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vendredi 21 décembre 2012

Sans titre...

Impossible de savoir par où commencer ce post dans lequel je voulais vous donner mes premières impressions sur la situation... Un torrent de questions, d'émotions, d'idées déferlent sans but, sans horizon... Je suis comme un enfant perdu dans un rue commerçante à la veille de Noël.


Tout le monde autour de moi s'agite, j'entends des pas d'adultes, ceux qui ont la vérité, ceux qui ont le droit de dire leur parole "sachante" sur tout - ceux qui ont toujours le droit à la parole, j'entends des bruits de cloches pour annoncer une fête, une trêve, j'entends des marchands qui crient pour vanter leurs produits, j'entends des coups de klaxons de voitures américaines, j'entends tout cela, mais de là où je suis, je ne vois que le pas pressé et oppressant de géants trimbalant des sacs de toutes marques, perdu au milieu de cette rue grouillant d'acheteurs pressés d'en finir. Je ne sais pas où aller... Qu'est-ce que je fais ici? Est-ce que j'existe, est-ce que j'ai même existé jusque là? L'angoisse, succède à la peur, puis le désespoir de trouver le bout de ce tunnel de personnes qui se bousculent les uns contre les autres pour se frayer un chemin dans la jungle de cette rue commerçante. Je suis perdu mes amis... Une profonde tristesse m'habite. Je ne connais pas de fin heureuse pour qui a tenté de vivre dignement sa vie. On n'est pas fait pour mourir! Il en va ainsi d'une entreprise qui rassemblé des centaines de milliers de personnes : Saab ne devait pas mourir.


Quand vous voyez la richesse de l'histoire de Saab, quand vous contemplez l'extraordinaire aventure de cette famille composée d'ingénieurs talentueux, de champions de l'automobile, de designers inspirés, d'automobilistes passionnés, etc. Et d'entendre lundi dernier le son du glas pour cette merveilleuse histoire... Comment réaliser cela? Comment l'accepter??!!




J'ai pensé tout d'abord aux cadres et aux employés de Saab, de Saab France en particulier. J'ai pensé à ce meeting du 11 décembre dernier qui était la dernière salve comme on le pressentait bien au fond de nous - ayant cette pudeur de ne pas nous le dire d'ailleurs. Comment ne pas les remercier du fond du coeur ceux qui ont soutenu cette initiative? Merci à vous.

Les employés de Saab Automobile ont peut-être moins le temps que moi de s’apitoyer car, pour eux, le principe de réalité l'emporte : sans salaire depuis 2 mois et le chômage au bout si on ne cherche pas activement un autre employeur, et ce après trois années de galère, Saab ne va pas immédiatement évoquer quelque chose de vraiment florissant, c'est sûr...

J'ai rencontré des gens avec un talent énorme chez Saab France. Cette marque n'attire pas seulement une clientèle spécifique, l'histoire de Saab et l'originalité de ses produits a toujours attiré des gens talentueux motivé d'abord par leur passion, parfois au péril de leur carrière, brillante jusque là pourtant. Encore une fois, je sais que beaucoup ont pensé à eux dans les commentaires et e-mails que j'ai reçus alors au nom de tous, je voudrais remercier tous ceux qui ont travaillé dur et continueront pour beaucoup - je pense au réseau de distribution - à travailler avec cette même passion au ventre, je voudrais donc tous les remercier en vous remerciant vous Monsieur Van Der Meulen, vous qui avez représenté si dignement jusque maintenant les couleurs du griffon suédois en France. Merci du fond du coeur.

Pour moi cela a été un plaisir que de travailler avec les Relations Presse de Saab. Claude, merci pour votre soutien, pour enthousiasme sans faille. Merci et à la revoyure ...

Je n'oublie pas tous les autres...

Ce qui est arrivé lundi 19 décembre est un choc. Il va falloir du temps pour le digérer. A quelques jours de Noël, je me sens piégé par la nécessité de devoir remettre à plus tard le devoir de mémoire, l'analyse de ce qui s'est passé et les projets. General Motors doit être bien content que cela arrive maintenant car les vacances d'hiver et les fêtes de fin d'années vont étouffer le scandale de la fin de cette marque européenne prestigieuse.

Les financiers diront : "c'était prévisible" et ils vous illustreront leur propos avec un graphique des ventes sur les 20 dernières années. On fait tout dire à un graphique. TOUT est relatif. La question primordiale pour un industriel aux investissements lourds, n'est pas nécessairement le volume, mais la marge au terme d'un certain nombre d'années d'investissements et surtout le montant d'investissement nécessaire pour que l'effet de levier puisse fonctionner. A ces deux clés de lecture de l'histoire récente (10 ans) de Saab - marges d'exploitation et montant d'investissements nécessaires - il est clair que les financiers ne feront qu'une bouchée en évaluant ces deux points clés.

L'Etat suédois avait abandonné la partie depuis les années 90. Depuis cette crise économique et financière qui a marqué le pays par des faillites en cascades et des échecs cuisants de nationalisation dans les chantiers navals, le néo-libéralisme à l'anglaise a pris place. L'Etat suédois a cédé Saab à GM totalement en 2000. Volvo était déjà sous pavillon américain avec Ford (99).  La désindustrialisation des économies moderne est une idéologie parmi d'autres et je vous promets qu'on reviendra sur ces préjugés. "No taxpayer money" vous lisez partout dans les revues politiques néo-libérales. Cette purée simpliste des idées néo-libérales est servie en boucle par le gouvernement suédois depuis plusieurs années. Les finances publiques suédoises sont au beau fixe, tout le monde est content, sauf à Trollhättan.

La semaine dernière, avant de partir en congés, je visitais un client industriel qui se situe dans un secteur très concurrentiel. Il me disait : "j'ai racheté x millions il y a 3 ans; aujourd'hui si je n'investis plus, l'entreprise n'aura plus aucune dette d'ici 4 ans, ma dette de rachat sera éteinte et je pourrais revendre à un bon prix et surtout dégager avant un maximum de cash. Mais  l'entreprise n'aura plus aucun avenir si je n'investis pas maintenant. Il y aura du cash, les murs de l'établissement vaudront chers, mais l'exploitation mourra dans 8 ans, faute de nouvelles machines".


Dans le monde de l'entreprise, deux logiques (complémentaires pourtant) s'opposent : celle de la finance pure : dégager du cash rapidement ; celle de l'investissement. Un véritable entrepreneur est d'abord un investisseur. Quand l'Etat suédois endosse la logique purement financière, fait ses petits calculs - combien me coûte à court terme 12000 emplois par rapport à combien me coûte d'investir dans Saab - et conclue qu'il vaut mieux favoriser les bulles financières et la matière grise, il oublie peut-être que tôt ou tard sa balance commerciale souffrira et que la recherche développement se rapprochera des sites industriels chinois... Qui vivra verra.
...
____________________

Je reviendrai à mon retour (lundi) sur les conséquences de la liquidation de Saab, une revue de presse, les possibilités de nouveau départ - mais pas de la production à Trollhättan, cela est désormais certain - pour ce qui concerne les technologies développées par Saab et désormais logées dans une entité à part (Saab Developpement), la collaboration de Youngman qui sera là demain à Trollhättan pour rencontrer le liquidateur judiciaire, les créanciers de Saab aussi... Je vous écris ceci depuis un café dans la campagne bretonne. Je suis désolé de ne pas pouvoir être plus présent en ce moment. Fallait-il encourager (comme nous l'avons fait en décembre) une manifestation mondiale? Cela n'aurait rien changé sur la suite, mais cela aurait fait du bien. Peut-être en janvier? On verra si le fatalisme suédois l'emporte...


En dépit de tout, passez de belles fêtes et restez connecté si vous le pouvez. Quant à moi, je réfléchis déjà à acheter ma dernière Saab début 2012...

samedi 20 octobre 2012

Interview étonnante de Victor Muller hier sur P4 Väst : le gouvernement suédois voulait que GEELY rachète Saab

Je lis sur Saabsunited la transcription d'une interview hallucinante de Victor Muller donnée à la radio suédoise P4 Ouest qui confirme ce que nous avons écrit auparavant, à propos de l'administrateur Guy Lofalk qui avait élaboré son propre plan pour Saab [lire ce post pour plus d'infos à ce sujet] ...



En voici quelques extraits :
"Je suis très déçu, dit Victor Muller. Nous avons eu des signes évidents que les investisseurs chinois n'allaient pas transférer l'argent comme nous l'avions convenu la semaine dernière." [on parle ici des 70 millions d'€ pour la vente de la plateforme Phoenix]
Selon Muller, Lofalk voulait négocier un changement de propriétaire, où les chinois Youngman et Pang Da achèteraient 100% de Saab au lieu des 50 % convenus dans le cadre de la procédure de Réorganisation.
Victor Muller confirme à P4Ouest que Saab négocie maintenant avec la compagnie américaine North Street Capital qui serait prête à mettre un demi milliard de couronnes suédoises (55 millions d'euros) dans Saab, plus que ce que les sociétés chinoises Youngman et Pang Da étaient prêtes à investir dans Saab. [ah bon?^^]
"Son plan (Lofalk) était de vendre Saab à Geely, et quand cela a été rendu public aux médias, Geely a été contraint de démentir ses intentions parce que le NDRC avait décidé que Youngman était censé négocier avec Saab. La situation est devenue embarrassante pour Geely qui n'était pas autorisée à intervenir.
- Après cela, Lofalk a réservé un autre billet d'avion pour la Chine avec plusieurs réunions prévues avec Youngman et Pang Da sans que quiconque chez Saab ne soit mis au courant. Il en résulte aujourd'hui que Youngman et Pang Da n'ont pas payé les sommes qui étaient convenues.
Victor Muller est maintenant aux Etats- Unis en train  de négocier avec la compagnie américaine North Street Capital.
Il y a des rumeurs disant que vous négociez avec North Street Capital pour devenir actionnaires au lieu des entreprises chinoises, que pensez-vous à ce sujet ?
- Nous ne faisons normalement pas de commentaire sur les rumeurs. Mais North Street Capital est un partenaire potentiel très fort. Si la solution avec les chinois échouait, il y aurait certainement une possibilité d'intensifier les discussions avec North Street Capital sur d'autres investissements que ceux que nous avons présenté aujourd'hui, dit Victor Muller.
Si la procédure de Réorganisation était interrompue, ne serait-ce pas la fin de Saab ?
- Certainement pas, répond Victor Muller. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. On a dit que Saab était mort tant de fois durant les dernières années et il a été démontré que tout le monde a eu tort. Et ils continueront à se tromper.
Source : Saabsunited.com

Hallucinant, je vous disais... ^^
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Les chances d'aboutir de la demande de changement d'administrateur sont assez minces. Si Guy LOFALK met fin à la Réorganisation, l'heure de vérité sonnera alors sur les intentions de Youngman et Pang Da et finalement Saab.

Personnellement - j'assume ce point de vue - je ne crois pas une seconde qu'un fonds d'investissement sorti du chapeau puisse se substituer aux chinois Youngman et Pang Da, même si j'ai de plus en plus de doute sur la capacité de SWAN à trouver un accord avec Youngman et Pang Da sur le prix de vente. Et je vais aller plus loin dans mon point de vue - qui n'est pas celui de Saabsunited, mais j'assume : je comprends le gouvernement suédois qui a voulu chercher un repreneur avec des fonds propres suffisants pour racheter la totalité de Saab à Victor Muller. Geely aurait-elle fait l'affaire? Difficile de dire.

Quoiqu'il en soit, le gouvernement suédois ne se fait pas d'illusion : comment des chinois vont-ils vouloir mettre 245M€ sur la table pour 50% des parts de SWAN alors que Victor Muller a acquis pour 70M€ 100% des parts de Saab via SWAN et que Saab était à ce moment (février 2010) en bien meilleure santé financière?! Or nous avons confirmation par Guy Lofalk et certains médias suédois et chinois que Youngman discutent actuellement toujours du prix. L'issue n'est pas proche, c'est le moins qu'on puisse dire.

Et maintenant?

Le 11 octobre, le blog économique Bloomberg, pourtant toujours objectif concernant Saab Automobile, évoquait un risque de faillite probable concernant le constructeur suédois. En sommes-nous déjà là?


La fin anticipée du processus de Réorganisation, qu'est-ce que cela impliquerait pour Saab Automobile si la demande de Guy LOFALK était accordée par les juges de Vänersbourg?
Si la demande de M. Lofalk, actuel administrateur judiciaire de Saab Automobile, était acceptée, cela signifierait que les créanciers impayés de Saab Automobile pourront conduire le groupe au dépôt de bilan en quelques semaines tout au plus. La menace est extrêmement sérieuse.


Pourquoi Guy Lofalk veut-il officiellement demander aux juges de terminer la procédure de Réorganisation?
Le 13 septembre dernier, Saab Automobile et deux de ses filiales avaient présenté devant la Justice, en Appel (suite au rejet de leur demande en 1ère instance) un dossier destiné à justifier leur demande de Réorganisation sous protection de la Justice. Ce dossier faisait état de la réunion de fonds financiers suffisants pour assurer sa survie pendant le temps de la procédure, le temps d'obtenir la validation par les autorités de la montée au capital de Saab par Youngman et Pang Da.

Sur le fond, le dossier de Réorganisation, celui qui a été validé finalement en appel le 21 septembre dernier, comprenait donc deux volets : l'un destiné à montrer que Saab pouvait subvenir à ses besoins immédiats, l'autre que Saab avait de fortes chances de pouvoir se rétablir à plus de trois mois.

_ Sur le premier volet, il semble bien, de l'aveu même de Saab, que Youngman ne veut plus mener à son terme l'achat de la plateforme Phoenix. Certes une avance de 11 M€ a été faite, mais pour le solde, Swan nous avoue dans son communiqué de presse avoir des "craintes quant au versement final du prêt relais provisoire de Youngman et Pang Da". Donc, Guy Lofalk invoquera que le 1er volet financier n'étant plus réuni, la condition essentielle pour la Réorganisation de Saab ne tient plus.

Or SWAN se défend d'avoir obtenu - in extremis - des fonds à hauteur de 60 M$ (45M€) qui, avec les 11 M€ versés par Youngman suffiront à assurer sa survie le temps des étapes de validation restant pour la montée des chinois Youngman et Pang Da au capital de Swan.

_ Sur le deuxième volet (injection de capitaux de 245M€), nous ne savons seulement que Youngman et Pang Da sont toujours de la partie et volontaires pour cela, que le dossier traîne au Bureau de l'Office de la Dette suédoise. Mais plus de certitudes sur l'issue, point nous n'en avons!


Alors le nouveau financement de 60M$ par North Street Capital : un coup de brouillard ou un coup de maître de Victor Muller?
North Street Capital est le fond d'investissement américain qui a signé le 29 septembre dernier avec Swedish Automobile (Swan) une lettre d'intention du rachat de Spyker (les actifs de la marque de supercars de luxe hollandaises) pour la somme approximative de 32M€ (voir communiqué en anglais de Swan ici). Que sait-on de NSC? Nada...


Finalement, des questions...
Et d'abord cet administrateur judiciaire, M. LOFALK, qui semble marcher plus pour le ministre des Finances suédois que pour Saab Automobile...
_ Quel a été son rôle pour que Youngman ne valide pas les termes de paiement du prix de la plateforme Phoenix?
_ Est-ce que enfin les relations entre Pékin et Stockholm ont été facilitatrices ou au contraire épineuses pour les relations d'affaire entre Youngman et Swan? On ne dirait pas qu'elles ont aidées en fin de compte.
_ Est-ce que Guy Lofalk a eu des réponses en "off" sur la probable décision du NDRC? Je n'en sais rien

...aux doutes morbides
Doit-on craindre de devoir assister à terme au pillage chinois des technologies dans la tombe du constructeur suédois ou de devoir assister à des funérailles (avec les larmes de crocodile du gouvernement suédois) pour n'avoir pas voulu que la technologie et la recherche parte à l'étranger? La réponse à cette question est donnée par Victor Muller lui-même dans l'interview à P4 Ouest...

Bref,
A part la ferme volonté de Victor Muller pour sauver Saab Automobile, qui, du gouvernement suédois, des chinois Youngman et Pang Da, du gouvernement chinois et de General Motors (détenteurs de 320M$ d'obligations convertibles), qui a vraiment intérêt à sauver Saab?

Victor Muller a donné hier (jeudi) une interview étonnante à la chaîne de radio tv suédoise P4 ouest... J'y reviens.

lundi 15 octobre 2012

NDRC chinois : décision toujours pendante. Le NDO suédois prend son temps

Hier, vendredi 14, était le jour - croyait-on,  où le NDRC chinois (comité national pour la réforme et le développement) devait rendre sa décision... Et bien non, a-t-on appris finalement. Le calendrier que je vous avais communiqué dans ce post est de source fiable, mais ne correspondra pas nécessairement à la réalité. Les dates ont été communiquées par Saab à la Cour de Vänersberg lors de sa demande de Réorganisation sous protection de la Justice. Il s'agit donc d'un calendrier prévisionnel et non d'un agenda officiel... La décision du NDRC sera donc rendue ultérieurement.

Faut-il s'inquiéter de cette absence de décision du côté chinois? Pas vraiment si on s'en tient aux avis des intéressés Youngman ou Pang Da qui sont somme toute plutôt optimistes sur l'issue.

Côté suédois, c'est là que les choses piétinnent. Un certain nombre de contraintes juridiques liés à l'environnement financier de Saab impose l'agrément préalable des actuels partenaires financiers de Saab (cf.processus d'approbation de Vladimir Antonov). Le NDRC chinois ne voudrait pas rendre un avis favorable qui pourrait être par exemple contredit 8 jours plus tard par le gouvernement suédois ; pour cela le protocole d'accord financier pour la montée au capital de Youngman et Pang Da doit inclure en amont les agréments du NDO suédois, de la BEI, de l'Etat suédois et de General Motors.

Or, selon la radio suédoise (source fiable) P4West, c'est le NDO (Bureau de l'Office de la Dette) suédois qui traîne des pieds pour l'instant mais ils "travailleraient aussi vite que possible pour rendre leur décision" nous dit son porte-parole. Le NDO est dans l'attente de documents financiers complémentaires demandés à Saab.

Avant même la décision du NDRC, il reste donc aussi à savoir si et quand la BEI validera le processus et de même concernant GM.

Le fait que Guy Lofalk aurait pu conseiller (cf. actu de la semaine passée) au NDO d'intégrer dans sa décision une exigibilité du prêt (220M€) de la BEI peut me laisser croire que la BEI dira "non" au protocole tant que son prêt n'est pas remboursé par anticipation. Cela pourrait avoir des conséquences difficiles à négocier avec les partenaires chinois : l'Etat suédois deviendrait alors de fait actionnaire de Saab Parts et Saab Tools, à moins que les chinois ne remboursent le prêt. Au fond, j'en reviens à ma discussion de l'autre jour (l'agenda caché du gouvernement suédois): quel est l'intérêt dominant des parties en présence?

Il est évident aujourd'hui, plus que jamais, que l'avenir de Saab passe par un volet politique. On l'a vu avec les liens entre l'administrateur judiciaire Guy Lofalk et le Ministre des Finances suédois. "L'avenir n'est pas tout à fait entre nos mains. C'est triste, mais nous faisons tout pour y remédier" écrivait S. Wade dans un très bel article d'Inside Saab cette semaine.

Pour l'instant, avant même l'accord des autorités chinoises, le problème semble rester dans le camp des suédois ; je relève que c'est à ce stade que sont apparues, depuis le début de tout le dossier Saab, les plus grosses difficultés.

Quelles sont les conditions réellement exigées par la BEI, le NDO, le gouvernement suédois, General Motors et l'administrateur judiciaire? Nous n'en savons fichtre rien pour l'instant! Difficile de vous dire de quoi retourne les discussions entre toutes ces parties. Qui a la main?...
Je suis comme vous : j'attends...

mardi 9 octobre 2012

Edito : l'agenda caché du gouvernement suédois et l'avenir de Saab

Alors que certains débatent sur Saabsunited de l'illégalité de l'action de l'actuel administrateur judiciaire de Saab, Guy Lofalk, dans le cadre du processus de Réorganisation, je me suis interrogé cette nuit sur les intentions du gouvernement suédois, des partenaires Youngman et Pang Da et des tierces parties (General Motors, la BEI, les créanciers) et enfin sur l'avenir de Saab qui n'a jamais été autant sujet à caution que maintenant.

Quand et qui?
Tout d'abord, rappelons le calendrier du processus d'approbation des candidats Youngman et Pang Da pour leur montée au capital de Swan/Saab : le 14 octobre, le NDRC (Commission nationale pour la Réforme et le Développement) chinois est censé approuver ou désapprouver le processus d'acquisition des deux sociétés chinoises. Le 14, c'est vendredi.

Rappelons ensuite, soulignons-le même - car cela n'a pas été fait suffisament - que cette augmentation de capital dans SWAN pour une proportion largement supérieure à 29.9% - et qui reste à définir compte-tenu de la chute du cours de Swan - doit également être approuvée par la Banque Européenne d'Investissement, le Bureau de la Dette suédoise, le gouvernement suédois et General Motors.
Il y a enfin les créanciers de Saab qui dans le cadre du processus de Réorganisation auront leur mot à dire in fine... Bref, cela fait beaucoup de monde à mettre d'accord, beaucoup d'intérêts qui ne sont pas nécessairement convergents dans le sens de l'avenir de Saab.


Le loup dans la bergerie
Pour l'heure, nous avons été un peu secoué en apprenant hier que l'administrateur judiciaire actuel (Guy Lofalk) de Saab semble oeuvrer pour le Ministre des Finances suédois, encourageant Youngman et Pang Da à laisser tomber Saabvoulant convaincre Geely de racheter Saab et conseillant à l'Office de la Dette suédois (NDO) de rendre le prêt exigible (encours en capital 220M€) à effet immédiat par la BEI.


Le Ministre des Finances suédois veut tirer l'addition?

Si tel était le cas, les créanciers seraient alors payés par ordre de privilèges, éventuellement un Geely pourrait racheter Saab, mais cela est loin d'être confirmé pour l'instant.

Si la BEI rendait son prêt exigible, Saab n'aurait pas les moyens, en l'état actuel des accords passés avec ses partenaires (recapitalisation de 245M€) avec Youngman et Pang Da, de payer les 220M€ de capital restant dû à la BEI. Cette hypothèse de terminaision du prêt compromettrait gravement à l'évidence la possibilité de trouver un plan de redressement dans le cadre de la Réorganisation.

Alors la question qui nous taraude : pourquoi le gouvernement suédois fait-il cela? Quelles sont ses intentions?!

Essayons de nous mettre une minute à la place du gouvernement suédois :
1  Pour sauver des emplois et un secteur industriel en déroute de mon pays, moi, gouvernement suédois je garantis début 2010 un prêt d'investissement de 400M€ accordé par la Banque Européenne d'Investissement pour financer la recherche/développement de Saab dans les technologies "vertes".
Saab a utilisé 220M€ de ce prêt pour mettre au point la 9-3 électrique, la transmission 4 routes motrices électriques (E-XWD) en partenariat avec American Axle et les motorisations TTiD < à faibles émissions de CO2.
2 Or il s'avère que Saab va être racheté pour moitié par des chinois qui vont bénéficier intégralement de ces programmes de R et D et qui vont également profiter de la R et D de la plateforme modulaire Phoenix que Saab a auto-financé (ce qui explique aussi une partie des pertes).
3 Si j'étais ministre suédois des Finances, je pourrais/devrais me poser la question suivante : dois-je continuer à garantir un prêt dont le bénéfice a toutes les chances de partir en Chine si je crois que Saab n'arrivera pas à se redresser et donc à mettre en production sa R et D? Est-ce que ma stratégie industrielle et commerciale m'encourage ou me dissuade à laisser partir cette technologie couteuse vers la Chine? Est-ce que l'on ne pourrait pas négocier avec Geely, le propriétaire chinois de Volvo, cette technologie qu'il recherche justement (la plateforme modulaire fait partie des projets d'investissement de Volvo horizon 2015), peut-être en contre-partie d'un maintien d'emploi de l'usine Volvo que Geely veut fermer?

Il y a aussi General Motors qui attend derrière le rideau. N'oublions pas que GM a vendu Saab pour 400M$ et que sur ce prix, seul 70M€ ont été payés cash et le reste est en actions préférentielles... Et pour ne prendre que cet exemple, il y a de la technologie GM dans la Saab 9-5 fabriquée à Trollhättan...

Au fond, il n'y a qu'une question qui se pose : est-ce que le gouvernement suédois pense que Saab pourra se rétablir avec Youngman et Pang Da? A cette question, il pense clairement que la réponse est non. Et il le pense depuis longtemps selon moi.

Depuis le mois de mai, j'ai acquis la conviction que le gouvernement suédois n'avait plus confiance en Swan/Victor Muller pour redresser Saab, qu'il ferait tout pour éviter que sa caution du prêt de la BEI (220M€) - sans parler de l'immense coût social qu'une faillite de Saab engendrerait - profite à un hollandais (V. Muller) - ou à un russe (Antonov) - qui vendrait " à la casse" de toute façon, une fois rendu au pied du mur, la technologie Saab à qui voudra, pour retrouver leurs investissements de départ.
Nous avons déjà assisté à la vente partielles des murs de Saab (Saab Properties) pour faire face aux frais de structures d'un constructeur qui ne produit plus depuis plus de 6 mois maintenant. 220M€ de prêt BEI, plus de 150M€ de dettes fournisseur exigibles. Est-ce que vraiment les 245M€ suffiront à faire repartir la machine?

Qu'on ne se trompe pas de combat. A tout roi, tout honneur : Victor Muller a sauvé Saab de la liquidation de la faillite en janvier 2010. A tout roi, toute responsabilité aussi : il n'y est pas arrivé et n'a pas de solution pour Saab qui soit actuellement viable aux yeux du gouvernement suédois et de bon nombre d'analystes financiers. Mais alors pourquoi Youngman et Pang Da veulent investir dans Saab?


Les intentions de Youngman et Pang Da
A ce sujet, mieux vaut se contenter de lire les communiqués officiels, car on a lu dans la presse tout et son contraire. Les 245 M€ devaient servir à la fois pour un transfert de technologie de la plateforme Phoenix, pour la constitution de Joint Venture en vue de la fabrication en Chine d'une "9-6" et d'une "9-7". Pang Da intervenait au titre de distributeur exclusif de la marque en Chine. Leur participation au capital était donc bien un investissement au départ et non une simple recapitalisation pour combler le passif de Saab...
Il semble que, selon la presse suédoise, le prix d'achat des actions de Swan soit remis en question : soit le pourcentage de participation dans Swan pourrait être revu à la hausse, soit le montant de l'investissement revu à la baisse...
Guy Lofalk a-t-il réussi à convaincre les deux partenaires à sortir du deal? Dans le contexte actuel, c'est probable mais pas certain.
A propos de Saab, les intentions de Youngman et Pang Da ont été relativement bien gardées et on peu s'interroger légitimement sur ce sujet. Leurs paroles seraient très précieuses en ce moment. Or on les entend peu à ce sujet depuis une dizaine de jours... Bizzare...


L'avenir de Saab
Et bien oui, c'est ça la question ! Et pas l'avenir de Swan, comme on pourrait le penser parfois à trop lire Saabsunited...
Ayant soulevé des questions légitimes que pourrait se poser le ministre des Finances (en résumé : à quoi bon soutenir financièrement une entreprise qui va céder ses actifs à l'étranger et dont la facture sociale va me coûter cher), je me suis enfin demandé pourquoi Guy Lofalk avait-il agi si vite et sans consulter le management de Saab?
Le processus d'acquisition de Saab à 50% par Youngman, Pang Da, nécessite des relations diplomatiques entre la Chine et la Suède. Si les gouvernements respectifs - reste à savoir qui aurait refusé le premier - s'étaient passés l'info que l'un d'eux refuserait d'approuver le deal, le Ministre des Finances informé par la "valise diplomatique" a pu très bien prendre les devants sur la date du 14 octobre sachant une issue négative (simple hypothèse de ma part ici), ce qui me paraît la seule justification possible de cet excès de zèle de Guy Lofalk, administrateur judiciaire actuel de Saab.

Est-ce que Youngman et Pang Da sont encore dans la boucle? Mesurent-ils les efforts financiers à faire pour sauver le constructeur suédois? Est-ce que Geely serait vraiment intéressé par Saab jouant les cartes de la complémentarité de technologie et de l'organisation de la concurrence ces deux anciens rivaux? Est-ce que le gouvernement suédois a un plan pour Saab autre que le plan "E" comme "exit" de Victor Muller?

La semaine qui s'ouvre est LA semaine de tous les dangers pour Saab. Croisons les doigts.

lundi 8 octobre 2012

Le gouvernement suédois a-t-il un plan pour Saab (à part vouloir se débarrasser de V. Muller)?...

[MàJ 10/10] Saab ne souhaiterait pas dans l'immédiat révoquer Guy Lofalk
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[MàJ 19h30] Saab voudrait aller devant la Justice dès lundi pour révoquer l'administrateur judiciaire, Guy Lofalk (source : SU ici). Si vous aviez prévu de regarder une série "Soap", vous pouvez ranger le DVD et lire la presse suédoise la semaine prochaine. Ca risque d'être gratiné...^^
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Alors que le journal suédois Dagens Nyheter révélait cette semaine que, selon une source proche de Saab, Geely aurait approché Saab pour un éventuel rachat, la radio suédoise P4 Väst a publié vendredi un article (original ici)  faisant l'effet d'une véritable bombe...
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Selon plusieurs sources de P4 Väst, dont une source haut placée de chez Saab, Guy LOFALK, actuel administrateur judiciaire de Saab (dans le cadre de la Réorganisation), agirait sous les ordres du Ministre des Finances pour écarter le PDG de Saab, Victor Muller:

"P4 Väst peut maintenant révéler des détails importants de ce qui se passe dans les coulisses de la Réorganisation [procédure de sauvegarde accordée par la Justice en septembre dernier] de Saab.

"D'après ces sources, Guy Lofalk aurait été en Chine et pour obtenir des sociétés Pang Da et Youngman de revenir sur leurs promesses d'investir dans Saab [on nous a expliqué précédemment que ces accords étaient "contraignants"...], ce qui expliquerait pourquoi Saab n'a pas reçu les 70 millions de dollars que Youngman devait verser [on nous a parlé de garantie de Youngman et d'un financement bancaire par un rachat du contrat de vente de la plateforme...] sur le compte de Saab depuis le 25 septembre.

"Guy Lofalk, d'après ces sources, a dit aux partenaires chinois que la Banque Européenne d'Investissement, BEI, rendrait son prêt exigible, de sorte que l'État suédois, garant pour ce prêt de la BEI fasse jouer ses contre-garanties sur Saab

"Ainsi, l'Etat prendrait ce qui reste de Saab, à savoir Saab Parts et Saab Tools qui commercialisent les pièces détachées et fabriquent les outils de production.

"Après la visite de Lofalks en Chine, il s'est rendu à Stockholm pour une visite du Bureau de la Dette [organe suédois, NDO]. Il aurait alors dit que les sociétés chinoises ne veulent pas verser les fonds et conseillé au Bureau de la Dette de rendre le prêt de la BEI exigible à effet immédiat.

"Lofalk a rapporté qu'il a un nouvel acheteur, à savoir le propriétaire chinois de Volvo, Geely Automobile.

"Selon P4 Väst derrière l'action de Guy Lofalks, il y aurait le premier ministre Fredrik Reinfeldt et le ministre des finances Anders Borg qui voudraient se débarraser de Victor Muller et Vladimir Antonov.

"Une source ajoute : « Guy Lofalk a accordé ses violons avec le parti des Conservateurs. »

"Selon P4 Väst, cela s'est produit sans aucune connaissance de ministère de l'Industrie qui était jusque là en charge du dossier Saab.

"Une des sources de la radio P4 West ironise : « C'est Anders Borg qui est en fait l'administrateur ».
Markus Sjöqvist, attaché de presse d'Anders Borg [ministre des Finances], affirme qu'il ne sait pas quoi que ce soit à ce sujet.

"P4 Väst a tenté de joindre le PDG de Saab, Victor Muller, et l'administrateur de Saab, Guy Lofalk, sans succès."

En voilà donc une bien étrange affaire qui ajoute au silence de Saab depuis 3 semaines, aux rumeurs de défection des partenaires chinois, à celle d'un éventuel intérêt pour Saab par Geely, un volet politique dont on ne sait vu d'ici quoi en penser.

Ces propos rapportés par la radio suédoise (reconnue comme source fiable) ont été confirmés officieusement par différentes sources de Saab.
De son côté Saabsunited - qui a ses propres canaux d'information - confirme également. TimR ironise sur le gros mensonge de l'attaché de presse du Ministre des Finances puisque les représentants de Pang Da et de Youngman se sont rendus cette semaine au Ministère des Finances : difficile de dire que le Ministre des Finances n'était pas au courant.

Concernant Geely, je ne me fais pas d'illusion : ils viennent de décider de fermer l'usine suédoise Volvo qui fabriquait notamment la C70 qui se vend mal, ce n'est pas pour mettre de l'argent dans un constructeur qui est déficitaire et nécessiterait 500M€ pour purger toutes ses dettes y compris bancaires et lancer la nouvelle 9-3. Cela écrit, j'espère vivement me tromper, car, j'avoue que mes espoirs en Youngman et Pang Da pour sauver Saab n'ont jamais été démesurés, même si Youngman est le plus grand constructeur de poids lourds en Chine et que Pang Da est le plus grand réseau de distribution au monde... Concernant Geely, ce pourrait être, à la grande surprise de tous, la grande nouvelle permettant de rassurer les marchés. Mais pour l'heure, restons pragmatiques, attendons...

Ce qui semble désormais certain, c'est que le gouvernement suédois ne veut plus de Victor Muller, encore moins de Vladimir Antonov - mais ça on le savait déjà. De là à dire qu'ils veulent tout simplement se débarrasser de Saab, je ne saurais le dire. Ont-ils un plan "Z"?! Qui tire les ficelles et pourquoi? Cela semble hallucinant, mais ce petit pays réputé pour sa démocratie ne semble pas décidé à parler clairement et honnêtement à ce sujet.

mardi 11 septembre 2012

Un geste diplomatique du gouvernement suédois

Alors que Saab va porter appel de la décision de la Cour de Vänersberg, "l'ambassadeur de Suède en Chine, Lars Freden, va rencontrer, mardi ce lundi - selon le journal svt.se - des représentants du NDRC".

Le NDRC est le comité chinois décideur pour les prises de participations étrangères, en l'occurence concernant l'accession de Pang Da et Youngman au capital de Saab pour 245 millions d'euros et un peu plus de 50% dans Swedish Automobile, holding de Saab Automobiles AB.

Ce geste est-il seulement politique, car certaines critiques se sont élevées aussi en Suède contre l'inertie incroyable du gouvernement suédois pour sauver Saab. Mais cette démarche diplomatique est peut-être aussi destiné à rechercher un appui politique de la Chine afin - le cas échéant - que le gouvernement suédois puisse peut-être intervenir en attendant la venue des capitaux et éviter à Saab une procédure de dépôt de bilan.

Sur le résultat de cette démarche, je ne sais pas ce qu'il faut en espérer puisque l'exécutif et le judiciaire sont séparés aussi en Suède. Espérons que cela augure l'acceptation de la procédure d'appel dont nous aurons mercredi vraisemblablement au plus tard le jugement...
via Saabsunited

Pensée du jour : si Saab était un constructeur français

Je fais suite au commentaire de mooveinsaab rappelant l'investissement de l'Etat français de 2008 à 2010 dans ses 2 grands groupes automobiles que sont RENAULT et PSA : 6 milliards d'euros en tout en 3 ans. Un tiers est depuis remboursé grâce à des bénéfices retrouvés en 2010.

Je me suis penché sur le cas PSA... Le groupe totalisait un peu plus de 48 milliards d'euros en 2008 de chiffres d'affaires. Sur 2008 et 2009, il a cumulé 1,5 milliards d'euros de pertes. Il a reçu dans le cadre de ce plan d'aide de l'Etat triennal une somme qui correspond donc à peu près à 5,5% de son Chiffre d'affaires.

Sur une base annuelle de 80.000 unités vendues pour Saab - ce qui aurait été facilement atteint en 2011 si l'interdiction de faire entrer Vladimir Antonov n'avait pas eu comme conséquence une grave crise de liquidité et l'arrêt de la production dès fin mars -, si Saab avait été un constructeur français, l'Etat aurait pu lui prêter 110 à 150 millions d'euros minimum en rapport avec la taille de son chiffre d'affaire minimal.

Cette somme aurait été largement suffisante pour maintenir la production à flot, négocier l'injection de fonds par de nouveaux investisseurs, avoir le temps d'ouvrir son marché à la Chine et enfin sortir sa nouvelle 9-3.

Pourquoi l'Etat suédois refuse de sauvegarder son patrimoine économique? Pourquoi risquer la mise au chomage de plus de 10.000 personnes, dont 5000 rien qu'à Trollhättan où le taux de chomage est déjà de 8,5%?

mardi 7 août 2012

"Les points forts de Saab sont plus nombreux que vous ne pourriez le penser"

Alors que ce post apparaîtra sur le blog, je serai dans les airs entre Paris et Stockholm... Bonne semaine à tous. Soyez sages et heureux! A tout bientôt.

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 La réalité financière de Saab à ce jour, la conjoncture internationale par ailleurs, encouragent peu à une vision optimiste des choses. On en perd parfois le sens commun, le sens économique d'une entreprise qui a acquis un savoir-faire unique pour ne privilégier que l'aspect financier immédiat. On en oublie les conséquences sociales sur les emplois secondaires, des équipementiers aux réseaux de distribution.

Les médias semblent participer à cette grandmesse de la financiarisation au point qu'un matin on vous vendera bientôt comme le must du design des fourgons blindés pour le convoyage de fonds - vers l'Allemagne ou la Chine sans aucun doute!

Parenthèse : j'ai apprécié que le Figaro revienne sur le versement effectif des salaires, retour d'information positif du retard annoncé 8 jours plus tôt, alors que Reuters prend plaisir à écrire que la "faillite a été évitée de justesse pour Saab", façon de se dédouanner du racollage médiatique, abandon définitif du journalisme critique d'investigation (les suédois savent bien que les syndicats n'ont pas le choix que d'amorcer de telles procédures encadrées par la loi sur l'assurance chomage).

La BEI (Banque Européenne d'Investissement) bloque Vladimir Antonov. Le gouvernement suédois pourrait éventuellement donner un coup de pouce en rachetant les 220M€ de prêt BEI tout en conservant ses garanties actuelles, mais ce serait beaucoup trop leur en demander!

La protection sociale est telle que la Suède semble renoncer à vouloir aider au maintien de son secteur industriel. Quand on sait que le non-paiement des salaires peut conduire légalement une entreprise à se voir assigner en règlement judiciaire en moins de 15 jours, cela montre à un point sans comparaison possible avec les conditions de travail des pays émergents (dont la Chine) combien il devient de plus en plus en difficile d'être un constructeur européen de nos jours. 0 flexibilité de l'emploi, des charges sociales 10 fois supérieures à ces pays émergents, un désengagement de l'Etat et des monnaies trop fortes : sauf les secteurs militaires et aéronautiques, cela va devenir quasiment impossible de continuer sans appui politique ou financier interne. Comme beaucoup de secteurs industriels, la seule issue pour Saab est de délocaliser et son capital et son exploitation en Chine. Nous espérons simplement qu'on lui laissera en avoir le temps.

Depuis 5 mois, les salaires de 3800 employés à Trollhättan sont payés alors que la production est à l'arrêt. Si un sinistre plan de mise à mort et de liquidation des actifs avait été prévu, les dirigeants de Saab et de Swan l'auraient déjà mis à exécution sans tarder! Autrement dit, je n'ai qu'une seule conviction, c'est que tout, tout, est fait pour la production puisse repartir au plus vite. Pour le reste, je suis comme vous. J'attends humblement.

Capture plein écran 04082011 221310.bmpBref, ... Avant de décoller pour le pays des Trolls, je voulais absolumment vous partager un article de fond à découvrir après le saut de page et à méditer...



CHRISTER GERLACH, journaliste et écrivain, a publié un article dans le journal suédois DN.se, dont a parlé Saabsunited il y a quelques jours déjà et que je n'avais pas eu le temps de traduire. Comme il me tenait à coeur de le faire, le voici.

Il explique avec quelques autres articles, comme ce merveilleux post de Swade de septembre 2010, ma passion et mon espoir pour Saab.
C'est précisément le genre d'article, engagé mais lucide, que je regrette de n'avoir pu lire en français même sous la plume de connaisseurs du monde l'automobile. Alors que beaucoup restent figés sur le volet financier immédiat, certains comme M. Gerlach savent prendre du recul pour mettre en relief ce qui distingue objectivement Saab du cas d'autres marques dont certaines ont disparues.

A méditer.

Les points forts de Saab sont plus nombreux que nous pourriez peut-être l'imaginer. Etre petit n'est pas toujours un handicap. Il y a des petits constructeurs qui survivent dans le contexte de concurrence mondiale. Jaguar / Land Rover, Suzuki et Rolls Royce ne sont que des exemples et Saab pourrait être l'un de ceux-ci.  Une ingénierie brillante a donné à Saab des motorisations excellentes et les voitures les plus sûres du monde. Le programme de nouveaux modèles est plus étoffé que jamais et Saab a quelques uns des designers les plus intéressants du monde. La société a noué de plusieurs partenariats dans les tuyaux. Une implication temporaire de l'Etat accroisserait énormément les capacités de survie de Saab.

Saab Automobile est en crise. Vous pouvez lire les titres : "crise, choc, faillite, milliards, quête désespérée de l'argent..."

Mais la pauvreté est une réalité nouvelle qui donne de l'espoir - pas de garanties certes - pour le futur. Il est temps de regarder les points positifs - ils sont plus nombreux que vous ne pourriez le penser.

Des petits constructeurs survivent dans la concurrence mondiale. On nous le répète telle une vérité, mais est-ce vrai? Voici un exemple : Quand Ford a vendu Volvo, elle a aussi vendu Jaguar et Land Rover. La méga-entreprise indienne Tata acheta Jaguar et Land Rover, que produisent ensemble environ 250.000 unités l'année. Beaucoup moins que Volvo. Jaguar à elle seule produit environ 50.000 voitures – à peu près la moitié du volume produit par Saab en temps normal.

Mais après le rachat par Tata, les ventes de Jaguar et Land Rover ont augmenté de 24%. En trois ans, ces deux nouvelles filiales de Tata ont engagé 1500 nouveaux employés et recherchent désormais un milliers d'ingénieurs. Jaguar - Land Rover fait désormais des gros bénéfices et Tata va investir environ 50.000 MSEK (plus de 5 milliards d'euros) dans les prochaines années
  • Le nouveau partenaire de Saab, Pang Da avec son réseau de 1100 distributeurs peut être la clé du retour au profit pour Saab. Avec une voiture vendue par semaine par distributeur, cela signifie 57.000 unités l'an, soit la moitié de la production normale pour Saab.
  • Le milliardaire russe Antonov espère réintroduire Saab en Russie. La production locale permettrait à Saab de ne pas souffrir des lourdes taxes à l'importation et d'accéder à un marché qui serait supérieur au marché européen en 3 ans de développement. 
  • Saab a été le premier à adapter le turbocompresseur sur les voitures de tourisme. Saab est associé de façon unique avec le turbo telle une image de fabrique.
  • Saab a l'un des moteurs diesel les plus eco-performants du marché. Grâce à un turbo double entrée capable de délivrer 180 chevaux à partir d'un diesel limité à 1.9l de cylindrée, les émissions de CO2 sont inférieurs à 120 grammes/km. C'est typiquement le fruit d'un véritable travail d'ingénierie.
  • Saab construit les voitures les plus sûres du monde. A l'issue de trois semaines de crash-test sur les deux nouveaux modèles Saab, l'Agence de sécurité routière américaine a attribué la meilleure note et a approuvé la nouvelle Saab 9-5 et le nouveau Saab 9-4 X comment étant le meilleur choix de la sécurité de leur catégorie pour l'année 2011.
  • Saab a aujourd'hui un panel de nouveaux modèles plus étendu qu'elle n'en a jamais eu. La nouvelle 9-5 Berline est déjà sur le marché. La 9-5 Estate est prête à la production de série. Les premières livraisons du SUV 9-4X sont arrivées aux Etats-Unis. La toute nouvelle 9-3 – le modèle clé de Saab – sera lancé l'an prochain dans au-moins deux versions différentes. Les ingénieurs Saab travaillent sur un plus petit modèle qui sera la 9-2 ou la 9-1. Il y a déjà actuellement en cours le développement d'un concept car pour un petit SUV.
  • Saab possède encore une usine moderne, efficiente et rationalisée aux standards les plus avancés avec un personnel qualifié.
  • Saab a noué de nombreux partenariats. Avec BMW pour l'achat de moteurs. Le fabriquant chinois Zhejiang Youngman, qui veut investir dans Saab, un dossier qui avec l'alliance conlue avec Pang Da pourrait être la clef du succès.
  • Saab a aujourd'hui l'un des designers automobile les plus intéressants au monde en la personne de Jason Castriota. Il a conçu le concept car PhoeniX qui montre à quoi pourrait ressembler les futures Saab.
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"Saab est une marque  forte, iconique"
  • Les derniers modèles de Saab ont tous reçus des bonnes critiques par la presse étrangère. Le magazine européen le plus diffusé, Auto-Image German, a écrit à propos de la nouvelle Saab 9-5:  “Par le passé, Saab a été aussi attractive que maintenant”. The American Road and Track écrit à propos du nouveau 9-4x: “au fond, le 9-4X apparaît et se ressent à nouveau comme une vraie Saab, et il se défend très bien face à ses concurrents que sont le BMW X3 et l'Audi Q5.
  • Ce n'est pas toujours un inconvénient que d'être petit. Quand on voit des BMW, Audi, Mercedes, Lexus et Volvo à tous les coins de rues. Dans le monde allemand, américain et chinois, il y a de la place pour des architectes, des avocats, des dentistes qui veulent quelque chose de différent - alors il y a une chance pour Saab.
  • On trouve plusieurs petits ou moyens constructeurs qui réussissent : Mini, Suzuki, Dacia, Rolls Royce, Bentley, Lamborghini, Subaru. Ils sont dans autant de niches spécifiques: sportif, 4 routes motrices, luxe, lowcost, petite citadine... C'est là que Saab doit se positionner.
  • Quand GM avait décidé de fermer Saab, il y a eu des manifestations dans des pays comme l'Allemagne, les USA, l'Australie et la Suède : Save the Saab! Saab a quantité de fans comme Jerry Seinfeld ou Jay Leno. Saab est une marque forte, iconique.
  • Saab possède des ingénieurs de qualité. En dépit de manque de ressources, ils ont développé des motorisations diesel remarquables, conçu un intérieur original pour la 9-5, développé le nouveau SUV 9-4X, adapté et revu le 4 roues motrices du suédois Haldex.

Enfin : est-ce que les Etats doivent prend des parts dans le capital des constructeurs? Quelle est la situation du reste du monde? [en référence au refus obstiné du gouvernement suédois à soutenir financièrement Saab]

Le gouvernement américain a sauvé General Motors de la faillite avec un prêt de 350.000MSEK (38 milliards d'euros!) et devient actionnaire à l'époque de 60% des parts de GM. Aujourd'hui GM est rentable à nouveau et a pu racheté 30% des actions détenues par l'Etat.
Même Chrysler a eu une aide de l'Etat et a ainsi crée les conditions de rachat pour que le repreneur italian Fiat puisse rembourser le prêt de l'Etat. L'Etat américain est aussi via GM, actionnaire de Daewoo, Holden, Opel-Vauxhall.

L'Etat allemand de Basse Saxe a 13% du capital de Volkswagen (20% en droits de vote). L'Emirat du Qatar détient 17%! Via Volkswagen, la Basse Saxe et le Qatar détiennent des parts d'Audi, Seat, Skoda, Lamborghini, Bugatti, Porsche, Japanese Suzuki et Scania.

L'Etat français détient 15% de Renault et à ce titre est aussi propriétaire partiel du suédois Volvo Trucks, du japponais Nissan, de l'allemand Daimler-Mercedes, du roumain Dacia, du coréen Samsung et le russo-corréen Avto / Vaz.

Une implication temporaire de l'Etat suédois augmenterait de façon gigantesque les chances de survie de Saab et la confiance des investisseurs étrangers.

Combien d'argent Saab a besoin pendant cette crise? - jusqu'à ce qu'elle puisse recommencer à vendre des modèles produits ? 5000, 7000MSEK (500 à 760M€) ? C'est maintenant que Saab a besoin d'argent pour payer ses fournisseurs pour qu'ils recommencent à produire les 20.000 pièces qui composent une voiture moderne.
Sans ces composants, pas de production de Saab, pas de vente et pas de revenus.

samedi 7 juillet 2012

Communiqué de Presse: La cession-bail de Saab Property signée aujourd'hui devrait permettre à Saab de faire repartir sa production

Swedish Automobile (SWAN) annonce que Saab Automobile AB (Saab Automobile) a obtenu l'approbation finale de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), de l’Office National de la Dette (OND) et du gouvernement suédois pour la cession-bail de Saab Property.

Le consortium d'investisseurs immobiliers suédois dirigé par Hemfosa Fastigheter, et comprenant, entre autres, Brinova Fastigheter AB, PEAB et Weland Fastigheter va acquérir 50,1% des actions de Saab Property AB pour une contrepartie totale de SEK 255 millions, reflétant un ajustement du prix de transaction pour une période de bail d'un an gratuite. Sur les SEK 255 millions, SEK 205 millions sont réglés cash à la clôture, et SEK 50 millions sous la forme d'une obligation convertible en actions cessibles de la société acheteuse. Les investisseurs ont le droit d'augmenter leur engagement jusqu’à SEK 300 millions dans les 30 jours après la clôture à des conditions similaires. Les parties prenantes procéderont à la clôture de la transaction dès aujourd'hui.

Avec cette transaction SWAN et Saab Automobile auront levées 61 millions d'euros d'engagements financiers supplémentaires au cours des dernières semaines. Saab Automobile poursuit ses discussions avec ses fournisseurs sur l'approvisionnement en matériaux et les conditions commerciales et est proche de conclure des accords. SWAN et Saab Automobile poursuivent leurs discussions avec plusieurs parties afin d’obtenir des fonds supplémentaires à court terme pour être en mesure de redémarrer et maintenir la production avec, notamment, la réalisation d'un prélèvement sur la facilité de prêt de la BEI.

Compte tenu du fait que certains des fournisseurs de Saab Automobile exigent un délai plus long pour reprendre un approvisionnement adéquat et stable et la fermeture pour les congés d'été de nombreux fournisseurs européens de Saab Automobile, Saab Automobile prévoit de relancer la production le mardi 9 août, pour autant que les conditions ci-dessus soient remplies.

mercredi 4 juillet 2012

J'aime les lundis ! ^^ Le rachat partiel des murs de Saab validé par la BEI

La Banque Européenne d'Investissement a validé la cession bail disposant du rachat des murs de Saab par Hemfosa et leur mise en location à Saab. Nous avions parlé de l'opération destinée à générer 28M€ de cash à court terme pour commencer.

Il reste l'accord du gouvernement suédois à recueillir si j'ai bien suivi : il porte sur la main-levée partielle de ses contre-garanties (le gouvernement avait pris une très confortable contre-garantie pour s'assurer de l'absence de risque final dans la garantie qu'il apportait au prêt de la BEI qui sera désormais de 280 M€. C'est sur Saablog-in que j'ai lu l'info.

Communiqué de Presse [FR] (Màj) : Pang Da et Youngman signent avec SWAN un accord définitif sur leur entrée au capital de Saab ainsi qu'un nouveau partenariat de construction de TROIS NOUVEAUX MODELES, soumis aux accords des autorités

1 Les nouvelles répartitions/augmentations du capital de Saab sont désormais contraignantes pour les trois parties citées sous réserve des accords des autorités chinoises et suédoises.

2 Un nouvel accord est en voie de formation pour une alliance stratégique et capitalistique dont le projet est ni plus, ni moins de fabriquer 3 nouveaux modèles qui serait selon cette annonce : la 9-1, la 9-6X et la 9-7...

"Saab 9-2" - Dessin et Design par Quentin Huber

Voici le communiqué en français :

Swedish Automobile NV (SWAN) et Saab Automobile AB (Saab Automobile) ont annoncé aujourd'hui la signature définitive des accords avec Pang Da Automobiles Trade Co., Ltd (Pang Da) et Zhejiang Youngman Lotus Automobile Co., Ltd (Youngman), convertissant ainsi le protocole d’accord non contraignant relatif à l'investissement en actions de Pang Da et Youngman annoncé le 13 Juin 2011 en des accords contraignants soumis à la réglementation et d'autres approbations de tiers. Par ailleurs, Saab Automobile annonce un accord conditionnel avec Zhejiang Youngman Passenger Car Group Co., Ltd (Youngman Passenger Car) sur la constitution d'une joint venture basée en Suède pour le développement de trois nouvelles Saab (NPJV).
Trollhättan, Suède le 4 juillet 2011. Le protocole d'accord non contraignant annoncé le 13 Juin 2011 entre SWAN, Saab Automobile, Pang Da et Youngman concernant un investissement en actions d’un montant total de 245 millions € dans SWAN est désormais transformé en un accord formel, tandis que les parties continuent à travailler sur l'exécution des accords contraignants pour une alliance stratégique composée d'une entreprise de distribution tripartite conjointe et une entreprise de fabrication mixte tripartite de véhicules Saab et d’une marque spécifique pour le marché chinois. Les accords sont soumis à l'approbation des autorités compétentes. Ces accords permettront le retour de M. Vladimir Antonov en tant qu'actionnaire / financier de SWAN et Saab Automobile ce que les parties attendent dès que M. Antonov aura reçu l’approbation les différentes autorités.

La nouvelle Joint Venture pour les Nouveaux Produits (NPJV) sera détenue à 50% par Saab Automobile et 50% par Youngman Passenger Car, et formera la base pour l’expansion du portefeuille produits de Saab avec trois modèles, qui jusqu'à présent ne faisaient pas partie du programme de Saab Automobile pour les produits actuels et futurs. En tant que tel l'NPJV mettra l'accent sur le développement de trois nouveaux véhicules totalement Saab: les Saab 9-1, 9-6 et 9-7.

Dans le processus de développement de ces trois lignes de véhicules neufs, Saab Automobile sera chargé de contrôler et de gérer la conception, le processus de développement et d'essais pour le début de la production et la fourniture d'autres appuis nécessaires de contrôle technique et de qualité. Pour cela, Saab Automobile mettra à disposition de la NPJV les capacités et les compétences de ses départements de développement technique à Trollhättan. Youngman Passenger Car sera chargé de fournir les investissements financiers nécessaires à la coentreprise.
L'accord sur NPJV est également soumise à l'approbation des autorités compétentes, que SWAN, Saab Automobile et Youngman Passenger Car espèrent obtenir en temps opportun.
Victor Muller, PDG de Saab Automobile et SWAN commente :
"Je suis heureux d'annoncer la signature d'accords contraignants (sous réserve de l'obtention des approbations réglementaires) avec Pang Da et Youngman, car ils soulignent la confiance de toutes les parties pour l’établissement d’un partenariat tripartite réussi. La création d’une nouvelle Joint Venture pour les Nouveaux Produits est une étape importante tant pour Saab Automobile que pour Youngman Passenger Car et marque le début d'un nouveau partenariat passionnant. Cette joint venture offre à Saab Automobile la possibilité de développer des modèles qui n'ont été ni envisagés, ni financés dans notre Business Plan initial. Par exemple, nous allons maintenant être en mesure de développer un petit modèle d'entrée de gamme Saab, une voiture qui a longtemps été en tête de nos souhaits."
M. Pang Qingnian, PDG de Youngman, a ajouté:
"L'accord de Joint Venture sur les nouveaux produits réunit le meilleur des deux mondes, en fusionnant la puissance industrielle et financière de Youngman Passenger Car avec l'expertise technique de Saab Automobile. Les Saab 9-6X et Saab 9 -7 seront les clés pour rehausser le prestige de la marque Saab d’un groupe encore plus important de clients dans le monde mais surtout en Chine et aux Etats-Unis, tandis que le modèle d'entrée Saab 9 -1 intéressera les automobilistes urbains à travers le monde."
M. Pang Qinghua, PDG de Pang Da, a commenté:
"Je suis très heureux d'avoir signé ces accords avec nos partenaires, ce qui alimente ma confiance en un avenir prospère pour Saab Automobile. Nous étions déjà impressionnés par l’offre de produits Saab actuels et prévus à ce jour et avec l'ajout de trois nouveaux modèles Saab, la marque sera encore mieux positionnée pour répondre à la demande sur les marchés à travers le monde et la Chine en particulier."

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Articles connexes :

vendredi 29 juin 2012

La question mystère : pourquoi la Banque Européenne d'Investissement (EIB) refuse l'entrée de Vladimir Antonov au capital de Saab?

Selon Saabsunited et Saablog-in reprenant des coupures de presse suédoises et les propos du dirigeant de IF METALL, pricipal syndicat du secteur en Suède, il n'y aurait "plus aucun doute" finalement sur l'approbation antérieure de Vladimir Antonov par General Motors.

Nous savons que le NDO a déjà approuvé la candidature du magnat russe à l'entrée au capital de Spyker-Swedish Automobile.
Nous savons aussi que la BEI se refuse à valider sa candidature.

Qui se cache derrière ce refus? Serait-ce plutôt le gouvernement suédois? Et pour quelles raisons objectives? Cafouillage total quand le Premier Ministre renvoit la responsabilité sur le NDO (office de la dette) alors que celui-ci a déjà approuvé Antonov. Cafouillage encore une fois quand le Premier Ministre suédois exige l'accord de la BEI alors que celui-ci ne pourra pas avoir lieu sans l'accord du gouvernement suédois...

Est-ce que la BEI est prête à porter avec le gouvernement suédois la responsabilité de milliers de chômeurs?

La question de la survie financière est devenue politique à cause de ce prêt de la BEI garanti par l'Etat suédois, prêt qui contient une clause d'ownership bloquant toute possibilité de modification de capital sans l'accord de la Suède et de la BEI.

Le gouvernement suédois dit "ne pas être compétent pour gérer un business de construction de voitures". Soit, mais pourquoi alors s'ingérer dans ce qui relève de la propriété privée de Saab?  Pourquoi ce mystérieux silence qui menace entre 5 et 10000 emplois en Suède et ailleurs?

jeudi 28 juin 2012

Saab a signé un accord destiné à apporter 28 millions € de cash

C'est donc avec un consortium d'investisseurs immobiliers suédois, Hemfosa Fastigheter, que Saab a conclu un accord de financement à court terme.

Combien de cash apporté ?
- 28 M€

Quel immeuble principal est logé dans Saab Property?
- Il s'agit d'un ensemble de bâtiments industriels de l'usine de Trollhättan qui a une surface développée de 455.000 483.000m²

Par quel moyen?
- La cession-bail de 50,1% des parts de la filiale de Saab Automobile AB, qui s'appelle Saab Property AB et porte l'ensemble des biens immobiliers de Saab.
Cette cession-bail est donc une vente suivie d'une location avec option d'achat à terme (15 ans ici, ce qui est plutôt long ici et permet donc de ne pas générer un loyer très élevé)

Sous quelles conditions?
- l'accord du gouvernement suédois est requis pour qu'il effectue une main-levée partielle sur ces biens immobiliers qu'ils avaient pris en contre-garantie du prêt de la BEI.
- le prêt de la BEI justement devra être diminué de la valeur de ces biens immobiliers libérés par le NDO (office de la dette suédoise) qui ne feront plus partie de la contre-garantie de l'Etat suédois et seront donc disponibles à l'actif de Saab Property AB.
Concrètement le prêt initial de la BEI passera de 400M€ à 280M€. Saab conservera alors une réserve de credit BEI d'env. 63M€.

Cet accord est-il définitif ?
- A priori oui sous réserve d'accord de la BEI et du gouvernement suédois. Nous allons avoir le cœur net sur les intentions réelles du gouvernement suédois pour voir quel sera le délai de décision. Saab ne peut dire avec certitude aujourd'hui si cet accord sera bouclé

Pas plus de 28M€?
- au terme de la signature définitive, une fois les accords des tierces parties obtenus, Hemfosa pourra compléter son acquisition de parts dans Saab Property AB dans les 30 jours suivant cette date et jusqu'à 33 M€ de parts supplémentaires.

Voici le communiqué de Presse (pas de traduction fr.) EN FRANÇAIS (MàJ)
Trollhättan, Suède: Swedish Automobiles NV annonce que Saab Automobile AB (Saab Automobile) a conclu un accord conditionnel eu égard à la vente de 50,1% des actions de Saab Automobile Property AB (la société qui gère les biens immobiliers de Saab) pour un montant de 255 millions SEK (28 millions €).

Un consortium d'investisseurs suédois de l'immobilier, dirigé par Hemfosa Fastigheter AB (le Consortium), fera l'acquisition de 50,1% des parts de Saab Property pour un montant de 255 millions SEK, reflétant un ajustement du prix de la transaction pour un bail gratuit d'un an.

Ces biens sont composés d’un ensemble immobilier représentant 483 000 m2. Les investisseurs ont le droit d'acquérir des actions complémentaires pour augmenter le montant à 300 millions SEK (33 millions €) aux mêmes conditions dans les 30 jours après la clôture.
Saab Automobile conclura un contrat de bail avec Saab Property pour une durée de 15 ans.

En tant que propriétaires conjoints, le Consortium et Saab Automobile chercheront à valoriser davantage les biens, y compris avec le refinancement des biens immobiliers à une date ultérieure lorsque la situation économique s’y prêtera. Saab Automobile est conseillé par Catella Corporate Finance.

Afin de permettre à Saab Automobile de vendre une partie des biens, l'Office national suédois de la dette (OND), étant le garant d’un prêt de 400 millions € de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), il est demandé de libérer son nantissement dans les actions de Saab Property . Si l'OND lève sa garantie sur les actions de Saab Property, la garantie de l'OND en faveur de la BEI sera réduite de 120 millions €. En conséquence, Saab Automobile aura droit au maximum à un prêt 280 millions € au titre du prêt actuel de la BEI (dont 216,9 millions € ont actuellement été versés). 63,1 millions € resteront à la disposition de Saab Automobile au titre du prêt de la BEI. Saab Automobile est dans l’attente de l’accord de la BEI, l’OND et du gouvernement suédois pour finaliser la transaction très rapidement.

Swedish Automobile et Saab Automobile poursuivent leurs discussions avec divers interlocuteurs afin d'obtenir d'autres financements à court terme.

Jens Engwall, PDG Hemfosa Fastigheter AB, déclare: «Nous sommes très satisfaits de l'accord avec Saab Automobile Nous allons continuer à ajouter de la valeur à Saab Automobile dans le développement de leurs biens."

dimanche 13 mai 2012

"Saab n'a jamais gagné d'argent...les objectifs de vente ne sont pas atteints...il y a des risques pour le contribuable..." ^^

Je voulais publier ce post hier, mais Blogger a buggé sévèrement pendant quasiment 24 heures... D'ailleurs le post du 112 mai n'est toujours pas restauré : "we work on it", disent-ils eux aussi ! -;)

-

Ces citations en titre sont de Lars Carlström qui a voulu montrer combien les idées reçues par les médias étaient loin de la réalité économique ou juridique de Saab.

Hier soir donc, je voulais vous présenter la traduction d'une opinion partagée par Lars Calrström dans le journal DI.se de jeudi. Il est le porte-parole de Vladimir Antonov à plus d'un titre et notamment dans le processus d'accès au capital de Saab. Il est aujourd'hui le directeur de la holding d'Antonov Groupe Convers.

Photo : Saabsunited.com

Lars avait essayé de faire racheter Saab par Genii Capital fin 2009, mais s'était fait doubler par Spyker-Muller. S'il s'est fait remarquer parfois pour son franc parler. Si on pourrait être tenté de le voir comme un simple défenseur d'intérêts privés (Antonov), son jugement sur la perception de Saab dans les médias suédois se révèle ici plus modéré et circonstancié.

J'ai lu la traduction du suédois en anglais publiée sur Saabsunited hier et j'ai vraiment apprécié de lire ces mots de la part de Carlström. In extenso, voici donc la traduction en français cette fois.

L'image principale de Saab est constituée de nombreuses incompréhensions qui ne sont pas fondées sur des faits, mais sur une image reflétée par les médias. Ce point de vue médiatique est reflétée largement en Suède, écrit Lars Carlstrom, lequel a appuyé de nombreux projets pour Saab ces dernières années.

Quel pays européen a un gouvernement qui dit du mal de sa propre industrie? Pouvez-vous imaginer Nicolas Sarkozy attaquer grossièrement Peugeot, Renault ou Citroen, ou bien Silvio Berlusconi travailler activement pour la fin de Fiat ou d'Alfa Romeo?

Ceci est pourtant la réalité en Suède. Nous ne sommes pas seulement le peuple le moins nationaliste du monde, nous souffrons d'une mentalité ultra-libérale qui accepte de tels agissements. Probablement unique en Europe.

Essayons de voir pourquoi l'image de Saab est devenue tellement loin de la réalité.

“Saab n'a jamais gagné d'argent.” Cette affirmation se fonde sur des années pensantes dans l'histoire de Saab quand l'Investisseur était le propriétaire du constructeur. Quand General Motors a acquis la société en totalité [2000], Saad a été profondément intrégrée dans le processus de production de GM. Pour Saab, c'était la fin de son indépendance et la société est devenue une division de GM. Il est pour cela impossible de dire quel a été le retour sur investissement de Saab années après années. L'intégration dans le sytème GM n'avait comme seul but de maximiser les bénéfices de GM.

Entre 2002 et 2007, les années avant la grande crise financière, Saab n'a jamais vendu moins de 120.000 voitures par années. On peut aussi observer que durant cette période, les programmes de vente se basaient sur des modèles ayant parfois plus de 10 ans d'âge. Or, Saab a aujourd'hui un gamme de nouveaux modèles qu'elle n'a jamais été en mesure d'offrir jusque là.
Comment peut-on avoir des réticences pour atteindre un objectif de ventes entre 80.000 et 100.000 unités? Je ne vois pas d'autre explication que l'ignorance des capacités de Saab. La marque Saab est l'une des plus réputées dans le monde. Saab a l'une des usines les plus modernes et efficentes de la planète avec les mêmes ratios de rendement que les modèles d'usines Toyota.

Concernant les objectifs de vente non atteints: faire repartir Saab a ppu sembler une tâche presque impossible. Saab n'existait pas avant 2010 comme société indépendante. Après l'intégration de la compagnie dans GM, la nouvelle équipe dirgieante est repartie de zéro, commençant par recréer une nouvelle société indépendante. Ce processus a pris bien plus qu'on ne le pensait. La production n'a vraiment démarré que mi 2010, ce qui bien sûr a pesé sur les volumes de ventes en terme d'objectifs. Bien sûr cela a vite été oublié et perçu comme une fragilité dans l'analyse des chiffres fin 2010, mais Saab n'a tout simplement pas été capable de délivrer plus rapidement les voitures cette année là.

“Taxpayers’ money” – les risques pesant sur le contribuable - un lieu commun en ce qui concerne les hommes politiques parlant de la garantie accordée par l'Etat suédois pour couvrir le prêt de la Banque Européenne d'Investissement, BEI. Rien n'est plus faux.

Alors que Saab était fin 2009 en liquidation, Saab a été évalué à plus de 6 milliards [de couronnes suédoises, soit 667 millions d'euros] sans compter Saab Parts (pièces détachées) qui a la plus grosse valeur - le constructeur assure les pièces pour plus d'un millions de Saab dans le monde et cela devra continuer encore pour 10-15 ans quelque soit la poursuite ou l'arrêt de la production de Saab. Il n'y a donc aucun risque pour le contribuable.

Le prêt de la BEI était vital pour Saab après GM et au moment de la crise financière et bancaire à ce moment là. Mais on peut dire maintenant que ce fut une solution de financement avec des intérêts démesurés à payer à la BEI malgré une garantie à 100% adossée à un Etat noté AAA, - qui n'a alors pas dépensé un centime pour Saab, soit dit en passant.

Un des points qui doit retenir notre attention dans l'agenda de Saab est donc de pouvoir faire basculer le prêt de la BEI vers une solution de financement de marché et non politisée. Le principal problème est une méconnaissance et un manque d'intérêt pour l'industrie suédoise de la part du gouvernement suédois, lequel contrôle aussi la conduite à tenir par la BEI [cela aussi, je le répète depuis longtemps...-;)]

La Suède est l'un des rares pays à disposer d'une expertise industrielle capable de développer et de produire dez voitures, intérêts qu'il aurait donc été naturel de défendre. L'importance du regard de la Suède est évidente : Volvo et Saab sont globalement exportatrices et sont des ambassadeurs du Royaume de Suède.

Il n'y a pas besoin que le gouvernement prenne l'initiative d'injecter de l'argent hormis un soutien et un encouragement de la part du gouvernement suédois et des médias qui sont les bienvenus. En ce sens, la Suède pourrait faire un effort concernant Saab et les 8000 emplois en jeu au minimum.