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vendredi 28 décembre 2012

Interview de l'équipe dirigeante de Saab: à lire !!!


Claude Makowski vient d'envoyer une traduction d’un très long article publié peu de temps avant Noël dans Dagens Industrie en Suède (l’équivalent des Echos pour la France).
L’un des rédacteurs en chef de ce quotidien a eu l’opportunité de rencontrer, lors d’une interview, l’ensemble de l’équipe dirigeante.

Extraits……

Peu de personne ont du quitter l’entreprise…

Un camion stationne à l'arrière de l'usine toutes les quinze minutes pour décharger des pièces neuves pour les voitures.
3.600 personnes vont au travail tous les jours, de nouvelles voitures sortent toutes les heures de la ligne de montage, les pizzas sont toujours commandées dans les pizzerias qui parsèment la ville, les enfants vont toujours dans les garderies, et peu de gens ont été obligés de déménager.
Et le bouillant Victor Muller est toujours sûr de la victoire, même après des prévisions de ventes pour 2010 révisées à la baisse par deux fois pour atteindre le niveau 30.000 à 35.000 voitures cette année - tout en restant à 80.000 voitures l'année prochaine.
"Même si nous n'atteignons pas notre objectif pour l'année prochaine, la société ne fermera pas !» nous assure Victor Muller.
En deça quel volume de vente de l'entreprise ne peut-elle survivre l'année prochaine? 60.000 voitures?

"Cela voudrai simplement dire ne pas atteindre notre objectif, mais il ne mettrait pas en péril l'entreprise. Nous avons une flexibilité qui nous permet d’adapter les coûts aux ventes si nécessaire » explique Victor Muller.

Bien que la prévision de vente ait diminuée (pour 2010), Saab Automobile s'en tient à son business plan. Comment cela peut-il fonctionner ?

Jan Åke Jonsson répond et précise qu'il ya plusieurs facteurs en cause:
"Nous avons réduit tous nos coûts - production, développement de produits, marketing, distribution. Nous sommes beaucoup plus efficaces dans notre développement de produits que durant toute notre période GM. Nous avons également décidé de ne pas mettre en place nos propres filiales sur tous les marchés, mais au lieu de cela d'avoir seulement des organisations de vente »
….
"Un autre facteur qui a eu un impact positif est que les pertes de vente les plus importantes se sont faites sur les marchés à faibles marges. Par conséquent, la baisse des ventes ne nous a pas frappé si fort du point de vue financier. Et bien sûr, plus tôt cette année, nous avons bénéficié d'un raffermissement du dollar et d’un euro plus faible. "
 
Tout n'est pas parfait ?

Lorsque nous demandons ce qui a été le plus difficile avec le redémarrage de la société, Jan Åke Jonsson répond spontanément: "Tout ".
«Cela a demandé beaucoup de travail, très complexe, tout n'a pas été parfait, tout le monde n'a pas coopéré comme nous avons cru qu'il le ferait. Nous avons relancé la production avec 820 fournisseurs seulement, la production de la 9-5 fut transférée de Rüsselsheim, celle du 9-3 Cabriolet d’Autriche, nous avons lancé un nouveau modèle, et le redémarrage de l'organisation de distribution… ce fut la partie la plus difficile. "
Jan Åke Jonsson, ajoute, avec une pointe de déception dans sa voix, qu'il s'était attendu à une plus grande reconnaissance du monde pour l'énorme travail que lui et ses collègues ont fait depuis que l'entreprise a redémarré le 23 Février.
…….

De quoi Saab a-t-il besoin maintenant?
"De disperser tous les gros nuages noirs autour de la société essentiellement quant à la personne qui a assurée le financement de l'accord avec GM. (Depuis cette interview, Vladimir Antonov a été lavé de tous soupçons quant à l’origine de ses fonds – ndt) A cause de cela Saab est exclu de tous les marchés financiers offrant des possibilités de financement classiques. Spyker a besoin de fonds pour être en mesure de développer Saab, sinon l'entreprise ne sera jamais rentable. Prenez le petit modèle qui n'est pas inclus dans le business plan : pour le développer, l'entreprise aurait besoin de 200 millions d'euros "
….

L'objectif est maintenant d'être suffisamment en confiance pour définir un prix plus élevé pour nos voitures, plutôt que des volumes de ventes importantes. Et ceci aura lieu à travers la vision de Knut Simonsson:
"Nous allons recréer le côté emblématique de la marque. Nous avons eu une place, nous avions des voitures qui se distinguaient du reste. Nous allons retrouver ce statut iconique. C'est cela qui nous permettra de commencer à faire croitre notre volume. "
Il y a un million de clients dans le monde qu’il faut faire revenir vers la marque.
"Nous avons une année 2011 pleine de nouveautés, ce sera la période la plus importante et la plus intense dans l'histoire de Saab. Ce sera un choc pour tout le système Saab ", se réjouit M. Knut Simonsson.
…..

Vendre plus que la concurrence

Il se réjouit qu’en Novembre, la nouvelle Saab 9-5 s’est vendue (en Suède, ndt) mieux que son principal concurrent l'Audi A6 (327 contre 263) et beaucoup mieux que la Volvo S80 (seulement 88 voitures vendues).
Les voitures que nous connaissons aujourd’hui - et celle que nous verrons en 2011 - ont été développés par Saab du temps de GM. La nouvelle Saab 9-5, le 9-4X (à venir en août) et surtout la 9-5 Sport Combi (les livraisons commencent en Juin, mais les commandes seront acceptées à partir de Mars) ont naturellement leurs points forts, mais ils souffrent aussi de quelques compromis.
……
La première "Saab-Saab", ainsi que Victor Muller appelle la prochaine génération de 9-3, est prévue pour l’automne 2012.
Du point de vue du contenu technique, General Motors avait prévu de baser la nouvelle 9-3 sur la plate-forme Delta, qui sert de base de la nouvelle Opel Astra - ainsi que 27 autres modèles. Cela signifie naturellement beaucoup de compromis, et quand Saab s’est séparé de son propriétaire américain la décision a été prise de développer une plate-forme en interne.
La nouvelle plate-forme a été nommé Phoenix, sans doute en l'honneur de l'oiseau mythique qui renaît de ses cendres.
Aucune information au sujet de la nouvelle 9-3 n'a encore filtrée, mais la nouvelle voiture devrait être à peu près aussi grande que le modèle actuel.

Un nouveau design en un temps record

Du point de vue technique la nouvelle 9-3 sera très avancée. « Dagens Industrie » a déjà décrit le système à quatre roues motrices qui a été développé en collaboration avec  American Axle Company, avec un moteur à combustion à l'avant et deux moteurs électriques installés sur l'essieu arrière.
Malgré quatre roues motrices, les émissions de dioxyde de carbone seront bien en deçà de la limite des 120 grammes / km.
Au moment de la rédaction de cet article, les touches finales sont mises à l'apparence extérieure de la voiture.
Dans un mois, la conception sera «gelée», après quoi aucun changement ne sera possible.
Les travaux ont progressé à une vitesse record. Le nouveau Directeur du design Jason Castriota a commencé à travailler sur le nouveau modèle immédiatement après la journée de presse du salon automobile de Genève en Mars, après une rencontre avec Victor Muller et Jan Åke Jonsson. Ils n’étaient pas satisfaits de la proposition présentée du temps de l'ère GM.

Un style accrocheur

Le but était de donner à la nouvelle Saab 9-3 un aspect plus accrocheur.
"Je voulais donner à la voiture l’aspect d’un « jet » de route, j'ai voulu revenir aux racines aéronautiques, revenir à la silhouette en goutte d’eau des premiers modèles."
Jason Castriota a une équipe permanente de quatre personnes en poste à Trollhättan, mais Victor Muller révèle une méthode peu conventionnelle de travail:
"Raul, qui dessine la voiture, est à Santiago du Chili, Jason est à New York et je suis chez moi. Nous sommes tous connectés en ligne et on peut faire des ajustements immédiats sur le modèle simulé par ordinateur.
"Nous travaillons toute la nuit, heure après heure, en agissant sur les divers changements."
Lorsque la nouvelle 9-3 sera prête dans un mois, Jason Castriota à l'intention de produire un plan pour tous les modèles Saab jusqu'en 2020.
"Maintenant que cette période de folie se termine, nous pouvons penser à l’avenir. Je pense être prêt avec ces propositions d’ici au salon de Genève en Mars. C'est alors que je montrerai à Victor et Jan Åke la direction que le design de Saab devrait tenir pour les prochaines générations. "
Le premier modèle après la 9-3 qui est tant attendue, est de la taille de la Mini. Toutefois, bien que l'apparence de la voiture soit pratiquement finalisée Saab n'a pas encore obtenu le financement pour ce projet.

68.000 voitures par an

….La capacité potentielle de production est de 195.000 voitures, bien qu’actuellement l'usine produit des voitures à un rythme annuel de 68.000 par an, soit 39 voitures par heure.
Pour augmenter la production, il faudra une deuxième équipe, une décision très attendue. Cela créerait 400 à 500 nouveaux emplois et Saab retrouverait son niveau de 4000 employés – à peu près la même taille en terme de main-d'œuvre qu’avant la crise.
"La décision sur une deuxième équipe de travail sera prise quand les volumes de ventes dicteront une telle décision » explique Jan Åke Jonsson diplomatiquement.
Cela permettrait d’accélérer le rythme de production à 56 voitures par heure, correspondant à une production annuelle d'environ 90.000 voitures
……
Victor, qu’est ce qui vous motive exactement ?

Victor Muller gesticule encore une fois, pointant son doigt vers l'usine où les ouvriers terminent leur journée de travail.
"Il suffit de voir par vous-mêmes ! Comment peut-on tout simplement laisser tomber tout cela ? "

Et comment vous sentez-vous maintenant?

«Je suis vraiment heureux que nous ayons continué à nous battre, que nous n'ayons pas abandonné. Si nous ne l’avions pas fait, là où nous nous tenons aujourd’hui, ce serait peut-être un terrain de jeu ! "

Source: Dagens Industri
Traduction: Claude Makowski 

mercredi 26 décembre 2012

Retour sur le 19 décembre vu par la presse (francophone) avec ma petite contribution

Comme promis, voici un petit tour des blogs de presse et de leurs appréhensions de l'évènement du 19 décembre 2011. 

Deux consensus semblent se dégager malgré des nuances d'un journaliste à l'autre : Saab, une marque historique ; GM a achevé Saab et cela remonte bien avant 2012. Certains ne manquent pas de souligner l'inaction effrayante du gouvernement suédois pour prévenir de la crise quand d'autres insistent sur les tensions économico-politiques entre la Chine et les Etats-Unis.

Avant de rentrer dans le détail, ce qui me mine aujourd'hui, c'est le sentiment d'impuissance. Les personnes bien informées ont vu le mur venir dès fin novembre 2010 quand les 6 mois de retard dans la réorganisation complète de la production aussi bien que des réseaux de distribution et des canaux de communication ont pu être chiffrés. Dès le départ le business plan était biaisé.

La principale et (trè)s grave faute de Victor Muller (dont la société holding Spyker/ Swedish Automobile était déjà en 2010 sans fonds propres à injecter dans Saab) serait-elle de n'avoir pas mesuré les conséquences juridiques du crash financier qui se profilait à moins de 6 mois de novembre 2010?
Il devait savoir que tout changement au capital social de plus de 20% risquait de causer une rupture avec GM. Il devait savoir également que tout impayé au fournisseur de licences GM risquait de rendre caduque les accords de 2010 (ce qui a permis à GM de dire définitivement "non" à Youngman, même sans modification du capital social dans le dernier plan présenté et refusé par GM). Victor Muller a-t-il cru que les 280M$ d'actions préférentielles de GM et les dizaines de millions d'euros de créances allaient intimider GM ? Les faits ont démontré le contraire.

Victor Muller a entamé et poursuivi jusqu'au crash financier le développement de la 9-5 Estate et a payé GM les droits nécessaires pour la mise en production du 9-4X au Mexique. Il a également souhaité privilégier une valorisation des actifs de Saab par le développement de la plateforme phoenix (futures 9-3/9-2/9-5), le relooking de la 9-3 2011( Griffin + édition Indépendance) ou encore les nouvelles technologies avec le joint-venture d'e-AAM (XWD full hybride électrique), l'IQon, etc. Le prêt de la BEI a servi à financer la 9-3 électrique et les motorisations < 119gr. de CO2 pour la 9-3 Griffin... Si financièrement Saab a été conduit de façon extrêmement téméraire, la logique de Victor Muller était une logique sincèrement de long terme dont l'avenir de Saab aurait répondu à mi-parcours de la maturité commerciale.

En business point de sentiments. Ce qui intéresse Youngman est bien sûr de pouvoir importer à terme une technologie de constructeur en Chine. Tant que le savoir-faire de Saab serait là - comprendre l'usine de Trollhättan et son personnel d'ingénieur - tout accord entre Saab et Youngman pouvait paraître potentiellement dangereux à GM dont la Chine était le premier marché chinois. Car, enfin, personne il me semble n'a bien cerné le problème actuel de Youngman qui se retrouveRAIT avec des licences (celles de la phoenix) sans le savoir-faire pour les utiliser... Cela, GM l'avait bien compris. Cette décision ne lui aura coûté qu'une petite centaine de millions car ses titres convertibles avaient sans aucun doute déjà été provisionnés à perte dans l'ancienne structure de GM toujours en liquidation judiciaire depuis 2009.

Justement le blogauto nous a rappelé un anniversaire peu reluisant du géant américain : le 20 décembre, "ce jour où GM est mort"
Les événements dans le dossier Saab ont largement éclipsé la disparition d’un autre constructeur la semaine dernière. General Motors, société fondée voici 103 ans, a en effet cessé d’exister…

Fondée le 16 septembre 1908 à Flint par William C. Durant, General Motors a dominé le monde automobile durant plusieurs décennies. Et pas uniquement le monde automobile, puisque GM s’est aussi aventuré selon les périodes dans le milieu aéronautique, le chemin de fer ou même l’électroménager avec la marque Frigidaire… Durant des années, GM fut la plus grosse entreprise du monde, tous secteurs confondus. Et puis est arrivé 2009, et la faillite, la chute d’un symbole.

Une chute qui a entrainé la fermeture de plusieurs usines, le licenciement de milliers d’ouvriers, ainsi que la disparition de trois marques, Hummer, Saturn, Pontiac, et par onde de choc Saab… Au sortir de cet épisode de faillite, General Motors Corp. devient Motors Liquidation Co. tandis que les actifs jugés sains sont transférés dans une toute nouvelle compagnie : General Motors Co., une toute nouvelle société fondée à coups de milliards de dollars apportés par le gouvernement. lire la suite sur le blogauto
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Certains journaux interprêtent le communiqué de l'AFP de façon extensive, mais positive. Ainsi Actualité Automobile souligne que (...)
Victor Muller a aussi précisé aux journalistes que plusieurs investisseurs étaient intéressés par une reprise de l’ultime dernière chance. (....) Dès ce mercredi, une délégation de Youngman (...) [était] présente dans l’usine de Trollhättan pour trouver une solution. Le constructeur chinois est intéressé à garder SAAB dans son usine, mais avec une production à plus petite échelle que précédemment. Avec probablement de nouveaux modèles et sans la technologie GM. Ce qui signifie que SAAB ne relancera son activité que d’ici 18 mois environ… ^^
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Libération s'étonne de l 'entêtement mortifère de General Motors :

(...) GM ne voulait pas qu’ils s’approprient ses technologies, qui équipent la plupart des modèles Saab. «C’est comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits», s’est indigné le syndicaliste Ulf Drufva. (...)
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Un certains nombre de journalistes relèvent le côté scandaleux du dossier Saab - et cela fait du bien de les lire - quand d'autres jouent les grands prêtres de l'industrie automobile ou les cyniques. Oublions les seconds qui n'ont sans doute pas tenu un volant d'une Saab récente plus d'une heure entre les mains...

Le Francofil' s'exclame "Saab suffit!" :
(...) Et comme l’éditorialise le quotidien libéral de la côte ouest le Göteborgs-Posten : A son tour la Suède perd son industrie, à son tour la Suède perd des emplois !
Et de citer sa source Euronews le blog déplore :
(...) "Pour le quotidien libéral Göteborgs-Posten, cela signifie inévitablement la fin de la marque : « L’espoir ne quitte les gens qu’en dernier. Mais croire que quelqu’un serait prêt à reprendre Saab dans son état actuel semble beaucoup trop optimiste. … La production automobile pourra probablement se poursuivre d’une manière ou d’une autre à Trollhättan, où se trouve une usine dernier cri équipée de technique moderne. Le gouvernement et les agences pour l’emploi doivent en tout cas se baser sur le pire scénario possible pour réagir au chômage et au besoin de reclassement qui attend de nombreux employés. La faillite de Saab est une perte pour le grand ensemble que constitue l’industrie automobile suédoise."
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Antoine Dufeu de Caradisiac aussi enrage avec sympathie pour les derniers modèles présentés par Saab:
Et, effectivement, cela ressemble à la fin. General Motors, avant-dernier propriétaire de la marque suédoise, s’est à nouveau opposé à une cession aux récents partenaires chinois de Saab. Pourtant le dernier patron de Saab, Victor Muller, veut encore y croire. Il faut dire qu’il déploie depuis des mois maintenant une énergie incroyable pour trouver une solution aux problèmes financiers et assurer un avenir à la marque.

Avenir qui aurait dû passer par les 9-4X et 9-5. Cette grande berline semblait enfin renouer avec la belle histoire de la marque, proposant une ligne singulière et un cachet si particulier. D’autres projets, plutôt dans l’air du temps, semblaient également en mesure de permettre à Saab de rebondir. Mais le nerf de la guerre aura fait défaut.

Avec Victor Muller et tous les fans de la marque, on ne peut qu’espérer une renaissance proche, tel un Phénix, celui que le concept PhoeniX présenté au Salon de Genève au mois de mars dernier annonçait.

Saab ne peut pas disparaître. Saab ne doit pas disparaître.
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Quelques blogs ont déjà fait leur contribution historique, comme cette rapide (quelques erreurs de dates) chronologie brossée par l'Expansion/L'Express qui parle de la "chute d'une icône des années 80".
Parenthèses : ça ne me fait pas vraiment plaisirs de lire ces témoignages qui arrêtent l'histoire de Saab à la fin des années 80 car si je suis convaincu que GM a mis à mort Saab par un sous-investissement chronique, une incompréhension du marché de Saab et enfin une liquidation vendue à Spyker, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que le partage de technologie avec GM a été complètement nocif : les 900NG/9-3/9-5 le démontrent suffisamment à mes yeux. De toute façon, il suffit de se tourner vers nos voisins allemands pour voir que le partage de technologies et des plateformes est la base du financement des lourds investissements des constructeurs, même premium.
Je ne souscris pas vraiment non plus à ce genre d'affirmations journalistiques, répandues concernant Saab et que je trouve, à tort ou à raison - caricaturales, comme Stéphane Lauer les écrit sur son blog Pertes et Profits :
(...) GM n’aura gagné de l’argent avec Saab. La faute à un trop petit nombre de modèles et à des volumes de ventes qui resteront confidentiels. Pour rentabiliser la marque, GM commettra l’irréparable en montant des morceaux d’Opel, autre filiale du groupe, sur les voitures suédoises. Une solution «tue-l’amour», qui aura raison des derniers vestiges du fameux design.
Mais M. Lauer conclue amèrement et solidairement avec Saab :
(...) Il est vrai que la Chine est désormais le premier marché du groupe américain, qui se voyait mal laisser ainsi prospérer un futur concurrent potentiel avec ses propres brevets. Après avoir laissé vivoter sa filiale pendant des années, GM s’est enfin préoccupé de Saab.
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Michel Holtz sur son blog l'autodidacte arrive à la même conclusion : "Saab est victime de la guerre sino-américaine" mais se montre plutôt longanime avec  la position de General Motors.
(... lire le début de l'article ici)
Évidemment, la décision de GM est lourde de conséquence pour le personnel de Saab, les équipementiers et les filiales étrangères. Ce qui représente près de 6000 personnes qui devraient se retrouver très vite au chômage. Même s’ils se raccrochent à l’infime espoir de voir débarquer un repreneur zorro, susceptible de renflouer la boutique sans quémander le moindre brevet. Et donc sans avoir la possibilité de fabriquer de nouvelles voitures, sauf s’il les crée de toutes pièces. Mais la décision du groupe américain n’a pas dû être très longue à prendre. Le nouveau carrosse suédois, le 4X4 Saab 9-4X, qui intéressait particulièrement les Chinois et devait débarquer chez nous au tout début de l’année prochaine, est fabriqué au Mexique, dans la même usine et sur la même chaîne que son cousin le Cadillac SRX. Logique, puisqu’il s’agit d’une seule et même auto. Cette Cadillac est l’un des fleurons de GM et la meilleure vente de la marque aux US. On imagine donc assez mal les dirigeants de GM acceptant de livrer aux acheteurs asiatiques, le mode d’emploi complet pour fabriquer son best-seller, sans aucun recours de plagiat possible, puisque le transfert aurait été accepté et acté. Les financiers de Detroit ont donc sorti leur calculette pour comparer et trancher. D’un côté leur usine mexicaine, presque la banlieue américaine, ses 12000 salariés et les milliers de garagistes Cadillac à travers les Etats-Unis. De l’autre côté, à 9000 kms de là, une usine de 3 700 personnes, dans une ville, Tröllhatan, au nom imprononçable pour un cadre du Michigan. Leur choix fut aisé et les victimes suédoises sont celles d’une guerre que se livrent, et que n’ont pas finies de se livrer, les groupes occidentaux et chinois. Une guerre du protectionnisme qui fait des victimes : les pays qui n’ont pas pu, ou voulu, en leur temps, conserver leur outil industriel. C’est justement le cas de la Suède, puisque l’autre et seul constructeur national a été vendu en 2010. A un autre groupe Chinois.
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Moins pro-américain, le journal belge La libre fait un long article et questionne non sans cynisme les motifs officiels invoqués par GM pour fonder sa décision.
(...) Pourquoi le groupe américain s’est-il opposé à cette solution ? Il y a tout lieu de se le demander, car le modèle 9-3 est déjà ancien et, en ce qui concerne la récente 9-5, le temps que les Chinois la copient, si telles étaient leurs intentions, le modèle aurait lui aussi vieilli. La nouvelle version de 9-3 n’était pas attendue avant l’an prochain, et l’on a peine à imaginer que le concept PhoeniX, présenté au salon de Genève cette année, recèle des trésors d’innovation. Dessiné par Jason Castriota, ses lignes se démarquent du style Saab actuel tout en se référant à la tradition. Sa transmission intégrale, eXWD, met conjointement en œuvre le moteur 1.6 turbo de 200 ch et l’électrique de 34 ch. Est-ce cela que GM craint de voir tomber en des mains chinoises, ou le logiciel de communication IQon ? Difficile à croire, et invoquer la concurrence que pourrait faire Saab à GM sur le marché chinois prête à sourire jaune : General Motors vend 2,5 millions d’autos par an en Chine. Si Saab en avait vendu 10 000, il aurait brûlé un cierge à Lao Tseu.

En définitive, ce lâchage n’est pas sans rappeler l’attitude de General Motors vis-à-vis d’Opel Anvers : préférer casser le jouet plutôt que de voir un autre jouer avec ou, si l’on préfère, ne pas supporter l’idée de voir quelqu’un réussir là où l’on s’est planté. A moins que le groupe américain n’ait préféré se débarrasser très vite de Saab pour n’être tenu à aucun dédommagement ?
Je ne saurais en revanche que trop souligner la conclusion - un poil exagérée dans les chiffres toutefois - de Dominique Simonet qui écrit:
Quoi qu’il en soit, General Motors a tué une deuxième fois Saab. La première, c’était vendre le constructeur suédois à un artisan volontaire, mais pas à un groupe industriel, en sachant qu’il fallait plus d’un milliard d’euros pour relancer la machine. (... lire l'article en entier ici)
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Je passe sur les très nombreux articles qui reproduisent les dépêches et articles de "fond" prédigérés par les Agence de Presse.

Une news néanmoins qui fait tâche en plus des dépôt de bilan de Saab Automobile, Saab Tool et Saab Powertrain : Le JournalAuto a rapporté le 22 décembre la dépêche AFP Saab Car North America, société importatrice, comme Saab Great Britain, et filiale elle aussi du groupe Saab Automobile, tente d'éviter le dépôt de bilan. La loi sur les faillites (Chapt.11) est beaucoup plus lourde de conséquences sur la faillite et donc si SCNA peut éviter l'issue fatale en espérant un rachat par GM ou une reprise par Youngman, ...
(...) La filiale nord-américaine du constructeur suédois en faillite Saab a embauché un cabinet de conseil pour l'aider à discuter avec ses créanciers et tenter d'éviter le dépôt de bilan, a indiqué son président Tim Colbeck à l'AFP.

"Nous espérons éviter la faillite", a expliqué Tim Colbeck, président de Saab Cars North America (SCNA), précisant toutefois que "les créanciers pourraient poursuivre SCNA en justice ou il pourrait devenir nécessaire de déposer le bilan pour protéger certains actifs". (...)
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Signalons une vidéo synthétique de TF1-LCI :


Avec un commentaire sympathique de l'animateur auto de la chaîne, Pascal Boulanger, qui s'exclame sur son blog Auto-Info : "Saab, pire qu'un gâchis, un scandale!"
(...) Depuis que ce blog existe, j'ai eu l'occasion d'évoquer les malheurs de cette marque, aussi réputée pour ses avions que pour ses voitures ou ses camions (SCANIA).
Je n'ai pas toujours été d'accord avec certains commentaires, mais j'ai toujours eu l'occasion d'écrire mon attachement à SAAB. Quand j'avais 20 ans, dans les années 80, j'étais toujours fasciné par le design des SAAB. Et j'ai été très heureux quand j'ai pu m'offrir un coupé 900 S flambant neuf. Il était noir, avec des sièges en cuir beige. Je l'ai gardé 12 ans, et je regrette de l'avoir vendu... Mais bon c'est la vie.

En voyant ce que General Motors a fait de cette marque, je me suis toujours demandé pourquoi le géant américain l'avait racheté. Les hommes de GM n'en ont rien fait! Pire, ils ont empêché toute initiative autour du redressement de ce label du bon goût et du savoir faire suédois automobile! Il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent! J'ai déjà dit beaucoup de mal de cet incapable de Rick Wagoner, ancien patron pitoyable de GM. L'affaire SAAB est une autre illustration de son incompétence et de son absence de vision.

(...) Il faut cependant rendre hommage à l'homme d'affaires hollandais Victor Muller. Avec ses propres deniers, il a tenté un suavetage, mais le challenge était trop ambitieux, trop difficile à soutenir.

Donc, on arrête les frais, et la nostalgie nous renvoie maintenant les images de SAAB en rallyes, les anciennes 92, 93, 9-5, les 900, berlines ou cabriolets, et tant d'autres belles réalisations. La force du design SAAB était d'être intemporel. La qualité de fabrication était excellente, et les moteurs souvent irréprochables.

Bref, il y a vraiment de quoi être en colère. En méditant sur tout celà je me dis que SAAB devrait toujours exister, et que GM aurait peut-être mériter de disparaître (on n'en a pas été si loin il y a peu), afin de ne plus pouvoir nuire aux autres. (lire l'article en entier sur le blog Auto Info ici)
Merci Monsieur Boulanger.

mercredi 19 décembre 2012

Conf call Saab (interne) et Conférence de presse à THN [MàJ]


  • Ecouter ICI aussi la conférence téléphonique de VM avec les différentes entités Saab (redirection vers SU.COM). A noter : Saab assure que - (conformément aux réglementations), il y aura continuité dans la délivrance des pieces détachées et des garanties la garantie pour l'instant ne porte que sur les pièces détachées (Saab Parts n'est PAS en faillite) mais la garantie constructeur des VN est elle suspendue à l'éventualité d'un rachat de Saab Automobile actuellement en dépôt de bilan, même si il pourra y avoir d'ici la fin de la liquidation quelques délais. Ceci est à souligner et j'ajoute que la branche SAV reste la plus profitable du secteur. Le million de propriétaire de Saab ne doit donc pas s'inquiéter outre mesure à ce propos.

  • Ecouter/voir un extrait de la conférence de presse de Victor Muller (Saab THN)

"Le jour le plus noir de ma carrière et le plus sombre de l'histoire de Saab" (Victor Muller)



"C'est le jour le plus noir de ma carrière et jours les plus sombres de l'histoire de Saab." 
C'est ce qu'a déclaré Victor Muller, quand il était en conférence de presse cet après-midi qu'on lui a  demandé s'il était déçu d'être contraint de demander le dépôt de bilan de la société.
Cela a été un long voyage pour Victor Muller et il lui semblait fatigué et terriblement déçu quand il est entré dans la salle de conférences de Saab à côté de l'entrée principale.
 
- Bien sûr, je suis déçu. Lorsque nous avons reçu le mail de GM à cinq heures ce matin qui disait qu'ils ne seraient pas d'accord pour approuver toute proposition dans laquelle est impliquée Youngman, nous avons dû abandonner.(...)  Et face à ce  "non" catégorique de GM, Youngman a abandonné, après deux mois de négociations. 
Mais Muller ne pense pas que c'est la fin de Saab, même s'il ne sera probablement plus impliqué dans la suite. Il croit qu'il y a des acteurs qui veulent acheter l'entreprise. 
 - J'ai été en contact avec plusieurs investisseurs. S'ils sont sérieux reste à démontrer, dit-il, mais il ne donne pas d'indications sur  qui seraient les parties prenantes.  
 - Bien que cela ressemble à la fin de Saab, cela ne l'est peut-être pas nécessairement. Cela peut être l'occasion pour l'entreprise de renaître de ses cendres tel un phoenix. 
Quel a été le plus gros problème avec Saab a demandé un journaliste.
 - Difficile de répondre. En fin de compte il s'est avéré que c'est GM, mais nous avons eu d'autres problèmes ces huit mois, dit Muller.
 
Il souligne qu'il a travaillé sur la proposition  faite le 15 avril avec Vladimir Antonov en tant qu'investisseur et que si elle avait été suivie par les tierces parties, la production aurait redémarré rapidement. Mais la BEI a  refusé. 
 - Si on devait  recommencer la production dès aujourd'hui, il faudrait au moins 3 mois. (...) 
Qu'advient-il de Victor Muller maintenant? Il ne peut pas répondre. Personnellement, il a perdu 14 millions d'euros, "ce qui est normal quand on prend des risques", dit-il. - La seule chose positive à propos des événements d'aujourd'hui est que j'arrive à rentrer chez moi et à fêter Noël avec ma famille. Je ne l'ai pas fait depuis des années, a déclaré Victor Muller

Interview de TTELA publié ce jour à 13h26 et mise à jour après la conférence de presse de 14h45

Mes premières pensées... "Désemparé et furieux"

C'est la première impression à chaud donné ce matin par Victor Muller à TTELA.SE.

Désemparé et furieux, nous le sommes tous à bien des égards...

Il va falloir du temps pour voir se succéder les réactions des différentes parties, sans parler devoir se farcir les analyses de quelques journalistes comme les Echos ce matin qui écrit que cela ne fera pas grande différence pour les "quelques distributeurs français qui se comptent à peine sur les doigts d'une main" (sic). Quel est le c*n de journaleux qui a écrit ça?! (Il y a près d'une cinquataine d'enseignes qui distribuent Saab rien qu'en France !!!!!!) On va avoir droit aux grands prêtres du journalisme qui vous diront "je vous l'avais dit, cette marque etc..." Laissons-ceux-ci dans leur ignardise et concentrons-nous sur l'essentiel maintenant.

Que va-t-il se passer maintenant pour les salariés de Saab? C'est la principale motivation de ce processus de liquidation volontaire en place : pour accélérer le paiement des salaires par l'Etat suédois garantis sur la cession d'actifs de Saab.

La marque peut-elle se relever? Il est trop tôt pour moi d'affirmer quoi que ce soit, mais cette probabilité n'est pas exclue de la bouche même de Victor Muller qui sort du jeu, devrait mettre Swan, la holding de Saab, en liquidation. Mais les conditions d'une reprise paraissent peu propices. L'improbable c'est que GM reprenne le Griffon. Malgré toute la rancoeur qu'on peut avoir contre l'américain maintenant, ce serait le monde de oui-oui si GM reprenait la marque aujourd'hui, mais il ne faut pas rêver. Le monde de oui-oui n'existe plus pour Saab depuis longtemps... Un autre repreneur peut-il vouloir investir dans Saab et renégocier tous les contrats avec GM? Possible techniquement. Techniquement.... Financièrement avec les contraintes mortelles imposées par GM, j'en doute....

Viendra ensuite la vérité sur 3 années de galère pour Saab, 3 années où GM a TOUT fait pour couler Saab plutôt que de risquer une concurrence externe sur le marché chinois. Et là on en est qu'au début du dépouillement. Les langues qui ont négocié nuit et jour vont se délier et nous allons en apprendre de belles... Mais cela ne changera rien à la profonde tristesse de l'évènement.


La réaction de Youngman est tout ce qu'il y a de plus compréhensible au vu de l'attitude mortifère (à la limite du racisme) de GM.

Tout commence déjà en 2005 quand Bob Lutz disait qu'il fallait liquider Saab et qu'il s'en est fallu de peu pour que le 9-5 et le 9-4X puissent être développés avec une aide financière de l'Etat suédois à l'époque et une pugnacité du management Saab. Tout remonte à la philosophie de GM ou plutôt à la non-philosophie de GM qui dès les années 90 s'est servi de Saab après avoir vendu Jaguar (Merci à Ford d'avoir repris cette belle marque au passage) pour phagocyter la concurrence en Europe et se servir de l'image prestigieuse pour redorer celle de Buick et Cadillac alors en perte de vitesse. Le clou au vrai sens du terme, c'est en 2009 quand Saab connaît alors une première période de Reconstruction sous l'ère GM.

Officiellement en 2009, GM dit vouloir vendre sa marque Saab. Pourtant, partout, partout, on lit des avis autorisés au sein de GM, que Saab n'est "plus rentable", que Saab est en "perte de vitesse" etc. Veut-on être sûr de ne pas trouver un repreneur qu'on ne s'y prendrait pas autrement! Fiat renonce en 2008 à racheter Saab : trop cher le prix de vente. GM refuse Saab à GEELY en 2009, lequel se rabattra sur Volvo avec raison : tout se passe bien avec Ford. Finalement, avec l'aide du gouvernement suédois, GM se dit prêt à choisir un petit repreneur d'abord Koenigseeg puis, in extremis, Spyker... Comment croire une seconde que le gouvernement américain alors aux commandes  de GM souhaitait réellement la survie d'une marque suédoise?

Saab en faillite, cela signifie que GM aura vendu Saab à Spyker pour 400 millions de dollars avec RIEN dedans, RIEN sauf le nom. Demain toutes les licences technologiques reviendront à GM!

 Bref... Est-ce que "tout est foutu"? Victor Muller lui-même dans sa conférence de presse de cet après-midi (je n'ai pas encore le live) a soulevé des possibilités de reprise grâce au droit suédois sur les faillites, mais cette éventualité semble très mince étant donné l'état d'esprit de GM...

Il n'y a "aucun moyen de coopérer avec GM" a admis enfin officiellement Victor Muller.

GM a tué SAAB.
Si vous n'avez pas suivi l'histoire de Saab depuis la fin des années 80 jusqu'à nos jours, vous pourriez douter de l'authenticité de cette affirmation mais dans le cas contraire, vous n'avez alors pas l'ombre d'un doute à ce sujet. Life with Saab a publié un post ce matin ("Saab est mort il y a 3 ans") qui explique exactement la vérité à ce propos. A lire absolument.

GM a tué SAAB.
Ceux qui croient peut-être que celui qui écrit ces mots donnent dans le sensationnalisme, se répand dans des propos bêtement vengeurs ou amers se trompent violemment. Ma voiture Saab est une plateforme GM, c'est une Saab issue de l'ère GM et j'adore cette voiture. J'aurais tant aimé voir GM soutenir sa seule marque européenne Premium... Les nouvelles Saab 9-4X et 9-5 sont des produits Saab que GM a permis de construire (élaboration à partir de 2006). Le problème n'est pas de dire que GM n'a fait que des mauvais choix pour Saab, mais que les financiers à la tête de ce groupe américain ont véritablement réussi à vampiriser le constructeur suédois, puisant tant dans son image Premium que dans ses ressources d'ingénierie pour le développement de plateformes communes, en infusant le minimum de fonds pour maintenir la marque Saab visible sur les marchés.

GM a tué SAAB.
Parce que le gouvernement américain détient encore 60% des parts du géant américain. Eh oui! Le pays du libéralisme économique s'il en est a sauvé fin 2009 son constructeur national par une nationalisation. Qui parle quand GM dit que" les intérêts de ses actionnaires ne peuvent être protégés" en cas d'investissement "sous une quelque forme que ce soit" par Youngman(sic, cf. mail envoyé ce matin à VM).
Parce que le gouvernement suédois n'a pas voulu contrarié ici le gouvernement américain.

La fable des licences technologiques est en fait l'habillage économique d'un bras de fer politico-économique entre la Chine et les Etats-Unis. Et la Suède a choisi son camps. Dommage pour Saab. Victor Muller aura tout tenté. GM a dit "NON". GM a dit "NON" GM a dit "NON"....

La suite dans quelques instants...


mardi 18 décembre 2012

Saab brèves: Top de l'année 2010 pour France info et...

France info a diffusé aujourd'hui à la radio une rubrique sur les top et flop de l'année concernant le marché automobile et pour illustrer la catégorie Top, c'est Saab et le parcours tumultueux de la marque qui est choisit! C'est plutôt une bonne pub pour Saab!


Voilà  le commentaire de Jean Rémy Macchia qui revient sur la gestion de Saab par GM et la réorganisation de la marque avec le rachat de Saab Par Victor Muller. Le journaliste évoque même le moteur SVC concernant les motorisations avant-gardistes abandonnées par GM...


"Et côté « tops » ? 
Immense, très immenses félicitations à la petite marque Saab, pour… être encore vivante ! 
Elle a su résister à tous les mauvais traitements infligés par son précédent propriétaire, General Motors. Saab appartenait à General Motors depuis 20 ans. Gestion peu éclairée, coupe sévère dans tous les budgets, gel des projets de développement, notamment des technologies de moteur très avant-gardistes. Et des choix de gamme assez… surprenants. Il y a eu une lente descente aux enfers, avec des modèles Saab de plus en plus fades, et de moins en moins fiables.



Ca a été, vraiment, une vraie décadence ? 
Oui ! Et, pour couronner le tout, General Motors a annoncé, fin 2009, la… mort de Saab. Et puis… Saab s’est battu. Un tout petit constructeur néerlandais de voitures de sport, Spyker, l’a racheté. 
Aujourd’hui – et c’est vraiment un motif pour décerner la palme de l’endurance industrielle –, Saab a été re-organisé. La nouvelle grande berline 9-5 a été lancée. L’usine historique de la marque, en Suède, a redémarré. La marque s’apprête à commercialiser un 4 X 4. Elle a signé un accord avec Mini pour une future petite voiture, attendue en 2013. "  


Jean Rémy Macchia, ex-rédacteur en chef de l'auto journal et l'automobile magazine!


Autre bonne nouvelle, la Saab 9-5 à été élue par les lecteurs d'autoblog.nl voiture de l'année même s'il est vrai que la communauté de saabsunited a bien aidé ^^ On peut noter que dans ce sondage, l'Audi A1 n'a récolté que 1% des votes, soit autant que le Fiat Doblo...

source: saabsunited, le floch, france info,autoblog.nl

lundi 17 décembre 2012

GM dit "non" à la Reconstruction pour Saab

Je ne voulais pas en parler, car c'est justement ce que voulait James Caïn de GM : peser de tout son poids médiatique sur les réflexions des juges lundi. Malheuresement toute la presse suédoise en parle. Et puis je ne crois pas que les juges de Vänersborg lisent Saab actu...

Ci-dessous donc une traduction d'un article de Thelocal.se:
Dans une déclaration par courriel publié samedi, le porte-parole de GM, James Caïn, dit que les nouvelles propositions de Saab ne sont "pas vraiment différentes" des solutions précédentes que GM a déjà rejetées. "Chaque proposition résulte soit directement ou indirectement dans le transfert du contrôle et/ou la propriété de Saab Automobile d'une manière qui serait préjudiciable à GM et à ses actionnaires", a déclaré Caïn.  
"En tant que tel, GM ne peut soutenir aucune de ces solutions de rechange proposées" 
Parlant avec quotidien suédois Svenska Dagbladet (SvD), le PDG de Saab, Victor Muller, a rétorqué que "GM n'a rien à dire" sur un accord dans lequel le constructeur chinois Youngman recevrait "zéro pour cent" du capital de Saab Automobile .

"La déclaration vient évidemment de ouï-dires et est destinée à affecter négativement la procédure judiciaire de lundi," a dit Muller à SvD.  
Lundi, le tribunal de district de Vänersborg se réunira pour décider si la réorganisation de Saab devrait être résiliée ou prolongée. Le tribunal examinera également la question de savoir si Guy Lofalk, l'administrateur actuel nommé par le tribunal pour superviser la réorganisation des affaires de Saab, doit poursuivre son mandat ou s'il doit être remplacé par Lars Söderqvist.  
Citant des sources au sein de Saab, SVD a rapporté que la société prévoit de présenter à la Cour lundi un plan dans lequel le constructeur automobile suédois créerait une société de développement technologique (joint-venture) dans les Pays-Bas, dont la moitié serait détenue par Youngman.  
"Je ne comprends pas du tout pourquoi GM dirait quelque chose comme ça", dit Söderqvist l'agence de nouvelles TT. "La dernière proposition n'est pas formulée de telle façon à exiger l'approbation de GM." 
Si la déclaration de GM découle d'une incompréhension de quelque sorte, Söderqvist est convaincu que GM obtiendra les informations dont il a besoin.
__________

Il est évident que les déclarations de GM à 2 jours de l'audience du Tribunal ont pour seul but de décourager les juges de valider la poursuite de la Réorganisation. Difficile de ne pas y voir une intention assassine en l'état. GM est désormais sorti de sa neutralité et ne craint plus désormais de mettre Saab au tapis.

Comme le week-end du 3 décembre dernier, GM met son fusil sur la tempe de Saab....


Alors quoi, ce serait aussi simple que ça la fin de l'histoire ? GM dit "non" et Saab meurt ???!!! Après 20 ans sous sa tutelle????!!!

Bon caaaaaaaalmos... On attend lundi le vote des juges. Mais en cas de "non", il est quasiment certain que VM fera appel. 

(Je débranche l'ordi. là... Mais je reviens lundi de toute façon)

Lire aussi : 
Les deux prochains rendez-vous financiers et juridiques pour Saab et Youngman

jeudi 13 décembre 2012

Edito : Les deux prochains rendez-vous financiers et juridiques pour Saab et Youngman

Deux grands rendez-vous attendent encore, à quelques jours d'ici, Victor Muller et Rachel Pang, les Présidents et représentants des sociétés, respectivement Swedish Automobile (holding de Saab Automobile) et Zhejiang Youngman Lotus.

Le premier est sans aucun doute le signe fortement espéré par les actionnaires de Swan, les salariés de Saab Automobile et par nous tous : le virement des salaires de novembre et de décembre.

Dès lors que ce geste financier considérable sera initié par le chinois Youngman, je m'autoriserais à penser que Saab est pratiquement hors de danger.
En effet aucun accord  solide entre Saab, Swan ou Youngman - et encore moins GM - n'est juridiquement validé à ce jour.
Plus inquiétant à court terme cette fois, la Reconstruction est toujours à la merci des juges (depuis la demande juridiquement incontestable d'arrêt de la procédure de Réorganisation par Guy Lofalk, les salaires de novembre étant toujours impayés et à ce titre considérés comme une nouvelle dette).

Si Rachel Pang et Victor Muller parviennent à un degré de confiance tel que la société chinoise ose le pas du paiement des 180 millions de couronnes suédoises promises, il ne fera plus aucun doute sur les intentions  de l'investisseur chinois.
Ce transfert des fonds pourrait être très bien aussi la conséquence d'une détente avérée des discussions secrètes des parties avec GM sur un accord de plus long terme. J'ose y croire, mais j'avoue que mon sentiment sur la volonté d'extermination de Saab par GM l'emporte encore pour l'instant...:(

Parenthèse ici - Il ne faut pas oublier que même si GM n'a pas un accord à donner dans une hypothétique configuration où Youngman serait créancier et actionnaire simplement privilégié de Saab (i.e. sans part au capital social ni droit de vote), même dans ce cas où le droit les dispense de la bénédiction de GM, GM restera un fournisseur indispensable sur qui il faudra pouvoir compter et dont il faut dès aujourd'hui redouter la mauvaise volonté en cas d'accords commerciaux avec Youngman qui ne conviennent (toujours) pas au géant américain.

Pourquoi donc Youngman attend-il si tard pour payer les salaires qu'il dit vouloir payer? Pour faire plier Victor Muller? Certainement pas! VM n'a rien à négocier, car sa richesse, c'est une technologie, un savoir-faire (pour autant que les ingénieurs restent chez Saab). Sa richesse est potentielle, mais les actifs facilement cessibles de Saab Automobile se sont depuis mars dernier réduits à relativement rien face aux dettes qui sont en face...

Je repose ma question : pourquoi Youngman attend-il si tard pour payer les salaires? Parce qu'il attend un audit de Saab? Parce qu'il a peur que Saab ne réussisse pas à repartir? Non plus.

Je vais vous dire ce que j'en pense.... Je peux me tromper, mais j'ai pas mal cogité à ce sujet...

Pour une société capitalisée comme elle est et qui vit peut-être son tournant historique pour entrer dans la cour des vrais constructeurs automobiles chinois (la production de Youngman représente moins de 0.5% de la production là-bas), 20 millions d'euros sont comme 500 euros pour vous et moi.
L'enjeu est tel pour Youngman que les "quelques" dizaines de millions que la société chinoise pourrait perdre ne sont in fine relativement rien par rapport à ce que Saab représente comme potentiel de croissance pour elle. Et c'est pour cela que Youngman redoute le paiement des salaires : parce qu'alors l'aveu de "faiblesse" par rapport au géant américain sur le marché chinois sera sans équivoque et GM va pouvoir négocier comme il l'entend.
Youngman ne veut pas perdre la main si vite. Et comme j'ose espérer malgré tout que GM en secret espère que Youngman empêchera la faillite de Saab ( "on" leur doit plusieurs dizaine de millions d'euros comme fournisseur sans parler des 320 M$ d'actions préférentielles dans Saab). Youngman pourrait donc jouer avec la dernière corde qu'il a à son arc en face de GM : "Saab vivra, vivra pas.". C'est dur le monde des affaires...

Youngman redouterait donc ce moment de vulnérabilité où certes les salariés de Saab Automobile auront ce qu'ils espèrent de façon complètement légitime (dans la mesure où leur loyauté n'a pas fait défaut jusque là et Dieu sait si ce serait une catastrophe de perdre le savoir-faire pour une entreprise comme Saab), mais où GM saura alors qu'il peut aller très loin pour obtenir ce qu'elle souhaite comme condition.

Bref,  le paiement des salaires est le redoutable premier défi pour Youngman et Saab, en ce sens. Mais au point où on en est, j'imagine que les intentions de Youngman sont assez évidentes et bien plus bienveillantes pour Saab qu'on ne le pense. Il reste à prendre des précautions avec GM. Et l'issue n'est pas connue : Youngman ne peut pas faire n'importe quoi non plus, c'est normal.

2ème parenthèse - De voir comment une belle société chinoise envie à souhait une société historique comme Saab Automobile, de voir qu'il faudra au-moins 3 à 4 ans pour que les chinois puissent produire des Saab en Chine, d'imaginer les efforts financiers gigantesques que cela représente et de constater en même temps que le gouvernement suédois est "incapable" d'aider convenablement son constructeur national, il faut être un économiste un peu culotté pour démontrer que l'industrie n'a pas d'avenir en pays développé... Un jour une société suédoise cherchera peut-être en Chine le savoir-faire pour implanter une usine de voiture chez elle? Qui vivra verra...


De ce premier défi découle le second rendez-vous dont nous parlait cet après-midi TTELA.SE :
Saab a demandé et obtenu au Tribunal de Vänersbourg le report d'audience du 16 au lundi 19 décembre. Cette audience programmée doit permettre aux juges d'entendre les parties concernées par la Reconstruction (les représentants des créanciers, des investisseurs et les actionnaires de Saab Automobile) expliquer comment celle-ci peut continuer - c'est-à-dire avec quels moyens financiers - et surtout en vue de quoi - c'est le business plan de Saab Automobile.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les juges ne souhaitent pas endosser la responsabilité des 12 à 15000 emplois qui seraient directement menacés par une éventuelle faillite de Saab. Et ils se sont montrés très à l'écoute des problèmes concrets rencontrés par Youngman et par Saab.
Le Tribunal de Vänersbourg convoquera aussi l'admisnitrateur Guy Lofalk qui rendra son rapport. Les représentants des créanciers seront entendus.

Il ne fait aucun doute que si les fonds - les salaires plus un complément - ne sont pas versés par Youngman, Saab ne sera pas en mesure de présenter valablement une poursuite de la procédure de Réorganisation lundi 19 décembre prochain. Mais si les fonds sont arrivés, il restera la tâche délicate au managament de Saab et de Youngman de présenter un business plan sur la base d'un protocole d'accords financiers qui cette fois sont réellement viables. En l'absence de GM, difficile de trancher pour la Cour... Lundi prochain si les salaires auront été payés, le fantôme américain s'invitera aux débats. Gageons que les juges suédois se montreront compréhensifs compte-tenu des risques importants pris par Youngman.

Et maintenant, il faut attendre le paiement des salaires qui sera le geste de négociations presque abouties entre les parties et le chinois Youngman. Une fois cela fait, le rendez-vous de lundi devrait bien se passer si nous en croyons Victor Muller et Rachel Pang, la représentante de Youngman.

Si tout va comme on l'espère, il restera le délibéré des juges concernant la poursuite de la Réorganisation à la suite de l'audience de lundi prochain et la poursuite des négociations pour aboutir enfin à un accord... Et il sera peut-être à ce moment le 15 janvier, ma fête... La fête de tous les saabistes... Enfin, ne rêvons pas trop. Attendons ce deuxième transfert de fonds. Et là, on pourra recommencer à écrire avec des "et si..."