Nissan

Japon

Aston-Martin

Grande Bretagne

Lamborghini

Italie

Mc Laren

Angleterre

POrsche

Allemagne

Affichage des articles dont le libellé est Editorial. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Editorial. Afficher tous les articles

jeudi 27 décembre 2012

Edito : La plus grande manifestation de Saab en France. Vous êtes des malaaaaaaaades !

Good morning!

Ils ont bien réussi leur coup les hollandais du site outside-saab.com! C'est bien un meeting mondial qui se profile dans moins de 18 jours.

Plus d'une cinquantaine de meetings "We are many, we are Saab" sont déjà annoncés alors que le site outside-saab qui est à l'origine de cette vague n'a que 10 jours d'existence à peine !

Parlons de la France. Un premier meeting d'échauffement a eu lieu début décembre dernier avec la participation - unanimement appréciée dans toute la saabosphère - de Saab France et il est certain que cette initiative rendue publique a fortement inspiré le mouvement qui est en train de naître comme une lame de fond. Le dernier meeting spontané du 11 décembre a, pour des raisons de circonstances, dû être organisé en moins de 5 jours et l'info a été rendue publique à peine 2-3 jours avant (que n'ai-je entendu "si j'avais su, j'aurais viendu..." pffff) : nous avons eu une bonne cinquantaine de Saab présentes. Le meeting a rassemblé beaucoup de récents acheteurs de Saab venus pour près de la moitié d'autres régions que l'ile de France. Cela a été un régal que de voir ces quelques 900 classiques cotoyer des TurboX, des nouvelles 9-5 ou le cabriolet Indépendance d'un client (sudiste si je ne m'abuse). Cette image est la meilleure que Saab a à donner : les Saab sont des voitures qui durent et une Saab de 20 ans est aussi belle qu'une nouvelle Saab 9-4X. Cette marque est tout simplement historique et le scandale de sa disparition possible ne PEUT laisser AUCUN conducteur de Saab sans cet immense sentiment de frustration dans lequel nous avons été plongé depuis 9 jours. Tel est le message que nous, conducteurs de Saab, nous blogueurs ou forumeurs saabistes sinon Saab clubistes invétérés souhaitons apporter dans la joie : Saab doit continuer parce que nous sommes nombreux à le vouloir, parce que nous sommes Saab.
Dans cette lignée, il me paraît de première importance de faire chaucun à notre niveau tout notre possible pour que le succès de ces meetings du 15 janvier prochain soient le plus grand meeting de Saab jamais organisé en France.

Il y a encore une chance pour que Saab Trollhättan soit intégralement racheté par un investisseur tel Youngman voire Magna, sinon un autre encore... Trop de gens ont donné de leurs tripes que ce soit parmi le staff de Saab France, en concessions bien évidemment ! et même chez les passionnés : la mobilisation pour le 15 janvier est un rendez-vous complètement immanquable. En un mot, nous voulons tous apporter le 15 janvier tout notre soutien à tous les professionnels de la marque et en particulier aux investisseurs potentiels.

J'évalue à vue de nez une participation de plus de 250 Saab... Et plus de 300 personnes.

_________


Parlant de chiffres. Saab actu est passé de 40.000 visites mensuelles à plus de 50.000 en 1 mois. Pense-t-on vraiment que le sort de Saab laisse les gens indifférents. Fin août dernier, Saab actu faisait 18.000 pages visitées. (Nabu, si tu me lis, sache que je regrette de ne pas pouvoir partager cette aventure si dure et en même temps si passionnante. La vie est un combat. Tu reviens quand tu veux.)

___________

Je profite du fait que j'ai le crachoir pour "pousser un cri dans le désert" :
J'invite toute concession Saab de France et de navarre à utiliser les médias sociaux (dont Saabsunited.fr et Saab actu) de façon créative...


Alors que c'est très dur pour l'activité VN en concession, j'entends régulièrement pourtant au téléphone par des vendeurs du Nord au Sud de la France qu'il y a encore des ventes de VO de faible kilométrages en concession, qu'il y a encore des clients et même certains qui ne lâchent pas leur bon de commande pour une nouvelle Saab depuis plus de 6 mois ! ... Ces clients sont peut-être plus saabistes qu'ils ne le vous le disent...
Les membres des clubs Saab et les lecteurs des blogs sont des gens comme les autres avec leurs contraintes financières et leur peur d'acheter un véhicule sans avoir le SAV qui suit derrière. Or les concessions sont à même de pouvoir assurer l'essentiel de ce SAV.

J'invite donc toutes les concessions à nous faire part de leurs témoignages ou de celui de leurs clients.

Une importante base de clientèle est là, mais il faut aussi que les concessionnaires prennent en considération l'impact médiatique des blogs Saab sur la psychologie du saabiste que nous sommes tous - moi y compris. Voir des gens qui achètent une belle 9-5 ou une belle 9-3 récente, ça redonne le moral, bah oui! Et surtout ça donne envie d'acheter... Par-dessus tout, vous me donnerez l'occasion de reparler voiture, ce qui nous manque à tous cruellement... Merci d'avance de votre retour. Les saabistes sont souvent des clients et l'inverse est aussi vrai. Sortons de ce faux débat à la c... saabiste versus client. C'est au vendeur d'installer la confiance. Pas au client ni au saabiste... Aidez-nous à faire encore croître d'avantage cette relation de confiance qui existe. Chaque témoignage, récits ou échos vaut plus que n'importe quel pub... Nous sommes nombreux à y croire encore, nous sommes Saab.

dimanche 23 décembre 2012

Juste un petit mot avant de vous souhaiter un Joyeux Noël

Les choses sont en train de s'organiser tout doucement pour le meeting mondial "Nous sommes Saab". Paris sera la première destination, mais un petit groupe est en train de voir s'il peut réunir suffisamment de personnes en région PACA... Je ne sais pas encore s'il sera possible et surtout judicieux que 2 lieux de meetings soient organisés, mas hormis la visibilité pour la photo, il est surtout question dans notre esprit de favoriser une convivialité, celle-ci me paraissant plus que nécessaire en ces temps réellement difficiles pour tous ceux qui travaillent pour la marque. Je mettrai un sondage en ligne début de la semaine prochaine pour voir qui souhaite quoi...

Pour l'heure, Noël approche et il est bien normal que chacun aspire à un peu de repos maintenant, malgré un grand nombre de problèmes qui ne peuvent pas être traités maintenant et dont l'issue est complètement incertaine.

Les employés de Saab à THN
Il nous faut complètement nous remettre entre les mains de ceux qui peuvent encore changer le destin de Saab, de ses employés, de ses cadres - certains n'ont pas reçu de salaires depuis novembre... - de ses distributeurs et de tous ceux qui espèrent que leur prochaine voiture sera une Saab. Quelques groupes sérieux sont en discussion avec les mandataires chargés de liquider la société Saab Automobile. Le droit suédois peut éviter la liquidation totale et permettre un rachat... Il y a le canadien Magna qui s'est manifesté, mais, mieux positionné et depuis longemps, il y a surtout le groupe chinois Youngman. Rachel Pang, son porte-parole, est toujours à Stockholm. La consigne donnée à son avocat est très claire : "aucun commentaire". Mais Mme Pang a fait savoir qu'elle serait là-bas aussi longtemps que nécessaire. L'enjeu est de taille aussi pour Youngman. Si une bonne partie (voire la totalité, pas on n'a pas moyen de le vérifier) des droits de la nouvelle plateforme modulaire phoenix ont été achetées sans exclusivité par Youngman via une filiale récemment créée, une telle technologie sans le savoir-faire serait tout simplement inutile. Il faut donc que Youngman puisse négocier avec les mandataires chargés du processus de liquidiation au minimum la reprise de certains contrats de travail très précieux. Mais selon plusieurs journaux suédois, Youngman garderait le cap sur la totalité des actifs et notamment espèrerait pouvoir faire repartir la production à Trollhättan ; GM est à nouveau encore de la partie et la consigne est de tout faire pour que les relations d'affaire avec GM puissent se poursuivre intelligemment. Pas de nouveauté donc sur ce terrain et surtout pas de film... Inutile pour moi de faire des tartines sur ce qui reste à mes yeux complètement hypothétique : nous n'avons aucun élément sérieux pour dire qui veut quoi et comment il peut y parvenir... Toujours est-il que SI il y a un mince espoir de rachat, c'est pour CET ESPOIR qu'il est aussi nécessaire et urgent que nous nous mobilisions les 14 et 15 janvier prochains. Saab pourrait revenir miraculeusement sur la route d'une façon ou d'une autre... Je veux, j'ose l'espérer en cette veille de Noël.

Photo extraite du film "Christmas Vacation", 1989
dont le titre français était - ça ne s'invente pas - " le sapin a les boules" ....

Je voudrais saluer ceux qui vont enfin partir prendre un peu de repos pour Noël. On pense bien fort à toute l'équipe de Saab France à Rueil Malmaison : ils l'ont bien méritée leur petite semaine de repos en famille...
Quand à moi, j'étais sensé faire une coupure cette semaine jusque Noël, mais le destin de Saab en a décidé autrement. Je ne regrette rien et encore moins chaque jour que je conduis cette voiture. C'est dur, mais cela a du sens pour moi... Certains ne croient plus au Père Noël, paraît-il. Moi si. Il existe : la preuve.


Aussi,....

...avec le garage Saab à Oakville (Canada) ... :§


... et avec le Saab Club hongrois...


... Je vous souhaite à tous de passer de belles fêtes.

Bon repos et à très vite!

Rémi

vendredi 7 décembre 2012

Edito : Nulla tenaci invia est via

Suite à l'opposition catégorique de General Motors d'approuver la cession partielle de son ancienne marque (depuis 1990) Saab Automobile, actuellement détenue par Swan (ex-Spyker), la marque au griffon vit ses derniers jours d'angoisse. Ses employés qui n'ont pu être payés en novembre continuent de venir à l'usine de Trollhättan. Victor Muller, dirigeant de Swedish Automobile (Swan), se démène pour tenter la négociation de la dernière chance. Des milliers d'enthousiastes se préparent au pire, mais ils sont prêts à se mobiliser en force si ce pire devait arriver. Le gouvernement suédois, impassible, continue de faire des déclarations convenues à propos d'un secteur industriel que ses conseils économiques financiers regardent comme un vestige d'un autre temps et dont ils souhaitent décidément la fin. General Motors reste les yeux rivés sur son marché chinois et se dit prêt à liquider un constructeur historique européen. Ce sera la 4ème marque que le géant américain clouera au piloris. Pas de quoi faire le fier pour ses résultats 2011, après un tel carnage...
Jamais la devise de Spyker "nulla tenaci invia est via" ("Pour les tenaces, aucun chemin n'est impassable") n'a été autant actuelle pour le Griffon. Victor Muller l'a traduite avec ses mots à lui : "Never, ever, give up" (Ne jamais abandonner). Et il n'abandonnera pas jusqu'à la dernière seconde. C'est maintenant l'épreuve du feu. Mais au pire, au pire du pire, les jeux ne seront pas encore faits. Nous devrons nous mobiliser, on n'a pas le droit de rester inactif et de se contenter en pareil forfait d'attendre un vote politique qui, au demeurant, engage peu - on le sait. La démocratie, ce n'est pas la plutocratie. De l'argent, il en faut pour construire des voitures et ce sont des investissements très longs et la concurrence est rude bien sûr. Mais s'agit-il de finance pour la finance seulement?

Rappelons une évidence : la concurrence est faite dans l'intérêt des consommateurs et non des entrepreneurs. Quand une partie use de son monopole pour supprimer les moyens de production d'une autre partie, même en ayant recours au droit le plus formel qui soit comme une clause d'ownership, alors une démocratie, un pays civilisé, ne peut pas - ne doit pas - regarder ce comportement comme licite quoique légal.

Une concurrence sur les prix, une concurrence sur les produits, une concurrence sur l'organisation d'un réseau de vente ou d'après-vente, une concurrence dans la communication, etc, etc. Cette concurrence-ci est parfois dure pour les petits, mais elle est saine et inévitable et par-dessus-tout elle peut profiter au plus grand nombre. Mais une concurrence prétextant une simple clause d'ownership ne peut pas être saine quand elle va mettre 12000 emplois sur le bas-côté au moyen d'une suppression des moyens de production - rupture de fourniture de licences - du concurrent . Nous ne laisserons pas General Motors nous couper les bras.

Ce n'est pas la concurrence et ce n'est pas l'intérêt des actionnaires de GM qui sont en jeu seulement dans l'affaire de la vente partielle de Saab à Youngman, c'est aussi une question de moyens proportionnés au dommage plausible (invoqué par GM) : au moyen d'une simple clause d'ownership, on glisse de la légitime défense à l'attaque déloyale et c'est l'ordre public ici qui est atteint dans les moyens utilisés pour mettre à genou un constructeur soixantenaire, asservi à 20 ans de tutelle avec le minimum d'investissements nécessaire pour lui imposer sa technologie et ses composants, le minimum, à croire qu'on a tout fait pour s'assurer que ce constructeur suédois ne puisse prendre son envol sans GM.

Un peu comme la marque Opel qui, elle aussi, souffre de pertes  chroniques d'exploitation mais doit avoir sans aucun doute une rentabilité dans le cadre d'un bilan consolidé avec les filiales de GM lui refacturant les utilisations de licences et les composants. Opel, comme Saab est peut-être là pour gêner d'avantage ses concurrents que pour exister. C'est cela depuis le début la stratégie GM ? C'est triste pour eux, car maintenant on la connaît cette stratégie. Et il est très rare d'entendre un amateur de voitures dire que chez GM ce sont passionnés de l'automobile. Non, ce qu'on entend dire tout le temps, c'est "chez GM, ce sont des financiers". Ce sont des financiers. Je n'ai rien contre la finance (!). Mais les marchés étant structurellement rivés sur un horizon de moins de trois mois (échéances de la liquidité bancaires sur les marchés), quelle place peut-il encore y avoir pour l'automobile si la finance a le premier et absolument le dernier mot? Dommage que le gouvernement suédois qui vend si bien ses avions de chasse, des projets de 20 ans, soit si peu visionnaire sur l'intérêt d'un pays à détenir une industrie automobile haut de gamme... Dans 10 ans, ce ne seront plus les mêmes au pouvoir. Si donc nous ne faisons rien pour sauver Saab, nous le regretterons. Soyons prêts à réagir.

Ne baissons pas les bras. Il n'y a pas de fatalité. Nulla Tenaci invia est via.

mercredi 21 novembre 2012

Edito : Une entreprise talentueuse

Je n'ai pas encore eu le temps de vous écrire mes impressions sur cette journée de samedi (le marathon Saab France faisait étape à Paris) qui a mis du baume au coeur de tous, clients, vendeurs, comme les supporters de la marque. Le test drive du 9-4X m'a époustouflé... Le saut qualitatif est énorme : les repères Saab sont bien là. Je vous en reparlerai...


Au-delà des superbes modèles, j'ai été touché par une atmosphère familiale qui régnait ce samedi. En tous cas, j'ai passé un bon moment et les gars de Saab Rive Gauche comme de Saab France ont été top vraiment.


Saab actu a donc eu sa petite interview avec le grand patron de Saab France, pris par bien d'autres entretiens de presse (un article du Parisien a déjà publié sur la manifestation, à lire ici). Là encore, l'esprit "famille" m'a touché : au-delà de la solidarité qu'il y a au sein du réseau Saab France, au-delà des clients qui viennent en concession montrer leur attachement à la marque, il y a aussi parmi les journalistes des questions vraiment sincères sur l'avenir du constructeur. Et les journalistes sont d'autant plus troublés quand ils peuvent sortir de leur bureau et venir voir et tester les modèles : comment une marque avec de tels produits serait vouée au feu? Impensable. "Expliquez-nous Monsieur Van Der Meulen! " Lourde charge pour les cadres dirigeants en ce moment...


Il y a beaucoup plus de talents qu'on en parle dans la presse. Ma discussion avec Stéphane Huguet, Directeur du marketing, a été à ce titre extrêmement enrichissante (j'en ai profité pour revoir une vidéo de fin 2010 que M. Huguet avait fait... Je dis ça pour les petits curieux;) ). Voir également la passion de gens comme Boris Tessier (chef de région Sud Ouest), rencontré aussi samedi dernier est très éloquent sur la qualité d'une marque.

Je vais vous faire un aveu. Je suis très heureux dans mon métier qui me laisse à peine le temps et l'énergie que je voudrais mettre pour ce blog. Mais j'avoue que l'idée de travailler un jour pour Saab m'est apparue définitivement comme une opportunité rare en tous cas pour un passionné de la marque. Il y a dans toute grande entreprise une culture en ressources humaines, on le sait. Je ne vais pas vous parler de la culture de certaines entreprises américaines, n'est-ce pas? Mais ici, la culture de l'entreprise Saab peut bien faire des envieux. Ohh, certes, il y a des défauts comme partout, certes, il peut y avoir des manques, mais la mentalité des gens qui ont des responsabilités et que j'ai pu rencontrer ce samedi est vraiment celle que j'aime. C'est une famille. Les anciens ont toujours contact avec ceux qui poursuivent leur carrière chez Saab.

Risquer de voir cette entreprise brûler par excès de financiarisation à court terme, par une idéologie ultra-libérale, me paraît d'une bêtise sans nom: on se coupe d'un avenir, on refuse de s'appuyer sur la structure transversale solide pour se limiter à logique de résultat immédiat. Je me demandais hier : faut-il, nous les européens, écrire au gouvernement suédois pour leur demander ce qu'ils comptent faire de cette richesse qui ne s'acquière pas à coup de quelques millions en 5 ans ?! Plus que jamais, l'avenir de Saab est essentiel, car elle dit quelque chose d'essentiel de notre patrimoine suédois sinon européens.

Photo, Frédéric (participant au Concours)

dimanche 11 novembre 2012

Le point sur la situation financière

Je n'ai pas été très disert sur le sujet ces derniers jours, car nous avons peu d'informations sur les négociations en cours, qui sont la dernière chance pour Saab avant le 22 novembre date à laquelle la deuxième assemblée des créanciers est censeé se tenir. Après, tout est possible, particulièrement la fin de la procédure de Réorganisation sous protection de la Justice pour Saab. Le gouvernement suédois montre maintenant (!) son inquiétude sur une issue négative pour Saab et fait les comptes : 12000 emplois directs et indirects sont menacés en Suède. Le plan des gouvernements chinois et suédois de faire racheter la totalité de Saab n'a pas fonctionné. Victor Muller conserve Saab, mais pour combien de temps?...

C'est aujourd'hui que se tient l'assemblée générale de Swedish Automobile (Swan). Initialement, les actionnaires et leurs représentants étaient convoqués pour approuver les comptes de l'exercice et se voir présenter le deal de rachat de Saab par Youngman-Pang Da. La deuxième partie sera sans doute remplacée par une présentation des démarches en cours auprès de General Motors (qui a donc refusé catégoriquement la vente de Saab en faisant jouer sa clause d'ownership sur les licences GM incluses dans les produits Saab actuels).
Il est donc possible que ce soir nous ayons plus d'infos sur le contenu des négociations en cours.

_____________
"la situation très claire : Saab est actuellement en processus de restructuration. Soit ils continuent sous le régime de la Réorganisation, soit ils font faillite. Si la société fait faillite, les licences technologiques pourraient ne pas être vendues, car elles sont notre propriété."
Ces mots sont du porte-parole de General Motors et ont été prononcés hier. Je ne sais pas ce que cela vous inspire, mais à moi, cela m'a laissé très songeur... J'ai beau être français - et non américain - je suis capable de comprendre ce que le mot de "propriété" implique et que cette valeur est fondamentale pour la sécurité juridique des transactions commerciales. Personne ne peut contester ce droit de GM de défendre ses intérêts et son droit de propriété intellectuelle. Magnifique défense de Jim CAIN (porte-parole de GM) que même de nombreux membres de Saabsunited approuvent non sans fatalisme concernant l'avenir de Saab.

Je vous livre ici mon opinion qui vaut ce qu'elle vaut...
Il est parfaitement limpide que la partie qui a la main aujourd'hui, la personne morale (si je puis dire) qui va décider de l'avenir de Saab, c'est le groupe General Mortors. Vous ne vous demandez pas : "Encore?!" Parce que moi si, je me pose cette question...
On a cru que Saab était racheté par un constructeur indépendant (Spyker). Que le prix de "70 M€" - dixit Victor Muller - était une aubaine, que Saab était devenue une marque indépendante. Et bien non, pas du tout! Mon point de vue est que General Motors n'a toujours pas vendu Saab et se dit prêt maintenant à "tuer" pour la 3ème fois le constructeur suédois.
En effet, selon ces 70 M€ payés cash par Spyker (devenue Swan aujourd'hui) n'ont été à mes yeux qu'un simple droit d'entrée pour obtenir une location-gérance de Saab. Ca se fait encore pour les contrats de bière aujourd'hui : on vous loue le fonds de commerce avec notre marque, les produits sous licences (bières, dérivés, marketing) etc. et vous vous engagez à vendre tant et tant de notre bière. Vous pouvez réussir comme vous voulez, vous ne serez en fait jamais propriétaire du fonds commercial, sauf à en payer très cher le prix. Ces techniques permet au vendeur de bière de faciliter son implantation et en même temps de recueillir les fruits de la visibilité commerciale qu'il a acheté.
Et bien pour Saab, sur le papier, certes Spyker est devenu propriétaire de la marque pour un paiement cash de 70 millions, certes Spyker a acquis la clientèle Saab et beaucoup d'autres éléments, mais en fait les outils de production (Saab Tools) étaient nantis par l'Etat suédois et les licences, sans lesquelles l'exploitation de Saab n'étaient PAS possibles restaient pour l'essentiel la propriété de General Motors. Enfin, le clou, General Motors conservait pas moins de 321 millions de dollars d'actions préférentielles dans Saab.
Alors certes, on vous a dit que ces actions préférentielles étaient sans droit de vote en AG, mais on a oublié de vous préciser que les licences tout comme le statut d'actionnaire préférentiel conférait à General Motors une puissante clause d'ownership.

Alors en janvier 2010, Saab vendue ou pas à Spyker? et bien en l'état, faut vraiment être un juriste, un adepte de la procédure, pour estimer que, sur le fond, General Motors a vendu Saab à Spyker en 2010. Pendant 20 ans, GM s'est servi de Saab d'abord pour redorer son image premium aux Etats-Unis (années 90) puis pour partager sa technologie. Trollhättan a servi pour de nombreuses recherches développement au profit de GM Europe. Systématiquement ces recherches ont été refacturés au sein du groupe pour que GM puisse conserver les droits de propriétés intellectuelles. Saab a quasiment été fusionné à GM Europe dans les années 2000 et l'actif technologique de Saab a volontairement été réduit au minimum afin que les droits restent dans GM. En 2009, GM pense qu'il peut très bien liquider Saab avec un actif supérieur au passif, qu'il se servira ensuite d'une partie des ateliers d'ingénierie à THN et vendera ce qui ne l'intéresse plus. Fin 2009, GM veut liquider Saab : c'est la deuxième fois que le groupe américain fait main basse sur le constructeur suédois. Début 2010, GM accepte enfin de vendre Saab, mais d'une façon telle (cf. supra) et avec un businessplan si fallacieux et avec de telles conditions d'ownership qu'il apparaît clairement que Swan n'a pas la main et que Saab ne pourra pas s'en sortir sans l'aval et l'appui de GM. Aujourd'hui GM refuse la vente de Saab aux chinois : et c'est, à mes yeux, la troisième fois que GM veut "tuer" Saab.

Et quoi? Vous allez croire que GM qui a vendu 2.000.000 d'exemplaires en Chine cette année avec son partenaire SAIC, doit craindre Youngman (à peine 1% de la production chinoise)? Vous allez croire que GM qui a déjà vendu la technologie Saab 9-3 à BAIC en 2009 et qui partage ses licences avec SAIC dans un joint-venture doit craindre des "fuites technologiques" de plateformes (qui seront dépassés dans 3 ans) vers la Chine? La plateforme modulaire phoeniX, made by Saab cette fois, est bien plus intéressante pour les chinois!

En fait, il apparaît que ce "non" de GM est encore une tactique de négociation avec les chinois. Que veut le NDRC chinois? C'est là aussi une question capitale, car si le NDRC veut Saab, GM ne pourra tenir sa position de façon définitive ou tout au-moins il devra accepter soit de rentrer dans la boucle des investisseurs potentiels, soit le groupe américain devra accepter un autre deal du type joint-venture avec Swan-YLPD comme celui du 21 juillet dernier. Selon un certain nombre de médias, c'est vers une solution difficile donc où aucune partie ne sera pleinement satisfaite donc que Victor Muller essaye d'acheminer YLPD en relation étroite avec GM.

______________

Ceci dit, il nous faut attendre encore un peu avant de voir peut-être une solution autre émerger. Aucune partie n'a intérêt aujourd'hui à faire couler Saab. GM non plus en fait, car la stratégie du bras de fer de Victor Muller, à savoir de maintenir Saab debout coûte que coûte (et cela a déjà coûté plus de 100 M€ de charges depuis l'arrêt de la production de fin mars dernier) rend la perspective d'une liquidation judiciaire de Saab inopportune pour General Motors. GM pourrait perdre la main dans ce cas, ) savoir la totalité ou une bonne partie de ses 321 M€ d'actions préférentielles dans Saab, vu les dettes (plus de 150M€ de fournisseurs, 220M€ de prêt BEI au minimum) .

dimanche 28 octobre 2012

J'aimerais tout d'abord dire merci...

La nouvelle qui est tombée la nuit dernière - hier matin officiellement - a de quoi interpeller.
Saab chinois?

La Chine fait encore figure de l'ogre, de l'étranger dont il faut se méfier, d'une machine de guerre dont nous pourrions être victime. S'agit-il de fierté? Ou bien de lâcheté? Quand des citoyens d'un pays (la Suède) ou d'une communauté de pays (l'Europe) ne veulent plus faire les efforts financiers nécessaires pour garder une part de leur industrie, c'est que cette industrie ne les rend plus fiers, c'est que cette industrie n'a plus à faire partie de leur patrimoine. Les conséquences, il faut alors les assumer!


Si les protocoles d'accords sont menés à terme, Saab aura demain un propriétaire chinois. Tout simplement parce que les chinois ont aujourd'hui la conscience aigüe que leur développement passe par l'industrie alors que "nous" avons précisément, les européens, de plus en plus conscience - à tort peut-être, mais je ne refais pas le monde - que notre avenir ne doit plus passer par l'industrie. L'industrie suppose des conditions de travail encore aujourd'hui difficiles et la main d'oeuvre dans nos pays aisés est rare et chère et les clients capables de payer le prix "made in EU" se font eux aussi moins nombreux. De la délocalisation, nous sommes aujourd'hui passés à la décapitalisation de nos industries et le marché semble s'être déplacé là-bas aussi maintenant, nos capacités de production pour nous sont suffisantes.

... Bref, je ne vais pas faire ici un cours d'économie, car j'en serais incapable. Si j'écris ici sur ce blog depuis des mois sans avoir la certitude absolue que ma marque préférée allait pouvoir passer le cap de 2015, c'est d'abord en raison de ses produits : les voitures Saab, vous vous souvenez? :)
Et ce que je sais aujourd'hui, c'est qu'après cette vente - si elle se fait - l'avenir de Saab made in Trollhättan sera assuré au-moins jusqu'à cette date.

Saab 9-3 Griffin TTID 119gr (38)  Saab-9-4X_2012_1024x768_wallpaper_0f
 SAAB 9-5 SportCombi   Laser red NG9-5 Aero TTID

Bien sûr que c'est la technologie qui intéresse les hommes d'affaires qui veulent acheter Saab Automobile. Bien sûr aussi que ce n'est pas que la marque Saab qui a fasciné Victor Muller! Justement, c'est à lui à qui j'ai pensé paradoxalement le plus aujourd'hui. Avant de continuer sur ce qui nous préoccuppe maintenant (l'avenir de Saab), je voulais justement repenser à cet homme d'affaire qui a sauvé le constructeur suédois : Victor Muller.

Vous l'avez sans doute entendu à la radio aujourd'hui (cf. post ici), littéralement épuisé, vraiment éprouvé.
Il faut dire que ce marathon qu'aucun chef d'entreprise sensé n'aurait pu affronter comme lui, avec le peu de moyens financiers qu'il avait en propre, bravant les tonneaux de critiques injustes et personnelles déversés par la presse suédoise et holandaises en particulier, ce marathon mené tambour battant par Victor Muller s'est achevé de façon difficile pour ne pas dire terriblement dure.  Mais il l'a mené le plus loin qu'il a pu et, peut-être qu'ainsi Saab sera définitivement hors de danger financièrement parlant. Il fallait que Swan passe la main partiellement ou totalement.

Victor Muller a eu le charisme et le génie pour convaincre General Motors d'éviter de liquider Saab. Il aurait voulu relever cette marque, redorer l'icône. De fait, si Saab est nettement plus endettée aujourd'hui qu'hier, les modèles qui devaient sortir sont partiquement tous sortis, la marque s'est doté d'une plateforme technique modulable capable de générer les prochaines 9-2, 9-3, 9-4X ou 9-5. Des partenariats avec BMW, American Axle étaient sur les rails. Un concept et une nouvelle définition du design était sur les planches, etc.

Demain, si tout est bouclé comme prévu, nous savons que les finances seront au rendez-vous et ce n'est pas demain la veille que nous importerons des Saab chinoises. La marque suédoise, le design scandinave, ont encore de beaux jours devant eux, j'en suis sûr. Les chinois ne pourront pas de si tôt créer de toute pièce une Saab chinoise capable d'être exportée chez nous. Nous avons affaire à des chefs d'entreprises assis dans des fauteuils financièrement bien plus solides que Swan et qui n'ont sans doute absolument pas l'intention de casser les dynamiques positives de la société qu'ils achètent pour 100 millions "seulement" mais avec des dettes de 150 millions, un prêt non remboursé de 220 millions et les obligations convertibles de GM de plus de 230 millions d'euros...

Sans l'aide des ingénieurs, sans le marché européen pour commencer, Youngman et Pang Da ne pourront pas assurer le développement d'une industrie depuis 0 chez eux. Si le deal annoncé aujourd'hui va au bout, je vous parie que la prochaine "9-3" sera présentée à mi 2013 tout simplement parce que c'est l'intérêt le plus immédiat de Youngman et Pang Da. Ils ne pourront pas transférer du jour au lendemain la technologie chez eux et les 1000 ingénieurs Saab ne vont pas déménager en Chine. Il faudra donc du temps pour former les équipes chinoises. Et pendant ce temps, il faudra que la recherche développement continue en Suède, que l'usine tourne et le marketing bosse dur pour reconquérir les clients perdus.

Mais je ne voulais pas vous rassurer là maintenant car, pour l'instant, je reste pragmatique : rien n'est encore définitif. L'aval de GM va être difficile à obtenir. La poursuite avec BMW va poser problème peut-être aussi. Tout n'est pas joué, mais le business plan dont j'ai lu l'esquisse aujourd'hui a de quoi redonner le sourire aux financiers, en termes d'investissement jusque fin 2013 par Youngman et Pang Da, on est proche de 750 millions d'euros...

Non, ce n'est pas seulement de chiffres et des questions dont je voulais vous parler : tout ceci, toutes ces inquiétudes sur le devenir de la marque, sur l'avenir de ces superbes voitures qui attendent de revenir dans les showrooms, tous ces articles de presse tantôt bienveillants, tantôt scabreux et souvent mal informés, ces dizaines de blogs (dont Saab actu) d'enthousiastes n'existeraient, pour beaucoup, plus du tout si Victor Muller n'avait su insuffler à Saab ce second souffle et, maintenant, ce troisième souffle. On songe au management de Saab, des noms me viennent à l'esprit. Je ne les cite pas pour ne pas en oublier certains, mais je pense aussi à des gens comme Steven Wade pour qui Saab a eu des implications autant professionnelles que personnelles et dont l'avis éclairé est loin d'être celui du "petit soldat" La lecture des pensées de Tim R. de Saabsunited à propos de ce rachat de Saab m'a aussi beaucoup touché et je le rejoins complètement sur le fond.

Comme l'a redit Victor il y a peu, "nous sommes une famille". Outre la saabosphère, si vous avez déjà été à des meetings Saab, vous pouvez vous en être rendu compte en chair et en os. Les voitures, l'histoire, la culture de cette entreprise a de quoi passionner les hommes et les femmes que nous sommes, sur des chemins professionnels mais aussi avec nos vies personnelles, nos talents et nos limites.

Je ne sais pas quel sera le degré de liberté que Saab aura par rapport à ses nouveaux actionnaires, mais je sais que tant que nous garderons cet esprit de famille autour de Saab, admirant autant les nouvelles que les anciennes, c'est que la marque sera encore vivante.

Un distributeur me disait, il y a 8 jours à peine (alors que les évènements semblaient tourner au tragique):
"Si Saab va au tapis, nous devrons prendre rapidement une marque, mais si Saab revient, nous reviendrons, c'est certain."
Et bien c'est ça être une famille, c'est ça l'esprit Saab. Et si Victor Muller n'a pas pu redresser la situation financière de Saab - ce qui maintenant tout compte fait va peut être possible - je pense que Saab n'a jamais eu un patron qui ait mieux incarné cet état d'esprit. Pour cela, en ce qui me concerne, j'ai envie de lui dire un grand merci.

samedi 20 octobre 2012

Et maintenant?

Le 11 octobre, le blog économique Bloomberg, pourtant toujours objectif concernant Saab Automobile, évoquait un risque de faillite probable concernant le constructeur suédois. En sommes-nous déjà là?


La fin anticipée du processus de Réorganisation, qu'est-ce que cela impliquerait pour Saab Automobile si la demande de Guy LOFALK était accordée par les juges de Vänersbourg?
Si la demande de M. Lofalk, actuel administrateur judiciaire de Saab Automobile, était acceptée, cela signifierait que les créanciers impayés de Saab Automobile pourront conduire le groupe au dépôt de bilan en quelques semaines tout au plus. La menace est extrêmement sérieuse.


Pourquoi Guy Lofalk veut-il officiellement demander aux juges de terminer la procédure de Réorganisation?
Le 13 septembre dernier, Saab Automobile et deux de ses filiales avaient présenté devant la Justice, en Appel (suite au rejet de leur demande en 1ère instance) un dossier destiné à justifier leur demande de Réorganisation sous protection de la Justice. Ce dossier faisait état de la réunion de fonds financiers suffisants pour assurer sa survie pendant le temps de la procédure, le temps d'obtenir la validation par les autorités de la montée au capital de Saab par Youngman et Pang Da.

Sur le fond, le dossier de Réorganisation, celui qui a été validé finalement en appel le 21 septembre dernier, comprenait donc deux volets : l'un destiné à montrer que Saab pouvait subvenir à ses besoins immédiats, l'autre que Saab avait de fortes chances de pouvoir se rétablir à plus de trois mois.

_ Sur le premier volet, il semble bien, de l'aveu même de Saab, que Youngman ne veut plus mener à son terme l'achat de la plateforme Phoenix. Certes une avance de 11 M€ a été faite, mais pour le solde, Swan nous avoue dans son communiqué de presse avoir des "craintes quant au versement final du prêt relais provisoire de Youngman et Pang Da". Donc, Guy Lofalk invoquera que le 1er volet financier n'étant plus réuni, la condition essentielle pour la Réorganisation de Saab ne tient plus.

Or SWAN se défend d'avoir obtenu - in extremis - des fonds à hauteur de 60 M$ (45M€) qui, avec les 11 M€ versés par Youngman suffiront à assurer sa survie le temps des étapes de validation restant pour la montée des chinois Youngman et Pang Da au capital de Swan.

_ Sur le deuxième volet (injection de capitaux de 245M€), nous ne savons seulement que Youngman et Pang Da sont toujours de la partie et volontaires pour cela, que le dossier traîne au Bureau de l'Office de la Dette suédoise. Mais plus de certitudes sur l'issue, point nous n'en avons!


Alors le nouveau financement de 60M$ par North Street Capital : un coup de brouillard ou un coup de maître de Victor Muller?
North Street Capital est le fond d'investissement américain qui a signé le 29 septembre dernier avec Swedish Automobile (Swan) une lettre d'intention du rachat de Spyker (les actifs de la marque de supercars de luxe hollandaises) pour la somme approximative de 32M€ (voir communiqué en anglais de Swan ici). Que sait-on de NSC? Nada...


Finalement, des questions...
Et d'abord cet administrateur judiciaire, M. LOFALK, qui semble marcher plus pour le ministre des Finances suédois que pour Saab Automobile...
_ Quel a été son rôle pour que Youngman ne valide pas les termes de paiement du prix de la plateforme Phoenix?
_ Est-ce que enfin les relations entre Pékin et Stockholm ont été facilitatrices ou au contraire épineuses pour les relations d'affaire entre Youngman et Swan? On ne dirait pas qu'elles ont aidées en fin de compte.
_ Est-ce que Guy Lofalk a eu des réponses en "off" sur la probable décision du NDRC? Je n'en sais rien

...aux doutes morbides
Doit-on craindre de devoir assister à terme au pillage chinois des technologies dans la tombe du constructeur suédois ou de devoir assister à des funérailles (avec les larmes de crocodile du gouvernement suédois) pour n'avoir pas voulu que la technologie et la recherche parte à l'étranger? La réponse à cette question est donnée par Victor Muller lui-même dans l'interview à P4 Ouest...

Bref,
A part la ferme volonté de Victor Muller pour sauver Saab Automobile, qui, du gouvernement suédois, des chinois Youngman et Pang Da, du gouvernement chinois et de General Motors (détenteurs de 320M$ d'obligations convertibles), qui a vraiment intérêt à sauver Saab?

Victor Muller a donné hier (jeudi) une interview étonnante à la chaîne de radio tv suédoise P4 ouest... J'y reviens.

mardi 9 octobre 2012

Edito : l'agenda caché du gouvernement suédois et l'avenir de Saab

Alors que certains débatent sur Saabsunited de l'illégalité de l'action de l'actuel administrateur judiciaire de Saab, Guy Lofalk, dans le cadre du processus de Réorganisation, je me suis interrogé cette nuit sur les intentions du gouvernement suédois, des partenaires Youngman et Pang Da et des tierces parties (General Motors, la BEI, les créanciers) et enfin sur l'avenir de Saab qui n'a jamais été autant sujet à caution que maintenant.

Quand et qui?
Tout d'abord, rappelons le calendrier du processus d'approbation des candidats Youngman et Pang Da pour leur montée au capital de Swan/Saab : le 14 octobre, le NDRC (Commission nationale pour la Réforme et le Développement) chinois est censé approuver ou désapprouver le processus d'acquisition des deux sociétés chinoises. Le 14, c'est vendredi.

Rappelons ensuite, soulignons-le même - car cela n'a pas été fait suffisament - que cette augmentation de capital dans SWAN pour une proportion largement supérieure à 29.9% - et qui reste à définir compte-tenu de la chute du cours de Swan - doit également être approuvée par la Banque Européenne d'Investissement, le Bureau de la Dette suédoise, le gouvernement suédois et General Motors.
Il y a enfin les créanciers de Saab qui dans le cadre du processus de Réorganisation auront leur mot à dire in fine... Bref, cela fait beaucoup de monde à mettre d'accord, beaucoup d'intérêts qui ne sont pas nécessairement convergents dans le sens de l'avenir de Saab.


Le loup dans la bergerie
Pour l'heure, nous avons été un peu secoué en apprenant hier que l'administrateur judiciaire actuel (Guy Lofalk) de Saab semble oeuvrer pour le Ministre des Finances suédois, encourageant Youngman et Pang Da à laisser tomber Saab, voulant convaincre Geely de racheter Saab et conseillant à l'Office de la Dette suédois (NDO) de rendre le prêt exigible (encours en capital 220M€) à effet immédiat par la BEI.


Le Ministre des Finances suédois veut tirer l'addition?

Si tel était le cas, les créanciers seraient alors payés par ordre de privilèges, éventuellement un Geely pourrait racheter Saab, mais cela est loin d'être confirmé pour l'instant.

Si la BEI rendait son prêt exigible, Saab n'aurait pas les moyens, en l'état actuel des accords passés avec ses partenaires (recapitalisation de 245M€) avec Youngman et Pang Da, de payer les 220M€ de capital restant dû à la BEI. Cette hypothèse de terminaision du prêt compromettrait gravement à l'évidence la possibilité de trouver un plan de redressement dans le cadre de la Réorganisation.

Alors la question qui nous taraude : pourquoi le gouvernement suédois fait-il cela? Quelles sont ses intentions?!

Essayons de nous mettre une minute à la place du gouvernement suédois :
1  Pour sauver des emplois et un secteur industriel en déroute de mon pays, moi, gouvernement suédois je garantis début 2010 un prêt d'investissement de 400M€ accordé par la Banque Européenne d'Investissement pour financer la recherche/développement de Saab dans les technologies "vertes".
Saab a utilisé 220M€ de ce prêt pour mettre au point la 9-3 électrique, la transmission 4 routes motrices électriques (E-XWD) en partenariat avec American Axle et les motorisations TTiD < à faibles émissions de CO2.
2 Or il s'avère que Saab va être racheté pour moitié par des chinois qui vont bénéficier intégralement de ces programmes de R et D et qui vont également profiter de la R et D de la plateforme modulaire Phoenix que Saab a auto-financé (ce qui explique aussi une partie des pertes).
3 Si j'étais ministre suédois des Finances, je pourrais/devrais me poser la question suivante : dois-je continuer à garantir un prêt dont le bénéfice a toutes les chances de partir en Chine si je crois que Saab n'arrivera pas à se redresser et donc à mettre en production sa R et D? Est-ce que ma stratégie industrielle et commerciale m'encourage ou me dissuade à laisser partir cette technologie couteuse vers la Chine? Est-ce que l'on ne pourrait pas négocier avec Geely, le propriétaire chinois de Volvo, cette technologie qu'il recherche justement (la plateforme modulaire fait partie des projets d'investissement de Volvo horizon 2015), peut-être en contre-partie d'un maintien d'emploi de l'usine Volvo que Geely veut fermer?

Il y a aussi General Motors qui attend derrière le rideau. N'oublions pas que GM a vendu Saab pour 400M$ et que sur ce prix, seul 70M€ ont été payés cash et le reste est en actions préférentielles... Et pour ne prendre que cet exemple, il y a de la technologie GM dans la Saab 9-5 fabriquée à Trollhättan...

Au fond, il n'y a qu'une question qui se pose : est-ce que le gouvernement suédois pense que Saab pourra se rétablir avec Youngman et Pang Da? A cette question, il pense clairement que la réponse est non. Et il le pense depuis longtemps selon moi.

Depuis le mois de mai, j'ai acquis la conviction que le gouvernement suédois n'avait plus confiance en Swan/Victor Muller pour redresser Saab, qu'il ferait tout pour éviter que sa caution du prêt de la BEI (220M€) - sans parler de l'immense coût social qu'une faillite de Saab engendrerait - profite à un hollandais (V. Muller) - ou à un russe (Antonov) - qui vendrait " à la casse" de toute façon, une fois rendu au pied du mur, la technologie Saab à qui voudra, pour retrouver leurs investissements de départ.
Nous avons déjà assisté à la vente partielles des murs de Saab (Saab Properties) pour faire face aux frais de structures d'un constructeur qui ne produit plus depuis plus de 6 mois maintenant. 220M€ de prêt BEI, plus de 150M€ de dettes fournisseur exigibles. Est-ce que vraiment les 245M€ suffiront à faire repartir la machine?

Qu'on ne se trompe pas de combat. A tout roi, tout honneur : Victor Muller a sauvé Saab de la liquidation de la faillite en janvier 2010. A tout roi, toute responsabilité aussi : il n'y est pas arrivé et n'a pas de solution pour Saab qui soit actuellement viable aux yeux du gouvernement suédois et de bon nombre d'analystes financiers. Mais alors pourquoi Youngman et Pang Da veulent investir dans Saab?


Les intentions de Youngman et Pang Da
A ce sujet, mieux vaut se contenter de lire les communiqués officiels, car on a lu dans la presse tout et son contraire. Les 245 M€ devaient servir à la fois pour un transfert de technologie de la plateforme Phoenix, pour la constitution de Joint Venture en vue de la fabrication en Chine d'une "9-6" et d'une "9-7". Pang Da intervenait au titre de distributeur exclusif de la marque en Chine. Leur participation au capital était donc bien un investissement au départ et non une simple recapitalisation pour combler le passif de Saab...
Il semble que, selon la presse suédoise, le prix d'achat des actions de Swan soit remis en question : soit le pourcentage de participation dans Swan pourrait être revu à la hausse, soit le montant de l'investissement revu à la baisse...
Guy Lofalk a-t-il réussi à convaincre les deux partenaires à sortir du deal? Dans le contexte actuel, c'est probable mais pas certain.
A propos de Saab, les intentions de Youngman et Pang Da ont été relativement bien gardées et on peu s'interroger légitimement sur ce sujet. Leurs paroles seraient très précieuses en ce moment. Or on les entend peu à ce sujet depuis une dizaine de jours... Bizzare...


L'avenir de Saab
Et bien oui, c'est ça la question ! Et pas l'avenir de Swan, comme on pourrait le penser parfois à trop lire Saabsunited...
Ayant soulevé des questions légitimes que pourrait se poser le ministre des Finances (en résumé : à quoi bon soutenir financièrement une entreprise qui va céder ses actifs à l'étranger et dont la facture sociale va me coûter cher), je me suis enfin demandé pourquoi Guy Lofalk avait-il agi si vite et sans consulter le management de Saab?
Le processus d'acquisition de Saab à 50% par Youngman, Pang Da, nécessite des relations diplomatiques entre la Chine et la Suède. Si les gouvernements respectifs - reste à savoir qui aurait refusé le premier - s'étaient passés l'info que l'un d'eux refuserait d'approuver le deal, le Ministre des Finances informé par la "valise diplomatique" a pu très bien prendre les devants sur la date du 14 octobre sachant une issue négative (simple hypothèse de ma part ici), ce qui me paraît la seule justification possible de cet excès de zèle de Guy Lofalk, administrateur judiciaire actuel de Saab.

Est-ce que Youngman et Pang Da sont encore dans la boucle? Mesurent-ils les efforts financiers à faire pour sauver le constructeur suédois? Est-ce que Geely serait vraiment intéressé par Saab jouant les cartes de la complémentarité de technologie et de l'organisation de la concurrence ces deux anciens rivaux? Est-ce que le gouvernement suédois a un plan pour Saab autre que le plan "E" comme "exit" de Victor Muller?

La semaine qui s'ouvre est LA semaine de tous les dangers pour Saab. Croisons les doigts.

lundi 10 septembre 2012

Edito : Savoir reprendre de l'altitude

"D'une façon ou d'une autre, la vie la semaine prochaine ne sera plus même qu'aujourd'hui". C'est par ces mots que concluait Steven Wade un post sur Inside Saab la semaine dernière , alors que la demande de restructuration sous protection de la justice n'était pas encore rendue publique...
Cette phrase qui résonne à la fois comme une menace et comme un espoir possible, est donc toujours d'actualité pour Saab : l'appel du rejet de la demande va être déposé lundi, réponse des juges mercredi au plus tard.

La demande de restructuration est tombée en France, notamment, comme une petite bombe dans les médias de l'auto. Je remercie encore le journaliste de l'AFP qui a traduit cela par "dépôt de bilan". Ok, on peut bien admettre que la situation financière est telle que l'on serait tenté de dire cyniquement qu'ils avaient une petite longueur d'avance, c'est tout. Mais non, ce n'est PAS encore le cas et les mots dans ce genre de situation ont importance dramatique : les journalistes sont des commerçants comme les autres et le moins qu'on puisse dire, c'est que beaucoup - mais pas tous - méconnaissent (ou font semblant) le pouvoir des mots. Prenez cette vidéo du Figaro, nauséabonde, où un sombre inconnu, prend des airs bien assurés pour vous expliquer que "la fin de Saab ne changerait pas le profil du secteur" parce que notamment cette marque "peu innovante" était voué à l'échec. Peu innovante, pardon?! Comment peut-on dire une ânerie pareille? Sait-il par exemple que Saab est encore aujourd'hui un prestataire de service de GM Europe pour l'ingénerie moteurs et transmissions? Est-ce qu'il est déjà allé visiter l'usine, voir les bancs d'essai moteur, carrosserie, les souffleries, les studios de design etc etc? Le complexe d'ingénierie Saab à Trollhättan génère un savoir-faire qui est intégré bien au-delà des seuls modèles Saab. Partout on avait lu que la 9-5 NG avait comme "base technique l'Opel Insignia", l'exemple même de désinformation, puisque si ces voitures ont la même plateforme technique partagée avec Buick, elle a été élaborée principalement à Trollhättan. Qui a retravaillé les motorisations diesel au point de pouvoir sortir sur le marché la berline et le break les plus eco-performants du marché en mars dernier? C'est Saab... Effrayant ce terrorisme journalistique, passons...

On a le droit de lire depuis une semaine des commentaires véritablement crétins - je reste courtois - du genre "je vous l'avais dit, c'était couru d'avance". Comme si nous étions chacun incapables de faire un calcul de probabilité et que nous n'avions jamais perçu que cette période d'arrêt de la production pouvait être fatale, comme si nous ne savions pas que SWAN, actionnaire de Saab, avait à sa tête un homme d'affaire charismatique - le meilleur vendeur du monde selon moi - mais désargenté, comme si nous n'avions pas constaté que les suédois refusent de s'engager pour le patrimoine économique historique de leur automobile, comme si nous n'avions pas déploré le refus de laisser Vladimir Antonov entrer au capital de Saab pour 150 M€, comme si nous ne savions pas lire un bilan semestriel qui démontre que Saab avait besoin de 200M€ en 2011 de plus pour que son business plan soit véritablement économiquement viable etc.

Après tant de mois de combats du management de Saab pour tenter de trouver les crédits nécessaires pour faire repartir la production - enjeu majeur - on a vraiment envie de baisser les bras, de faire l'addition, de tirer des conclusions, de tout balancer par-dessus bord - Victor Muller et ses promesses non tenues avec...

Moi-même, je vous mentirais si je disais que cette semaine n'a pas été angoissante et si ces nouvelles - à commencer par le rapport semestriel SWAN - n'avaient pas généré un grand trouble, des questions difficiles, des remises en question aussi... Des questions du genre : "Victor Muller est-il vraiment clean? Tout ce qui se passe était-il écrit, prévu? Quelles sont les intentions de Victor Muller? Pourquoi se bat-il? Est-ce par passion de la marque uniquement ou parce qu'il veut récupérer sa mise de départ, ce qui ne sera probablement pas possible en cas de faillite? Est-ce que l'intérêt de Saab ne serait pas aujourd'hui de déposer le bilan pour être racheté par un grand groupe? Est-ce que cette hypothèse serait envisageable juridiquement? Est-ce que le businessplan de départ (janvier 2012-décembre 2012) était viable finalement? Est-ce que pour finir, quelqu'un aurait intérêt à ce que Saab meure?

Toutes ces questions, je suis certain que vous vous les posez. Et ce ne serait pas honnête de les éluder. J'ajoute que je me les pose depuis bien longtemps déjà et que dans le doute, j'en ai gardé certaines pour moi, tout simplement parce que ce blog n'a pas pour mission de présenter un plan d'affaire pour Saab, mais de parler de l'essentiel de ce constructeur qui nous passionne : les Saab. Parce que l'on ne met pas des voitures cabossées dans un showroom, parce que Saab actu est un blog sensé parler des raisons qui font que la marque Saab est unique, historique, visionnaire parfois même. Et très honnêtement, on s'en fout des chiffres financiers tant qu'on a du plaisir à rouler en Saab, d'aller voir son concessionnaire pour matter les nouvelles et choisir ses options. Mais voilà, le volet financier chez Saab est devenu si difficile depuis 2009 qu'il est impossible de le mettre de côté, car la survie de la marque est en danger et le danger est désormais à quelques semaines sinon à quelques jours seulement de nous maintenant.

Si l'on écoute le "journaliste" du Figaro, la disparition de Saab n'aurait au fond pas beaucoup d'importance. Pourtant, en 5 jours, c'est juste 10 nouveaux lecteurs inscrits sur le FB de Saab actu, le traffic a bondi de 15% avec près de 1500 pages visitées/jour, sans parler des mails de soutiens, des personnes qui viennent prendre nouvelles en "OFF". Je reçois aussi via le compte youtube des messages de soutien pour Saab :
"All gods, financial people and Mr Muller MUST save these splendit car maker"

"Saab must survive !"
Je lis sur les trois plus grands quotidiens nationaux des commentaires tels que :
"Dommage,un des seuls constructeurs qui faisaient des voitures originales. La production actuelle est d'une banalité à pleurer."


"La disparition possible de SAAB serait plus que regrettable pour tous les passionnés de l'aventure automobile, car le constructeur suédois a dans son ADN une très forte personnalité. Certes, l'absorption par GM qui l'a rendue fade et les sursauts successifs peu convaincants pour sauver la marque semblent avoir abouti à une impasse. Mais au-delà des paramètres économiques et sociaux évidemment d'importance cruciale, c'est l'image même de SAAB qu'il faut à tout prix conserver.
Je ne peux que souhaiter qu'un groupe financier ou industriel adéquat redonne à SAAB les moyens de retrouver sa créativité avec l'esprit pionnier qui était le sienl à ses débuts. Après tout, SAAB c'est un peu le Citroën des pays scandinaves. Il existe déjà bien trop de constructeurs automobiles sans âme ni tempérament pour se payer le luxe de renoncer à SAAB


quelqu'un aurait il envie de créer, de participer à, un (éco)fond souverain&citoyen européen de protection, de rachat de nos fleurons industriels, de nos dettes d'état? mi capital risque mi placement de "bon père(mère) de famille" libre à chacun d'y participer selon ses moyens ses envies,histoire de redonner confiance, envie, de recréer du lien (yc économique ET citoyen). c'est une question (pour moi)en forme de réponse, moi oui, j'ai envie .


Nos amis suédois, Saab ou Volvo, auraient mieux fait de jouer la carte européenne et de s'associer à des constructeurs Français ou Allemands. Volvo, qui fut trop fier pour accepter une alliance avec Renault il y a quelques années, doit bien le regretter.


C'est terrible cette disparition systématique des industries européennes. Et ne nous y trompons pas, pour l'automobile, cela ne va pas s'arrêter là.


je vous rejoins entièrement, d'autant plus que, dans le cas present, saab est un vrai groupe industriel avec un réel savoir faire, une réelle identité, un peu "hors du temps". mais il faut croire que nos concitoyens, français eeuropéens, s'en foutent majoritairement "comme de l'an quarante" assoupis qu'ils sont; le réveil risque d'être rude. un seul mot:dramatique. un peu de patriotisme économique me semble bon surtout lorsqu'il n'est pas dirigé par la haine de l'autre mais par la volonté de construire

Face à cette tornade, d'un côté les fossoyeurs, de l'autre les passionnés et les professionnels effrayés, j'ai pu être tenté de devenir vindicatif, moi aussi... Hier, journée au boulot de fou et pourtant j'ai trouvé une heure pour appeler un "Monsieur Saab" dont l'expérience et les contacts m'ont été très éclairants sur la situation actuelle. J'ai également pu prendre la température en concession... A la fin de cette journée, je voyais les choses différement, j'ai pu prendre de la hauteur, chose absolumment nécessaire quand on commence à paniquer. Je voudrais d'ailleurs vivement remercier ces personnes - qui me lisent aussi - pour leur éclairage sincère. Au-delà de cela, j'ai été très impressionné par leur loyauté à la marque. Au-delà de l'aspect financier, et ils souffrent de ce point de vue aussi avec Saab, je remarque qu'il n'y a pas qu'à Trollhättan que les employés sont attachés et dévoués à la marque. Ici en France aussi, vous trouverez des vendeurs, des directeurs commerciaux, des pdg de concessions, des cadres de Saab France qui ont complètement le virus Saab dans le sang. Et là, on se dit qu'avec eux, avec leur talent, avec le nombre de passionnés par la marque dans le monde, ce n'est PAS POSSIBLE que Saab disparaisse. Ce n'est tout simplement pas cohérent.

Prendre de la hauteur ne veut pas dire encore une fois éluder les problèmes et fuir les questions. Je tâcherai d'y répondre dans d'autres posts ce week-end, sans faux-semblants, mais avec du recul, avec tact, avec intelligence, autrement dit en un mot avec saabisme. (à suivre...)

vendredi 31 août 2012

Swedish Automobile (SWAN) publie son rapport du 1er semestre 2011

Swedish Automobile (SWAN) vient de publier hier soir son rapport du 1er semestre 2011.

Je ne l'ai pas encore lu en entier. Un point a attiré mon attention : les ventes (au détail ou en gros) cumulées au 1er semestre s'élèvent à plus de 28.000 unités alors même que dès le mois de mars les problèmes de trésorerie ont commencé à être connus. Sur une base annuelle, on serait arrivé à dépasser largement les 60.000 unités avec l'effet 9-4X, 9-5 Estate et 9-3 Griffin.

De mon point de vue pour cette année 2011, Saab aurait donc pu se rapprocher de son point mort de 80.000 unités (ce qui n'est pas encore suffisant puisqu'elle devra le dépasser d'au-moins 40% pour assurer son développement futur de façon autonome). En clair, vu le bon en avant quantitatif et qualitatif de la nouvelle gamme Saab, si la trésorerie avait été prévue jusque fin 2011 pour combler le retard de 2010, je n'aurais même pas pris la peine de publier ce bilan semestriel.

Les autres chiffres (EBIT, etc.) sont logiques puisque sans production Saab ne rentre pas d'argent. Sans production, les commandes baissent, la marge aussi, les coûts fixes explosent littéralement, bref, ... Ceci dit pour convaincre des investisseurs avec un EBIT de -200M€, il faut travailler avec des gens qui sont intéressés autrement que par un retour sur investissement en cash à moins de 2 ans...

Le temps n'est pas encore aux conclusions, mais quand il viendra, certains constats lourds devront être faits. La gamme actuelle de Saab devait réellement permettre à Saab de retrouver une image et une capacité d'investissement ou tout au moins à attirer de nouveaux investisseurs puissants en 3 ans. Il n'a peut-être manqué au départ que 60 millions d'euros de cash immédiatement au 1er trimestre, mais le coût de cette crise et la façon dont elle a été gérée aura couté combien 3 fois, 4 fois, 5 fois plus à Saab ? Est-ce que la situation financière (- je ne parle pas ici des produits et du potentiel - de Saab a déjà été si mauvaise par le passé? La réponse est clairement NON. Tant d'espoirs, tant de marketing (les salons, la phoeniX, l'Independance Day, etc.) et pour ça? La pilule est difficile à avaler, car même si un miracle se produit la semaine prochaine, même si Saab finira par se relever petit à petit, je doute qu'un jour on oublie cet épisode qui marquera les esprits bien au-delà du petit monde des saabistes. Nous avons des questions sur cet épisode calamiteux et pas de réponses sur le pourquoi du comment. Plus tard, les langues se délieront, c'est certain. Patientons, mais ne nous trompons pas de combat :  il s'agit que Saab soit sauvée et rien d'autre. Encore une fois, il y avait réellement tous les ingrédients d'une réussite, mais il manqua un investisseur pour y croire fin 2009 en pleine crise. Victor Muller, lui, y a cru et il a eu raison, même s'il n'avait au fond que son charisme pour réussir à convaincre ses interlocuteurs (GM)... à défaut de centaines de millions pour relever Saab durablement, comme cette marque le mérite encore vraiment.

-

Au moment où j'écris je ne peux pas prédire ce qu'il va se passer dans une ou deux semaines, mais les résultats de ce qui s'est passé (la gestion de la crise de liquidités), eux, sont bien là et interrogent.

Je vais essayer de prendre le temps d'analyser ce rapport plus tard. Pour l'instant, je ne vous livre ici qu'une traduction des différents sujets qui sont explicités dans ce rapport avec les chiffres qui sont suffisamment éloquents.

Voici l'extrait du rapport :

Aspects financiers S1 2011
  • Ventes 1er semestre (S1) 2011 : 359 millions d'€, dont 101 millions d'€ pour le 2ème trimestre (T2)
  • EBIT* S1 de -201,5 millions d'€, dont EBIT T2 de -122.2 millions d'€ [*l'EBIT se distingue du bénéfice net par le fait que les charges et produits financiers (intérêts actifs et passifs, produits et charges de titres) ainsi que les impôts sur le bénéfice ne sont pas pris en compte.]
  • Marge d'exploitation au S1 de -44,9 millions d'€
  • La recherche de fonds, le redémarrage de la production et la stabilisation de l'activité d'exploitation sont la priorité numéro1 pour les dirigeants.
  • Les financements à long terme à hauteur de 245 millions d'€ sous condition ont été souscrits au travers d'accords avec Pang Da Automobile Trade Company Ltd (“Pang Da”) and Youngman Automotive Group Company Ltd (“Youngman”)

Aspects relatifs à l'exploitation S1 2011
  • Les ventes ont été sérieusement affectées par l'arrêt de la production et la crise de liquidités du second trimestre.
  • 12.871 voitures vendues (vente importateurs) S1 2011 à comparer avec 10.240 au S1 2010, soit +26%
  • 15.194 voitures vendues (vente distributeurs) S1 2011, à comparer avec 10.535 au S1 2010, soit +44%
  • 12.877 voitures produites au S1 2011, comparé à 11.851 au S1 2010, soit +9%
  • 3.197 unités vendues (vente importateurs) au T2 2011 contre 7.984 in T2 2010, soit -60%
  • 5.801 voitures vendues (vente distributeurs) au T2 Q2 2011, contre 5.539 au T2 2010? SOIT +5%
  • 1.989 voitures produites au T2 2011 contre 9.497 au T2 2010, soit -79%
  • Lancement du Saab 9-4X sur les marchés, premières voitures vendues aux Etats-Unis

Victor R. Muller, PDG du groupe et PDG et Actionnaire majoritaire de Saab Automobile, a déclaré :
“Cela ne surprendra personne qu'il vient de s'écouler un trimestre incroyablement difficile pour cette société. Rien n'est pire de devoir payer les salaires avec retard de vos employés si dévoués et ceux-ci ne méritent rien d'autre que mes excuses sincères. Au-delà de cela, notre crise de liquidité chronique s'est accru avec l'arrêt de la production, des pertes de revenus et des charges d'exploitation devenues lourdes. Notre business plan est en train d'être revu pour la recherche de fonds supplémentaires et reflètent les accords avec nos futurs partenaires Pang Da et Youngman.”
“Il y a aussi des rayons de lumières à l'horizon. Nous avons progressé dans les négociations avec nos fournisseurs sur les délais de paiement et les conditions de livraisons et nous poursuivons nos efforts à sécuriser des fonds à court terme pour permettre un redémarrage pérenne de la production. Les investisseurs intéressés par Saab Automobile existent sur la base de convictions fortes dans les perspectives de long terme pour la marque et la société. Malgré les difficultés actuelles de la société, ils reconnaissent le potentiel de Saab : plusieurs nouveaux véhicules attendent d'être lancés sur les marchés, des clients fidèles continuent de commander des voitures même ces jours-ci, Saab est une marque premium forte, des partenariats avec des sociétés chinoises fiancièrement solides ont été négociés et des clients une compétence de haut-niveau dans l'ingénierie ouvre des possibilités d'innovation auprès des constructeurs automobiles.”
“Malgré cela, nous savons que nous ne pouvons pas voir trop loin dans le futur pour l'instant. Là, l'attention du management Saab est concentrée de la façon la plus forte qui soit pour ramener la société dans les eaux calmes en renforçant significativement nos ressources financières, en recherchant un accord avec tous nos fournissers sur les délais de paiement et les conditions de livraison, afin que la production redémarre dès que possible. Nous évaluons toutes les options possibles pour maintenir la contiuité de l'exploitation de Saab Automobile. ”


mardi 7 août 2012

"Les points forts de Saab sont plus nombreux que vous ne pourriez le penser"

Alors que ce post apparaîtra sur le blog, je serai dans les airs entre Paris et Stockholm... Bonne semaine à tous. Soyez sages et heureux! A tout bientôt.

Capture plein écran 04082011 222041.bmp
_

 La réalité financière de Saab à ce jour, la conjoncture internationale par ailleurs, encouragent peu à une vision optimiste des choses. On en perd parfois le sens commun, le sens économique d'une entreprise qui a acquis un savoir-faire unique pour ne privilégier que l'aspect financier immédiat. On en oublie les conséquences sociales sur les emplois secondaires, des équipementiers aux réseaux de distribution.

Les médias semblent participer à cette grandmesse de la financiarisation au point qu'un matin on vous vendera bientôt comme le must du design des fourgons blindés pour le convoyage de fonds - vers l'Allemagne ou la Chine sans aucun doute!

Parenthèse : j'ai apprécié que le Figaro revienne sur le versement effectif des salaires, retour d'information positif du retard annoncé 8 jours plus tôt, alors que Reuters prend plaisir à écrire que la "faillite a été évitée de justesse pour Saab", façon de se dédouanner du racollage médiatique, abandon définitif du journalisme critique d'investigation (les suédois savent bien que les syndicats n'ont pas le choix que d'amorcer de telles procédures encadrées par la loi sur l'assurance chomage).

La BEI (Banque Européenne d'Investissement) bloque Vladimir Antonov. Le gouvernement suédois pourrait éventuellement donner un coup de pouce en rachetant les 220M€ de prêt BEI tout en conservant ses garanties actuelles, mais ce serait beaucoup trop leur en demander!

La protection sociale est telle que la Suède semble renoncer à vouloir aider au maintien de son secteur industriel. Quand on sait que le non-paiement des salaires peut conduire légalement une entreprise à se voir assigner en règlement judiciaire en moins de 15 jours, cela montre à un point sans comparaison possible avec les conditions de travail des pays émergents (dont la Chine) combien il devient de plus en plus en difficile d'être un constructeur européen de nos jours. 0 flexibilité de l'emploi, des charges sociales 10 fois supérieures à ces pays émergents, un désengagement de l'Etat et des monnaies trop fortes : sauf les secteurs militaires et aéronautiques, cela va devenir quasiment impossible de continuer sans appui politique ou financier interne. Comme beaucoup de secteurs industriels, la seule issue pour Saab est de délocaliser et son capital et son exploitation en Chine. Nous espérons simplement qu'on lui laissera en avoir le temps.

Depuis 5 mois, les salaires de 3800 employés à Trollhättan sont payés alors que la production est à l'arrêt. Si un sinistre plan de mise à mort et de liquidation des actifs avait été prévu, les dirigeants de Saab et de Swan l'auraient déjà mis à exécution sans tarder! Autrement dit, je n'ai qu'une seule conviction, c'est que tout, tout, est fait pour la production puisse repartir au plus vite. Pour le reste, je suis comme vous. J'attends humblement.

Capture plein écran 04082011 221310.bmpBref, ... Avant de décoller pour le pays des Trolls, je voulais absolumment vous partager un article de fond à découvrir après le saut de page et à méditer...



CHRISTER GERLACH, journaliste et écrivain, a publié un article dans le journal suédois DN.se, dont a parlé Saabsunited il y a quelques jours déjà et que je n'avais pas eu le temps de traduire. Comme il me tenait à coeur de le faire, le voici.

Il explique avec quelques autres articles, comme ce merveilleux post de Swade de septembre 2010, ma passion et mon espoir pour Saab.
C'est précisément le genre d'article, engagé mais lucide, que je regrette de n'avoir pu lire en français même sous la plume de connaisseurs du monde l'automobile. Alors que beaucoup restent figés sur le volet financier immédiat, certains comme M. Gerlach savent prendre du recul pour mettre en relief ce qui distingue objectivement Saab du cas d'autres marques dont certaines ont disparues.

A méditer.

Les points forts de Saab sont plus nombreux que nous pourriez peut-être l'imaginer. Etre petit n'est pas toujours un handicap. Il y a des petits constructeurs qui survivent dans le contexte de concurrence mondiale. Jaguar / Land Rover, Suzuki et Rolls Royce ne sont que des exemples et Saab pourrait être l'un de ceux-ci.  Une ingénierie brillante a donné à Saab des motorisations excellentes et les voitures les plus sûres du monde. Le programme de nouveaux modèles est plus étoffé que jamais et Saab a quelques uns des designers les plus intéressants du monde. La société a noué de plusieurs partenariats dans les tuyaux. Une implication temporaire de l'Etat accroisserait énormément les capacités de survie de Saab.

Saab Automobile est en crise. Vous pouvez lire les titres : "crise, choc, faillite, milliards, quête désespérée de l'argent..."

Mais la pauvreté est une réalité nouvelle qui donne de l'espoir - pas de garanties certes - pour le futur. Il est temps de regarder les points positifs - ils sont plus nombreux que vous ne pourriez le penser.

Des petits constructeurs survivent dans la concurrence mondiale. On nous le répète telle une vérité, mais est-ce vrai? Voici un exemple : Quand Ford a vendu Volvo, elle a aussi vendu Jaguar et Land Rover. La méga-entreprise indienne Tata acheta Jaguar et Land Rover, que produisent ensemble environ 250.000 unités l'année. Beaucoup moins que Volvo. Jaguar à elle seule produit environ 50.000 voitures – à peu près la moitié du volume produit par Saab en temps normal.

Mais après le rachat par Tata, les ventes de Jaguar et Land Rover ont augmenté de 24%. En trois ans, ces deux nouvelles filiales de Tata ont engagé 1500 nouveaux employés et recherchent désormais un milliers d'ingénieurs. Jaguar - Land Rover fait désormais des gros bénéfices et Tata va investir environ 50.000 MSEK (plus de 5 milliards d'euros) dans les prochaines années
  • Le nouveau partenaire de Saab, Pang Da avec son réseau de 1100 distributeurs peut être la clé du retour au profit pour Saab. Avec une voiture vendue par semaine par distributeur, cela signifie 57.000 unités l'an, soit la moitié de la production normale pour Saab.
  • Le milliardaire russe Antonov espère réintroduire Saab en Russie. La production locale permettrait à Saab de ne pas souffrir des lourdes taxes à l'importation et d'accéder à un marché qui serait supérieur au marché européen en 3 ans de développement. 
  • Saab a été le premier à adapter le turbocompresseur sur les voitures de tourisme. Saab est associé de façon unique avec le turbo telle une image de fabrique.
  • Saab a l'un des moteurs diesel les plus eco-performants du marché. Grâce à un turbo double entrée capable de délivrer 180 chevaux à partir d'un diesel limité à 1.9l de cylindrée, les émissions de CO2 sont inférieurs à 120 grammes/km. C'est typiquement le fruit d'un véritable travail d'ingénierie.
  • Saab construit les voitures les plus sûres du monde. A l'issue de trois semaines de crash-test sur les deux nouveaux modèles Saab, l'Agence de sécurité routière américaine a attribué la meilleure note et a approuvé la nouvelle Saab 9-5 et le nouveau Saab 9-4 X comment étant le meilleur choix de la sécurité de leur catégorie pour l'année 2011.
  • Saab a aujourd'hui un panel de nouveaux modèles plus étendu qu'elle n'en a jamais eu. La nouvelle 9-5 Berline est déjà sur le marché. La 9-5 Estate est prête à la production de série. Les premières livraisons du SUV 9-4X sont arrivées aux Etats-Unis. La toute nouvelle 9-3 – le modèle clé de Saab – sera lancé l'an prochain dans au-moins deux versions différentes. Les ingénieurs Saab travaillent sur un plus petit modèle qui sera la 9-2 ou la 9-1. Il y a déjà actuellement en cours le développement d'un concept car pour un petit SUV.
  • Saab possède encore une usine moderne, efficiente et rationalisée aux standards les plus avancés avec un personnel qualifié.
  • Saab a noué de nombreux partenariats. Avec BMW pour l'achat de moteurs. Le fabriquant chinois Zhejiang Youngman, qui veut investir dans Saab, un dossier qui avec l'alliance conlue avec Pang Da pourrait être la clef du succès.
  • Saab a aujourd'hui l'un des designers automobile les plus intéressants au monde en la personne de Jason Castriota. Il a conçu le concept car PhoeniX qui montre à quoi pourrait ressembler les futures Saab.
Capture plein écran 04082011 221424.bmp
"Saab est une marque  forte, iconique"
  • Les derniers modèles de Saab ont tous reçus des bonnes critiques par la presse étrangère. Le magazine européen le plus diffusé, Auto-Image German, a écrit à propos de la nouvelle Saab 9-5:  “Par le passé, Saab a été aussi attractive que maintenant”. The American Road and Track écrit à propos du nouveau 9-4x: “au fond, le 9-4X apparaît et se ressent à nouveau comme une vraie Saab, et il se défend très bien face à ses concurrents que sont le BMW X3 et l'Audi Q5.
  • Ce n'est pas toujours un inconvénient que d'être petit. Quand on voit des BMW, Audi, Mercedes, Lexus et Volvo à tous les coins de rues. Dans le monde allemand, américain et chinois, il y a de la place pour des architectes, des avocats, des dentistes qui veulent quelque chose de différent - alors il y a une chance pour Saab.
  • On trouve plusieurs petits ou moyens constructeurs qui réussissent : Mini, Suzuki, Dacia, Rolls Royce, Bentley, Lamborghini, Subaru. Ils sont dans autant de niches spécifiques: sportif, 4 routes motrices, luxe, lowcost, petite citadine... C'est là que Saab doit se positionner.
  • Quand GM avait décidé de fermer Saab, il y a eu des manifestations dans des pays comme l'Allemagne, les USA, l'Australie et la Suède : Save the Saab! Saab a quantité de fans comme Jerry Seinfeld ou Jay Leno. Saab est une marque forte, iconique.
  • Saab possède des ingénieurs de qualité. En dépit de manque de ressources, ils ont développé des motorisations diesel remarquables, conçu un intérieur original pour la 9-5, développé le nouveau SUV 9-4X, adapté et revu le 4 roues motrices du suédois Haldex.

Enfin : est-ce que les Etats doivent prend des parts dans le capital des constructeurs? Quelle est la situation du reste du monde? [en référence au refus obstiné du gouvernement suédois à soutenir financièrement Saab]

Le gouvernement américain a sauvé General Motors de la faillite avec un prêt de 350.000MSEK (38 milliards d'euros!) et devient actionnaire à l'époque de 60% des parts de GM. Aujourd'hui GM est rentable à nouveau et a pu racheté 30% des actions détenues par l'Etat.
Même Chrysler a eu une aide de l'Etat et a ainsi crée les conditions de rachat pour que le repreneur italian Fiat puisse rembourser le prêt de l'Etat. L'Etat américain est aussi via GM, actionnaire de Daewoo, Holden, Opel-Vauxhall.

L'Etat allemand de Basse Saxe a 13% du capital de Volkswagen (20% en droits de vote). L'Emirat du Qatar détient 17%! Via Volkswagen, la Basse Saxe et le Qatar détiennent des parts d'Audi, Seat, Skoda, Lamborghini, Bugatti, Porsche, Japanese Suzuki et Scania.

L'Etat français détient 15% de Renault et à ce titre est aussi propriétaire partiel du suédois Volvo Trucks, du japponais Nissan, de l'allemand Daimler-Mercedes, du roumain Dacia, du coréen Samsung et le russo-corréen Avto / Vaz.

Une implication temporaire de l'Etat suédois augmenterait de façon gigantesque les chances de survie de Saab et la confiance des investisseurs étrangers.

Combien d'argent Saab a besoin pendant cette crise? - jusqu'à ce qu'elle puisse recommencer à vendre des modèles produits ? 5000, 7000MSEK (500 à 760M€) ? C'est maintenant que Saab a besoin d'argent pour payer ses fournisseurs pour qu'ils recommencent à produire les 20.000 pièces qui composent une voiture moderne.
Sans ces composants, pas de production de Saab, pas de vente et pas de revenus.