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jeudi 25 octobre 2012

Rachat de Saab ou participation au capital de Swan : on ne sait pas encore, mais le NDRC chinois aurait fait son choix sur les candidats

Une journée assez haute en couleur. Plusieurs médias suédois et agence de presse ont titré sur ce qui s'apparente désormais à la "saga Saab". Ainsi la presse se fait l'anti-chambre, sinon l'accélérateur de négociations serrées entre les chinois, Swan, Saab et les autres parties intéressées (GM, le gouvernement suédois, la BEI et maintenant North Street Capital).

Et d'abord le PDG de Geely qui s'est fait une raison : "Nous n'avons aucune vue sur Saab, aucune" a-t-il déclaré au Wall Street Journal (article original ici / merci à Saablog-in pour le tuyau). Geely revient sur la stratégie de marchés et de segments qui serait trop difficile à distinguer entre Volvo et Saab - et je le rejoins là-dessus. Il évalue à 1.7mds $ l'investissement nécessaire pour rentabiliser Saab. Est-ce une façon d'avouer qu'il y a vraiment pensé ou plutôt de décrédibiliser Youngman et Pang Da. Il suffit de penser à la réaction amère de Sergio Marchione (Groupe Fiat) qui après avoir été écarté - un peu trop rapidement pensent certains d'entre vous - de la vente de Saab, avait raillé l'acquisition de Spyker...

Comme Victor Muller nous l'avait déjà dit dans son interview à la chaîne suédoise P4 Ouest, la vérité à propos de ce "non-intérêt de Geely pour Saab", c'est que le NDRC aurait déjà fait son choix (info confirmé par deux journaux suédois ce jour SVD et DI.SE). Cette institution ne pourrait choisir maintenant un autre candidat alors qu'il semble qu'elle a déjà travaillé étroitement pour avaliser Youngman et Pang Da : on penserait qu'elle se plie au vent du plus puissant et non qu'elle mène une politique.

Pour Bloomberg (article original ici), Youngman et Pang Da regrettent "la décision unilatérale de Swan" et rappellent leur souhait d'aider Saab sur le court et long terme. Ils ont réaffirmé que le deal du 21 juillet était selon eux toujours contraignant. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui encore, des représentants des chinois étaient à Stockholm pour négocier avec des représentants de Saab.

Les fournisseurs européenns par la voix de Lars Holmqvist - qui s'est fait beaucoup plus pragmatique depuis quelque temps - déplorent eux aussi le risque de faillite de Saab et espèrent que le deal Youngman Pang Da Swan puisse être réactivé. M. Lars Holmqvist parle de "véritable complot contre Victor Muller et Vladimir Antonov" dans just-auto. J'ai du mal à y croire et pense plutôt que le gouvernement suédois veut se débarrasser tout simplement du fardeau Saab en limitant la casse.

Que General Motors rallie finalement l'idée d'une vente de Saab aux chinois n'est pas forcément impossible. Que Youngman et Pang Da reprennent le deal de juillet ou continuent de négocier 100% Saab avec des conditions plus ou moins contraignantes pour Swan est certain. Ces négociations se poursuivent et nous n'en avons que des miettes sinon échos des pressions médiatiques qui se font dans l'anti-chambre de la salle de réunion. Tous les représentants chinois, suédois et hollandais étaient encore à Stockholm aujourd'hui.

Je me rends compte que finalement toutes les parties en présence réalisent que Saab sauvé est encore la meilleure chose qui puisse arriver à tous. C'est sans aucun doute à mes yeux la seule vraie bonne nouvelle du jour. Personne, des salariés du groupe, des créanciers, des hommes d'affaire chinois, suédois ou hollandais, ne veut et n'a intérêt à ce que Saab dépose définitivement son bilan. Quand à nous, cela va sans le dire! :)

Griffin up!

lundi 22 octobre 2012

Guy Lofalk veut-il faire couler Saab? [MàJ]

Ce n'est pas une question provocatrice ici. L'administrateur judiciaire désigné par Saab/Swan dans le cadre de la procédure de Réorganisation sous Protection de la Justice obtenue en septembre par Saab Automobile et deux de ses filiales, Guy LOFALK, a demandé l'arrêt de la procédure qu'il estime ne pas répondre aux conditions posées par la loi.
Guy LOFALK, en tant qu'administrateur provisoire de Saab a, de par le droit suédois, deux missions :
- il doit protéger les intérêts des créanciers, que ce soit les fournisseurs ou les salariés (assimilés à des créanciers ordinaires en droit des affaires suédois)
- il doit veiller aux intérêts de l'entreprise, s'assurant des possibilités de poursuite de l'exploitation.

La semaine dernière, "coaché" par le Ministre des Finances suédois, Guy LOFALK avait pris l'initiative de rencontrer des représentants de GEELY pour leur proposer un rachat total du groupe Saab Automobile. Nous savons comment ça s'est soldé : le NDRC ne l'aurait pas accepté à cause du deal  Swan-Pang Da-Youngman toujours en cours d'approbation - en tous cas selon V. Muller - et GEELY de son côté a fait les saintes nitouches.
Il est ensuite retourné en Chine voir Youngman et Pang Da pour discuter d'un projet identique, pour racheter 100% des parts du groupe Saab Automobile.

Ces événèvements ont été confirmés par Victor Muller (cf. interview de vendredi), mais il prétend que cela s'est fait à on insu. Or, selon Guy LOFALK lui-même - ceci est écrit dans le journal suédois trollhattanois TTELA.SE- , le meeting avec Youngman et Pang Da se serait déroulé en transparence notamment avec Victor Muller qui l'aurait même encouragé à répondre à "l'invitation des chinois Youngman et Pang Da".

Que Youngman et Pang Da faisaient un peu machine arrière et voulaient renégocier le deal de juillet dernier (245M€ de SWAN) était un fait qui était connu et de Victor Muller et de Guy Lofalk dès fin septembre. Pourquoi Guy Lofalk est allé voir Geelyla semaine dernière ? A mon avis, la réponse coule de source : il fallait faire pression sur Youngman et Pang Da.

Hier, Swan nous a en effet confirmé bel et bien que Youngman et Pang Da s'étaient porté acquéreur direct du groupe Saab Automobile, mais que cette offre a été refusée par Swan, holding de groupe.

Guy LOFALK, veut donc finalement terminer la procédure, faute d'entente possible sur des financements de long terme. [Màj : 20h00] Il nuance sa position ce jour dans une interview de la chaîne suédoise SVT :
"il est possible que Youngman , Pang Da et Swan trouvent un accord et que la procédure de Réorganisation reprenne" vient-il de déclarer.
Je ne saurais dire s'il a été hors la loi dans l'exercice de sa mission mais je pense qu'il serait aussi faux de lui imputer les échecs de négociation avec les chinois que de dire que tout est de la faute de Victor Muller.

Pourquoi Swan refuse l'offre de rachat direct des chinois?
Le problème est simple : Swan, holding du groupe Saab Automobile ne veut pas se retrouver des actionnaires majoritaires qui seraient directement à la tête de Saab Automobile (Youngman/Pang Da). Les accords contraignants de juillet dernier entre les parties prévoyaient une montée au capital de Swan et non de Saab Automobile.
Cotée en bourse, endettée pour l'opération d'acquisition de Saab, Swan (alias Swedish Automobile, ex-Spyker) ne peut pas, sans mettre en péril son propre montage financier, risquer de se retrouver en minorité sur le groupe Saab Automobile. En effet, partager directement le capital de Saab avec Youngman et Pang Da  reviendrait pour Swan à vendre une partie de Saab sans que Youngman et Pang Da ne partage le risque fiancier du rachat initial. Si Saab Automobile changeait de majorité, Swan devrait exiger un prix équivalent au remboursement total des financements d'acquisition initiaux de Saab. Victor Muller ne peut pas en tant que PDG de Swan perdre le contrôle de Saab Automobile sans une contrepartie de nature à indemniser tous les actionnaires de Swan pour la perte de valeur.

Je vois aujourd'hui plus clair sur les forces en présence.
D'un côté Swan/Victor Muller ne peut financièrement se permettre d'envoyer Saab Automobile au tapis - comme veut le faire désormais Guy Lofalk, persuadé qu'il n'y a pas d'issue financière à long terme cf. MàJ. Swan ne peut pas non plus perdre le controle de Saab Automobile sans la contrepartie de ses investissements financiers dans Swan.
De l'autre côté, les chinois estiment que la valorisation de Saab a énormément changé depuis juillet et se rabattent sur le capital du groupe Saab Automobile indépendamment de Swan.

La question que beaucoup se pose encore : faut-il débarquer Swan de Saab Automobile? A cette question, certains répondront sans hésiter oui, mais pour qui, pour quoi? Je n'ai jusque maintenant lu aucune lettre d'intention d'un constructeur qui serait intéressé par le développement de Saab Automobile dans une configuration chinoise ou autre sans doute (nécessaire pour trouver d'autres marchés à Saab), mais aussi occidentale. Youngman et Pang Da font les morts en ce moment.

La décision de la Cour sur l'arrêt ou pas de la procédure de Réorganisation aura lieu la semaine prochaine. Probablement le 28 octobre. C'est "chaud", très chaud...

Ma seule conviction est que naturellement Victor Muller fera tout, tout, pour éviter qu'il perde Saab - c'est son intérêt le plus immédiat - mais comment?...

samedi 20 octobre 2012

Interview étonnante de Victor Muller hier sur P4 Väst : le gouvernement suédois voulait que GEELY rachète Saab

Je lis sur Saabsunited la transcription d'une interview hallucinante de Victor Muller donnée à la radio suédoise P4 Ouest qui confirme ce que nous avons écrit auparavant, à propos de l'administrateur Guy Lofalk qui avait élaboré son propre plan pour Saab [lire ce post pour plus d'infos à ce sujet] ...



En voici quelques extraits :
"Je suis très déçu, dit Victor Muller. Nous avons eu des signes évidents que les investisseurs chinois n'allaient pas transférer l'argent comme nous l'avions convenu la semaine dernière." [on parle ici des 70 millions d'€ pour la vente de la plateforme Phoenix]
Selon Muller, Lofalk voulait négocier un changement de propriétaire, où les chinois Youngman et Pang Da achèteraient 100% de Saab au lieu des 50 % convenus dans le cadre de la procédure de Réorganisation.
Victor Muller confirme à P4Ouest que Saab négocie maintenant avec la compagnie américaine North Street Capital qui serait prête à mettre un demi milliard de couronnes suédoises (55 millions d'euros) dans Saab, plus que ce que les sociétés chinoises Youngman et Pang Da étaient prêtes à investir dans Saab. [ah bon?^^]
"Son plan (Lofalk) était de vendre Saab à Geely, et quand cela a été rendu public aux médias, Geely a été contraint de démentir ses intentions parce que le NDRC avait décidé que Youngman était censé négocier avec Saab. La situation est devenue embarrassante pour Geely qui n'était pas autorisée à intervenir.
- Après cela, Lofalk a réservé un autre billet d'avion pour la Chine avec plusieurs réunions prévues avec Youngman et Pang Da sans que quiconque chez Saab ne soit mis au courant. Il en résulte aujourd'hui que Youngman et Pang Da n'ont pas payé les sommes qui étaient convenues.
Victor Muller est maintenant aux Etats- Unis en train  de négocier avec la compagnie américaine North Street Capital.
Il y a des rumeurs disant que vous négociez avec North Street Capital pour devenir actionnaires au lieu des entreprises chinoises, que pensez-vous à ce sujet ?
- Nous ne faisons normalement pas de commentaire sur les rumeurs. Mais North Street Capital est un partenaire potentiel très fort. Si la solution avec les chinois échouait, il y aurait certainement une possibilité d'intensifier les discussions avec North Street Capital sur d'autres investissements que ceux que nous avons présenté aujourd'hui, dit Victor Muller.
Si la procédure de Réorganisation était interrompue, ne serait-ce pas la fin de Saab ?
- Certainement pas, répond Victor Muller. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. On a dit que Saab était mort tant de fois durant les dernières années et il a été démontré que tout le monde a eu tort. Et ils continueront à se tromper.
Source : Saabsunited.com

Hallucinant, je vous disais... ^^
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Les chances d'aboutir de la demande de changement d'administrateur sont assez minces. Si Guy LOFALK met fin à la Réorganisation, l'heure de vérité sonnera alors sur les intentions de Youngman et Pang Da et finalement Saab.

Personnellement - j'assume ce point de vue - je ne crois pas une seconde qu'un fonds d'investissement sorti du chapeau puisse se substituer aux chinois Youngman et Pang Da, même si j'ai de plus en plus de doute sur la capacité de SWAN à trouver un accord avec Youngman et Pang Da sur le prix de vente. Et je vais aller plus loin dans mon point de vue - qui n'est pas celui de Saabsunited, mais j'assume : je comprends le gouvernement suédois qui a voulu chercher un repreneur avec des fonds propres suffisants pour racheter la totalité de Saab à Victor Muller. Geely aurait-elle fait l'affaire? Difficile de dire.

Quoiqu'il en soit, le gouvernement suédois ne se fait pas d'illusion : comment des chinois vont-ils vouloir mettre 245M€ sur la table pour 50% des parts de SWAN alors que Victor Muller a acquis pour 70M€ 100% des parts de Saab via SWAN et que Saab était à ce moment (février 2010) en bien meilleure santé financière?! Or nous avons confirmation par Guy Lofalk et certains médias suédois et chinois que Youngman discutent actuellement toujours du prix. L'issue n'est pas proche, c'est le moins qu'on puisse dire.

mardi 9 octobre 2012

Edito : l'agenda caché du gouvernement suédois et l'avenir de Saab

Alors que certains débatent sur Saabsunited de l'illégalité de l'action de l'actuel administrateur judiciaire de Saab, Guy Lofalk, dans le cadre du processus de Réorganisation, je me suis interrogé cette nuit sur les intentions du gouvernement suédois, des partenaires Youngman et Pang Da et des tierces parties (General Motors, la BEI, les créanciers) et enfin sur l'avenir de Saab qui n'a jamais été autant sujet à caution que maintenant.

Quand et qui?
Tout d'abord, rappelons le calendrier du processus d'approbation des candidats Youngman et Pang Da pour leur montée au capital de Swan/Saab : le 14 octobre, le NDRC (Commission nationale pour la Réforme et le Développement) chinois est censé approuver ou désapprouver le processus d'acquisition des deux sociétés chinoises. Le 14, c'est vendredi.

Rappelons ensuite, soulignons-le même - car cela n'a pas été fait suffisament - que cette augmentation de capital dans SWAN pour une proportion largement supérieure à 29.9% - et qui reste à définir compte-tenu de la chute du cours de Swan - doit également être approuvée par la Banque Européenne d'Investissement, le Bureau de la Dette suédoise, le gouvernement suédois et General Motors.
Il y a enfin les créanciers de Saab qui dans le cadre du processus de Réorganisation auront leur mot à dire in fine... Bref, cela fait beaucoup de monde à mettre d'accord, beaucoup d'intérêts qui ne sont pas nécessairement convergents dans le sens de l'avenir de Saab.


Le loup dans la bergerie
Pour l'heure, nous avons été un peu secoué en apprenant hier que l'administrateur judiciaire actuel (Guy Lofalk) de Saab semble oeuvrer pour le Ministre des Finances suédois, encourageant Youngman et Pang Da à laisser tomber Saabvoulant convaincre Geely de racheter Saab et conseillant à l'Office de la Dette suédois (NDO) de rendre le prêt exigible (encours en capital 220M€) à effet immédiat par la BEI.


Le Ministre des Finances suédois veut tirer l'addition?

Si tel était le cas, les créanciers seraient alors payés par ordre de privilèges, éventuellement un Geely pourrait racheter Saab, mais cela est loin d'être confirmé pour l'instant.

Si la BEI rendait son prêt exigible, Saab n'aurait pas les moyens, en l'état actuel des accords passés avec ses partenaires (recapitalisation de 245M€) avec Youngman et Pang Da, de payer les 220M€ de capital restant dû à la BEI. Cette hypothèse de terminaision du prêt compromettrait gravement à l'évidence la possibilité de trouver un plan de redressement dans le cadre de la Réorganisation.

Alors la question qui nous taraude : pourquoi le gouvernement suédois fait-il cela? Quelles sont ses intentions?!

Essayons de nous mettre une minute à la place du gouvernement suédois :
1  Pour sauver des emplois et un secteur industriel en déroute de mon pays, moi, gouvernement suédois je garantis début 2010 un prêt d'investissement de 400M€ accordé par la Banque Européenne d'Investissement pour financer la recherche/développement de Saab dans les technologies "vertes".
Saab a utilisé 220M€ de ce prêt pour mettre au point la 9-3 électrique, la transmission 4 routes motrices électriques (E-XWD) en partenariat avec American Axle et les motorisations TTiD < à faibles émissions de CO2.
2 Or il s'avère que Saab va être racheté pour moitié par des chinois qui vont bénéficier intégralement de ces programmes de R et D et qui vont également profiter de la R et D de la plateforme modulaire Phoenix que Saab a auto-financé (ce qui explique aussi une partie des pertes).
3 Si j'étais ministre suédois des Finances, je pourrais/devrais me poser la question suivante : dois-je continuer à garantir un prêt dont le bénéfice a toutes les chances de partir en Chine si je crois que Saab n'arrivera pas à se redresser et donc à mettre en production sa R et D? Est-ce que ma stratégie industrielle et commerciale m'encourage ou me dissuade à laisser partir cette technologie couteuse vers la Chine? Est-ce que l'on ne pourrait pas négocier avec Geely, le propriétaire chinois de Volvo, cette technologie qu'il recherche justement (la plateforme modulaire fait partie des projets d'investissement de Volvo horizon 2015), peut-être en contre-partie d'un maintien d'emploi de l'usine Volvo que Geely veut fermer?

Il y a aussi General Motors qui attend derrière le rideau. N'oublions pas que GM a vendu Saab pour 400M$ et que sur ce prix, seul 70M€ ont été payés cash et le reste est en actions préférentielles... Et pour ne prendre que cet exemple, il y a de la technologie GM dans la Saab 9-5 fabriquée à Trollhättan...

Au fond, il n'y a qu'une question qui se pose : est-ce que le gouvernement suédois pense que Saab pourra se rétablir avec Youngman et Pang Da? A cette question, il pense clairement que la réponse est non. Et il le pense depuis longtemps selon moi.

Depuis le mois de mai, j'ai acquis la conviction que le gouvernement suédois n'avait plus confiance en Swan/Victor Muller pour redresser Saab, qu'il ferait tout pour éviter que sa caution du prêt de la BEI (220M€) - sans parler de l'immense coût social qu'une faillite de Saab engendrerait - profite à un hollandais (V. Muller) - ou à un russe (Antonov) - qui vendrait " à la casse" de toute façon, une fois rendu au pied du mur, la technologie Saab à qui voudra, pour retrouver leurs investissements de départ.
Nous avons déjà assisté à la vente partielles des murs de Saab (Saab Properties) pour faire face aux frais de structures d'un constructeur qui ne produit plus depuis plus de 6 mois maintenant. 220M€ de prêt BEI, plus de 150M€ de dettes fournisseur exigibles. Est-ce que vraiment les 245M€ suffiront à faire repartir la machine?

Qu'on ne se trompe pas de combat. A tout roi, tout honneur : Victor Muller a sauvé Saab de la liquidation de la faillite en janvier 2010. A tout roi, toute responsabilité aussi : il n'y est pas arrivé et n'a pas de solution pour Saab qui soit actuellement viable aux yeux du gouvernement suédois et de bon nombre d'analystes financiers. Mais alors pourquoi Youngman et Pang Da veulent investir dans Saab?


Les intentions de Youngman et Pang Da
A ce sujet, mieux vaut se contenter de lire les communiqués officiels, car on a lu dans la presse tout et son contraire. Les 245 M€ devaient servir à la fois pour un transfert de technologie de la plateforme Phoenix, pour la constitution de Joint Venture en vue de la fabrication en Chine d'une "9-6" et d'une "9-7". Pang Da intervenait au titre de distributeur exclusif de la marque en Chine. Leur participation au capital était donc bien un investissement au départ et non une simple recapitalisation pour combler le passif de Saab...
Il semble que, selon la presse suédoise, le prix d'achat des actions de Swan soit remis en question : soit le pourcentage de participation dans Swan pourrait être revu à la hausse, soit le montant de l'investissement revu à la baisse...
Guy Lofalk a-t-il réussi à convaincre les deux partenaires à sortir du deal? Dans le contexte actuel, c'est probable mais pas certain.
A propos de Saab, les intentions de Youngman et Pang Da ont été relativement bien gardées et on peu s'interroger légitimement sur ce sujet. Leurs paroles seraient très précieuses en ce moment. Or on les entend peu à ce sujet depuis une dizaine de jours... Bizzare...


L'avenir de Saab
Et bien oui, c'est ça la question ! Et pas l'avenir de Swan, comme on pourrait le penser parfois à trop lire Saabsunited...
Ayant soulevé des questions légitimes que pourrait se poser le ministre des Finances (en résumé : à quoi bon soutenir financièrement une entreprise qui va céder ses actifs à l'étranger et dont la facture sociale va me coûter cher), je me suis enfin demandé pourquoi Guy Lofalk avait-il agi si vite et sans consulter le management de Saab?
Le processus d'acquisition de Saab à 50% par Youngman, Pang Da, nécessite des relations diplomatiques entre la Chine et la Suède. Si les gouvernements respectifs - reste à savoir qui aurait refusé le premier - s'étaient passés l'info que l'un d'eux refuserait d'approuver le deal, le Ministre des Finances informé par la "valise diplomatique" a pu très bien prendre les devants sur la date du 14 octobre sachant une issue négative (simple hypothèse de ma part ici), ce qui me paraît la seule justification possible de cet excès de zèle de Guy Lofalk, administrateur judiciaire actuel de Saab.

Est-ce que Youngman et Pang Da sont encore dans la boucle? Mesurent-ils les efforts financiers à faire pour sauver le constructeur suédois? Est-ce que Geely serait vraiment intéressé par Saab jouant les cartes de la complémentarité de technologie et de l'organisation de la concurrence ces deux anciens rivaux? Est-ce que le gouvernement suédois a un plan pour Saab autre que le plan "E" comme "exit" de Victor Muller?

La semaine qui s'ouvre est LA semaine de tous les dangers pour Saab. Croisons les doigts.

lundi 8 octobre 2012

Le gouvernement suédois a-t-il un plan pour Saab (à part vouloir se débarrasser de V. Muller)?...

[MàJ 10/10] Saab ne souhaiterait pas dans l'immédiat révoquer Guy Lofalk
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[MàJ 19h30] Saab voudrait aller devant la Justice dès lundi pour révoquer l'administrateur judiciaire, Guy Lofalk (source : SU ici). Si vous aviez prévu de regarder une série "Soap", vous pouvez ranger le DVD et lire la presse suédoise la semaine prochaine. Ca risque d'être gratiné...^^
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Alors que le journal suédois Dagens Nyheter révélait cette semaine que, selon une source proche de Saab, Geely aurait approché Saab pour un éventuel rachat, la radio suédoise P4 Väst a publié vendredi un article (original ici)  faisant l'effet d'une véritable bombe...
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Selon plusieurs sources de P4 Väst, dont une source haut placée de chez Saab, Guy LOFALK, actuel administrateur judiciaire de Saab (dans le cadre de la Réorganisation), agirait sous les ordres du Ministre des Finances pour écarter le PDG de Saab, Victor Muller:

"P4 Väst peut maintenant révéler des détails importants de ce qui se passe dans les coulisses de la Réorganisation [procédure de sauvegarde accordée par la Justice en septembre dernier] de Saab.

"D'après ces sources, Guy Lofalk aurait été en Chine et pour obtenir des sociétés Pang Da et Youngman de revenir sur leurs promesses d'investir dans Saab [on nous a expliqué précédemment que ces accords étaient "contraignants"...], ce qui expliquerait pourquoi Saab n'a pas reçu les 70 millions de dollars que Youngman devait verser [on nous a parlé de garantie de Youngman et d'un financement bancaire par un rachat du contrat de vente de la plateforme...] sur le compte de Saab depuis le 25 septembre.

"Guy Lofalk, d'après ces sources, a dit aux partenaires chinois que la Banque Européenne d'Investissement, BEI, rendrait son prêt exigible, de sorte que l'État suédois, garant pour ce prêt de la BEI fasse jouer ses contre-garanties sur Saab

"Ainsi, l'Etat prendrait ce qui reste de Saab, à savoir Saab Parts et Saab Tools qui commercialisent les pièces détachées et fabriquent les outils de production.

"Après la visite de Lofalks en Chine, il s'est rendu à Stockholm pour une visite du Bureau de la Dette [organe suédois, NDO]. Il aurait alors dit que les sociétés chinoises ne veulent pas verser les fonds et conseillé au Bureau de la Dette de rendre le prêt de la BEI exigible à effet immédiat.

"Lofalk a rapporté qu'il a un nouvel acheteur, à savoir le propriétaire chinois de Volvo, Geely Automobile.

"Selon P4 Väst derrière l'action de Guy Lofalks, il y aurait le premier ministre Fredrik Reinfeldt et le ministre des finances Anders Borg qui voudraient se débarraser de Victor Muller et Vladimir Antonov.

"Une source ajoute : « Guy Lofalk a accordé ses violons avec le parti des Conservateurs. »

"Selon P4 Väst, cela s'est produit sans aucune connaissance de ministère de l'Industrie qui était jusque là en charge du dossier Saab.

"Une des sources de la radio P4 West ironise : « C'est Anders Borg qui est en fait l'administrateur ».
Markus Sjöqvist, attaché de presse d'Anders Borg [ministre des Finances], affirme qu'il ne sait pas quoi que ce soit à ce sujet.

"P4 Väst a tenté de joindre le PDG de Saab, Victor Muller, et l'administrateur de Saab, Guy Lofalk, sans succès."

En voilà donc une bien étrange affaire qui ajoute au silence de Saab depuis 3 semaines, aux rumeurs de défection des partenaires chinois, à celle d'un éventuel intérêt pour Saab par Geely, un volet politique dont on ne sait vu d'ici quoi en penser.

Ces propos rapportés par la radio suédoise (reconnue comme source fiable) ont été confirmés officieusement par différentes sources de Saab.
De son côté Saabsunited - qui a ses propres canaux d'information - confirme également. TimR ironise sur le gros mensonge de l'attaché de presse du Ministre des Finances puisque les représentants de Pang Da et de Youngman se sont rendus cette semaine au Ministère des Finances : difficile de dire que le Ministre des Finances n'était pas au courant.

Concernant Geely, je ne me fais pas d'illusion : ils viennent de décider de fermer l'usine suédoise Volvo qui fabriquait notamment la C70 qui se vend mal, ce n'est pas pour mettre de l'argent dans un constructeur qui est déficitaire et nécessiterait 500M€ pour purger toutes ses dettes y compris bancaires et lancer la nouvelle 9-3. Cela écrit, j'espère vivement me tromper, car, j'avoue que mes espoirs en Youngman et Pang Da pour sauver Saab n'ont jamais été démesurés, même si Youngman est le plus grand constructeur de poids lourds en Chine et que Pang Da est le plus grand réseau de distribution au monde... Concernant Geely, ce pourrait être, à la grande surprise de tous, la grande nouvelle permettant de rassurer les marchés. Mais pour l'heure, restons pragmatiques, attendons...

Ce qui semble désormais certain, c'est que le gouvernement suédois ne veut plus de Victor Muller, encore moins de Vladimir Antonov - mais ça on le savait déjà. De là à dire qu'ils veulent tout simplement se débarrasser de Saab, je ne saurais le dire. Ont-ils un plan "Z"?! Qui tire les ficelles et pourquoi? Cela semble hallucinant, mais ce petit pays réputé pour sa démocratie ne semble pas décidé à parler clairement et honnêtement à ce sujet.

samedi 6 octobre 2012

Brève : vrai buzz, fausse NON rumeur fondée à propos d'un éventuel rachat par Geely [MàJ]

[MàJ10/10/11] Il semble bien que des démarcehs ont été entreprises notamment par Guy Lofalk, actuel administrateur de Saab pour contacter Geely mais pas l'inverse[MàJ 08/10] Il semble que cette rumeur soit finalement fondée.
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Je n'ai plus l'envie de refaire l'explication de texte. Un tabloïd suédois fait parler une source selon laquelle le constructeur chinois propriétaire de Volvo souhaiterait racheter Saab. Presque aussitôt, l'Agence Reuters recopie mot à mot et tous les journaux abonnés à Reuters font de même.

Sur le fond, tout ressemble à un énorme mensonge, preuve qu'il n'y a pas que les actifs toxiques des banques d'affaire qui se vendent bien sur la place! Alors Geely a démenti et selon Bloomberg, Eric GEERS (Saab Automobile) a dit que "plusieurs entreprises s'intéressaient à Saab même si nous avons bien sûr un accord contraignant avec Youngman et Pang Da", façon d'entretenir le doute, d'alimenter un peu la rumeur, et quoi encore? De faire pression sur Youngman pour la négociation de la valorisation des parts de SWAN? Pression sur le gouvernement chinois? Ou bien est-ce GEELY qui fait pression sur le gouvernement chinois lui indiquant que le rachat de Saab serait une menace pour le marché chinois?

Bref rien de bien sérieux au fond et qui ne méritait pas un post, mais comme on lit ce buzz partout ce soir, je me suis dit que j'étais bien obligé de revenir là-dessus.

Enfin, réfléchissons un peu, même dans l'hypothèse où ce serait vrai, cela ne fait pas de Geely un acheteur de Saab et puis il faudrait que Saab puisse tenir encore 8 mois supplémentaires le temps que Geely valide une telle procédure par rapport aux autorités chinoises. Et d'ici là, Saab vaudra quoi? Les chinois savent renégocier un contrat à tout moment. Saab essaye sans doute de se défendre dans ces heures qui restent périlleuses. Et moi j'en ai un peu souper de ces canards. On attend les faits. Point.

P.S. : cours de SWAN ce jour : +7.32% : pari gagné ;)

lundi 23 avril 2012

Salon Shanghai 2009 : Geely GT Coupe Concept







Geely est l'un des constructeurs chinois qui risquent de jouer un rôle majeur à l'échelle mondiale dans les années à venir. Venu avec une dizaine de nouveaux modèles au Salon de Shanghai, le manufacturier phare de l'Empire du Milieu a présenté une version quasi définitive de son futur coupé de luxe : le GT Coupe Concept.


Salon Shanghai 2009 : Geely GT Coupe Concept







Geely est l'un des constructeurs chinois qui risquent de jouer un rôle majeur à l'échelle mondiale dans les années à venir. Venu avec une dizaine de nouveaux modèles au Salon de Shanghai, le manufacturier phare de l'Empire du Milieu a présenté une version quasi définitive de son futur coupé de luxe : le GT Coupe Concept.