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mardi 25 décembre 2012

Daimler et Akka Technologies vont faire du consulting sur la voiture du futur

La société MBTech*, qui était jusqu'à présent une filiale à 100 % de Daimler, est désormais franco-allemande. Et elle est même plus française qu'allemande, car le cabinet Akka Technologies**, basé à Levallois et spécialisé dans l'ingénierie (automobile, aéronautique, spatial, transports et énergie), vient de prendre une participation de 65 % dans cette structure. C'est un tournant dans l'histoire de MBTech. Toutefois le groupe allemand restera à la fois un actionnaire stratégique et à long terme. L'entrée du Groupe Akka Technologies dans le capital va permettre de créer un des plus grands cabinets d'ingénierie européenne.

Les deux sociétés se complètent idéalement, à la fois par leurs secteurs d'activité, leur portefeuille de clients et par le positionnement régional. Akka Technologies est centré sur la France, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni, tandis que MBTech a une forte position de marché en Allemagne, en Chine et les Etats-Unis. Avec le nouvel actionnaire majoritaire, MBTech va élargir son profil de compétences en dehors de l'industrie automobile et d'étendre sa position sur le marché international dans les années à venir. Akka Technologies et Daimler ont l'intention de développer la firme d'ingénierie et de devenir la référence dans le domaine du consulting pour les développements liés à la voiture du futur.

*Le groupe a été créé par Daimler AG en 1995. La société développe, intègre et évalue des composants automobiles, systèmes et modules, et emploie 2900 personnes.
**Akka Technologies emploie un effectif de 7000 personnes dans plus de 50 endroits et s'attend à afficher des revenus de 545 millions d'euros en 2011.

jeudi 20 décembre 2012

Mercedes relance l'hydrogène

Classe-B-F-cell
L'idée la plus communément admise, aujourd'hui, est que l'avenir réside dans les véhicules électriques à batterie, et que l'hydrogène est abandonné. C'est ce qu'on entend souvent, et en particulier en France. Mais, on ne l'entend pas de la même oreille à Detroit, Tokyo, Séoul et Stuttgart. Rappelons que plusieurs constructeurs, et non les moindres, ont pris l'engagement de commencer à produire des véhicules à pile à combustible à partir de 2015. Il s'agit de General Motors (et pour l'Europe, Opel), Ford, Toyota, Nissan (avec Renault), Honda, Hyundai-Kia et Daimler. C'est même un point important pour Mercedes qui, aujourd'hui est l'un des rares constructeurs à produire les trois formes d'électrification de l'automobile : l'électrique à batterie avec la Smart ED, la Classe A E-Cell et le Vito E-Cell, l'hybride (S400 en attendant la S500 hybride rechargeable), et la pile à combustible avec la Classe B F-Cell.
Selon Daimler, la pile à combustible est sans aucun doute la technologie la plus prometteuse dans son domaine : zéro émission de Co2, des temps de recharges en hydrogène très courts et un système qui peut s'adapter à tous les types de véhicules. Pour le démontrer, le groupe a décidé de lancer une tournée mondiale : le "Mercedes-Benz F-CELL World Drive".


Voir la vidéo de la Classe B F-Cell :



La tournée sera l'occasion de voir et tester la Classe B à hydrogène. En attendant ce rendez-vous, je vous invite à consulter la page du site web de Daimler consacrée à la pile à combustible :
http://www.daimler.com/dccom/0-5-1118343-1-1118421-1-0-0-1129133-0-0-135-7165-0-0-0-0-0-0-0.html

vendredi 14 décembre 2012

L'automobile passe au protocole IP



Internet commence à arriver dans l'automobile avec EDGE, la 3G et demain le Wi Fi (et peut être le Wimax). Mais, ce que l'on sait moins, c'est que l'architecture électronique des futurs véhicules va adopter le protocole IP. Autrement dit, les constructeurs vont s'inspirer du réseau Internet pour simplifier les échanges entre les calculateurs.

L'Internet s'est imposé dans la vie de tous les jours et c'est le langage que parlent certains équipements, dont les lecteurs MP3, alors que les "bus" de communication (les réseaux par lesquels transitent les infos d'un calculateur à l'autre) ont leur propre langage, qu'ils aient pour nom CAN, MOST, ou encore FlexRay. La solution serait donc de développer un réseau de bord sous le protocole IP pour faire communiquer en temps réel et avec du haut débit les fonctions liées au moteur, à la tenue de route et au confort (dont le multimédia).
Cette approche novatrice fait l'objet d'un programme de recherche (SEIS), qui s'insère dans la démarche globale ICT 2020 en Allemagne pour préparer les réseaux du futur. On y retrouve Alcatel-Lucent, Audi, BMW, Bosch, Continental, EADS, Daimler, Elektrobit, ou encore Volkswagen.

samedi 1 décembre 2012

Le transport public va doubler d'ici 2025 selon Daimler

Les automobilistes s'en rendent bien compte. Leur territoire cède un peu de terrain chaque jour et le souhait des collectivités est de réduire le trafic automobile, au profit des mobilités alternatives. Et ce n'est qu'une demi surprise d'entendre Daimler dire que le transport local public va doubler d'ici 2025. Qu'est-ce qui autorise le groupe allemand à faire preuve d'un tel optimisme ? Il est tout simplement prêt à déployer de nouvelles technologies, à la fois dans le champ des énergies propres et de l'électronique embarquée, de façon à ce que les bus du futur soient plus conviviaux, confortables et plus respectueux de l'environnement. Daimler a eu l'occasion d'en faire la démonstration, en dévoilant récemment un concept bus, le "European Bus System of the Future" (EBSF) sur la base d'un Citaro.

Que trouve-t-on à bord de ce bus du futur ? Un réseau sans fil WLAN pour se connecter à Internet, des prises électriques pour brancher son ordinateur ou recharger son Smartphone, mais aussi un éclairage intelligent qui indique par exemple aux passagers qui montent à quel endroit ils peuvent s'installer pour éviter la congestion aux portes. Le bus doit être mis en service prochainement à Bremerhaven, en Allemagne. Le projet, qui est financé par la Commission Européenne, est piloté par l'UITP (Union International des Transports Publics), dont le siège est à Bruxelles.
Daimler précise que le bus attire de nouvelles catégories d'usagers, et pas seulement des militants écologistes, des jeunes fauchés ou des personnes âgées. On assiste à l'émergence d'une catégorie d'urbains responsables pour qui la mobilité individuelle et le transport collectif ne sont pas forcément incompatibles. Ils peuvent par exemple apprécier de prendre la voiture le soir pour sortir ou le week end et préférer la régularité des transports en commun (pour peu qu'ils deviennent plus confortables, ce qui est l'objectif recherché) en journée. Par ailleurs, les urbains vont picorer en fonction de leurs besoins, en se connectant via leur Smartphone à des services d'auto partage, de co-voiturage ou de vélo en libre-service.

mercredi 24 octobre 2012

Nissan présente son green program pour 2016

Carlos Ghosn fait le show, une fois de plus. 4 mois après avoir annoncé sa feuille de route pour les 5 ans à venir, avec le plan Power 88, le PDG de Nissan vient de présenter plus en détail le volet environnemental avec son "Green Program 2016". Le premier objectif est de devenir le N 1 des véhicules zéro émission. L'Alliance maintient son ambition d'arriver à des ventes cumulées de 1,5 million de véhicules électriques. Ce chiffre, qui paraît très optimiste alors qu'il n'y a toujours pas de marché à ce jour, avait déjà été communiqué cet été. Il s'appuie aussi sur un objectif de production de 500 000 batteries par an. En revanche, on a appris que Nissan pilotera le développement d'un nouveau véhicule électrique à pile à combustible réalisé avec le partenaire stratégique Daimler. Rappelons que Mercedes, partenaire de l'Alliance, est très impliqué dans cette voie énergétique. Les deux constructeurs ont d'ailleurs déjà fait savoir qu'ils étaient prêts à lancer des modèles à partir de 2015.

L'autre nouveauté est l'arrivée d'un nouveau modèle hybride rechargeable basé sur la technologie de Nissan. La marque japonaise a d'ailleurs aussi dans les tuyaux un nouveau modèle hybride à traction avant. On voit mal comment Renault pourrait ne pas en bénéficier. La marque japonaise, qui a réduit de 35 % ses émissions de CO2 par rapport à 2005, va aussi introduire une boîte de vitesses à variation continue (CVT) de prochaine génération. Au total, 70 % des dépenses de R&D vont être consacrés à des technos liées à l'environnement.

Voir la vidéo de présentation :



Sinon, Nissan se fixe également des objectifs qui ont plus à voir avec l'empreinte carbone de l'entreprise (- 20 % par véhicule par rapport à 2005 au niveau corporate), en élargissant le champ d'application des objectifs mesurables au-delà des sites de production (à savoir notamment à la logistique, aux bureaux et aux concessions) et en introduisant des sources d'énergie renouvelables sur les sites de production et installations annexes. Enfin, la marque veut devenir leader du recyclage en boucle fermée, en incluant l'acier, l'aluminium et le plastique. Concrètement, cela va se traduire par la réalisation d'un taux d'utilisation des ressources recyclées de 25 % à l'horizon 2016, l'application aux nouveaux véhicules de matériaux recyclés issus des pertes de production ou des véhicules et pièces en fin de vie et la réduction de la consommation des éléments rares de la terre. Précisons au passage que l'allègement s'intègre aussi dans cette vision. Ainsi, un acier à ultra haute densité va faire son apparition dès 2013.

samedi 29 septembre 2012

La voiture à hydrogène est la vraie nouveauté du Mondial de l'Automobile

Alors que l'on parle surtout de la voiture électrique, présente avec la Zoé et la Smart Fortwo ED, la prochaine génération de modèles zéro émission se prépare. Ainsi, on peut voir sur le stand Nissan la TeRRA. Ce concept est un SUV dont la transmission 4x4 s'appuie sur 3 moteurs électriques, alimentés par une pile à combustible. Cette pile, d'origine Nissan, revendique une densité d'énergie qui est une première dans le monde (2,5 kW/L). La marque japonaise a réduit par six les coûts par rapport à l'équipement de génération précédente. Alors que Daimler et Renault-Nissan ont annoncé travailler en commun sur l'hydrogène, voici un message clair : l'hydrogène va devenir accessible.


Voir la vidéo de la Nissan TeRRA :

 

L'hydrogène est également présent chez Toyota, qui montre sa FCV-R.


La marque japonaise a déjà annoncé la sortie d'un modèle dérivé de ce concept en 2015. Un horizon que visent également d'autres acteurs, dont Hyundai, qui expose le ix35 FCV sur son stand.


Le coréen est en fait l'un des constructeurs impliqués dans le cadre du European Hydrogen Road Tour*, avec Honda, Mercedes et Toyota. Leurs modèles sont à l'essai sur la piste d'essai pour la voiture électrique et aujourd'hui seulement pour le grand public. C'est l'occasion de découvrir des modèles dont la technologie est prête et dont l'autonomie, selon les modèles, varie de 400 à 800 km. Les essais se déroulent grâce à Air Liquide, qui est le partenaire pour le remplissage en hydrogène de ces véhicules.


A ce propos, j'ai discuté avec Pierre-Etienne Franc, qui est le directeur des technologies du futur chez Air Liquide. Il m'a confirmé que l'infrastructure se mettait en place en Allemagne, au Japon, aux USA... Mais, évidemment pas en France. Notre beau pays a un problème avec l'hydrogène, car les deux constructeurs nationaux ont opté pour l'électrique à batterie. Et comme les pouvoirs publics n'ont pas tellement envie d'associer Mercedes dans des projets de recherche en France, voici pourquoi on regarde passer les trains.


Heureusement, il y a des acteurs tricolores qui se bougent un peu. Ainsi, on peut voir le Hy Kangoo de SymbioFcell. C'est une version du Kangoo ZE avec un prolongateur d'autonomie qui utilise une pile à combustible. La société, qui est basée à Grenoble, a collaboré avec le CEA pour intégrer cette pile, qui prend le relais des batteries lorsque le niveau de charge devient critique. Le Hy Kangoo a deux fois plus d'autonomie. En outre, la PAC fournit la chaleur nécessaire au chauffage sans faire appel aux batteries. Autre avantage : une recharge totale ne prend que 3 à 5 minutes au lieu de plusieurs heures pour les batteries classiques. SymbioFcell dispose en France de la première usine intégrant une ligne de production à l’échelle industrielle et de bout en bout de systèmes piles à hydrogène à destination des marchés du transport et de la mobilité.


Et en plus, comme ils sont sympas chez SymbioFcell, ils m'ont offert un flacon d'eau de pile. L'eau en question, qui est issue de la transformation chimique de l'hydrogène en courant électrique, vient de la green GT H2 ! Oui, il s'agit bien de l'eau issue de la pile à combustible de la voiture qui participera l'an prochain aux 24 Heures du Mans.

*Ce « road tour » organisé par H2moves Scandinavia et soutenu par le partenariat européen public/privé « Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking », est un projet qui vise à démontrer que la technologie est sûre et performante, et les véhicules disponibles. Il a également pour objectif de développer une mobilité hydrogène en Europe. Durant 5 semaines, H2moves Scandinavia va parcourir l’Europe de Hambourg à Copenhague, en passant par Hanovre, Bolzano, Paris, Cardiff, Bristol et Londres.

mardi 18 septembre 2012

Alliance des constructeurs allemands pour un standard de recharge rapide

Charging systems for everyday use
Ce n'est pas en France qu'on verrait ça... Audi, BMW, Daimler, Porsche et Volkswagen se sont mis d'accord pour définir un connecteur modulaire en commun pour la recharge. Un équipement standard est la meilleure façon d'assurer le succès d'un produit, surtout si le consommateur est certain de pouvoir accéder au réseau électrique, quelle que soit la marque de son véhicule. Un connecteur a été développé pour une recharge tri-phasée en courant alternatif (IEC 62196-2 Type 2) et un dérivé en courant continu est en développement. Les allemands, parmi lesquels donc le groupe VW (qui représente les 2/3 du consortium), invite les autres constructeurs à les rejoindre pour définir un standard global. Le connecteur, réalisé en collaboration avec des entreprises du secteur, sera utilisé à la fois sur le véhicule et sur les bornes de recharge. Il répond aux impératifs de sécurité et de confort. L'intérêt vient du fait que ce matériel est évolutif et qu'il pourra par exemple faire de la charge directe à l'horizon 2013. L'objectif pour les constructeurs est de développer très vite un réseau de recharge rapide. L'initiative allemande fait écho au consortium CHAdeMo au Japon avec Nissan, Toyota, Mitsubishi (plus Honda, Mazda, mais aussi PSA, Think et Better Place en membres associés). Comme pour les stations-service avec le carburant, un standard universel va pouvoir ouvrir la voie à l'électro-mobilité.

samedi 15 septembre 2012

Mercedes : une stratégie globale sur l’électro mobilité (seconde partie)

Après avoir détaillé hier les nouveautés présentées par Daimler, tant chez Smart avec l’électrique que chez Mercedes avec l’électrique à prolongateur d’autonomie et l’hybride plug in mariant les moteurs électriques, la batterie et la pile à combustible, je vous propose de découvrir ce que nous a dit le responsable de la recherche du groupe. Alors, que raconte Thomas Weber ? D’abord, un mot sur l’homme. Très courtois, ouvert à la discussion, il n’a éludé aucune question. Son discours a porté principalement sur l’hydrogène. Comme cela a été expliqué sur ce blog, Daimler s’implique depuis longtemps sur la pile à combustible et un tour du monde F-Cell World Drive avec 3 Classe B a eu lieu ces derniers mois, sans le moindre problème. Rappelons que l’autonomie est de 400 km.




Le Dr Weber estime que la technologie est prête pour la série. Si tout est lié maintenant à la question clé de l’infrastructure, le patron de la recherche du groupe allemand souligne qu’il y a au moins une norme au niveau mondial sur le remplissage en hydrogène gazeux. C’est déjà plus simple que pour la recharge électrique. Ensuite, s’il convient que le coût actuel de l’hydrogène est de 8 à 9 euros le kg (0,79 kg = 100 km d’autonomie) peut sembler cher, il ne pourra que baisser dans le futur avec une production de masse. L’hydrogène sera de toute façon plus compétitif que le pétrole qui, selon Thomas Weber, va terriblement augmenter en raison du peak oil qui a en fait déjà débuté.


Nous avons ensuite parlé de la complémentarité entre l’électrique à batterie et l’hydrogène. Mercedes estime que dans l’état actuel de la technologie, et même dans un futur prévisible, il ne sera pas possible de partir en vacances sur la côte avec une voiture électrique. Le VE est adapté à la ville et aux trajets d’une distance moyenne, comme la Smart ED par exemple (ce véhicule est d'ailleurs proposé dans le cadre du service d'auto partage Car2GO, à Amsterdam), alors qu’un véhicule à hydrogène peut aller beaucoup plus loin. Comme nous l’avons dit hier, il n’est pas utopique d’imaginer 1000 km en mode zéro émission en cumulant plusieurs techniques.
 A ce propos, la discussion a ensuite dérivé sur l’hybride. L’hybride plug in est toujours dans les tuyaux, sur la base d’une Classe S, et l’hybride diesel va aussi arriver (l’année prochaine sur une Classe S). Cette info a été délivrée suite à une de mes questions sur l’accueil réservé par les journalistes allemands à l’Hybrid4 de PSA.


Enfin, j’ai en profité pour interroger Daimler sur le partenariat avec l’Alliance Renault-Nissan et l’éventuelle implication dans le domaine de la voiture électrique. Ca m’intéressait de savoir si des échanges au niveau des composants et des technologies étaient prévus, sachant que le groupe allemand a sa propre filière de batteries et qu’il produit ses moteurs électriques avec Bosch. Thomas Weber m’a répondu que ce volet n’avait pas encore été abordé et que les accords portaient pour le moment sur les plateformes et les moteurs. Quoi qu’il en soit, notre interlocuteur semble certain de ses choix. Daimler, qui a une présence globale sur la planète, n’a pas fait de pari risqué et a l’avantage de maîtriser toutes les technologies autour de la mobilité électrique, ainsi que la filière industrielle qui va avec. Voir le diaporama :

Daimler invente le co-voiturage 2.0

Après Car2Go, un service d'auto-partage innovant qui repose sur la géolocalisation et Internet, Daimler s'attaque cette fois au co-voiturage 2.0 L'idée est de tirer parti des Smartphones pour s'inscrire sur une plateforme où les usagers peuvent faire connaître leurs besoins et les offres de transport. Il suffit de se créer un profil avec sa photo, son numéro de téléphone et des données personnelles. Le projet, qui a pour nom Car2gether, est mené en partenariat avec une marque d'ordinateurs (Scientific Computers) et se déroule à Ulm, près de Stuttgart.



En se connectant à leur Smartphone ou depuis un PC connecté à Internet, les utilisateurs peuvent à tout moment consulter le site de Car2gether. A la manière de Twitter, une plateforme délivre en "live" les offres de mobilité. On peut donc trouver un chauffeur ou un passager. Le prix de la course est de 10 centimes d'Euro la mn. Et, s'il n'y a pas de voiture sur le trajet demandé, le site renvoie vers les offres de mobilité d'auto partage (Car2Go), de taxis ou de transports en commun. Des liens vers les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) vont permettre à la communauté de partager la mobilité urbaine.
Accéder au site : http://www.car2gether.com/

vendredi 14 septembre 2012

Mercedes : une stratégie globale sur l’électro mobilité (première partie)


Comme je l’avais déjà laissé entendre, le salon de Francfort allait forcément tourner à l’avantage des allemands qui jouent à domicile. Cela a été le cas, au niveau de la technologie en général comme pour tout ce qui avait trait à la voiture électrique, avec des concepts très aboutis et une implication incroyable de toute la filière locale. J’y reviendrai d’ailleurs dans un autre article. Il se trouve que j’ai pu rencontrer le directeur de la R et D chez Daimler, le Dr Thomas Weber, avec une dizaine de mes confrères pendant le salon. On va en reparler ultérieurement. Mais, voyons ce que Mercedes et Smart avaient à nous présenter pour demain comme pour après-demain.



L’actualité la plus immédiate est la présentation de la Smart ED de troisième génération. Prévue pour un lancement en 2012 dans toute l’Europe, elle sera vendue 16 000 € (H.T) et avec un abonnement de moins de 60 € (toujours H.T) par mois pour la batterie. Sur ce plan, la marque semble rejoindre Renault pour le modèle économique.


Toujours chez Smart, on notera la présence d’un superbe concept car, Forvision, dont le principal intérêt vient des matériaux allégés fournis par BASF, le célèbre spécialiste de la chimie et partenaire actif de l’automobile. Ce concept électrique est par ailleurs très réussi, notamment à l’intérieur ce qui ne gâche rien.


Chez Mercedes, la Classe A électrique est aussi sur les rangs pour 2012. Elle bénéficiera comme la Smart des batteries de Deutsche Accumotive, la joint venture entre Daimler et Evonik.


Mais, la vraie nouveauté, c'est ce concept sur la base de la Classe B – le produit phare du stand – et qui intègre un range extender. Sur cette Classe B E-Cell +, l’autonomie passe de 100 à 600 km grâce à ce prolongateur d’autonomie. Le moteur électrique et la batterie sont couplés à un petit moteur de 50 Kw (32 g de CO2 par km en mode combiné). Ce concept préfigure un modèle de série à l’horizon 2014.


Le clou du salon est un concept car qui a pour nom F 125, en référence au 125 ème anniversaire que célèbre le pionnier de l’automobile. Ce concept, qui est une véritable vitrine du savoir-faire de la firme à l’étoile, est un hybride plug in, qui marie la pile à combustible à la batterie lithium-ion, avec en prime quatre moteurs électriques (ceux de la SLS AMG E-Cell avec une puissance maxi de 313 ch).

Voir la vidéo :



Mercedes revendique ainsi 1000 km de rayon d’action en mode zéro émission. La conso est de 0,79 kg d’hydrogène pour 10 km, avec un poids total de 7,4 kg d’hydrogène stocké sous forme solide dans un réservoir qui est pour la première fois complètement intégré à la carrosserie. Mercedes prend d’ailleurs l’engagement de proposer des voitures qui ont autant d’autonomie et d’espace à bord que des modèles diesel, à partir de 2025.


J’ajoute également que les Mercedes électriques et à pile à combustible étaient très visibles à Francfort. Elles ont servi de navettes pour transporter les VIP. Le public peut pour sa part tester des Smart électriques. Demain, je vous ferai le compte-rendu de mon entretien avec Thomas Weber.

vendredi 17 août 2012

Tesla poursuit son développement

La start up californienne est vraiment un modèle à part. Même si elle perdu de l'argent l'an dernier, elle a quand même réussi à vendre plus de 1000 roadsters électriques et a pu mener à bien le développement de sa berline Model S, dont les livraisons ont débuté en juin dernier. Tesla espère vendre 5000 voitures d'ici la fin de l'année (les livraisons ont débuté pour les 1000 premières qui sont une série limitée Signature) et table sur un volume de 20 000 en 2013. La marque dit avoir déjà reçu 10 000 réservations.



La Model S n'est pas une auto très bon marché (49 900 $ après le bonus déduit de 7500 $ aux USA). Mais, elle est en pointe sur le plan technique. Elle propose trois types de batteries (40, 60 ou 85 kWh) avec une autonomie de 160 à 300 miles (480 km), un cordon universel de chargement, une suspension active, un toit en verre panoramique, une clé programmable, des poignées de portes rétractables et surtout un écran tactile géant de 17 pouces. Plus grand qu'un iPad, il permet d'afficher la clim', la caméra de recul, la radio, le GPS et les applications qui devraient suivre.


Comme on le sait, le PDG de la marque, Elon Musk, est flamboyant. Il a aussi la chance d'avoir un réel savoir faire technique dans le domaine des batteries et du moteur électrique. Cette expertise lui vaut de collaborer avec des industriels comme Toyota (Rav4 EV) et surtout avec Daimler. Tesla va développer pour Mercedes l'ensemble de la chaîne de traction électrique (batteries, moteur électrique, électronique, logiciel) pour un futur véhicule qui serait la Classe B électrique en 2014.

lundi 13 août 2012

Retour sur la communication entre véhicules en Allemagne

Il y a quelque temps de cela, le 19 juillet pour être précis, je vous ai parlé d'un projet (Sim TD) à Francfort qui concerne la communication entre véhicules. C'est la plus grande expérience du genre au monde avec 120 véhicules dialoguant entre eux et avec l'infrastructure. J'y reviens, car plusieurs constructeurs ont décidé de communiquer sur ce thème. Ford est présent (avec 20 S Max), tout comme Daimler* et Opel (avec 20 Insignia Sports Tourer). Précisons qu'Audi, BMW et VW font aussi partie du consortium.
Le projet simTD (Safe Intelligent Mobility – Test Field Germany) vise à tester notamment les technologies suivantes :
- Le feu stop électronique, qui transmet un message du véhicule de tête à un véhicule suiveur en cas de freinage d’urgence, même si l’incident se déroule hors de vue, en virage par exemple.
- L’avertisseur d’obstacle, qui permet à un véhicule d’informer les autres de la présence, de la position et de la nature d’obstacles potentiellement dangereux sur la route.
- L’aide à la signalisation, en contact permanent avec les PC routiers pour tenir le conducteur informé des limitations de vitesse variables, restrictions et déviations temporaires, fournit aussi des précisions sur les règles de circulation du trajet, les limitations de vitesse fixes ou les priorités par exemple.
- La gestion du trafic, qui indique des prévisions de circulation précises à partir de nombreuses informations. Elle analyse les différents scénarios probables et leur incidence sur le trajet avec une mise à jour en temps réel.
- L’accès internet embarqué, qui permet par exemple de réserver et de payer une place de stationnement en cours de route.

Lien : http://www.simtd.de/index.dhtml/635028f49e6d3550608s/-/enEN/-/CS/-/

*Daimler est aussi membre fondateur du Car2car, est impliqué dans le projet Drive C2X en Europe et mène également des activités dans ce domaine aux USA à Palo Alto.

vendredi 3 août 2012

Daimler se positionne de plus en plus sur la mobilité durable

Le groupe allemand a décidé de s’associer au plus grand réseau de covoiturage au monde, Carpooling.com, qui comptabilise plus d'un million d'usagers chaque mois dans toute l'Europe. Les deux acteurs collaboraient déjà au projet-pilote Moovel*. Daimler, qui devient actionnaire minoritaire, va contribuer à renforcer le modèle du co-voiturage moderne (application pour smartphone, Facebook) en Europe et ailleurs. Le groupe s’implique déjà dans la mobilité avec Car2go** qui compte plus de 130 000 clients, utilisant des Smart thermiques ou électriques. La société détient par ailleurs une participation dans MyTaxi (application mobile sur iPhone et Android) depuis le début de l'année. De plus, Daimler a acquis une grande expérience concernant le marché du covoiturage dans le cadre de deux projets pilotes à Ulm et à Aix-la-Chapelle avec son système de covoiturage ad-hoc : car2gether.

*Une plateforme de mobilité testée à Stuttgart qui permet, grâce à une application pour iPhone, de programmer un itinéraire pour aller d’un point A à un point B en utilisant plusieurs modes de transport (bus, train, co-voiturage, taxi…). Elle va être étendue prochainement à Berlin.
**Disponible en Allemagne, en Autriche, en France (à Lyon, le service a été arrêté temporairement en raison d'un litige sur le nom), en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, au Canada et aux USA.

vendredi 20 juillet 2012

Daimler se lance dans le chantier de l'allègement

Daimler CFRP
A l'image de BMW, qui a déjà près de 10 ans d'expérience dans ce domaine et qui a une joint venture avec l'américain SGL, Daimler se lance à son tour dans le plastique renforcé par de la fibre de carbone (CFRP). Le groupe allemand vient de signer un accord de développement avec le japonais Toray Industries pour intégrer ce matériau plus léger sur ses nouveaux modèles. Les premiers résultats devraient être visibles dans moins de trois ans. Le plastique renforcé par fibres de carbone a un poids inférieur de 30 % et offre une plus grande rigidité. Toray est le plus gros producteur de fibres de carbone au monde. Daimler compte s'appuyer sur cette expertise pour concevoir des véhicules plus légers et donc plus écologiques.


CFRP toray

Après des années d'inflation, qui ont vu le poids des véhicules augmenter de façon considérable, tous les constructeurs se lancent dans le vaste chantier de l'allègement. C'est un levier d'action important, car un véhicule plus léger a des répercussions directes sur les émissions de CO2 et la consommation. Le CFRP, qui avait été introduit sur le très haut de gamme en 2004, sur la SLR McLaren, va donc se "démocratiser" pour aider Daimler à se mettre en conformité avec les futurs seuils de CO2. Le premier modèle concerné devrait être la SL en 2012.

dimanche 10 juin 2012

Bosch à fond sur le véhicule électrique

L’équipementier, qui célèbre ses 125 ans, aborde le futur avec sérénité. Toujours en pointe sur les moteurs thermiques avec des solutions pour réduire de 30 % la consommation de carburant, impliqué dans l'hybride, Bosch est aussi un acteur qui compte dans le domaine de l'électro-mobiité. La preuve : d’ici 2013, Bosch va travailler sur 20 projets avec 12 constructeurs.



Le géant de l’équipement va d’abord fournir des batteries. Depuis fin 2010, il produit des batteries lithium-ion dans le cadre de la joint venture SB Limotive. Ces produits vont équiper par exemple la Fiat 500 EV aux USA ou encore la prochaine BMW i3. Un consortium américain, réunissant Chrysler, GM et Ford lui a aussi passé commande pour un montant de 8,4 millions de dollars En 2015, Bosch annonce une autonomie de 200 km et une durée de vie de 12 ans pour ces batteries.


Bosch est aussi impliqué dans les moteurs électriques. Ils servent sur les modèles hybrides mais se destinent aussi aux véhicules électriques. Ainsi, Bosch prévoit de fonder une joint venture avec Daimler. Les moteurs électriques vont trouver place à bord des modèles Smart et Mercedes, mais pourraient être aussi vendus à d’autres constructeurs.


Un exemple concret du savoir-faire de Bosch : j'ai eu l'occasion de conduire un prototype d'Audi A5 avec 4 moteurs électriques. Rien à voir avec l'Active Wheel de Michelin, car les moteurs ne sont pas dans les roues, mais près de chacune des roues... Le parti pris est de faire du "torque vectoring", autrement dit de piloter le couple en virage sur chacune des roues. De cette façon, la conduite est plus maîtrisée. Le conducteur peut même modifier le comportement en appuyant sur un bouton. Nous avons pu ainsi simuler le confort d'une Rolls Royce sur un slalom, puis passer à un mode nettement plus sportif du type GTI qui permet même le dérapage. Le contraste est saisissant.

Voir le diaporama :



Ce n'est qu'un concept et Bosch n'a pas l'intention de vendre des voitures. Il a simplement voulu montrer son savoir-faire, avec 4 moteurs électriques de 60 kW qui développent au total 240 kW. La voiture pèse 1,9 tonne, accélère en 7 s de 0 à 100 km/h et atteint 130 km/h. Son autonomie est de 200 km avec les batteries "maison" produites par Bosch et Samsung.


Le fournisseur de référence de l’industrie automobile dispose dans son portefeuille d’autres produits techniques, comme par exemple l’électronique de puissance, les groupes auxiliaires, ou encore les systèmes de récupération d’énergie au freinage. Il va même jusqu’à la mise en place de l’infrastructure de recharge, avec des bornes dotées d’un logiciel pour piloter la charge. L’objectif de Bosch est de devenir un partenaire incontournable pour l’industrie automobile, avec un large éventail de produits. L’équipementier consacre à l’électro mobilité un investissement de 400 millions d’euros par an et dispose d’une équipe de 800 personnes.

mardi 1 mai 2012

La mobilité de demain s'affiche à Shanghaï


Dans le cadre de l'Exposition Universelle de Shanghaï, qui vient d'ouvrir, plusieurs constructeurs ont décidé de présenter leurs solutions pour la mobilité de demain. Elles sont en phase avec le slogan de l'Expo 2010 ("better city, better life"). La présence la plus imposante est celle de General Motors avec son partenaire Shanghai Automotive Industry Corporation (SAIC) qui seront présents avec un pavillon commun. Ils présenteront l'avenir de la mobilité durable sous le thème « Drive to 2030 » (« En route pour 2030 »). Parmi les véhicules du futur présentés dans le pavillon SAIC-GM, on pourra voir notamment les concepts EN‑V (Electric Networked-Vehicle), récemment dévoilés, qui joueront un rôle clé.


Voir le clip GM EN-V :



Le design du pavillon de 6 000 mètres carrés de SAIC-GM tire son inspiration de la nature et d’une silhouette de carrosserie automobile. Sa forme spiralée suggère la promesse et le progrès, en esquissant une route qui relie le présent au futur. L'Angel’s Eye, un écran LED de 300 mètres carrés, captera de loin l’attention des visiteurs de l’Exposition grâce des vidéos, des images et d'autres informations utiles captivantes.

Voir le diaporama :



Le pavillon SAIC-GM a déjà reçu le « Most Excellent Public Building Prize » de la part de l’Architectural Society de Shanghai lors de la remise des Architecture Creation Awards.
À l’intérieur, le pavillon est divisé en trois zones : pré-exposition, exposition principale et post-exposition. Dans la zone de pré-exposition, les visiteurs découvriront une rétrospective de la transformation urbaine et du développement automobile au cours 20 dernières années. Ils se projetteront dans 20 ans et découvriront tous les défis et toutes les solutions imaginées par SAIC et GM. Dans la zone d'exposition principale, les visiteurs pourront s’installer dans des sièges mobiles uniques pour regarder un film projeté sur un écran panoramique de 38 mètres. Ils verront et sentiront les infinies possibilités qu'offrira le véhicule motorisé dans les années 2030, et comment il rapprochera les gens. Et la surprise finale sera encore plus grande, avec une présentation dynamique de tous les véhicules virtuels sur scène. Dans la zone post-exposition, les visiteurs pourront voir de plus près les concept-cars présentés dans le film. La zone sera décomposée en huit sections : corridor d’accueil, plateforme de circulation, ville satellite, quartier d'affaires central, vie en appartement, fenêtre sur l’avenir, perspective d'avenir et ventes de souvenirs.

Voir le clip GM drive to 2030 :



Bien entendu, la voiture électrique de GM, la Chevrolet Volt, fera également une apparition lors de l’Exposition Universelle. La Volt et la Chevrolet Equinox, alimentée par une pile à combustible, serviront toutes deux de navettes VIP pour la délégation de l’exposition.
Accéder au site GM sur Shanghaï : http://www.gmexpo2010.com/en
Site de l'Exposition Universelle : http://fr.expo2010.cn/



Daimler est également présent à l'Exposition Universelle de Shanghaï. Le groupe expose des véhicules électriques à batterie et à pile à combustible, et en profite pour dévoiler un nouveau concept "Flex Mover" de mobilité individuelle. Par exemple, au pavillon "planète urbaine", les visiteurs pourront tester la Smart électrique. Ils pourront aussi s'informer sur le projet Car2Go d'auto-partage, déployé en Allemagne près de Stuttgart et au Texas. La location est possible par Internet, ou directement à partir d'un Smartphone. Les 200 voitures en service sont utilisées entre 700 et 1000 fois par jour. Au pavillon allemand, Daimler présente la Blue ZERO Concept et une vidéo sur le thème "la route vers le zéro émission". Le groupe est également partenaire avec Nestlé sur le pavillon suisse, où 20 Smart sont utilisées en tant que taxi. Daimler fournit enfin des navettes pour le pavillon des Nations Unies et le pavillon corporate de Shanghaï.



VW sera aussi au rendez-vous sur le pavillon allemand. Le constructeur a décidé de présenter 6 véhicules, du Touran à la Phaeton. Le constructeur allemand profitera de l'événement pour faire essayer aux médias chinois et aux autres journalistes ses premiers véhicules hybrides et électriques.



Côté français, la présence automobile se limite à Citroën avec le concept car Metropolis, conçu par son bureau de style de Shanghaï. Ce concept, qui préfigure un futur modèle haut de gamme, est une limousine au design d'avant-garder et avec une chaîne de traction Hybride Plug in. Peugeot exposera aussi la BB1 du 14 juillet au 15 août.

Voir la vidéo :

vendredi 20 avril 2012

Daimler présente sa feuille de route pour 2020

Daimler vient de publier son rapport "360 degrés" sur le développement durable. L'un des aspects clé est le "Programme de consolidation 2012-2020", qui est présenté pour la première fois. Ce document affiche les objectifs concrets et mesurables pour les années à venir, sur la base d'un dialogue avec toutes les parties prenantes concernées. Ce programme jusqu'à 2020 est réparti en cinq principaux domaines d'action : gestion du développement durable, responsabilité du produit, protection de l'environnement industriel, les employés et l'environnement social. Je note que dans le premier domaine, l'entreprise s'est fixé des objectifs pour l'intégrité et le respect (toute allusion à une certaine affaire d'espionnage ne serait qu'une coïncidence), la protection des données (idem), la gestion des relations avec les fournisseurs et le dialogue.



La partie qui nous intéressera le plus concerne le produit. Les objectifs de responsabilité sont essentiellement liés aux émissions, la sécurité, la satisfaction des clients et la conservation des ressources, avec un accent particulier sur la consommation de carburant et les émissions de CO2. A ce propos, Daimler envisage déjà de réduire les émissions de CO2 de sa flotte de voitures neuves en Europe à moins de 140 g/km d'ici 2012. Mais, l'entreprise va plus loin en se fixant un objectif de réduction des émissions à 125 g/km d'ici 2016 - une réduction de 30% par rapport à 2007.


Toutefois, les émissions de CO2 ne sont pas le seul domaine passé à la loupe : le groupe accorde également une priorité élevée à la sécurité des véhicules. C'est vrai pour les voitures, mais aussi pour les poids lourds, où Daimler a l'intention d'augmenter la proportion de véhicules équipés de systèmes d'assistance. Ainsi, l'objectif est de doubler le nombre de véhicules équipés du système Active Brake Assist d'aide au freinage d'urgence (20% en 2015).


Le programme prévoit aussi l'efficacité énergétique dans la production, la biodiversité, la lutte contre la pollution de l'air et la conservation des ressources. L'un des objectifs est de réduire les émissions spécifiques de CO2 au cours de la production de 20% entre 2007 et 2015, par exemple.
En ce qui concerne les employés, on notera que l'entreprise s'est fixé pour objectif d'augmenter la proportion de femmes occupant des postes de gestion dans le monde à 20% en 2020. L'autre point clé concerne la sécurisation des jeunes talents, par le partenariat avec les universités, de façon à sécuriser les compétences dans les domaines de l'ingénierie et l'informatique.

mercredi 15 février 2012

Les allemands se lancent dans le roaming électrique

Le roaming, vous connaissez. C'est ce qu'on utilise dans la téléphonie mobile pour relayer les SMS et la voix d'un pays à l'autre, grâce à un accord entre les opérateurs. Six entreprises allemandes*, dont BMW et Daimler, ont décidé de s'inspirer de ce principe pour lancer une plate-forme et simplifier ainsi l'échange de données au sein de l'infrastructure de recharge. Un projet concrétisé par la signature d'un accord à Stuttgart. Les clients de ces marques auront ainsi un accès transparent aux points de charge et une facturation unique. Et c'est une fois de plus d'Allemagne que vient ce genre d'initiative, de nature à favoriser l'adoption des véhicules électriques.



Nos voisins d'Outre-Rhin, qui ont pour objectif d'avoir un million de véhicules électriques sur les routes du pays d'ici 2020, savent bien qu'il faudra rendre l'usage de la voiture électrique plus pratique. La plate-forme ouverte de données permettra justement de créer une infrastructure de charge intégrée, utilisable par les producteurs d'énergie et les constructeurs (qui peuvent aussi le cas échéant être fournisseurs de mobilité). Grâce à cet accord, les conducteurs pourront facilement recharger leurs véhicules, où qu'ils se trouvent, et sans avoir à se soucier de qui exploite le point de charge le plus proche. Une telle infrastructure, qui comprendra également des processus d'authentification standardisés, va contribuer à booster le développement de l'électromobilité en Allemagne. A terme, les partenaires imaginent également l'ajout de nouveaux services.
Rêvons un peu et imaginons que PSA et Renault puissent en faire de même avec ERDF et Schneider Electric en France, où pour le moment rien n'avance vraiment depuis la publication du livre vert qui abordait justement la question du roaming.

*BMW, Bosch, Daimler, EnBW, RWE et Siemens, qui ont convenu de former une joint-venture d'ici la mi-2012.

mercredi 8 février 2012

Les constructeurs sont-ils les mieux placés pour la voiture électrique ?

ee-saab

La question peut paraître déplacée... Pourtant, elle ne l'est pas vraiment. Si l'on en croit les communiqués triomphants et les campagnes menées entre autres sur les réseaux sociaux (You Tube, Facebook, Twitter), l'industrie automobile promet des véhicules électriques par millions (du moins certaines marques) et un monde meilleur. Tout le monde s'y met, même Saab comme on peut le voir sur cette photo avec cette 9-3 ZE. Le constructeur suédois a monté une coalition en Suède avec le fabricant de batteries Boston Power, le fabricant de moteurs électriques Electroengine AB, Innovatum Technology Park et Power Circle (une association suédoise du business de l'énergie électrique). Mais, les constructeurs classiques évoluent sur un marché où ils ne sont pas en position de force et pourraient rencontrer sur leur route des challengers provenant d'autres horizons et d'autres pays.


Nissan Leaf Detroit 2010

Les constructeurs ont un problème congénital : ils ne savent faire que de gros volumes (exception faite de quelques marques de très haut de gamme) et leur savoir-faire repose sur le moteur. On l'oublie trop souvent, mais l'industrie automobile est très mécanique. C'est pour cela que les marques sont obligées d'aller chercher des compétences à l'extérieur (Volkswagen a embauché un ponte de Continental, Karl-Thomas Neumann en tant que chargé de mission pour l'électro-mobilité auprès du PDG), à quelques rares exceptions près (Nissan et Mitsubishi, qui ont acquis la compétence en interne, ou Ford qui a nommé sa directrice du développement durable, Nancy Goia, à la tête du nouveau département Global Electrification) et qu'elles doivent assurer des formations accélérées pour les ingénieurs (c'est en cours chez Ford) et pour leur réseau (pour le moment, rien n'est fait). En vérité, l'avénement programmé de la voiture électrique est l'occasion de rebattre les cartes. On le voit déjà à travers des rapprochements (PSA-Mitsubishi, Daimler-Tesla) et des partenariats avec les fabricants de batteries qui sont pour la plupart asiatiques.

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Alors, qui peut rivaliser avec les constructeurs classiques sur ce nouveau terrain du véhicule électrique ? BYD est un challenger potentiel. Cet ancien fabricant de téléphones portables, spécialisé dans les batteries au lithium et qui veut devenir un acteur majeur de l'automobile, a les capacités pour y arriver. Le slogan "build your dreams" est en soi tout un programme et on sait que la Chine a une carte à jouer dans l'électrique. Dans une certaine mesure, Tesla peut aussi devenir un compétiteur. Il est plutôt positionné haut de gamme, mais un modèle plus abordable est attendu pour 2012. En fait, le secteur de la voiture électrique donne sa chance à d'autres acteurs, tels que Think, Reva, ou d'autres encore. Personne ne sait comment le public va accueillir les premiers modèles (forcément décevants) et je pense que les concessionnaires auto ne sont pas capables de vendre de la voiture électrique. Ils ont déjà connu l'échec (dernier exemple en date, Renault dont le Kangoo Elect'road électrique et à prolongateur d'autonomie a fait un four en 2003) et je ne vois pas comment ils pourraient faire mieux. Il y a peut être de la place pour des constructeurs différents, qui utilisent le web et qui pourraient offrir un service de proximité.

Bluecar

Et en France, me direz-vous ? Disons-le tout de suite, je ne vois aucun grand challenger français. Dassault a dû revendre ses parts de SVE (Société des Véhicules Electriques) au groupe Dow-Kokam et Heuliez ne jouera pas un rôle majeur, malgré une expérience indéniable dans l'électrique. Ce n'est pas la Friendly qui va susciter l'enthousiasme des foules... La surprise pourrait peut-être venir de Bolloré. L'industriel breton développe ses propres batteries lithium-métal-polymère et il a les moyens de ses ambitions. Mais, la disparition tragique d'Andrea Pininfarina, le patron de l'entreprise éponyme avec qui il produit la voiture, semble avoir eu des répercussions. Quoi qu'il en soit, la voiture devrait être lancée si tout va bien dans le courant de l'année dans plusieurs pays dont la France, et pour un loyer de 330 € par mois.

f-city

Il ne faut pas oublier non plus les constructeurs de "niche". Méga et Ligier auront leur mot à dire pour des voitures électriques, avec ou sans permis, et tant d'autres qui ont des projets (Tilter, Micro, Rainbow System, Lumeneo...). J'aimerais également dire un mot de FAM Automobiles, un constructeur et transformateur de voitures, établi près de Belfort. Cet acteur a conçu la F-City, une voiture électrique destinée à la location en auto-partage. Elle vient d'être homologuée au niveau européen et peut donc être vendue partout sur le continent. C'est une bonne nouvelle pour le pôle Véhicule du Futur qui a soutenu le projet. 500 exemplaires doivent prendre la route cette année, auprès de collectivités, de sociétés et de particuliers. En attendant Autolib' à Paris et ses véhicules électriques, qui aideront les parisiens à se familiariser avec cette nouvelle forme d'énergie, le véhicule tourne déjà à Antibes en libre-service.
Pour terminer, vous me permettrez cette formule qui pourrait conclure (provisoirement) cette analyse sur la place des constructeurs auto traditionnels sur le marché de l'électrique : "ce n'est pas un fabricant de machine à écrire qui a inventé l'ordinateur" (source : Régis Coat, d'Exid Assistance aux projets, qui a pour projet le véhicule Micron).
Qu'on se le dise !