe, j'ai eu l'occasion d'évoquer les malheurs de cette marque, aussi réputée pour ses avions que pour ses voitures ou ses camions (SCANIA).
Je n'ai pas toujours été d'accord avec certains commentaires, mais j'ai toujours eu l'occasion d'écrire mon attachement à SAAB. Quand j'avais 20 ans, dans les années 80, j'étais toujours fasciné par le design des SAAB. Et j'ai été très heureux quand j'ai pu m'offrir un coupé 900 S flambant neuf. Il était noir, avec des sièges en cuir beige. Je l'ai gardé 12 ans, et je regrette de l'avoir vendu... Mais bon c'est la vie.

En voyant ce que General Motors a fait de cette marque, je me suis toujours demandé pourquoi le géant américain l'avait racheté. Les hommes de GM n'en ont rien fait! Pire, ils ont empêché toute initiative autour du redressement de ce label du bon goût et du savoir faire suédois automobile! Il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent! J'ai déjà dit beaucoup de mal de cet incapable de Rick Wagoner, ancien patron pitoyable de GM. L'affaire SAAB est une autre illustration de son incompétence et de son absence de vision.

(...) Il faut cependant rendre hommage à l'homme d'affaires hollandais Victor Muller. Avec ses propres deniers, il a tenté un suavetage, mais le challenge était trop ambitieux, trop difficile à soutenir.

Donc, on arrête les frais, et la nostalgie nous renvoie maintenant les images de SAAB en rallyes, les anciennes 92, 93, 9-5, les 900, berlines ou cabriolets, et tant d'autres belles réalisations. La force du design SAAB était d'être intemporel. La qualité de fabrication était excellente, et les moteurs souvent irréprochables.

Bref, il y a vraiment de quoi être en colère. En méditant sur tout celà je me dis que SAAB devrait toujours exister, et que GM aurait peut-être mériter de disparaître (on n'en a pas été si loin il y a peu), afin de ne plus pouvoir nuire aux autres. (lire l'article en entier sur le blog Auto Info ici)
Merci Monsieur Boulanger.

vendredi 21 décembre 2012

Sans titre...

Impossible de savoir par où commencer ce post dans lequel je voulais vous donner mes premières impressions sur la situation... Un torrent de questions, d'émotions, d'idées déferlent sans but, sans horizon... Je suis comme un enfant perdu dans un rue commerçante à la veille de Noël.


Tout le monde autour de moi s'agite, j'entends des pas d'adultes, ceux qui ont la vérité, ceux qui ont le droit de dire leur parole "sachante" sur tout - ceux qui ont toujours le droit à la parole, j'entends des bruits de cloches pour annoncer une fête, une trêve, j'entends des marchands qui crient pour vanter leurs produits, j'entends des coups de klaxons de voitures américaines, j'entends tout cela, mais de là où je suis, je ne vois que le pas pressé et oppressant de géants trimbalant des sacs de toutes marques, perdu au milieu de cette rue grouillant d'acheteurs pressés d'en finir. Je ne sais pas où aller... Qu'est-ce que je fais ici? Est-ce que j'existe, est-ce que j'ai même existé jusque là? L'angoisse, succède à la peur, puis le désespoir de trouver le bout de ce tunnel de personnes qui se bousculent les uns contre les autres pour se frayer un chemin dans la jungle de cette rue commerçante. Je suis perdu mes amis... Une profonde tristesse m'habite. Je ne connais pas de fin heureuse pour qui a tenté de vivre dignement sa vie. On n'est pas fait pour mourir! Il en va ainsi d'une entreprise qui rassemblé des centaines de milliers de personnes : Saab ne devait pas mourir.


Quand vous voyez la richesse de l'histoire de Saab, quand vous contemplez l'extraordinaire aventure de cette famille composée d'ingénieurs talentueux, de champions de l'automobile, de designers inspirés, d'automobilistes passionnés, etc. Et d'entendre lundi dernier le son du glas pour cette merveilleuse histoire... Comment réaliser cela? Comment l'accepter??!!




J'ai pensé tout d'abord aux cadres et aux employés de Saab, de Saab France en particulier. J'ai pensé à ce meeting du 11 décembre dernier qui était la dernière salve comme on le pressentait bien au fond de nous - ayant cette pudeur de ne pas nous le dire d'ailleurs. Comment ne pas les remercier du fond du coeur ceux qui ont soutenu cette initiative? Merci à vous.

Les employés de Saab Automobile ont peut-être moins le temps que moi de s’apitoyer car, pour eux, le principe de réalité l'emporte : sans salaire depuis 2 mois et le chômage au bout si on ne cherche pas activement un autre employeur, et ce après trois années de galère, Saab ne va pas immédiatement évoquer quelque chose de vraiment florissant, c'est sûr...

J'ai rencontré des gens avec un talent énorme chez Saab France. Cette marque n'attire pas seulement une clientèle spécifique, l'histoire de Saab et l'originalité de ses produits a toujours attiré des gens talentueux motivé d'abord par leur passion, parfois au péril de leur carrière, brillante jusque là pourtant. Encore une fois, je sais que beaucoup ont pensé à eux dans les commentaires et e-mails que j'ai reçus alors au nom de tous, je voudrais remercier tous ceux qui ont travaillé dur et continueront pour beaucoup - je pense au réseau de distribution - à travailler avec cette même passion au ventre, je voudrais donc tous les remercier en vous remerciant vous Monsieur Van Der Meulen, vous qui avez représenté si dignement jusque maintenant les couleurs du griffon suédois en France. Merci du fond du coeur.

Pour moi cela a été un plaisir que de travailler avec les Relations Presse de Saab. Claude, merci pour votre soutien, pour enthousiasme sans faille. Merci et à la revoyure ...

Je n'oublie pas tous les autres...

Ce qui est arrivé lundi 19 décembre est un choc. Il va falloir du temps pour le digérer. A quelques jours de Noël, je me sens piégé par la nécessité de devoir remettre à plus tard le devoir de mémoire, l'analyse de ce qui s'est passé et les projets. General Motors doit être bien content que cela arrive maintenant car les vacances d'hiver et les fêtes de fin d'années vont étouffer le scandale de la fin de cette marque européenne prestigieuse.

Les financiers diront : "c'était prévisible" et ils vous illustreront leur propos avec un graphique des ventes sur les 20 dernières années. On fait tout dire à un graphique. TOUT est relatif. La question primordiale pour un industriel aux investissements lourds, n'est pas nécessairement le volume, mais la marge au terme d'un certain nombre d'années d'investissements et surtout le montant d'investissement nécessaire pour que l'effet de levier puisse fonctionner. A ces deux clés de lecture de l'histoire récente (10 ans) de Saab - marges d'exploitation et montant d'investissements nécessaires - il est clair que les financiers ne feront qu'une bouchée en évaluant ces deux points clés.

L'Etat suédois avait abandonné la partie depuis les années 90. Depuis cette crise économique et financière qui a marqué le pays par des faillites en cascades et des échecs cuisants de nationalisation dans les chantiers navals, le néo-libéralisme à l'anglaise a pris place. L'Etat suédois a cédé Saab à GM totalement en 2000. Volvo était déjà sous pavillon américain avec Ford (99).  La désindustrialisation des économies moderne est une idéologie parmi d'autres et je vous promets qu'on reviendra sur ces préjugés. "No taxpayer money" vous lisez partout dans les revues politiques néo-libérales. Cette purée simpliste des idées néo-libérales est servie en boucle par le gouvernement suédois depuis plusieurs années. Les finances publiques suédoises sont au beau fixe, tout le monde est content, sauf à Trollhättan.

La semaine dernière, avant de partir en congés, je visitais un client industriel qui se situe dans un secteur très concurrentiel. Il me disait : "j'ai racheté x millions il y a 3 ans; aujourd'hui si je n'investis plus, l'entreprise n'aura plus aucune dette d'ici 4 ans, ma dette de rachat sera éteinte et je pourrais revendre à un bon prix et surtout dégager avant un maximum de cash. Mais  l'entreprise n'aura plus aucun avenir si je n'investis pas maintenant. Il y aura du cash, les murs de l'établissement vaudront chers, mais l'exploitation mourra dans 8 ans, faute de nouvelles machines".


Dans le monde de l'entreprise, deux logiques (complémentaires pourtant) s'opposent : celle de la finance pure : dégager du cash rapidement ; celle de l'investissement. Un véritable entrepreneur est d'abord un investisseur. Quand l'Etat suédois endosse la logique purement financière, fait ses petits calculs - combien me coûte à court terme 12000 emplois par rapport à combien me coûte d'investir dans Saab - et conclue qu'il vaut mieux favoriser les bulles financières et la matière grise, il oublie peut-être que tôt ou tard sa balance commerciale souffrira et que la recherche développement se rapprochera des sites industriels chinois... Qui vivra verra.
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Je reviendrai à mon retour (lundi) sur les conséquences de la liquidation de Saab, une revue de presse, les possibilités de nouveau départ - mais pas de la production à Trollhättan, cela est désormais certain - pour ce qui concerne les technologies développées par Saab et désormais logées dans une entité à part (Saab Developpement), la collaboration de Youngman qui sera là demain à Trollhättan pour rencontrer le liquidateur judiciaire, les créanciers de Saab aussi... Je vous écris ceci depuis un café dans la campagne bretonne. Je suis désolé de ne pas pouvoir être plus présent en ce moment. Fallait-il encourager (comme nous l'avons fait en décembre) une manifestation mondiale? Cela n'aurait rien changé sur la suite, mais cela aurait fait du bien. Peut-être en janvier? On verra si le fatalisme suédois l'emporte...


En dépit de tout, passez de belles fêtes et restez connecté si vous le pouvez. Quant à moi, je réfléchis déjà à acheter ma dernière Saab début 2012...

mercredi 19 décembre 2012

L'héritage de Saab au niveau de la technologie


C'est un coup dur pour les fans de la marque, et plus globalement pour l'industrie suédoise. Alors que Volvo est passé sous le contrôle des chinois (avec Geely), Saab - qui semblait prendre le même chemin - a finalement été déclaré en faillite et va donc disparaître. La mort d'un constructeur est toujours une tragédie, surtout quand la marque en question a marqué de son empreinte la planète automobile. Et en ce qui concerne Saab, on gardera toujours en mémoire le lien avec l'aéronautique, par le design, les performances (ah, les versions Aero...) et surtout les innovations. Voici un petit rappel de l'héritage du constructeur suédois.



Quand j'ai débuté dans ce métier, on m'a toujours dit "S comme Saab et sécurité". Et pour cause : dès 1962, toutes les Saab se voient d'office équipées de ceintures de sécurité. La marque inventera également l'allumage automatique des phares (1969), les pare-chocs auto-réparateurs (1971), la protection contre l'impact latéral (1972), le filtre à pollen (1978), les plaquettes de frein sans amiante (1983), l'air conditionné sans CFC (1992), ou encore les appuis-têtes actifs SAHR* (1996) qui empêchent le coup du lapin en cas de choc par l'arrière.


De par son expérience dans l'aéronautique, Saab a aussi exploré des univers parallèles entre l'automobile et l'avion. Qui se rappelle du "joystick project", dont l'objectif était d'appliquer au véhicule la technologie by wire ? L'idée était de remplacer le volant par un manche à balai. Un concept un peu trop novateur


En revanche, une autre idée dérivée de l'aéronautique a été reprise avec succès. On doit par exemple à Saab la fonction "black panel" (qui depuis son apparition à la fin des années 90 a été rebaptisée plus récemment "night panel"). Très pratique pour la conduite de nuit, elle consiste à limiter l'affichage aux seules fonctions essentielles (compteur de vitesse, alertes). On l'active d'un seuil appui sur un bouton au tableau de bord. Les fonctions comme la radio restent opérationnelles, tout comme la climatisation). Mais, elles ne viennent pas perturber le conducteur, dont l'attention se reporter sur la route.  

Voir la vidéo :

 

Bien sûr, Saab a intégré également l'affichage tête haute. Mais, en matière d'ergonomie, la marque a aussi innové avec la plateforme multimédia iQon, dévoilée au dernier salon de Genève sur la PhoeniX.


Basée sur Android, celle-ci devait permettre d'avoir accès à des services tels que la météo, la musique en ligne avec Spotify, les réseaux sociaux avec Facebook, mais aussi des infos sur le véhicule, grâce aux capteurs embarqués qui relèvent les données à travers 500 points de contacts dans le véhicule. Saab voulait jouer la carte des applications pour smartphones dans la voiture avec la plateforme iQon. Dommage...


En 2012, la nouvelle 9-3 devait bénéficier du système eXWD développé conjointement par Saab et AAM (American Axle Manufacturing) qui ont fondé la joint venture e-AMM Driveline Systems AB. Le concept ? Une transmission intégrale intelligente, alimentée par un moteur électrique et reliée à un moteur à essence. Le système eXWD devait proposer trois modes de fonctionnement : Eco, qui délivre du couple pour soulager le moteur thermique, réduisant consommation et rejet de CO2 ; Sport, qui dose un couple puissant pour équilibrer le châssis en conduite soutenue ; et Traction qui entre en jeu en cas de perte de motricité du train avant, sur terrain glissant ou au démarrage. Le système eXWD s’intègre complètement aux systèmes électroniques qui gèrent l’accélérateur, le châssis et le freinage. Il devait notamment se distinguer par ce qu'on appelle le torque vectoring (on augmenter le couple sur la roue arrière extérieure au virage pour ajouter au véhicule une rotation que les roues directrices ne peuvent offrir, augmentant ainsi considérablement l'agilité sur routes sinueuses.


Juste pour le plaisir, je propose la vidéo de la PhoeniX, un concept car qui résume bien l'approche que privilégiait Saab pour négocier l'avenir. Un document qui appartient désormais au passé.

 

*Saab Active Head Restraint

Conf call Saab (interne) et Conférence de presse à THN [MàJ]


  • Ecouter ICI aussi la conférence téléphonique de VM avec les différentes entités Saab (redirection vers SU.COM). A noter : Saab assure que - (conformément aux réglementations), il y aura continuité dans la délivrance des pieces détachées et des garanties la garantie pour l'instant ne porte que sur les pièces détachées (Saab Parts n'est PAS en faillite) mais la garantie constructeur des VN est elle suspendue à l'éventualité d'un rachat de Saab Automobile actuellement en dépôt de bilan, même si il pourra y avoir d'ici la fin de la liquidation quelques délais. Ceci est à souligner et j'ajoute que la branche SAV reste la plus profitable du secteur. Le million de propriétaire de Saab ne doit donc pas s'inquiéter outre mesure à ce propos.

  • Ecouter/voir un extrait de la conférence de presse de Victor Muller (Saab THN)

"Le jour le plus noir de ma carrière et le plus sombre de l'histoire de Saab" (Victor Muller)



"C'est le jour le plus noir de ma carrière et jours les plus sombres de l'histoire de Saab." 
C'est ce qu'a déclaré Victor Muller, quand il était en conférence de presse cet après-midi qu'on lui a  demandé s'il était déçu d'être contraint de demander le dépôt de bilan de la société.
Cela a été un long voyage pour Victor Muller et il lui semblait fatigué et terriblement déçu quand il est entré dans la salle de conférences de Saab à côté de l'entrée principale.
 
- Bien sûr, je suis déçu. Lorsque nous avons reçu le mail de GM à cinq heures ce matin qui disait qu'ils ne seraient pas d'accord pour approuver toute proposition dans laquelle est impliquée Youngman, nous avons dû abandonner.(...)  Et face à ce  "non" catégorique de GM, Youngman a abandonné, après deux mois de négociations. 
Mais Muller ne pense pas que c'est la fin de Saab, même s'il ne sera probablement plus impliqué dans la suite. Il croit qu'il y a des acteurs qui veulent acheter l'entreprise. 
 - J'ai été en contact avec plusieurs investisseurs. S'ils sont sérieux reste à démontrer, dit-il, mais il ne donne pas d'indications sur  qui seraient les parties prenantes.  
 - Bien que cela ressemble à la fin de Saab, cela ne l'est peut-être pas nécessairement. Cela peut être l'occasion pour l'entreprise de renaître de ses cendres tel un phoenix. 
Quel a été le plus gros problème avec Saab a demandé un journaliste.
 - Difficile de répondre. En fin de compte il s'est avéré que c'est GM, mais nous avons eu d'autres problèmes ces huit mois, dit Muller.
 
Il souligne qu'il a travaillé sur la proposition  faite le 15 avril avec Vladimir Antonov en tant qu'investisseur et que si elle avait été suivie par les tierces parties, la production aurait redémarré rapidement. Mais la BEI a  refusé. 
 - Si on devait  recommencer la production dès aujourd'hui, il faudrait au moins 3 mois. (...) 
Qu'advient-il de Victor Muller maintenant? Il ne peut pas répondre. Personnellement, il a perdu 14 millions d'euros, "ce qui est normal quand on prend des risques", dit-il. - La seule chose positive à propos des événements d'aujourd'hui est que j'arrive à rentrer chez moi et à fêter Noël avec ma famille. Je ne l'ai pas fait depuis des années, a déclaré Victor Muller

Interview de TTELA publié ce jour à 13h26 et mise à jour après la conférence de presse de 14h45

Mes premières pensées... "Désemparé et furieux"

C'est la première impression à chaud donné ce matin par Victor Muller à TTELA.SE.

Désemparé et furieux, nous le sommes tous à bien des égards...

Il va falloir du temps pour voir se succéder les réactions des différentes parties, sans parler devoir se farcir les analyses de quelques journalistes comme les Echos ce matin qui écrit que cela ne fera pas grande différence pour les "quelques distributeurs français qui se comptent à peine sur les doigts d'une main" (sic). Quel est le c*n de journaleux qui a écrit ça?! (Il y a près d'une cinquataine d'enseignes qui distribuent Saab rien qu'en France !!!!!!) On va avoir droit aux grands prêtres du journalisme qui vous diront "je vous l'avais dit, cette marque etc..." Laissons-ceux-ci dans leur ignardise et concentrons-nous sur l'essentiel maintenant.

Que va-t-il se passer maintenant pour les salariés de Saab? C'est la principale motivation de ce processus de liquidation volontaire en place : pour accélérer le paiement des salaires par l'Etat suédois garantis sur la cession d'actifs de Saab.

La marque peut-elle se relever? Il est trop tôt pour moi d'affirmer quoi que ce soit, mais cette probabilité n'est pas exclue de la bouche même de Victor Muller qui sort du jeu, devrait mettre Swan, la holding de Saab, en liquidation. Mais les conditions d'une reprise paraissent peu propices. L'improbable c'est que GM reprenne le Griffon. Malgré toute la rancoeur qu'on peut avoir contre l'américain maintenant, ce serait le monde de oui-oui si GM reprenait la marque aujourd'hui, mais il ne faut pas rêver. Le monde de oui-oui n'existe plus pour Saab depuis longtemps... Un autre repreneur peut-il vouloir investir dans Saab et renégocier tous les contrats avec GM? Possible techniquement. Techniquement.... Financièrement avec les contraintes mortelles imposées par GM, j'en doute....

Viendra ensuite la vérité sur 3 années de galère pour Saab, 3 années où GM a TOUT fait pour couler Saab plutôt que de risquer une concurrence externe sur le marché chinois. Et là on en est qu'au début du dépouillement. Les langues qui ont négocié nuit et jour vont se délier et nous allons en apprendre de belles... Mais cela ne changera rien à la profonde tristesse de l'évènement.


La réaction de Youngman est tout ce qu'il y a de plus compréhensible au vu de l'attitude mortifère (à la limite du racisme) de GM.

Tout commence déjà en 2005 quand Bob Lutz disait qu'il fallait liquider Saab et qu'il s'en est fallu de peu pour que le 9-5 et le 9-4X puissent être développés avec une aide financière de l'Etat suédois à l'époque et une pugnacité du management Saab. Tout remonte à la philosophie de GM ou plutôt à la non-philosophie de GM qui dès les années 90 s'est servi de Saab après avoir vendu Jaguar (Merci à Ford d'avoir repris cette belle marque au passage) pour phagocyter la concurrence en Europe et se servir de l'image prestigieuse pour redorer celle de Buick et Cadillac alors en perte de vitesse. Le clou au vrai sens du terme, c'est en 2009 quand Saab connaît alors une première période de Reconstruction sous l'ère GM.

Officiellement en 2009, GM dit vouloir vendre sa marque Saab. Pourtant, partout, partout, on lit des avis autorisés au sein de GM, que Saab n'est "plus rentable", que Saab est en "perte de vitesse" etc. Veut-on être sûr de ne pas trouver un repreneur qu'on ne s'y prendrait pas autrement! Fiat renonce en 2008 à racheter Saab : trop cher le prix de vente. GM refuse Saab à GEELY en 2009, lequel se rabattra sur Volvo avec raison : tout se passe bien avec Ford. Finalement, avec l'aide du gouvernement suédois, GM se dit prêt à choisir un petit repreneur d'abord Koenigseeg puis, in extremis, Spyker... Comment croire une seconde que le gouvernement américain alors aux commandes  de GM souhaitait réellement la survie d'une marque suédoise?

Saab en faillite, cela signifie que GM aura vendu Saab à Spyker pour 400 millions de dollars avec RIEN dedans, RIEN sauf le nom. Demain toutes les licences technologiques reviendront à GM!

 Bref... Est-ce que "tout est foutu"? Victor Muller lui-même dans sa conférence de presse de cet après-midi (je n'ai pas encore le live) a soulevé des possibilités de reprise grâce au droit suédois sur les faillites, mais cette éventualité semble très mince étant donné l'état d'esprit de GM...

Il n'y a "aucun moyen de coopérer avec GM" a admis enfin officiellement Victor Muller.

GM a tué SAAB.
Si vous n'avez pas suivi l'histoire de Saab depuis la fin des années 80 jusqu'à nos jours, vous pourriez douter de l'authenticité de cette affirmation mais dans le cas contraire, vous n'avez alors pas l'ombre d'un doute à ce sujet. Life with Saab a publié un post ce matin ("Saab est mort il y a 3 ans") qui explique exactement la vérité à ce propos. A lire absolument.

GM a tué SAAB.
Ceux qui croient peut-être que celui qui écrit ces mots donnent dans le sensationnalisme, se répand dans des propos bêtement vengeurs ou amers se trompent violemment. Ma voiture Saab est une plateforme GM, c'est une Saab issue de l'ère GM et j'adore cette voiture. J'aurais tant aimé voir GM soutenir sa seule marque européenne Premium... Les nouvelles Saab 9-4X et 9-5 sont des produits Saab que GM a permis de construire (élaboration à partir de 2006). Le problème n'est pas de dire que GM n'a fait que des mauvais choix pour Saab, mais que les financiers à la tête de ce groupe américain ont véritablement réussi à vampiriser le constructeur suédois, puisant tant dans son image Premium que dans ses ressources d'ingénierie pour le développement de plateformes communes, en infusant le minimum de fonds pour maintenir la marque Saab visible sur les marchés.

GM a tué SAAB.
Parce que le gouvernement américain détient encore 60% des parts du géant américain. Eh oui! Le pays du libéralisme économique s'il en est a sauvé fin 2009 son constructeur national par une nationalisation. Qui parle quand GM dit que" les intérêts de ses actionnaires ne peuvent être protégés" en cas d'investissement "sous une quelque forme que ce soit" par Youngman(sic, cf. mail envoyé ce matin à VM).
Parce que le gouvernement suédois n'a pas voulu contrarié ici le gouvernement américain.

La fable des licences technologiques est en fait l'habillage économique d'un bras de fer politico-économique entre la Chine et les Etats-Unis. Et la Suède a choisi son camps. Dommage pour Saab. Victor Muller aura tout tenté. GM a dit "NON". GM a dit "NON" GM a dit "NON"....

La suite dans quelques instants...


dimanche 16 décembre 2012

Tour de saabosphère

Le nerf de la guerre...
Les finances bien sûr. L'interview de Lars Holmqvist, représentant de la puissante association d'équipementiers européens CLEPA a fait hier le tour du web. C'est le blog Just-auto qui a sorti un article au titre encourageant : "Saab pourrait puiser 910M$ (env. 700M€) pour son business plan", dans l'hypothèse de l'approbation du plan de refinancement de Saab par Youngman et une banque internationale. Holmqvist dit avoir eu accès au plan en cours de négociation. Il serait prévu un apport de 200M€ en cash par Youngman et un financement bancaire de moyen long terme à hauteur de 500M€ par une banque, financement garanti par Youngman.
Lars Holmqvist loue les mérites de Victor Muller, qui ne baisse pas les bras en pleine tempête, et de Youngman :
"Youngman a déjà dépensé des sommes d'argent très importantes pour protéger l'objet de leur investissement (dans Saab)"
Pour Holmqvist, le geste de Youngman de verser les 3.4M€ à Saab est suffisament fort pour révéler la motivation du repreneur de Saab éconduit par l'ancien propriétaire GM.

Le représentant des fournisseurs de pièces européens, créanciers au dossier Saab, prévient finalement :
"Si le Tribunal lundi dit "non" à la poursuite de la Reconstruction, alors vous savez quelles seront les conséquences pour nous..."
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Toujours au chapitre finance, un article de automotive news china qui rappelle pourquoi les chinois sont tant intéressés par Saab. Saablog-in en livre une traduction dont voici quelques extraits :
(...) En 2010, Pékin avait annulé l'offre du Sichuan Tengzhong Industrial Machinery pour le rachat de la marque Hummer à GM. Mais un an plus tard, le gouvernement a béni les fiançailles avec Saab.  
Derrière son changement d'attitude il y a la reconnaissance par le gouvernement que les constructeurs automobiles chinois doivent construire leurs marques. Or, en raison de leur mauvaise image, les marques nationales perdent des parts de marché en Chine face à leurs concurrents mondiaux tels que Volkswagen et GM. Par ailleurs, ils sont à des années de rivaliser avec succès en Europe et aux États-Unis.  
L'acquisition de Zhejiang Geely Holding Group Co. 's de Volvo a montré qu'un constructeur automobile chinois peut gérer une marque étrangère. Maintenant, le gouvernement croit que d'autres constructeurs nationaux pourraient s'inspirer de l'exemple de Geely. Mais les constructeurs automobiles chinois doivent prendre position rapidement.  
Comme les constructeurs automobiles mondiaux sont confrontés de la récession, ils sont devenus de plus en plus protectionnistes avec leurs technologies. L'opportunité pour récupérer une marque mondiale en détresse va rapidement disparaître. Cela explique pourquoi Pang Da et Youngman font un dernier effort pour sauver Saab.... Lire l’article en intégralité sur Saablog-in ici)


Saab 9-5 Estate (Sport Combi)
SAAB 9-5 V6 XWD HIRSCH-12SAAB 9-5 V6 XWD HIRSCH-11Vous avez sans doute pu voir sur Saabsunited, 3 articles du site taiwanais car cool 3c qui a fait un superbe reportage de sa visite du préparateur (suisse) officiel de Saab : Hirsch Performance. carcool3c  a un véritable talent de photographe et automobile, normal puisque c'est son métier.

Toujours à l'honneur de ce tawainais, j'ai trouvé de superbe photos de la 9-5 Estate présentée chez eux :

SAAB 9-5 SPORTCOMBI-01

SAAB 9-5 SPORTCOMBI-02

SAAB 9-5 SPORTCOMBI-04

Vraiment, ce break est l'un des plus racés et des plus originaux que l'on puisse trouver dans la catégorie. Je suis fan! 

Car cool 3c a également mis en ligne une vidéo qui donne à voir les différents modes d'ouverture du coffre électrique de la 9-5 Estate, avec notamment l'ouverture à mi-course, très pratique dans les parkings sous-terrains :



Saab : un nom pour 6 domaines
Life with Saab fait un petit flash back sur une époque où Saab, ce n'était pas seulement des voitures et des avions, mais aussi :

des caravanes, 
Saabo, années 60 (Photo Life with Saab)

des ordinateurs, 
Data Saab D 2, 1960 (Photo Life with Saab)

des bateaux 
Saab Hovercraft 401, 1963 (Photo Life with Saab)
et des tracteurs routiers sous l'ère Saab Scania, Scania qui est toujours d'active, mais séparé de Saab depuis la fin des années 80.


Le remplacement de Guy Lofalk : ajourné [MàJ2]

[MàJ2] Deuxième mise à jour de ce post qui s'impose...

La Cour de Vänersborg a décidé ce matin de ne PAS relever Guy LOFALK de ses fonctions, contrairement à la demande de l'intéressé et de Saab Automobile.

Elle motive sa décision par le fait de vouloir entendre les créanciers et le compte-rendu de G.L.,  lundi 19 décembre où se décidera sans doute l'avenir de Saab : terminaison de la Reconstruction, oui ou non. Si les juges décident lundi la continuation de la Reconstruction - en raison d'éléments nouveaux et notamment du paiement des dettes de salaires contractés depuis fin novembre dernier -, alors Saab Automobile sera fondée, en accord avec les parties présentes lundi prochain, à redemander le changement d'administrateur.

Ceci n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle, mais tout simplement une étape de procédure qui indique tout de même sur le fond que les juges ne veulent pas formellement prendre de responsabilité dans la gestion de la Reconstruction et laissent donc aux parties intéressées, principalement les créanciers de Saab, d'en décider.

Sur le jugement d'aujourd'hui, les plus curieux pourront trouver toute la documentation sur le site du Tribunal de District de Vänersborg.

(pour lire les anciennes publications sur le sujet allez après le saut de page)

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[MàJ 15/12] Aujourd'hui nous avons appris que finalement Lars-Henrik Andersson a - officiellement pour des raisons d'emploi du temps - renoncé à son mandat.
La nomination de Lars Söderqvist
devra être approuvée par les juges
de Vänersbourg lundi 19 décembre
Saab a proposé la nomination, toujours en accord avec Guy Lofalk, de Lars Söderqvist, avocat d'affaire. Lars Söderqvist est connu à Stockholm pour sa spécialité dans le redressement de société. Lars Söderqvist a déclaré à l'agence de presse suédoise TT :
"J'ai été contacté et j'ai eu l'opportunité de me faire communiquer des conditions du plan. Les informations que les différentes parties m'ont confirmées ont été de nature à déterminer mon choix d'accepter la mission en raison des chances de réussite de ce plan.
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Guy Lofalk
Selon Reuters, Guy Lofalk, qui a demandé la terminaison de la protection des créanciers souhaite désormais quitter ses fonctions :
"Le groupe Saab et Guy Lofalk ont conjointement demandé que Guy Lofalk quitte ses fonctions d'administrateur et soit remplacé par l'avocat Lars-Henrik Andersson", a publié cet après-midi le Tribunal de District de Vanersborg sur son site internet.   
Lars-Henrik Andersson
Les juges entérineront la nomination du nouvel administrateur lundi 19 décembre. Eric Geers a dit que c'est la décision de Lofalk, mais les récents articles dans les médias suédois ont montré que Victor Muller (...) souhaitait son départ.  
"Ce que nous croyons, c'est que nous réussirons à réunir les fonds nécessaires pour poursuivre a dit Eric Geers (Saab Automobile). 
Pas de commentaires d'Eric Geers sur le choix d'Andersson, lequel a dit qu'il ne dirait rien jusque lundi mais qu'il "pourrait accepter la mission à certaines conditions", sans préciser lesquelles.

vendredi 14 décembre 2012

Le 9-4X, le dernier des mohicans?

C'est en tous cas la question que se pose Paul Hug qui a écrit un bel article à propos de la Saab 9-4X (et de son avenir) pour le Quotidien.lu.

"Un break 9-5, un crossover 9-4X, voilà les derniers atouts pour relancer
l'outil industriel et commercial Saab menacé par des finances fragiles."
"Une partie décisive se joue entre la Suède, la Chine et les États-Unis. Une partie en millions de dollars suivie avec crainte par des milliers de passionnés. Ici et là, ils se rassemblent, comme à Paris, dimanche dernier, pour aider à sauver Saab, la très suédoise Svenska Aeroplan Aktiebolaget, née en 1937 pour fabriquer des avions, puis des voitures dès 1948. Demain [finalement lundi 19, suite report de la décision, NDLR] au plus tard, l'administrateur Guy Lofalk, qui a demandé la cessation de la réorganisation volontaire de Swedish Automobile, devra livrer la clé d'un possible fonctionnement. En d'autres termes, y a-t-il de l'argent frais dans les caisses? 
Le tribunal de Vänersborg statuera alors. Reprise ou faillite. Ce fol espoir repose, une fois de plus, sur la Chine. Pang Da et Youngman ont voulu reprendre le flambeau saisi en 2010 par Victor Muller, le patron de Spyker, petit constructeur néerlandais. C'était sans compter avec l'ancien propriétaire, General Motors, qui avait acheté Saab en 1989 pour l'abandonner il y a deux ans. Mais pas question de livrer des pièces à la Chine et encore moins de laisser entrer l'empire du Milieu dans ses usines. Pang Da retoqué, Yougman reste en piste.   
Un combat sans merci 
Saab 9-3 Griffin TTID 119gr (108)SAAB 9-5 SportCombi
On imagine l'inquiétude des 3700 salariés de Trollhättan, en chômage depuis plusieurs mois. Et l'attente des réseaux, alors que les produits sont là, une 9-3 revigorée récemment, une 9-5 déclinée en break-Estate et ce crossover 9-4X. Le sort des deux premiers dépend du redémarrage de l'usine de Trollhättan. Le troisième attend la conclusion d'un accord définitif avec la Chine...  
Chez Saab, en multipliant les contacts et les démonstrations, on veut croire qu'au printemps prochain, les premiers bateaux chargés de 9-4X cingleront vers l'Europe en provenance du Mexique, là où GM assemble le 9-4X, cousin proche du SRX Cadillac.
Les commandes sont ouvertes depuis plusieurs mois; le 9-4X a été dévoilé au salon de Bruxelles en janvier et des véhicules de pré-série attirent l'attention du client. Là, pas de doute, le 9-4X a bien les saveurs du constructeur suédois. Il suffit de monter à bord de ce volumineux crossover (4,82m) pour en être convaincu. 
Le tableau de bord avec ses cadrans aviation, les grilles d'aération à commande centrale, et l'inévitable contact sur la console centrale, tout est pur jus Saab. On a même droit à une échelle mobile centrale, teintée de vert, étalonnée en kilomètres/ heure alors que l'aiguille pointe les miles. Dépaysement garanti. 
Transmission intégrale 
Le 9-4X prend encore une autre dimension avec son pédalier à réglage électrique. Au premier virage serré, on se dit que l'on aurait aimé plus de maintien latéral pour une transmission intégrale (XWD) qui tient bien le bitume au détriment d'un peu de roulis. Boîte automatique de rigueur à six rapports, le 9-4X n'hésite pas à envoyer la cavalerie à plein régime. Les beaux échappements trapézoïdaux se contentent d'un régime sonore velouté alors que le turbo vous emmène vite au-delà des limites autorisées. (...) Lire la suite ici sur le quotidien.lu (...) 
Le tout livrable au printemps prochain. L'espoir reste raisonnable."

jeudi 13 décembre 2012

Bright Green Event, l'autre événement de Copenhague



Comme tout événement qui se respecte, la conférence sur le climat de Copenhague a ses "side events". C'est un peu comme les festivals d'été avec le "in" (les artistes officiellement invités) et le "off" (ceux qui cherchent à se faire remarquer par le public). Le "Bright Green" était donc ce week end l'un des "à-côtés" du COP15. Ce n'était pas vraiment un "happening" d'affreux gauchistes, puisqu'il était organisé par la confédération danoise de l'industrie (le Medef local en quelque sorte).



C'était en fait un événement taillé sur mesure pour les industriels, qui pouvaient ainsi venir faire un speech pour présenter leur stratégie afin de sauver le monde et exposer leurs produits. 170 compagnies de taille mondiale ont répondu à l'appel du "Bright Green". On y trouvait des sociétés de l'industrie (Alstom, General Electric, Honeywell, Philips, Sony) et de l'informatique (Intel, Microsoft), des prestataires de services (FedEx), des fournisseurs d'énergie (Air Liquide, GDF-Suez, Dong Energy au Danemark, Total, Statoil), des pôles de recherche (clusters Cleantech de Copenhague, Norvège et Finlande, site de test suédois TSS pour les véhicules hybrides), des villes (Malmö en Suède, Masdar à Abu Dhabi) et des pays (Canada, France).




Les acteurs de l'automobile sont venus à cet événement. On peut citer par exemple Toyota qui, par sa filiale danoise, a rappelé que 2 millions de véhicules hybrides ont été vendus depuis la première Prius en 1997, que la Prius 3 ne rejette que 89 grammes de CO2 par km, et que 150 Prius hybrides rechargeables vont être testées sur route ouverte à partir de 2010 et pour une période de 3 ans en Europe. La marque rappelle par ailleurs qu'elle explore la piste des biocarburants, de l'électricité et de l'hydrogène.
Plus étonnant, Volvo était représenté à plus d'un titre. La marque suédoise, qui est l'un des transporteurs officiels du COP 15 (voir l'article du 7 décembre), a présenté un transfert de technologie sous le nom de la société ChromoGenics. C'est une start up qui fait du vitrage électro-chrome, filtrant les UV et limitant ainsi les besoins en climatisation, grâce à un verre qui devient translucide. La solution ConverLight peut servir aussi bien dans les voitures que dans les bâtiments et pour d'autres applications encore. Lien pour voir la vidéo :
http://www.chromogenics.com/video_eng.htm
Parmi les autres constructeurs, il y avait aussi Saab, présent en voisin, et surtout Peugeot, venu présenter la Ion électrique, ainsi que la 3008 Hybrid4, la 207 à faible CO2 et le service "Mu" de mobilité intégrale. La marque a aussi présenté lors d'une conférence son puits de carbone en Amazonie (deux millions d'arbres réimplantés et 110 000 tonnes de CO2 économisées en 10 ans), qui est un projet sur 40 ans.
Les équipementiers n'étaient pas en reste. Johnson Controls produit par exemple des batteries pour les véhicules hybrides (Mercedes, BMW et Ford) et a des projets dans l'électrique. La marque américaine a monté une joint venture en France avec Saft (à Nersac, en Charente) et va démarrer un site de production de batteries lithium-ion dans le Michigan.
Le camion se montrait également à Copenhague. Man disposait d'un stand sur le "Bright Green".



La Suède présentait également son savoir-faire en matière de développement durable, ne serait-ce qu'à travers l'initiative Symbiocity (réseaux d'experts pour rendre une ville plus "verte").



Ce réseau s'appuie sur l'élaboration d'un éco quartier en Suède (Hammarby à Stockholm), mais aussi sur de bonnes pratiques. j'ai ainsi appris que la région d'Umea, à 600 km de la capitale, avait remporté un prix en menant campagne pour que les taxis arrêtent de laisser tourner leur moteur à l'arrêt. 90 % d'entre eux ont accepté, ce qui a permis de réduire au passage de 10 % la pollution et la consommation de carburant. Un exemple à méditer pour les villes qui ont beaucoup de taxis (1700 à Copenhague, 13000 à New York, 20000 à Londres et 60000 à Tokyo).



Enfin, parmi les exposants du "Bright Green", on peut mentionner le port de Frederikshavn au Danemark qui entend devenir 100 % vert en 2015 en n'utilisant que des énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien, déchets et pompes à chaleur). Un consortium local d'énergie a mis au point un logiciel pour simuler l'apport des différentes énergies.
Quel programme à Copenhague !