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dimanche 30 décembre 2012

GM : officiellement pas complètement fermés à la discussion

Extrait de TTela.se:

"S'il y a quelqu'un (un repreneur) qui souhaite construire des Saab avec nos licences et que leurs intérêts n'entrent pas en conflit avec les nôtres, nous serions à l'écoute de leurs propositions. Mais cette possibilité est lointaine" a déclaré hier J. Caïn, porte-parole de General Motors

vendredi 28 décembre 2012

Une chronique de Jean-Remy, radio France Info

Excellente chronique que Jeff de Saablog-in nous a fait découvrir sur son blog ce matin !

mercredi 26 décembre 2012

Retour sur le 19 décembre vu par la presse (francophone) avec ma petite contribution

Comme promis, voici un petit tour des blogs de presse et de leurs appréhensions de l'évènement du 19 décembre 2011. 

Deux consensus semblent se dégager malgré des nuances d'un journaliste à l'autre : Saab, une marque historique ; GM a achevé Saab et cela remonte bien avant 2012. Certains ne manquent pas de souligner l'inaction effrayante du gouvernement suédois pour prévenir de la crise quand d'autres insistent sur les tensions économico-politiques entre la Chine et les Etats-Unis.

Avant de rentrer dans le détail, ce qui me mine aujourd'hui, c'est le sentiment d'impuissance. Les personnes bien informées ont vu le mur venir dès fin novembre 2010 quand les 6 mois de retard dans la réorganisation complète de la production aussi bien que des réseaux de distribution et des canaux de communication ont pu être chiffrés. Dès le départ le business plan était biaisé.

La principale et (trè)s grave faute de Victor Muller (dont la société holding Spyker/ Swedish Automobile était déjà en 2010 sans fonds propres à injecter dans Saab) serait-elle de n'avoir pas mesuré les conséquences juridiques du crash financier qui se profilait à moins de 6 mois de novembre 2010?
Il devait savoir que tout changement au capital social de plus de 20% risquait de causer une rupture avec GM. Il devait savoir également que tout impayé au fournisseur de licences GM risquait de rendre caduque les accords de 2010 (ce qui a permis à GM de dire définitivement "non" à Youngman, même sans modification du capital social dans le dernier plan présenté et refusé par GM). Victor Muller a-t-il cru que les 280M$ d'actions préférentielles de GM et les dizaines de millions d'euros de créances allaient intimider GM ? Les faits ont démontré le contraire.

Victor Muller a entamé et poursuivi jusqu'au crash financier le développement de la 9-5 Estate et a payé GM les droits nécessaires pour la mise en production du 9-4X au Mexique. Il a également souhaité privilégier une valorisation des actifs de Saab par le développement de la plateforme phoenix (futures 9-3/9-2/9-5), le relooking de la 9-3 2011( Griffin + édition Indépendance) ou encore les nouvelles technologies avec le joint-venture d'e-AAM (XWD full hybride électrique), l'IQon, etc. Le prêt de la BEI a servi à financer la 9-3 électrique et les motorisations < 119gr. de CO2 pour la 9-3 Griffin... Si financièrement Saab a été conduit de façon extrêmement téméraire, la logique de Victor Muller était une logique sincèrement de long terme dont l'avenir de Saab aurait répondu à mi-parcours de la maturité commerciale.

En business point de sentiments. Ce qui intéresse Youngman est bien sûr de pouvoir importer à terme une technologie de constructeur en Chine. Tant que le savoir-faire de Saab serait là - comprendre l'usine de Trollhättan et son personnel d'ingénieur - tout accord entre Saab et Youngman pouvait paraître potentiellement dangereux à GM dont la Chine était le premier marché chinois. Car, enfin, personne il me semble n'a bien cerné le problème actuel de Youngman qui se retrouveRAIT avec des licences (celles de la phoenix) sans le savoir-faire pour les utiliser... Cela, GM l'avait bien compris. Cette décision ne lui aura coûté qu'une petite centaine de millions car ses titres convertibles avaient sans aucun doute déjà été provisionnés à perte dans l'ancienne structure de GM toujours en liquidation judiciaire depuis 2009.

Justement le blogauto nous a rappelé un anniversaire peu reluisant du géant américain : le 20 décembre, "ce jour où GM est mort"
Les événements dans le dossier Saab ont largement éclipsé la disparition d’un autre constructeur la semaine dernière. General Motors, société fondée voici 103 ans, a en effet cessé d’exister…

Fondée le 16 septembre 1908 à Flint par William C. Durant, General Motors a dominé le monde automobile durant plusieurs décennies. Et pas uniquement le monde automobile, puisque GM s’est aussi aventuré selon les périodes dans le milieu aéronautique, le chemin de fer ou même l’électroménager avec la marque Frigidaire… Durant des années, GM fut la plus grosse entreprise du monde, tous secteurs confondus. Et puis est arrivé 2009, et la faillite, la chute d’un symbole.

Une chute qui a entrainé la fermeture de plusieurs usines, le licenciement de milliers d’ouvriers, ainsi que la disparition de trois marques, Hummer, Saturn, Pontiac, et par onde de choc Saab… Au sortir de cet épisode de faillite, General Motors Corp. devient Motors Liquidation Co. tandis que les actifs jugés sains sont transférés dans une toute nouvelle compagnie : General Motors Co., une toute nouvelle société fondée à coups de milliards de dollars apportés par le gouvernement. lire la suite sur le blogauto
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Certains journaux interprêtent le communiqué de l'AFP de façon extensive, mais positive. Ainsi Actualité Automobile souligne que (...)
Victor Muller a aussi précisé aux journalistes que plusieurs investisseurs étaient intéressés par une reprise de l’ultime dernière chance. (....) Dès ce mercredi, une délégation de Youngman (...) [était] présente dans l’usine de Trollhättan pour trouver une solution. Le constructeur chinois est intéressé à garder SAAB dans son usine, mais avec une production à plus petite échelle que précédemment. Avec probablement de nouveaux modèles et sans la technologie GM. Ce qui signifie que SAAB ne relancera son activité que d’ici 18 mois environ… ^^
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Libération s'étonne de l 'entêtement mortifère de General Motors :

(...) GM ne voulait pas qu’ils s’approprient ses technologies, qui équipent la plupart des modèles Saab. «C’est comme si GM voyait une menace dans Saab. Et je ne peux pas le comprendre. Nous sommes tellement petits», s’est indigné le syndicaliste Ulf Drufva. (...)
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Un certains nombre de journalistes relèvent le côté scandaleux du dossier Saab - et cela fait du bien de les lire - quand d'autres jouent les grands prêtres de l'industrie automobile ou les cyniques. Oublions les seconds qui n'ont sans doute pas tenu un volant d'une Saab récente plus d'une heure entre les mains...

Le Francofil' s'exclame "Saab suffit!" :
(...) Et comme l’éditorialise le quotidien libéral de la côte ouest le Göteborgs-Posten : A son tour la Suède perd son industrie, à son tour la Suède perd des emplois !
Et de citer sa source Euronews le blog déplore :
(...) "Pour le quotidien libéral Göteborgs-Posten, cela signifie inévitablement la fin de la marque : « L’espoir ne quitte les gens qu’en dernier. Mais croire que quelqu’un serait prêt à reprendre Saab dans son état actuel semble beaucoup trop optimiste. … La production automobile pourra probablement se poursuivre d’une manière ou d’une autre à Trollhättan, où se trouve une usine dernier cri équipée de technique moderne. Le gouvernement et les agences pour l’emploi doivent en tout cas se baser sur le pire scénario possible pour réagir au chômage et au besoin de reclassement qui attend de nombreux employés. La faillite de Saab est une perte pour le grand ensemble que constitue l’industrie automobile suédoise."
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Antoine Dufeu de Caradisiac aussi enrage avec sympathie pour les derniers modèles présentés par Saab:
Et, effectivement, cela ressemble à la fin. General Motors, avant-dernier propriétaire de la marque suédoise, s’est à nouveau opposé à une cession aux récents partenaires chinois de Saab. Pourtant le dernier patron de Saab, Victor Muller, veut encore y croire. Il faut dire qu’il déploie depuis des mois maintenant une énergie incroyable pour trouver une solution aux problèmes financiers et assurer un avenir à la marque.

Avenir qui aurait dû passer par les 9-4X et 9-5. Cette grande berline semblait enfin renouer avec la belle histoire de la marque, proposant une ligne singulière et un cachet si particulier. D’autres projets, plutôt dans l’air du temps, semblaient également en mesure de permettre à Saab de rebondir. Mais le nerf de la guerre aura fait défaut.

Avec Victor Muller et tous les fans de la marque, on ne peut qu’espérer une renaissance proche, tel un Phénix, celui que le concept PhoeniX présenté au Salon de Genève au mois de mars dernier annonçait.

Saab ne peut pas disparaître. Saab ne doit pas disparaître.
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Quelques blogs ont déjà fait leur contribution historique, comme cette rapide (quelques erreurs de dates) chronologie brossée par l'Expansion/L'Express qui parle de la "chute d'une icône des années 80".
Parenthèses : ça ne me fait pas vraiment plaisirs de lire ces témoignages qui arrêtent l'histoire de Saab à la fin des années 80 car si je suis convaincu que GM a mis à mort Saab par un sous-investissement chronique, une incompréhension du marché de Saab et enfin une liquidation vendue à Spyker, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que le partage de technologie avec GM a été complètement nocif : les 900NG/9-3/9-5 le démontrent suffisamment à mes yeux. De toute façon, il suffit de se tourner vers nos voisins allemands pour voir que le partage de technologies et des plateformes est la base du financement des lourds investissements des constructeurs, même premium.
Je ne souscris pas vraiment non plus à ce genre d'affirmations journalistiques, répandues concernant Saab et que je trouve, à tort ou à raison - caricaturales, comme Stéphane Lauer les écrit sur son blog Pertes et Profits :
(...) GM n’aura gagné de l’argent avec Saab. La faute à un trop petit nombre de modèles et à des volumes de ventes qui resteront confidentiels. Pour rentabiliser la marque, GM commettra l’irréparable en montant des morceaux d’Opel, autre filiale du groupe, sur les voitures suédoises. Une solution «tue-l’amour», qui aura raison des derniers vestiges du fameux design.
Mais M. Lauer conclue amèrement et solidairement avec Saab :
(...) Il est vrai que la Chine est désormais le premier marché du groupe américain, qui se voyait mal laisser ainsi prospérer un futur concurrent potentiel avec ses propres brevets. Après avoir laissé vivoter sa filiale pendant des années, GM s’est enfin préoccupé de Saab.
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Michel Holtz sur son blog l'autodidacte arrive à la même conclusion : "Saab est victime de la guerre sino-américaine" mais se montre plutôt longanime avec  la position de General Motors.
(... lire le début de l'article ici)
Évidemment, la décision de GM est lourde de conséquence pour le personnel de Saab, les équipementiers et les filiales étrangères. Ce qui représente près de 6000 personnes qui devraient se retrouver très vite au chômage. Même s’ils se raccrochent à l’infime espoir de voir débarquer un repreneur zorro, susceptible de renflouer la boutique sans quémander le moindre brevet. Et donc sans avoir la possibilité de fabriquer de nouvelles voitures, sauf s’il les crée de toutes pièces. Mais la décision du groupe américain n’a pas dû être très longue à prendre. Le nouveau carrosse suédois, le 4X4 Saab 9-4X, qui intéressait particulièrement les Chinois et devait débarquer chez nous au tout début de l’année prochaine, est fabriqué au Mexique, dans la même usine et sur la même chaîne que son cousin le Cadillac SRX. Logique, puisqu’il s’agit d’une seule et même auto. Cette Cadillac est l’un des fleurons de GM et la meilleure vente de la marque aux US. On imagine donc assez mal les dirigeants de GM acceptant de livrer aux acheteurs asiatiques, le mode d’emploi complet pour fabriquer son best-seller, sans aucun recours de plagiat possible, puisque le transfert aurait été accepté et acté. Les financiers de Detroit ont donc sorti leur calculette pour comparer et trancher. D’un côté leur usine mexicaine, presque la banlieue américaine, ses 12000 salariés et les milliers de garagistes Cadillac à travers les Etats-Unis. De l’autre côté, à 9000 kms de là, une usine de 3 700 personnes, dans une ville, Tröllhatan, au nom imprononçable pour un cadre du Michigan. Leur choix fut aisé et les victimes suédoises sont celles d’une guerre que se livrent, et que n’ont pas finies de se livrer, les groupes occidentaux et chinois. Une guerre du protectionnisme qui fait des victimes : les pays qui n’ont pas pu, ou voulu, en leur temps, conserver leur outil industriel. C’est justement le cas de la Suède, puisque l’autre et seul constructeur national a été vendu en 2010. A un autre groupe Chinois.
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Moins pro-américain, le journal belge La libre fait un long article et questionne non sans cynisme les motifs officiels invoqués par GM pour fonder sa décision.
(...) Pourquoi le groupe américain s’est-il opposé à cette solution ? Il y a tout lieu de se le demander, car le modèle 9-3 est déjà ancien et, en ce qui concerne la récente 9-5, le temps que les Chinois la copient, si telles étaient leurs intentions, le modèle aurait lui aussi vieilli. La nouvelle version de 9-3 n’était pas attendue avant l’an prochain, et l’on a peine à imaginer que le concept PhoeniX, présenté au salon de Genève cette année, recèle des trésors d’innovation. Dessiné par Jason Castriota, ses lignes se démarquent du style Saab actuel tout en se référant à la tradition. Sa transmission intégrale, eXWD, met conjointement en œuvre le moteur 1.6 turbo de 200 ch et l’électrique de 34 ch. Est-ce cela que GM craint de voir tomber en des mains chinoises, ou le logiciel de communication IQon ? Difficile à croire, et invoquer la concurrence que pourrait faire Saab à GM sur le marché chinois prête à sourire jaune : General Motors vend 2,5 millions d’autos par an en Chine. Si Saab en avait vendu 10 000, il aurait brûlé un cierge à Lao Tseu.

En définitive, ce lâchage n’est pas sans rappeler l’attitude de General Motors vis-à-vis d’Opel Anvers : préférer casser le jouet plutôt que de voir un autre jouer avec ou, si l’on préfère, ne pas supporter l’idée de voir quelqu’un réussir là où l’on s’est planté. A moins que le groupe américain n’ait préféré se débarrasser très vite de Saab pour n’être tenu à aucun dédommagement ?
Je ne saurais en revanche que trop souligner la conclusion - un poil exagérée dans les chiffres toutefois - de Dominique Simonet qui écrit:
Quoi qu’il en soit, General Motors a tué une deuxième fois Saab. La première, c’était vendre le constructeur suédois à un artisan volontaire, mais pas à un groupe industriel, en sachant qu’il fallait plus d’un milliard d’euros pour relancer la machine. (... lire l'article en entier ici)
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Je passe sur les très nombreux articles qui reproduisent les dépêches et articles de "fond" prédigérés par les Agence de Presse.

Une news néanmoins qui fait tâche en plus des dépôt de bilan de Saab Automobile, Saab Tool et Saab Powertrain : Le JournalAuto a rapporté le 22 décembre la dépêche AFP Saab Car North America, société importatrice, comme Saab Great Britain, et filiale elle aussi du groupe Saab Automobile, tente d'éviter le dépôt de bilan. La loi sur les faillites (Chapt.11) est beaucoup plus lourde de conséquences sur la faillite et donc si SCNA peut éviter l'issue fatale en espérant un rachat par GM ou une reprise par Youngman, ...
(...) La filiale nord-américaine du constructeur suédois en faillite Saab a embauché un cabinet de conseil pour l'aider à discuter avec ses créanciers et tenter d'éviter le dépôt de bilan, a indiqué son président Tim Colbeck à l'AFP.

"Nous espérons éviter la faillite", a expliqué Tim Colbeck, président de Saab Cars North America (SCNA), précisant toutefois que "les créanciers pourraient poursuivre SCNA en justice ou il pourrait devenir nécessaire de déposer le bilan pour protéger certains actifs". (...)
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Signalons une vidéo synthétique de TF1-LCI :


Avec un commentaire sympathique de l'animateur auto de la chaîne, Pascal Boulanger, qui s'exclame sur son blog Auto-Info : "Saab, pire qu'un gâchis, un scandale!"
(...) Depuis que ce blog existe, j'ai eu l'occasion d'évoquer les malheurs de cette marque, aussi réputée pour ses avions que pour ses voitures ou ses camions (SCANIA).
Je n'ai pas toujours été d'accord avec certains commentaires, mais j'ai toujours eu l'occasion d'écrire mon attachement à SAAB. Quand j'avais 20 ans, dans les années 80, j'étais toujours fasciné par le design des SAAB. Et j'ai été très heureux quand j'ai pu m'offrir un coupé 900 S flambant neuf. Il était noir, avec des sièges en cuir beige. Je l'ai gardé 12 ans, et je regrette de l'avoir vendu... Mais bon c'est la vie.

En voyant ce que General Motors a fait de cette marque, je me suis toujours demandé pourquoi le géant américain l'avait racheté. Les hommes de GM n'en ont rien fait! Pire, ils ont empêché toute initiative autour du redressement de ce label du bon goût et du savoir faire suédois automobile! Il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent! J'ai déjà dit beaucoup de mal de cet incapable de Rick Wagoner, ancien patron pitoyable de GM. L'affaire SAAB est une autre illustration de son incompétence et de son absence de vision.

(...) Il faut cependant rendre hommage à l'homme d'affaires hollandais Victor Muller. Avec ses propres deniers, il a tenté un suavetage, mais le challenge était trop ambitieux, trop difficile à soutenir.

Donc, on arrête les frais, et la nostalgie nous renvoie maintenant les images de SAAB en rallyes, les anciennes 92, 93, 9-5, les 900, berlines ou cabriolets, et tant d'autres belles réalisations. La force du design SAAB était d'être intemporel. La qualité de fabrication était excellente, et les moteurs souvent irréprochables.

Bref, il y a vraiment de quoi être en colère. En méditant sur tout celà je me dis que SAAB devrait toujours exister, et que GM aurait peut-être mériter de disparaître (on n'en a pas été si loin il y a peu), afin de ne plus pouvoir nuire aux autres. (lire l'article en entier sur le blog Auto Info ici)
Merci Monsieur Boulanger.

dimanche 23 décembre 2012

General Motors lance à son tour une offensive sur l'hydrogène

Après Mercedes, qui va lancer son F Cell World Drive à partir du 29 janvier, c'est au tour de General Motors de lancer une offensive sur l'hydrogène. Le géant américain est impliqué dans un programme à Hawaï, qui a pour nom H2I (Hawaï Hydrogen Initiative). L'objectif est de bâtir une infrastructure avec 25 stations de remplissage d'ici 2015, réparties dans des endroits stratégiques. L'état d'Hawaï souhaite mettre en place une mobilité durable, avec un accès facilité à l'hydrogène pour un million d'habitants. La date n'est pas un hasard, car c'est l'objectif que vise GM (mais aussi Ford, Daimler,Renault-Nissan, Hyundai-Kia, Honda et Toyota) pour démarrer la production des premiers véhicules à pile à combustible.

GM vient de livrer un premier exemplaire de la Chevrolet Equinox à hydrogène à la Marine américaine. La Navy et le premier des 11 partenaires (parmi lesquels des entreprises et des universités) à en disposer. Pendant ce temps, en Europe, la filiale Opel étend les tests de ses véhicules Hydrogen4. Après Berlin, où la marque au blitz est liée au consortium CEP (Clean Energy Partnership), elle va faire rouler ses voitures à pile à combustible à Düsseldorf, ainsi que dans la Rhénanie du Nord-Westphalie. Dans la capitale allemande, Opel teste au quotidien des véhicules Hydrogen4 auprès de partenaires tels que l'ADAC, Allianz, Axel Springer AG/Bild, Coca-Cola, Enertrag, Hilton, Ikea, Linde, Pace, Schindler, Total et Veolia. Et, à ce jour, General Motors totalise 2,2 millions de km parcourus et 17 000 pleins d'hydrogène sans avoir rencontré le moindre problème.

*Depuis 2004, le consortium CEP procède à des tests dans Berlin avec des partenaires comme BMW, Daimler, Ford, Toyota, VW.... Il prépare actuellement la phase de préparation du marché, sur la période 2012-2016.

mercredi 19 décembre 2012

Mes premières pensées... "Désemparé et furieux"

C'est la première impression à chaud donné ce matin par Victor Muller à TTELA.SE.

Désemparé et furieux, nous le sommes tous à bien des égards...

Il va falloir du temps pour voir se succéder les réactions des différentes parties, sans parler devoir se farcir les analyses de quelques journalistes comme les Echos ce matin qui écrit que cela ne fera pas grande différence pour les "quelques distributeurs français qui se comptent à peine sur les doigts d'une main" (sic). Quel est le c*n de journaleux qui a écrit ça?! (Il y a près d'une cinquataine d'enseignes qui distribuent Saab rien qu'en France !!!!!!) On va avoir droit aux grands prêtres du journalisme qui vous diront "je vous l'avais dit, cette marque etc..." Laissons-ceux-ci dans leur ignardise et concentrons-nous sur l'essentiel maintenant.

Que va-t-il se passer maintenant pour les salariés de Saab? C'est la principale motivation de ce processus de liquidation volontaire en place : pour accélérer le paiement des salaires par l'Etat suédois garantis sur la cession d'actifs de Saab.

La marque peut-elle se relever? Il est trop tôt pour moi d'affirmer quoi que ce soit, mais cette probabilité n'est pas exclue de la bouche même de Victor Muller qui sort du jeu, devrait mettre Swan, la holding de Saab, en liquidation. Mais les conditions d'une reprise paraissent peu propices. L'improbable c'est que GM reprenne le Griffon. Malgré toute la rancoeur qu'on peut avoir contre l'américain maintenant, ce serait le monde de oui-oui si GM reprenait la marque aujourd'hui, mais il ne faut pas rêver. Le monde de oui-oui n'existe plus pour Saab depuis longtemps... Un autre repreneur peut-il vouloir investir dans Saab et renégocier tous les contrats avec GM? Possible techniquement. Techniquement.... Financièrement avec les contraintes mortelles imposées par GM, j'en doute....

Viendra ensuite la vérité sur 3 années de galère pour Saab, 3 années où GM a TOUT fait pour couler Saab plutôt que de risquer une concurrence externe sur le marché chinois. Et là on en est qu'au début du dépouillement. Les langues qui ont négocié nuit et jour vont se délier et nous allons en apprendre de belles... Mais cela ne changera rien à la profonde tristesse de l'évènement.


La réaction de Youngman est tout ce qu'il y a de plus compréhensible au vu de l'attitude mortifère (à la limite du racisme) de GM.

Tout commence déjà en 2005 quand Bob Lutz disait qu'il fallait liquider Saab et qu'il s'en est fallu de peu pour que le 9-5 et le 9-4X puissent être développés avec une aide financière de l'Etat suédois à l'époque et une pugnacité du management Saab. Tout remonte à la philosophie de GM ou plutôt à la non-philosophie de GM qui dès les années 90 s'est servi de Saab après avoir vendu Jaguar (Merci à Ford d'avoir repris cette belle marque au passage) pour phagocyter la concurrence en Europe et se servir de l'image prestigieuse pour redorer celle de Buick et Cadillac alors en perte de vitesse. Le clou au vrai sens du terme, c'est en 2009 quand Saab connaît alors une première période de Reconstruction sous l'ère GM.

Officiellement en 2009, GM dit vouloir vendre sa marque Saab. Pourtant, partout, partout, on lit des avis autorisés au sein de GM, que Saab n'est "plus rentable", que Saab est en "perte de vitesse" etc. Veut-on être sûr de ne pas trouver un repreneur qu'on ne s'y prendrait pas autrement! Fiat renonce en 2008 à racheter Saab : trop cher le prix de vente. GM refuse Saab à GEELY en 2009, lequel se rabattra sur Volvo avec raison : tout se passe bien avec Ford. Finalement, avec l'aide du gouvernement suédois, GM se dit prêt à choisir un petit repreneur d'abord Koenigseeg puis, in extremis, Spyker... Comment croire une seconde que le gouvernement américain alors aux commandes  de GM souhaitait réellement la survie d'une marque suédoise?

Saab en faillite, cela signifie que GM aura vendu Saab à Spyker pour 400 millions de dollars avec RIEN dedans, RIEN sauf le nom. Demain toutes les licences technologiques reviendront à GM!

 Bref... Est-ce que "tout est foutu"? Victor Muller lui-même dans sa conférence de presse de cet après-midi (je n'ai pas encore le live) a soulevé des possibilités de reprise grâce au droit suédois sur les faillites, mais cette éventualité semble très mince étant donné l'état d'esprit de GM...

Il n'y a "aucun moyen de coopérer avec GM" a admis enfin officiellement Victor Muller.

GM a tué SAAB.
Si vous n'avez pas suivi l'histoire de Saab depuis la fin des années 80 jusqu'à nos jours, vous pourriez douter de l'authenticité de cette affirmation mais dans le cas contraire, vous n'avez alors pas l'ombre d'un doute à ce sujet. Life with Saab a publié un post ce matin ("Saab est mort il y a 3 ans") qui explique exactement la vérité à ce propos. A lire absolument.

GM a tué SAAB.
Ceux qui croient peut-être que celui qui écrit ces mots donnent dans le sensationnalisme, se répand dans des propos bêtement vengeurs ou amers se trompent violemment. Ma voiture Saab est une plateforme GM, c'est une Saab issue de l'ère GM et j'adore cette voiture. J'aurais tant aimé voir GM soutenir sa seule marque européenne Premium... Les nouvelles Saab 9-4X et 9-5 sont des produits Saab que GM a permis de construire (élaboration à partir de 2006). Le problème n'est pas de dire que GM n'a fait que des mauvais choix pour Saab, mais que les financiers à la tête de ce groupe américain ont véritablement réussi à vampiriser le constructeur suédois, puisant tant dans son image Premium que dans ses ressources d'ingénierie pour le développement de plateformes communes, en infusant le minimum de fonds pour maintenir la marque Saab visible sur les marchés.

GM a tué SAAB.
Parce que le gouvernement américain détient encore 60% des parts du géant américain. Eh oui! Le pays du libéralisme économique s'il en est a sauvé fin 2009 son constructeur national par une nationalisation. Qui parle quand GM dit que" les intérêts de ses actionnaires ne peuvent être protégés" en cas d'investissement "sous une quelque forme que ce soit" par Youngman(sic, cf. mail envoyé ce matin à VM).
Parce que le gouvernement suédois n'a pas voulu contrarié ici le gouvernement américain.

La fable des licences technologiques est en fait l'habillage économique d'un bras de fer politico-économique entre la Chine et les Etats-Unis. Et la Suède a choisi son camps. Dommage pour Saab. Victor Muller aura tout tenté. GM a dit "NON". GM a dit "NON" GM a dit "NON"....

La suite dans quelques instants...


lundi 17 décembre 2012

GM dit "non" à la Reconstruction pour Saab

Je ne voulais pas en parler, car c'est justement ce que voulait James Caïn de GM : peser de tout son poids médiatique sur les réflexions des juges lundi. Malheuresement toute la presse suédoise en parle. Et puis je ne crois pas que les juges de Vänersborg lisent Saab actu...

Ci-dessous donc une traduction d'un article de Thelocal.se:
Dans une déclaration par courriel publié samedi, le porte-parole de GM, James Caïn, dit que les nouvelles propositions de Saab ne sont "pas vraiment différentes" des solutions précédentes que GM a déjà rejetées. "Chaque proposition résulte soit directement ou indirectement dans le transfert du contrôle et/ou la propriété de Saab Automobile d'une manière qui serait préjudiciable à GM et à ses actionnaires", a déclaré Caïn.  
"En tant que tel, GM ne peut soutenir aucune de ces solutions de rechange proposées" 
Parlant avec quotidien suédois Svenska Dagbladet (SvD), le PDG de Saab, Victor Muller, a rétorqué que "GM n'a rien à dire" sur un accord dans lequel le constructeur chinois Youngman recevrait "zéro pour cent" du capital de Saab Automobile .

"La déclaration vient évidemment de ouï-dires et est destinée à affecter négativement la procédure judiciaire de lundi," a dit Muller à SvD.  
Lundi, le tribunal de district de Vänersborg se réunira pour décider si la réorganisation de Saab devrait être résiliée ou prolongée. Le tribunal examinera également la question de savoir si Guy Lofalk, l'administrateur actuel nommé par le tribunal pour superviser la réorganisation des affaires de Saab, doit poursuivre son mandat ou s'il doit être remplacé par Lars Söderqvist.  
Citant des sources au sein de Saab, SVD a rapporté que la société prévoit de présenter à la Cour lundi un plan dans lequel le constructeur automobile suédois créerait une société de développement technologique (joint-venture) dans les Pays-Bas, dont la moitié serait détenue par Youngman.  
"Je ne comprends pas du tout pourquoi GM dirait quelque chose comme ça", dit Söderqvist l'agence de nouvelles TT. "La dernière proposition n'est pas formulée de telle façon à exiger l'approbation de GM." 
Si la déclaration de GM découle d'une incompréhension de quelque sorte, Söderqvist est convaincu que GM obtiendra les informations dont il a besoin.
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Il est évident que les déclarations de GM à 2 jours de l'audience du Tribunal ont pour seul but de décourager les juges de valider la poursuite de la Réorganisation. Difficile de ne pas y voir une intention assassine en l'état. GM est désormais sorti de sa neutralité et ne craint plus désormais de mettre Saab au tapis.

Comme le week-end du 3 décembre dernier, GM met son fusil sur la tempe de Saab....


Alors quoi, ce serait aussi simple que ça la fin de l'histoire ? GM dit "non" et Saab meurt ???!!! Après 20 ans sous sa tutelle????!!!

Bon caaaaaaaalmos... On attend lundi le vote des juges. Mais en cas de "non", il est quasiment certain que VM fera appel. 

(Je débranche l'ordi. là... Mais je reviens lundi de toute façon)

Lire aussi : 
Les deux prochains rendez-vous financiers et juridiques pour Saab et Youngman

jeudi 13 décembre 2012

Edito : Les deux prochains rendez-vous financiers et juridiques pour Saab et Youngman

Deux grands rendez-vous attendent encore, à quelques jours d'ici, Victor Muller et Rachel Pang, les Présidents et représentants des sociétés, respectivement Swedish Automobile (holding de Saab Automobile) et Zhejiang Youngman Lotus.

Le premier est sans aucun doute le signe fortement espéré par les actionnaires de Swan, les salariés de Saab Automobile et par nous tous : le virement des salaires de novembre et de décembre.

Dès lors que ce geste financier considérable sera initié par le chinois Youngman, je m'autoriserais à penser que Saab est pratiquement hors de danger.
En effet aucun accord  solide entre Saab, Swan ou Youngman - et encore moins GM - n'est juridiquement validé à ce jour.
Plus inquiétant à court terme cette fois, la Reconstruction est toujours à la merci des juges (depuis la demande juridiquement incontestable d'arrêt de la procédure de Réorganisation par Guy Lofalk, les salaires de novembre étant toujours impayés et à ce titre considérés comme une nouvelle dette).

Si Rachel Pang et Victor Muller parviennent à un degré de confiance tel que la société chinoise ose le pas du paiement des 180 millions de couronnes suédoises promises, il ne fera plus aucun doute sur les intentions  de l'investisseur chinois.
Ce transfert des fonds pourrait être très bien aussi la conséquence d'une détente avérée des discussions secrètes des parties avec GM sur un accord de plus long terme. J'ose y croire, mais j'avoue que mon sentiment sur la volonté d'extermination de Saab par GM l'emporte encore pour l'instant...:(

Parenthèse ici - Il ne faut pas oublier que même si GM n'a pas un accord à donner dans une hypothétique configuration où Youngman serait créancier et actionnaire simplement privilégié de Saab (i.e. sans part au capital social ni droit de vote), même dans ce cas où le droit les dispense de la bénédiction de GM, GM restera un fournisseur indispensable sur qui il faudra pouvoir compter et dont il faut dès aujourd'hui redouter la mauvaise volonté en cas d'accords commerciaux avec Youngman qui ne conviennent (toujours) pas au géant américain.

Pourquoi donc Youngman attend-il si tard pour payer les salaires qu'il dit vouloir payer? Pour faire plier Victor Muller? Certainement pas! VM n'a rien à négocier, car sa richesse, c'est une technologie, un savoir-faire (pour autant que les ingénieurs restent chez Saab). Sa richesse est potentielle, mais les actifs facilement cessibles de Saab Automobile se sont depuis mars dernier réduits à relativement rien face aux dettes qui sont en face...

Je repose ma question : pourquoi Youngman attend-il si tard pour payer les salaires? Parce qu'il attend un audit de Saab? Parce qu'il a peur que Saab ne réussisse pas à repartir? Non plus.

Je vais vous dire ce que j'en pense.... Je peux me tromper, mais j'ai pas mal cogité à ce sujet...

Pour une société capitalisée comme elle est et qui vit peut-être son tournant historique pour entrer dans la cour des vrais constructeurs automobiles chinois (la production de Youngman représente moins de 0.5% de la production là-bas), 20 millions d'euros sont comme 500 euros pour vous et moi.
L'enjeu est tel pour Youngman que les "quelques" dizaines de millions que la société chinoise pourrait perdre ne sont in fine relativement rien par rapport à ce que Saab représente comme potentiel de croissance pour elle. Et c'est pour cela que Youngman redoute le paiement des salaires : parce qu'alors l'aveu de "faiblesse" par rapport au géant américain sur le marché chinois sera sans équivoque et GM va pouvoir négocier comme il l'entend.
Youngman ne veut pas perdre la main si vite. Et comme j'ose espérer malgré tout que GM en secret espère que Youngman empêchera la faillite de Saab ( "on" leur doit plusieurs dizaine de millions d'euros comme fournisseur sans parler des 320 M$ d'actions préférentielles dans Saab). Youngman pourrait donc jouer avec la dernière corde qu'il a à son arc en face de GM : "Saab vivra, vivra pas.". C'est dur le monde des affaires...

Youngman redouterait donc ce moment de vulnérabilité où certes les salariés de Saab Automobile auront ce qu'ils espèrent de façon complètement légitime (dans la mesure où leur loyauté n'a pas fait défaut jusque là et Dieu sait si ce serait une catastrophe de perdre le savoir-faire pour une entreprise comme Saab), mais où GM saura alors qu'il peut aller très loin pour obtenir ce qu'elle souhaite comme condition.

Bref,  le paiement des salaires est le redoutable premier défi pour Youngman et Saab, en ce sens. Mais au point où on en est, j'imagine que les intentions de Youngman sont assez évidentes et bien plus bienveillantes pour Saab qu'on ne le pense. Il reste à prendre des précautions avec GM. Et l'issue n'est pas connue : Youngman ne peut pas faire n'importe quoi non plus, c'est normal.

2ème parenthèse - De voir comment une belle société chinoise envie à souhait une société historique comme Saab Automobile, de voir qu'il faudra au-moins 3 à 4 ans pour que les chinois puissent produire des Saab en Chine, d'imaginer les efforts financiers gigantesques que cela représente et de constater en même temps que le gouvernement suédois est "incapable" d'aider convenablement son constructeur national, il faut être un économiste un peu culotté pour démontrer que l'industrie n'a pas d'avenir en pays développé... Un jour une société suédoise cherchera peut-être en Chine le savoir-faire pour implanter une usine de voiture chez elle? Qui vivra verra...


De ce premier défi découle le second rendez-vous dont nous parlait cet après-midi TTELA.SE :
Saab a demandé et obtenu au Tribunal de Vänersbourg le report d'audience du 16 au lundi 19 décembre. Cette audience programmée doit permettre aux juges d'entendre les parties concernées par la Reconstruction (les représentants des créanciers, des investisseurs et les actionnaires de Saab Automobile) expliquer comment celle-ci peut continuer - c'est-à-dire avec quels moyens financiers - et surtout en vue de quoi - c'est le business plan de Saab Automobile.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les juges ne souhaitent pas endosser la responsabilité des 12 à 15000 emplois qui seraient directement menacés par une éventuelle faillite de Saab. Et ils se sont montrés très à l'écoute des problèmes concrets rencontrés par Youngman et par Saab.
Le Tribunal de Vänersbourg convoquera aussi l'admisnitrateur Guy Lofalk qui rendra son rapport. Les représentants des créanciers seront entendus.

Il ne fait aucun doute que si les fonds - les salaires plus un complément - ne sont pas versés par Youngman, Saab ne sera pas en mesure de présenter valablement une poursuite de la procédure de Réorganisation lundi 19 décembre prochain. Mais si les fonds sont arrivés, il restera la tâche délicate au managament de Saab et de Youngman de présenter un business plan sur la base d'un protocole d'accords financiers qui cette fois sont réellement viables. En l'absence de GM, difficile de trancher pour la Cour... Lundi prochain si les salaires auront été payés, le fantôme américain s'invitera aux débats. Gageons que les juges suédois se montreront compréhensifs compte-tenu des risques importants pris par Youngman.

Et maintenant, il faut attendre le paiement des salaires qui sera le geste de négociations presque abouties entre les parties et le chinois Youngman. Une fois cela fait, le rendez-vous de lundi devrait bien se passer si nous en croyons Victor Muller et Rachel Pang, la représentante de Youngman.

Si tout va comme on l'espère, il restera le délibéré des juges concernant la poursuite de la Réorganisation à la suite de l'audience de lundi prochain et la poursuite des négociations pour aboutir enfin à un accord... Et il sera peut-être à ce moment le 15 janvier, ma fête... La fête de tous les saabistes... Enfin, ne rêvons pas trop. Attendons ce deuxième transfert de fonds. Et là, on pourra recommencer à écrire avec des "et si..."

vendredi 7 décembre 2012

Edito : Nulla tenaci invia est via

Suite à l'opposition catégorique de General Motors d'approuver la cession partielle de son ancienne marque (depuis 1990) Saab Automobile, actuellement détenue par Swan (ex-Spyker), la marque au griffon vit ses derniers jours d'angoisse. Ses employés qui n'ont pu être payés en novembre continuent de venir à l'usine de Trollhättan. Victor Muller, dirigeant de Swedish Automobile (Swan), se démène pour tenter la négociation de la dernière chance. Des milliers d'enthousiastes se préparent au pire, mais ils sont prêts à se mobiliser en force si ce pire devait arriver. Le gouvernement suédois, impassible, continue de faire des déclarations convenues à propos d'un secteur industriel que ses conseils économiques financiers regardent comme un vestige d'un autre temps et dont ils souhaitent décidément la fin. General Motors reste les yeux rivés sur son marché chinois et se dit prêt à liquider un constructeur historique européen. Ce sera la 4ème marque que le géant américain clouera au piloris. Pas de quoi faire le fier pour ses résultats 2011, après un tel carnage...
Jamais la devise de Spyker "nulla tenaci invia est via" ("Pour les tenaces, aucun chemin n'est impassable") n'a été autant actuelle pour le Griffon. Victor Muller l'a traduite avec ses mots à lui : "Never, ever, give up" (Ne jamais abandonner). Et il n'abandonnera pas jusqu'à la dernière seconde. C'est maintenant l'épreuve du feu. Mais au pire, au pire du pire, les jeux ne seront pas encore faits. Nous devrons nous mobiliser, on n'a pas le droit de rester inactif et de se contenter en pareil forfait d'attendre un vote politique qui, au demeurant, engage peu - on le sait. La démocratie, ce n'est pas la plutocratie. De l'argent, il en faut pour construire des voitures et ce sont des investissements très longs et la concurrence est rude bien sûr. Mais s'agit-il de finance pour la finance seulement?

Rappelons une évidence : la concurrence est faite dans l'intérêt des consommateurs et non des entrepreneurs. Quand une partie use de son monopole pour supprimer les moyens de production d'une autre partie, même en ayant recours au droit le plus formel qui soit comme une clause d'ownership, alors une démocratie, un pays civilisé, ne peut pas - ne doit pas - regarder ce comportement comme licite quoique légal.

Une concurrence sur les prix, une concurrence sur les produits, une concurrence sur l'organisation d'un réseau de vente ou d'après-vente, une concurrence dans la communication, etc, etc. Cette concurrence-ci est parfois dure pour les petits, mais elle est saine et inévitable et par-dessus-tout elle peut profiter au plus grand nombre. Mais une concurrence prétextant une simple clause d'ownership ne peut pas être saine quand elle va mettre 12000 emplois sur le bas-côté au moyen d'une suppression des moyens de production - rupture de fourniture de licences - du concurrent . Nous ne laisserons pas General Motors nous couper les bras.

Ce n'est pas la concurrence et ce n'est pas l'intérêt des actionnaires de GM qui sont en jeu seulement dans l'affaire de la vente partielle de Saab à Youngman, c'est aussi une question de moyens proportionnés au dommage plausible (invoqué par GM) : au moyen d'une simple clause d'ownership, on glisse de la légitime défense à l'attaque déloyale et c'est l'ordre public ici qui est atteint dans les moyens utilisés pour mettre à genou un constructeur soixantenaire, asservi à 20 ans de tutelle avec le minimum d'investissements nécessaire pour lui imposer sa technologie et ses composants, le minimum, à croire qu'on a tout fait pour s'assurer que ce constructeur suédois ne puisse prendre son envol sans GM.

Un peu comme la marque Opel qui, elle aussi, souffre de pertes  chroniques d'exploitation mais doit avoir sans aucun doute une rentabilité dans le cadre d'un bilan consolidé avec les filiales de GM lui refacturant les utilisations de licences et les composants. Opel, comme Saab est peut-être là pour gêner d'avantage ses concurrents que pour exister. C'est cela depuis le début la stratégie GM ? C'est triste pour eux, car maintenant on la connaît cette stratégie. Et il est très rare d'entendre un amateur de voitures dire que chez GM ce sont passionnés de l'automobile. Non, ce qu'on entend dire tout le temps, c'est "chez GM, ce sont des financiers". Ce sont des financiers. Je n'ai rien contre la finance (!). Mais les marchés étant structurellement rivés sur un horizon de moins de trois mois (échéances de la liquidité bancaires sur les marchés), quelle place peut-il encore y avoir pour l'automobile si la finance a le premier et absolument le dernier mot? Dommage que le gouvernement suédois qui vend si bien ses avions de chasse, des projets de 20 ans, soit si peu visionnaire sur l'intérêt d'un pays à détenir une industrie automobile haut de gamme... Dans 10 ans, ce ne seront plus les mêmes au pouvoir. Si donc nous ne faisons rien pour sauver Saab, nous le regretterons. Soyons prêts à réagir.

Ne baissons pas les bras. Il n'y a pas de fatalité. Nulla Tenaci invia est via.

"GM n'a même pas émis la possibilité d'une négociation" (Guy Lofalk) ^^


On a dit pas de mal de choses sur son compte, à tort ou à raison, difficile de savoir... Mais Guy Lofalk, l'administrateur judiciaire de Saab qui vient de demander l'arrêt de la procédure de Réorganisation - les juges de Vänersbourg devant se prononcer vendredi en huit (16/12) - a fait à mon avis présentement ce qu'il devait faire au regard de la loi suédoise sur la procédure de Protection contre les créanciers : pas de nouvelles dettes impayées sous peine de l'arrêt de la procédure que l'administrateur est tenu de demander sans quoi il engage sa responsabilité vis-à-vis des nouveaux créanciers. Or Saab est malheureusement dans ce cas.

Je suis sûr que vous lirez avec intérêt et le même dépit que moi les propos que cet homme, impartial de par son rôle, a pourtant tenus au cours d'une interview avec le journal suédois Dagens Industri (di.se). Il ressort en substance que selon Guy Lofalk lui-même, GM n'a jamais eu l'intention de négocier...

Selon Guy Lofalk, "le fait que GM ait catégoriquement rejeté plusieurs propositions qui lui ont été présentées par Saab a contribué à la décision de suspension de la Reconstruction" dit Guy Lofalk.
"Certes, il y a eu plusieurs facteurs, mais l'entêtement de GM est évidemment un facteur extrêmement important. Toutefois la raison mathématique pour laquelle nous en sommes là maintenant est que nous sommes à court d'argent - et nous avons pris la décision légalement requise" a rapporté Lofalk à Dagens Industri.

Guy Lofalk a été lui-même aux Etats-Unis pour rencontrer des représentants de General Motors.

"Nous avons essayé de toutes les façons possible de trouver et d'obtenir des informations sur comment nous pourrions organiser une proposition que GM trouverait acceptable, mais nous avons n'eu absolument aucune orientation claire de leur part" dit Lofalk, qui n'avait pas imaginé une attitude si difficile de la part de GM.

"De façon générale, j'ai été surpris par l'attitude très obstinée de GM. Ils se sont bornés à répéter juste la même phrase de principe à savoir qu'il y a des obstacles extrêmement élevés et qu'ils ne voient pas de solution viable. Nous avons posé la question de cette façon à GM: « pouvez-vous seulement nous dire ce que vous souhaiteriez? » Mais ils n'ont pas cédé un mot. Ils n'ont pas émis la possibilité d'une négociation.". (...)

"Or, c'est un fait que si vous voulez produire des voitures Saab à Trollhättan, vous devez avoir le consentement de GM, autrement ce n'est pas possible. GM est un fournisseur extrêmement important de Saab et il n'est pas réaliste d'être en conflit avec eux, ou de continuer sans eux." (....)

Les dernières négociations avec Youngman et une banque chinoise : 600 millions d'€ de prêts [MàJ]

Excellente synthèse que le fiable blog financier - voyez que je ne suis pas fâché avec la finance! ;) - Bloomberg nous a livré ici aujourd'hui à propos des négociations de la dernière chance.

Voici la traduction intégrale de l'article :

Saab Automobile est en négociation avec Zhejiang Youngman Lotus Automobile et une banque chinoise pour obtenir des fonds dont elle a besoin "sous quelques jours" pour éviter la faillite a rapporté son président, Victor Muller.

Le constructeur suédois a besoin d'emprunter 600 millions d'euros et discutait avec des représentants de Youngman à Stockholm encore aujourd'hui, a dit Victor Muller au cours d'un entretien téléphonique. L'administrateur judiciaire a demandé l'arrêt de la Protection de la Justice contre les créanciers pour le constructeur Saab à Trollhättan, a rappelé son propriétaire Swedish Automobile NV dans un communiqué.

Contrairement aux précédents accords de Saab avec Youngman, ce contrat n'implique plus de participation du constructeur chinois au capital de Saab, ce qui permettrait que la transaction se fasse sans l'approbation de son précédent propriétaire, General Motors Co. (GM), a déclaré V. Muller. GM, qui loue des licenses technologiques à Saab a en effet désapprouvé les précédents propositions dans les quelles Youngman devait prendre part au capital de Saab.


“Nous travaillons sur une autre structure dans laquelle nous n'avons pas besoin d'obtenir un consensus de General Motors, parce qu'ils ne veulent pas le donner,” a déclaré Victor Muller. “Cette transaction suppose des prêts mais pas de participation au capital de Saab.”

Pang Da Automobile Trade Co., le plus grand distributeur chinois sur le marché ne serait plus impliqué si un tel accord était conclu a rappelé Victor Muller. Pang Da avait signé un accord en octobre dernier pour acheter 40% des actions de Saab et cet accord n'a pu aboutir face au refus opposé par GM.

La cour du District de Vänersborg au Sud-ouest de la Suède va probablement rendre son jugement la semaine prochaine sur la demande présentée aujourd'hui par l'Administrateur judiciaire Guy Lofalk pour arrêter l'arrêter de la procédure de Réorganisation a dit Victor Muller. La Cour avait accordé la Protection contre les créanciers le 21 septembre, suspendant ainsi les demandes pendantes de  mise en règlement judiciaire.


A cours de temps
“Nous n'avons plus beaucoup de temps, à peine quelques jours" pour obtenir un accord qui convaincra la Cour du maintien de la Protection contre les créanciers a dit Victor Muller.


“Les enjeux sont si forts que je pense que nous serons capable d'obtenir cet accord”. Le PDG de Saab a déclaré : “Bien sûr, cela peut paraître des pleurs lointains pour Youngman de là où ils sont, mais au stade où nous en sommes, leur engagement impressionnant pour Saab les conduit à soutenir financièrement la société en renonçant à être actionnaires plutôt que de voir tout s'effondrer.”  (Source : Bloomberg)

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Le management de Saab avec Victor Muller a travaillé une bonne partie de la nuit pour essayer de trouver une solution avec le décidément très motivé Youngman afin que l'agrément de GM ne soit désormais plus nécessaire et surtout que les salaires soient payés. Cela implique des renoncements très importants pour le constructeur chinois et une grande confiance envers Victor Muller. Mais c'est clairement la tentative de la dernière chance.

Certains journaux suédois, comme DI.SE ou TTELA évoquent une solution sans GM, telle que des obligations convertibles en actions (solution de long terme qui ne donne aucun pouvoir en Assemblée Générale, mais doit pouvoir contenir une clause d'ownership par contre). Mais au fond, cela ne nous regardent plus du moment que GM n'a pas à valider le deal et que Saab reçoit les fonds nécessaires à sa survie.

Victor Muller continue de se battre contre vents et marée. Peu de moyens, pas de marge de manoeuvre, mais il continue d'avancer comme si le but était tout proche, là. Il peut réussir à sauver Saab. C'est le seul de toutes les parties qui, avec le chinois Youngman, y a un intérêt évident.

Courage à ceux qui sont sur le front, Saab France Team, Saab à Trollhättan et aux distrbuteurs. Plus que quelques jours pour voir ce à quoi finalement l'inflexibilité de GM aura aboutie.
Saab demandera à la Cour de remplacer l'Administrateur Lofalk. Lofalk n'a pas encore répondu à ce message déposé à son secrétariat. 

jeudi 6 décembre 2012

Deux invitations

Pendant que les négociations de la dernière heure sont encore en cours, je vous invite (si vous le souhaitez bien entendu) à :

1 voir et à rejoindre ce mouvement incroyable commencé il y a un mois sur le mur FB de GM invitant - poliment svp - l'américain à se montrer à l'écoute des propositons de Saab pour sa survie.

2 poster un commentaire de soutien et d'encouragement pour les employés de Saab sur Inside Saab où Steven Wade qui nous écrit ceci :

Les gens continuent de travailler ici. Les gens sont incroyablement frustrés. Et je fais partie de ces gens.

Comme je l'ai déjà écrit dans mes posts précédents, il semble qu'il y a trop de grandes personnalités impliquées dans cette affaire et l'attention est bel et bien portée sur elles ainsi que les différentes perspectives qu'elles soutiennent. Tous ces acteurs ont quelque chose qu'ils essayent de protéger et une bonne dose d'affolement qu'ils utilisent pour étaler tout ça dans le domaine public. Certaines personnes sont authentiques. De mon humble point de vue (et très personnel), certaines sont juste du camouflage.

Pour le reste d'entre nous....... Mettez de côté le grand business et la politique industrielletrial et vous avez les gens, l'entité qui me préoccupe : Saab Automobile. C'est une société qui est remplie de personne qui ont déjà contribué, et qui dans les circonstances actuelles peuvent continuer à contribuer magnifiquement au paysage de l'automobile.
J'ai seulement commencé chez Saab en avril dernier mais j'ai rencontré tellement de gens qui travaillent sur des projets intéressants pour Saab. Des projets qui feront la vraie différence avec les voitures que les gens ont l'habitude de conduire. L'immense majorité de ces personnes demeurent dévouées à Saab, même dans ces circonstances les plus délicates. .

De par les gens que je connais et qui travaillent chez Saab, ils veulent rester non pas pour la paie, mais parce qu'ils adorent travailler dans un cadre d'innovations et de challenges.  Ils aiment l'identité de la compagnie, les opportunités que peu d'autres compagnies peuvent offrir - être impliqués dans tout le processus de conception des voitures du début jusqu'à la fin sur un seul et même site. c'est un environnement que peu d'autres constructeurs peuvent offrir sur terre.

Ne faite pas erreur : cette société est viable. Tous les éléments requis sont là.
Ce qui comptera, c'est quelques invesitssements et de la volonté de la part des décideurs. J'aurais aimé pouvoir me fier à une citation que j'ai apprise d'un éminent ancien entraîneur de football australien: "the ox is slow but the earth is patient." (le boeuf est lent mais la terre est patiente)

Malheureusement, je ne peux pas. L'horloge tourne.

Vous êtes prévenus! (aux concessionnaires et aux clients Opel)


Voyez l'avenir qui attend Opel !

Pour l'heure, face aux nouvelles pertes d'Opel, GM promet un nouveau tour de vis. GM a refusé de vendre Opel en 2009 et l'américain refusera encore de vendre Opel, même si les choses vont mal, sachez-le, et même et surtout si Opel a une chance de s'en sortir avec un grand groupe international comme Volkswagen.
GM est un tueur de marques , les siennes. Les gars de chez Opel ne sont pas sortis de l'auberge...
"Malheureusement, notre plan pour rendre Opel rentable cette année n'a pas fonctionné", reconnaît Steve Girsky, vice-président de GM  en charge de la stratégie au sein du groupe américain et membre du conseil de surveillance d'Opel, dans le journal Financial Times Deutschland de ce lundi rapport le journal La Tribune

Le journaliste de La Tribune poursuit :
Opel n'arrive pas à redresser sa part de marché, qui s'est effondrée notamment en Allemagne ces dernières années à cause des problèmes de qualité, d'une gamme peu innovante et d'un certain retard technologique, dans les diesels par exemple. Aujourd'hui, la fiabilité des Opel est redevenue très correcte. Mais l'image a énormément souffert.
Toute comparaison gardée, ça ne vous fait penser à personne là?!
Opel, qui ne vend quasiment qu'en Europe, souffre de la concurrence du label Chevrolet, lequel diffuse des véhicules moins chers.
Alors on peut pas dire qu'Opel ou Chevrolet concurrence les Saab, ça non! Par contre, on peut bien souligner en effet cette politique de GM de prix bas qui cherche vainement à supplanter un cruel manque de vision de l'automobile. Car c'est là le problème de GM : ce sont des financiers. Ils n'aiment pas les voitures et sont toujours incapables d'élaborer une stratégie multi-marques. On casse les prix en Chine aussi chez GM paraît-il. Et les bénéfices de GM cette année sont nettement en-dessous des attentes alors que son chiffre d'affaire est excellent. Si GM continue sa stratégie d'élimination des concurrents par les prix et... par le partage de licences à prix forts si forts qu'ils tuent leurs marques!

Il est certain que si GM fait tout pour que Saab ne se relève pas de ses 20 années de tutelle, le même sort attend Opel, pourtant vénérable marque dans le giron américain depuis presque 100 ans... Ce n'est qu'une histoire de quelques années de vie encore pour Opel. Comme l'a dit le sympathique et très aimable porte-parole de GM, Jim Caïn, "nous devons défendre l'intérêt des actionnaires". Bye bye Opel!

Mais il y a une justice : Ford, le principal rival de GM, a fait état d'un résultat net au troisième trimestre quasiment aussi élevé que celui de GM, mais avec un chiffre d'affaires inférieur de 10%. Ford a vendu Saab (arf! lapsus!) Volvo au chinois Geely en 2009. Volvo se porte bien. Ford aussi.
Griffin up !


General Motors n'approuvera PAS la dernière chance pour sauver Saab

La nouvelle est encore officieuse. J'hésitais à faire remonter cela, car cela vient de sources journalistiques, mais cela est désormais confirmé.

Et c'est tout d'abord le très fiable journal suédois de Trollhättan qui a reçu la nouvelle de General Motors par mail.

La proposition soumise par Saab vendredi dernier a été examinée par General Motors. Elle signifie pour le géant américain une participation chinoise au capital de Saab qui est de plus de 20% (49.8% au total pour Youngman et une banque chinoise). GM y voit là une "participation chinoise" dans son ensemble plutôt qu'un constructeur chinois pour 19.9% et une banque d'affaire chinoise pour 30%. Au fond le vecteur commun - ils sont chinois - suffit comme prétexte pour que GM disent que la transaction ne répond pas aux critères des 20% de participation...

Cette analyse de GM paraît étonnement anti-chinoise... Mais qui sinon GM a voulu que ce soit un petit constructeur à peine solvable comme Spyker en 2010 pour reprendre Saab de la liquidation? Qui a imposé une clause d'ownership de 20% sinon GM pour que toute cession de Saab à un constructeur plus solvable soit impossible?!
"Nous avons examiné les changements de la proposition de Saab concernant la vente de la société. Rien n'a modifié la position de GM. Nous ne sommes pas à même de soutenir cette transaction" a écrit le porte-parole de GM à TTELA

Un peu plus tôt aujourd'hui TTELA avait publié un autre article qui révélait en substance que le travail de négociation avec les partenaires était encore en cours. Il reste donc encore Victor Muller qui croirait à un plan B.

Saabsunited confirme que le coup de baguette magique de North Street Capital ne marcherait pas si GM refusait l'agrément des licences.

Quant à moi, votre humble serviteur, je ne vois pas d'issue viable désormais autre que l'arrêt de la Reconstruction suite aux salaires non payés...

J'étais en train de relire les archives de Saabsunited au bon temps de Swade pour voir comment étaient nés les premiers Convois Save Saab...

mardi 4 décembre 2012

Le blog de la chaîne de télévision suédoise SVT révèle les grandes lignes de l'accord (Swan-Saab-Youngman) présenté à l'approbation de GM [MàJ3]

[MàJ : 05/12/2011] La banque en question serait chinoise mais pas forcément la "bank of China" selon Dagens Industri qui a interviewé VM ce matin
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[MàJ : 21h30] Saabsunited précise que, selon sa source, la banque internationale qui viendrait donc prendre 30% de Swan serait la Bank of China [?]. Cette précision, si elle est confirmée officiellement, vient donc fortement appuyer l'hypothèse d'un dialogue rapproché avec les autorités chinoises et donc le NDRC. GM dans cette configuration aura du mal à refuser le deal, sans s'exposer aux autorités chinoises dont le géant américain ne peut se passer pour ses propres opérations en Chine.

Saabsunited révèle enfin (article ici) que le gouvernement suédois aurait tout fait pour empêcher que cette négociation entre Swan et Youngman n'aboutisse. La source de SU est très probablement Victor Muller lui-même. Donc la crédibilité est celle de VM. Si tel était le cas, cela ferait couluer beaucoup d'encre, car cela montrerait que le gouvernement suédois était près à sacrifier 12000 emplois pour des raisons obscures - le fait que VM se soit fait financer - via Tenaci Capital (holding de Swan) - par Vladimir Antonov n'étant certainement pas une vraie bonne raison.
Rappelons que tout ce qu'a réellement fait le gouvernement suédois pour Saab, c'est de valider en février 2010 une caution très bien contre-garantie sur des actifs de Saab Parts et Saab Tools AB, au profit de la BEI. C'est tout.
Donc, Si ces faits étaient avérés, je crois que je me vais me payer le luxe d'écrire d'ici quelques temps à l'ambassadeur de Suède en France pour lui dire mon étonnement devant tant d'inertie pour sauver son patrimoine et tant de maladresses pour préserver la valeur ajoutée et les emplois que représente Saab Automobile. On verra cela plus tard.
Mais pour l'heure, rien n'est encore signé, ni payé. Attendons. On a appris à rester prudents et à prendre quelques précautions concernant le volet financier qui depuis la quasi non-vente de GM à Spyker n'a que trop occupé les devants des médias, sans jamais faire éclater ce qui se tramait derrière le rideau ni faire émerger une solution définitive à même de rassurer une base de clientèle qui, bien que motivée, a besoin désormais plus que des mots, des preuves et des actes suivis d'effets...

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Je viens de lire l'information ici sur Saabsunited.com : la chaîne de télé suédoise SVT révèle les grandes lignes de l'accord présenté hier à l'agrément de GM, après de longues et âpres négociations menées tambour battant entre Victor Muller (Swedish Automobile/Swan) et Pang Qingnian (Yougman Lotus).

Attention, pour l'instant, nous n'avons pas le retour de GM, mais comme vous allez le voir, tout a été fait pour que la principale objection de GM (pas d'actionnaire chinois à plus de 20%) soit respectée.

SVT ici :

Dans ce reportage de SVT (en suédois), on voit un court interview de Victor Muller à Stockholm qui déclare : "Ce que nous avons à faire, c'est de respecter ce qu'il a dans les contrats en vigueur entre Saab et General Motors. Dès lors que nous restons dans les limites de ces contrats, concernant les clauses d'ownership, tout devrait bien se passer"

"La proposition transmise à GM hier implique le paiement des salariés ce lundi. (...) Youngman a été contraint de battre en retraite avec une participation encore inférieure de celle que Pang Da espérait prendre.

L'accord est semblable à celui de cet été, avec une exception importante : Pang Da n'en fait plus partie mais a été remplacée par une banque internationale [Bank Of China, NDLR]. Dans la solution de cet été Pang Da et Youngman devaient prendre une majorité du capital de près de 54% [de Swan, société holding actionnaire unique de Saab]. Désormais, Youngman et une banque internationale [Bank of China selon SU, NDLR] auront un peu moins de 50% de sorte que GM puisse approuver la solution. 

Un problème majeur serait alors réglé dès ce lundi : Youngman paierait les salaires des employés de Saab, avec une semaine déjà de retard. Il est certain que Youngman s'était engagé  à le faire, mais malgré cela, personne n'a été payé.

(...) Si les salaires sont versés [ce qui éviterait la procédure d'arrêt contraint de la Reconstruction, NDLR] et que GM donne son approbation, le Président Victor Muller aura gagné la bataille. Dans son plan, il restera le principal actionnaire de Saab - avec Youngman.

La proposition d'accord implique également que General Motors soit remboursé de ses actions préférentielles [320M$, NDLR] et que les nouveaux investisseurs règleront le prêt de la Banque Européenne d'Investissement, ce qui signifie que les nantissements de l'Etat Suédois sur Saab Parts et Saab Tools AB contrôlés par Bureau de la Dette (NDO) seront levés. Le coût pour faire repartir la production automobile à Trollhättan est évalué dans le nouveau Business plan préliminaire : Youngman et la Banque internationale devront investir des milliards de couronnes [des centaines de millions d'euros, NDLR] au cours des quelques prochaines années. [trad. Saab actu]

TimR de Saabsunited évoque selon sa source directe une nouvelle répartition du capital qui serait :
  • 50.1% pour Swedish Automobile (Swan),
  • 19.9% pour Youngman,
  • 29.9% pour Bank of China Une banque chinoise

Cette proposition reste donc une esquisse et si la négociation est passée avec Youngman, on ne sait pas encore :
1 si GM va l'approuver, mais c'est la première étape et de loin la plus importante dans l'immédiat. Vu sur le papier, la solution devrait pouvoir être acceptée
2 quelle sera la banque qui prêtera autant d'argent C'est la Bank of China une banque chinoise en tous cas
2 si le NDRC chinois va l'approuver à son tour. MàJ : Vu la banque qui devrait financer, cela ne devrait pas poser trop de problème a priori...
3 si cette solution, qui a l'air magnifique au stade où Saab se trouve, sera suivie d'effet quand il s'agira de rembourser GM (320M$), payer la BEI (220M€) et les créanciers (plus de 160M€).
Tout cela, on ne sait pas si cela aboutira mais, au vu de cette esquisse, GM ne pourra que très difficilement dire non.

lundi 3 décembre 2012

Week-end sous très haute tension

Les négociations se poursuivent toujours et encore et ce week-end est peut-être celui de la dernière chance. En effet, selon des sources concordantes (DI.SE, TTELA.SE et SAABSUNITED), une autre proposition de rachat de Saab - qui est donc bien la seule issue possible, Swedish Automobile, la société de Victor Muller actionnaire unique de Saab, n'ayant plus les moyens d'injecter du cash dans Saab Automobile.

Cette proposition vise au minimum à satisfaire les exigences primordiales de General Motors. Avant hier, Victor Muller nous a révélé que dans les accords GM-Spyker de 2010, GM s'était bel et bien réservé une clause d'ownership pour l'utilisation de ses licences par Saab, clause qui peut être actionnée dès que la répartition du capital social de Saab était supérieure à 20%. A la lumière de ces clauses contractuelles, pas étonnant que le deal de rachat de Saab à 100% ait été rejeté en bloc par GM. Ainsi la nouvelle proposition vient d'être achevée selon les journaux suédois, ici TTELA :

Selon TTELA, c'est après de longues négociations à Stockholm ces derniers jours que les différents investisseurs en lisse ont pu finalement trouver une solution pour Saab, qui, nous l'espérons sera approuvé par toutes les parties. Dont General Motors à Detroit. Victor Muller l'a signée. Youngman est l'un des co-signataires et a dû renoncer à son souhait initial de prendre une participation majoritaire dans Saab. Il n'est pas improbable que sa participation soit désormais inférieure à 20% au capital de Saab et ce pour apaiser l'ancien propriétaire de Saab, General Motors. Comme l'a dit TTELA il est écrit dans les contrats de licences entre Saab Automobile et GM, que le géant automobile américain ne peut empêcher un autre fabricant de voiture de prendre une participation que si elle est supérieure à 20% du capital de Saab. La nouvelle proposition d'accord comprend également un nouvel investisseur minoritaire dans Saab qui ne devrait pas être chinois [information non certaine]. Toutefois, on ne sait pas si Da Pang a encore une place dans la nouvelle proposition de rachat. Pang Da n'était pas, selon TTELA, représenté cette semaine à Stockholm. Cette nouvelle proposition peut être la dernière chance de sauver Saab de la faillite. Elle a été envoyée hier à General Motors – et on attend anxieusement de savoir quelle sera la réaction à Detroit.
Pang Da a eu, on le sait, quelques difficultés de financement le dernier trimestre, dans un contexte où le robinet de la liquidité s'est un peu refermé. Pang Da devait miser beaucoup sur la vente de voitures construites sous 3 ans par Youngman. L'import de Saab ne peut être pour le 1er distributeur chinois une source de volumes d'affaire importants. Est-ce que la nouvelle proposition (où Youngman serait finalement condamné à attendre la nouvelle plateforme phoenix pour commencer à produire sur la technologie 100% Saab) a été boudée par Pang Da. A ce stade, il est trop tôt pour en être certain.

Ce qui est sûr, c'est que ce week-end est annoncé comme capital pour permettre à Saab d'éviter le dépôt de bilan. En ce qui me concerne, je n'oublie pas que GM a fabriqué une usine au Mexique pour produire la Saab 9-4X et que GM reste le principal créancier tout compris de Saab. L'intérêt d'éviter un dépôt de bilan peut donc bien être entendu par les financiers de GM. Derniers jours d'angoisse donc pour les employés de Saab, pour le réseau, pour nous? Franchement, on l'espère, vraiment...

Un petit dessin pour la route, histoire d'en sourire.