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jeudi 15 novembre 2012

4 acteurs majeurs s'associent pour financer des projets autour de la mobilité

L'éco mobilité, il y a ceux qui en parlent et ceux qui la font. La SNCF, Orange, PSA Peugeot Citroën et Total ont décidé de s’associer pour créer Ecomobilité Ventures, la première société d’investissement en Europe portée par un groupe d’industriels dédiée à la mobilité durable. La structure disposera d’un capital de 30 millions d’euros afin d’investir dans de jeunes entreprises innovantes. Pour les partenaires, il s’agit de contribuer à l’émergence d’un nouvel écosystème des mobilités, au-delà des frontières sectorielles habituelles. Les nouvelles formes de mobilité durable, stimulées par l’évolution rapide des technologies et des usages, mobilisent des savoir-faire complémentaires. C'est pourquoi l'association entre la capacité d’innovation de jeunes entreprises et l’expérience des industriels partenaires d’Ecomobilité Ventures favorisera le développement de solutions nouvelles et durables.



Ecomobilité Ventures prendra des participations minoritaires dans des entreprises européennes, en phase d’amorçage ou de développement, qu’il accompagnera dans la durée. Les secteurs ciblés seront ceux de la mobilité durable (produits, services, technologie) et des "clean techs" en relation avec la mobilité. Il s’agira de jeunes sociétés proposant des offres capables de répondre à différentes problématiques liées à ce sujet. Elles devront démontrer leur capacité à atteindre une rentabilité économique, de façon autonome, en s’appuyant sur un modèle d’affaire robuste et avoir ainsi le potentiel pour devenir des leaders sur leurs segments de marché.


Un mot sur le profil des partenaires :
- La SNCF a un fonds d'éco mobilité qui donne un coup de pouce à des start up innovantes pour proposer des solutions de transport "bout à bout".
- Pour Orange, les technologies de l’information et de la communication représentent un levier essentiel pour l’optimisation des déplacements et pour la bonne gestion des ressources énergétiques. Ces questions sont depuis plusieurs années au coeur de la stratégie de l'opérateur, avec un programme intégralement dédié à la  "ville intelligente".
- Pour le groupe PSA Peugeot Citroën, c'est l’occasion de s’ouvrir à un champ plus large que celui de l’automobile, et ainsi d’agir en tant qu’acteur de la vie des territoires et de la cohésion sociale.
- Pour Total, c’est une façon nouvelle de stimuler l’innovation autour de la mobilité durable et de faire émerger de nouvelles solutions plus performantes pour ses clients.

mercredi 7 novembre 2012

StelLab : le hub de recherche de PSA pour anticiper les innovations de rupture (seconde partie)

Après avoir présenté le concept StelLab, qui consiste chez PSA à élargir son champ de recherche, grâce à un réseau de laboratoires très pointus dans leur domaine et qui aiment collaborer avec les industriels, voici quelles sont les innovations que le groupe compte introduire d'ici quelques années sur ses modèles. Il faut tout d'abord préciser que l'humain est au centre des préoccupations des chercheurs. C'est même un facteur récurrent, que ce soit au niveau de l'interface homme-machine ou de l'aspect cognitif. Et ça, c'est plutôt bien.




Par exemple, le labo Neosound travaille sur le design et les interfaces sonores du futur. Un des axes de recherche est le son spatialisé. Un peu à la façon d'Arkamys et du son 3D chez Renault (mais de façon plus chiadée encore), on a le sentiment qu'un orchestre joue dans la voiture, alors que le son ne sort que sur deux haut parleurs. Avec le numérique, on peut simuler beaucoup de choses et finalement influer sur notre cerveau qui - c'est ce que j'ai appris - adapte l'écoute par rapport à ce que l'on voit.
Un exemple de design sonore : pour les voitures électriques, il consiste à produire un son numérique, destiné aux piétons, qui peut faire comprendre que la voiture accélère et arrive à une certaine vitesse.
Encore plus surprenant : on nous a aussi présenté un système qui modifie la voix. Ce synthétiseur rend la voix plus grave ou la féminise. Pour quoi faire ? Cela pourrait servir par exemple pour personnaliser la voix de synthèse du GPS ou d'autres commandes à réponse vocale dans le véhicule. PSA Peugeot Citroën explore d'autres voies dans le numérique et essaie de voir comment l'intégrer à l'automobile. Et le son numérique est clairement une piste d'avenir.


Des travaux sont également menés dans le domaine de l'optique et de l'interface homme-machine Voici par exemple un affichage transparent qui pourrait être intégré dans le vitrage. J'ai vu aussi des développements qui font appel à l'hologramme, à la 3D et à la projection d'un laser. L'affichage du futur sera étonnant. Autre innovation à venir : des ampoules plates qui pourraient réduire significativement la taille et l'encombrement des phares et des feux.
Un autre exemple de l'apport des Open Labs : en s'inspirant de la vision des insectes (mouches, abeilles), avec des capteurs bios, PSA va pouvoir développer des caméras bien plus efficaces pour la détection d'obstacles (et également moins chères) que les radars. 


Ce que l'on voit ici, c'est une carrosserie. Mais, chez PSA on envisage de la recouvrir éventuellement d'un film solaire pour récupérer de l'énergie et alimenter ainsi par exemple les équipements électriques de bord. Autre piste de travail : l'ajout de jets d'air pulsés à l'arrière du véhicule pour réduire la traînée et améliorer ainsi l'aérodynamisme.
Une autre application m'a bluffé. Il s'agit d'un système qui, placé dans la carrosserie et en jouant sur des vibrations, peut servir justement à réduire les bruits désagréables de roulement et en évitant le recours à des matériaux isolants. Le gain à la clé est de près de 10 kg. Et tout cela à partir d'une innovation développée pour le génie civil que PSA a adaptée à l'automobile. On en verra prochainement la traduction sur un coupé cabriolet.


Et pour finir, parlons un peu de robots. Comme je m'y attendais, il a été question d'automatisation de la conduite (pour certaines tâches seulement). C'est un point sur lequel les constructeurs travaillent. Pour cela, PSA peut s'appuyer sur les travaux à l'EPFL de Lausanne. Il existe un autre projet, qui concerne cette fois le travail en usine. A horizon 2025, le groupe souhaite introduire des robots capables d'interagir avec l'homme et qui pourraient l'aider en toute sécurité sur les lignes de montage.
Voilà un premier aperçu, mais StelLab n'en est qu'à ses débuts.

mardi 6 novembre 2012

StelLab : le hub de recherche de PSA pour anticiper les innovations de rupture (première partie)

J’ai été convié au centre technique de Vélizy pour le premier anniversaire du StelLab, une initiative dont j’ai déjà parlé sur ce blog. Le Science Technologies Exploratory Lean Laboratory est une structure qui, au niveau de la direction scientifique du constructeur, fait le lien avec ce qu’on appelle les Open Labs et tout un réseau d’experts scientifiques pour identifier et développer les nouvelles technologies et innovations du véhicule du futur. Pour le moment, le StelLab compte très peu, par rapport aux 2,1 milliards d’euros dépensés chaque année par PSA en R&D et par rapport aux 1200 brevets déposés par an. Mais, ce hub de recherche se projette à un horizon compris entre 2020 et 2030, ce qui n’empêche pas de proposer des idées applicables à court terme.


Lors de cette présentation à Vélizy, PSA avait fait venir des représentants de l’EPFL (l’Ecole Polytechnique de Lausanne), de l’Institut des Sciences du Mouvement de Marseille et du laboratoire de l’Intégration du Matériau au Système de Bordeaux. Il y a en tout 6 Open Labs en France. Les autres sont répartis à Metz (matériaux et process), Orléans (énergie), à Poitiers (fluides) et en région parisienne (modélisation de la mécanique par ordinateur). Le programme se poursuivra en 2012, notamment à l’international où deux lettres d’intentions ont été signées avec l’Université de Tongji (Shanghai) sur les interfaces homme-machine et avec la PUC (Rio) sur les biocarburants.


PSA a eu une démarche qui consiste à repérer quels sont les campus les plus dynamiques dans le monde. La coopération avec l’Ecole Polytechnique de Lausanne est ainsi devenue évidente, et pas seulement parce que ce n’est pas très loin de Sochaux… L’EPFL concentre au m2 un nombre impressionnant de compétences, que ce soit dans l’énergie (batteries au lithium, hydrogène), les matériaux, la robotique et j’en passe. L’école, qui a donné naissance à Logitech, accueille des entreprises comme Cisco et Nokia (et donc depuis peu PSA). Dans un cadre propice à la recherche, le constructeur peut donc échanger avec les chercheurs et prendre les bonnes idées avant les autres, sachant que dans certains domaines (et en particulier l’énergie), les cadors de Lausanne ont jusqu’à 10 ans d’avance.



Tout le mérite de PSA, à travers cette initiative, est d’arriver à faire la synthèse entre le produit, le marketing, le design et la science, telle qu’elle s’exprime à travers des chercheurs (optique, robotique, électronique, matériaux), des sociologues et même des philosophes. Une alchimie qui a pour nom... l'effet Cafétéria ! Demain, je vous proposerai un aperçu des technologies en préparation dans les Open Labs.

samedi 3 novembre 2012

Neosound : le son numérique vu par PSA Peugeot Citroën

PSA a mis en place au niveau de sa direction de la recherche un labo qui a pour nom StelLab. Le Science Technologies Exploratory Lean Laboratory est une structure qui, au niveau de la direction scientifique du constructeur, fait le lien avec ce qu’on appelle les Open Labs et tout un réseau d’experts scientifiques pour identifier et développer les nouvelles technologies et innovations du véhicule du futur. C'est un hub avec plusieurs compétences. Parmi ces labos, celui qui a pour nom Neosound et qui travaille sur le design sonore m'a bien plu. Son rôle est de travailler sur le design et les interfaces sonores du futur.


Par exemple, nous avons eu droit à une démo du son spatialisé à bord d'un simulateur. Un peu à la façon d'Arkamys et du son 3D chez Renault (mais de façon plus chiadée encore), on a le sentiment qu'un orchestre joue dans la voiture, alors que le son ne sort que sur deux haut parleurs. Avec le numérique, on peut simuler beaucoup de choses et finalement influer sur notre cerveau qui - c'est ce que j'ai appris - adapte l'écoute par rapport à ce que l'on voit. C'est agréable d'être en réel mode stéréo. On a cru comprendre que ça allait arriver assez vite.


Nous avons eu droit également à une démonstration de design sonore sur simulateur. Ainsi, on peut recréer et avec réalisme la sensation de conduite d'un véhicule électrique, qui par définition ne fait pas de bruit de l'intérieur. On peut aussi tester un son produit par le véhicule électrique, et cette fois destiné aux piétons, qui peut faire comprendre que la voiture accélère et arrive à une certaine vitesse.


Encore plus surprenant : on nous a aussi présenté un système qui modifie la voix. Ce synthétiseur rend la voix plus grave ou la féminise. Pour quoi faire ? Cela pourrait servir par exemple pour personnaliser la voix de synthèse du GPS ou d'autres commandes à réponse vocale dans le véhicule. PSA Peugeot Citroën explore d'autres voies dans le numérique et essaie de voir comment l'intégrer à l'automobile. Et le son numérique est clairement une piste d'avenir.

Voir le diaporama :

dimanche 21 octobre 2012

PSA Peugeot Citroën crée un réseau d’OpenLabs

Peugeot_RD_Concept_001
Afin de rester à l’avant-garde des produits et services automobiles de demain, PSA Peugeot Citroën renforce ses partenariats avec les laboratoires scientifiques les plus en pointe en Europe, Asie et Amérique du Sud, en créant un réseau d’OpenLabs. Les OpenLabs sont des structures qui mettent en commun des équipes de recherche et des moyens expérimentaux du Groupe avec ceux de laboratoires partenaires au sein de structures de recherche mixtes. Ils permettront de traiter de thématiques majeures pour l’avenir de l’automobile et d’être au plus près des futures découvertes scientifiques en tous points du monde.
Les deux premiers partenariats seront lancés dès le début 2011 avec :
- L'Institut des Sciences du Mouvement de Marseille
- Le Laboratoire de l'Intégration du Matériau au Système (IMS) de Bordeaux

Dans le même temps, PSA Peugeot Citroën lance le StelLab (Science Technologies Exploratory Lean LABoratory) au sein de la Direction de la Recherche et de l’Ingénierie Avancée, que dirige Marc Duval-Destin. Le StelLab est une structure d’animation scientifique qui a pour mission :
- Le montage et le pilotage du réseau d’OpenLabs,
- La mise en réseau de l’ensemble des doctorants, ingénieurs chercheurs et scientifiques, et experts du Groupe,
- L’accueil d’étudiants et chercheurs – aux niveaux doctorant, post-doc et confirmé – sélectionnés pour participer à des programmes scientifiques initiés par le Groupe dans le cadre des partenariats scientifiques,
- l’organisation de séminaires multidisciplinaires (technologie, design, marketing, …), ouverts aux experts du monde académique.
Le StelLab favorisera les échanges entre scientifiques et experts de PSA Peugeot Citroën pour identifier et développer les nouvelles technologies et innovations qui feront le véhicule du futur. Il sera inauguré le 27 octobre 2010 à l’occasion d’un premier séminaire scientifique interdisciplinaire. Comme on le voit, le groupe PSA se donne les moyens d'anticiper sur les grandes découvertes scientifiques. J'aimerais à ce propos préciser que Marc Duval-Destin, que je connais bien, est en train de mettre en place avec ses homologues de Renault (Yves Arbeille) et de Valeo (Guillaume Devauchelle) une espère de triumvirat de la recherche en France qui a pour vocation de mettre en réseau les industriels, les PME et les labos autour de projets innovants.

mercredi 3 octobre 2012

Les étudiantes vont plancher sur la voiture de 2050

A l'occasion d'une journée organisée par l'association « Elles bougent », qui va permettre aujourd'hui à une centaine de jeunes filles de découvrir l'industrie automobile dans le cadre du Mondial, les entreprises partenaires* vont en profiter pour lancer un jeu-concours en ligne. Le thème est celui de sur « La voiture de 2050 ». Les étudiantes et les lycéennes issues des écoles partenaires et des clubs des lycées « Elles bougent » sont invitées à s'exprimer sur le sujet. Elles devront faire preuve d'innovation et de créativité en présentant leur vision de l'automobile sur les aspects suivants : environnement, sécurité, confort/ergonomie, interconnexion et design. Les étudiantes et les lycéennes donneront un nom à leur création. Le jeu sera mis en ligne jusqu'au 21 décembre. Un jury composé d'experts déterminera les projets à récompenser. La cérémonie de la remise des prix aura lieu lors de la Semaine de l'Industrie en mars 2013 à Paris.
Lien : http://www.ellesbougent.com

*Alten, Bosch, Faurecia, FIEV, Plastic Omnium, PSA PEUGEOT CITROEN, Renault, SNECI et Valeo

samedi 29 septembre 2012

Objectif moins 200 kg après 2020

Dans le cadre des Rencontres Automobiles de Laval, qui étaient placées sous le signe des normes environnementales (contraintes ou opportunités ?), les acteurs présents ont évoqué l'allègement qui devient un axe stratégique pour les constructeurs automobiles. PSA Peugeot Citroën a ainsi exposé sa vision. L'objectif est de réduire immédiatement de 110 kg* la masse des véhicules pour gagner 10 g de CO2 et de se fixer l'objectif - ambitieux - de 220 kg après 2020. Pour y arriver, le groupe français compte utiliser de l'aluminium, du magnésium, mais surtout des matériaux composites dont la part est appelée à croître de façon significative.


Le message clé est qu'un groupe comme PSA ne va pas seulement chercher à réduire le CO2 par l'hybridation ou le moteur électrique. Comme on peut le voir sur ce schéma, le gain en conso pur (- 10 % à court terme) n'est qu'un des paramètres, avec l'aérodynamique et la résistance au roulement. Il est intéressant de noter que le poids des véhicules est passé de 750 à 1250 kg en moyenne (presque le double !) entre les années 70 et maintenant, et que chez PSA les modèles prenaient en moyenne 15 kg par an. Un phénomène qui peut s'expliquer par l'augmentation de la taille de la carrosserie, de celle des roues, par le poids du moteur diesel (plus lourd que l'essence), et par l'ajout au fil des ans des dispositifs de sécurité passive, des équipements de confort et de l'isolation phonique.
Alors, que compte faire PSA Peugeot Citroën ? Jouer à la fois sur l'épaisseur, la densité et la surface de la pièce. Le groupe va aussi employer un mix de matériaux, dont les aciers à très haute résistance, les alliages d'aluminium (bloc moteur, roues) et le magnésium, ainsi que les composites (fibres de verre, fibres de carbone, fibres naturelles, matrices thermoplastique ou thermodurcissable). La voiture de demain sera multi matériaux. On pourrait bien sûr mettre l'accent sur une de ces solutions. Ainsi, on pourrait gagner dans l'absolu 50 kg sur un véhicule tout acier à très haute résistance, 150 kg avec des alliages d'aluminium et 200 kg avec exclusivement des composites et des polymères. Mais, bien sûr, ce ne sera pas le cas pour des raisons liées au coût et pour des contraintes diverses. Pour sa part, Renault qui était aussi présent à cette conférence, a manifesté son intérêt pour les composites et a fait part de son attrait pour l'IRT Jules Verne - labellisé à Nantes dans le cadre du Grand Emprunt - et qui sera spécialisé dans ce domaine.


L'autre tendance est l'intégration plus poussée de matériaux verts (matériaux recyclés, fibres naturelles, polymères). L'objectif est de passer de 20 % aujourd'hui à 30 % en 2015, tout en maintenant la qualité et la sécurité, sans augmentation de la masse et du coût.

*Le résultat sera visible sur un futur modèle de la gamme, mi 2012.

jeudi 27 septembre 2012

VéLV : le tricycle électrique du futur pour la ville made in France

De l'innovation 100 % française et qui roule... A l'occasion du Forum de l’ADEME*, qui s'est tenu mardi à Paris, PSA Peugeot Citroën a présenté la réalisation concrète de son projet VéLV (Véhicule électrique Léger de Ville), un an après en avoir soumis l'idée, dans le cadre de ce même forum. Faisant référence au VLV, le premier véhicule électrique de Peugeot de 1941, ce projet innovant a été développé par le Groupe avec un consortium d’entreprises françaises et un laboratoire de recherche. Il s’agit d’un tricycle électrique qui peut accueillir 3 personnes, doté d’une puissance de 20 kW pour une masse de 650 kg. Ses performances ? 100 km d’autonomie et 110 km/h de vitesse de pointe. Particulièrement maniable avec seulement 7,20m de diamètre de braquage, le VéLV se faufile dans le trafic. Sa particularité est d'indiquer en temps réel le périmètre d'action en fonction de l'autonomie et d'identifier les bornes de recharge accessibles avec l'énergie encore disponible.



Ne cherchez pas la trace d'un projet alternatif au Twizy ou celle d'un projet de futur véhicule... L’objectif de ce projet est de montrer que l'on peut limiter significativement la quantité d’énergie embarquée en proposant un objet ludique et à très faible masse. La consommation très faible de 85 Wh/km limite l’empreinte environnementale à un niveau équivalant à un déplacement d’un voyageur en train. VéLV répond par ailleurs aux exigences de la réglementation des véhicules particuliers en matière de sécurité passive. Ce concept a été pensé comme une alternative pour les flottes d’entreprise, pour la location de type Autolib’, ou encore comme "seconde voiture". Le VéLV est surtout une vitrine de la filière de la voiture électrique française avec l’appui de l’ADEME.


Les acteurs de cette coopération sont effectivement d'origine tricolore ou implantés en France. PSA Peugeot Citroën a mis à profit son expérience de constructeur automobile pour proposer une architecture véhicule originale répondant à un cahier des charges ambitieux mais réaliste. Leroy Somer, GKN et Valeo ont réuni leurs compétences pour proposer une chaîne de traction électrique complète de 20kW compacte à haut rendement. Johnson-Control Saft a conçu pour sa part un ensemble de cellules Lithium-Ion et leur contrôle électronique qui s’intègrent parfaitement dans le véhicule pour apporter les 8,5kWh utiles et assurer les 100 km d’autonomie. Notons encore que Valeo a aussi mis au point un groupe chauffage spécifiquement dédié aux petits véhicules électriques et que Leoni a également conçu et dimensionné un faisceau de signal et de puissance. Michelin est également partie prenante avec son système innovant Active Wheel de moteur-roue électrique. De son côté, L’IMS/LAPS de Bordeaux a permis d’avancer dans la compréhension des phénomènes de comportement dynamique de véhicules de très petite taille.

*Journée dédiée à l’action de l’ADEME (Agence de Maîtrise de l'Energie) en matière de Recherche et Développement dans les domaines de l’environnement & des nouvelles technologies.

mercredi 29 août 2012

L'approche française pour la conduite automatisée

A défaut d'être d'accord sur l'électrification, PSA et Renault ont au moins une approche commune en ce qui concerne l'automatisation de la conduite, ou plus exactement la délégation de conduite dans certaines circonstances. Les deux constructeurs sont d'ailleurs réunis au sein du projet VeDeCoM* dans les Yvelines, avec d'autres partenaires dont Valeo, mais aussi des PME, des écoles, des centres de formation ou encore des laboratoires et des centres de recherche, comme l'INRIA. Il existe un savoir-faire français dans ce domaine.

Si les briques technologiques existent, avec des systèmes qui gèrent le freinage automatique et la correction de trajectoire, l'automatisation sera graduelle. On la verra d'abord se déployer dans les parkings, où la vitesse de circulation est minimale. Munie de capteurs et de caméras, la voiture pourra venir se garer toute seule. Y compris sans présence du conducteur. La fonction de voiturier automatique a déjà été abordée dans ces colonnes et c'est techniquement faisable.
On pense également aux autoroutes, où le tracé des voies facilite la gestion par la machine. Mais, ce sera une conduite semi-automatique, avec des équipements qui pour la plupart existent en fait déjà sur le marché (radar ACC, alerte anti angle mort, alerte de franchissement de ligne). On ne peut pas envisager tout de suite des trains de voitures, comme cela a été fait par exemple dans le cadre du projet SARTRE. Par contre, la conduite automatisée sera appliquée dans les bouchons. Le conducteur sera d'ailleurs assez enclin à laisser le véhicule prendre la main sur l'accélérateur et le frein dans ce genre de circonstances.
Rendez-vous donc entre 2015 et 2018 pour ces premières applications, avec des technologies éprouvées et assez abordables.

*Un institut dont j'ai déjà parlé, lié au pôle Mov'eo et qui explore à la fois le véhicule propre, le véhicule communicant et les nouvelles formes de mobilité.

jeudi 2 août 2012

Innovation : PSA met en avant le design des usages

La direction de la recherche de PSA Peugeot Citroën se réinvente petit à petit. Baptisée la DRIA (Direction de la Recherche et de l'Innovation Automobile*), elle va changer de nom en septembre et devenir la Direction de la Recherche, de l'Innovation et de la Technologie Avancée. Le souhait du groupe est de s'ouvrir à d'autres compétences. C'est la raison pour laquelle il a tissé des liens avec les Open Labs et des industriels extérieurs à l'automobile (dont EADS par exemple). Une autre évolution consiste à mieux intégrer le client dans l'innovation. C'est ainsi que PSA a mis en place une cellule chargée d'évaluer l'impact des technologies par rapport aux attentes des usagers. Elle a pour nom UXIN (User Experience Innovation).



Cette cellule d'une dizaine de personnes s'articule autour d'une spécialiste au profil particulier. Saran Diakité Kaba est designer depuis dix ans et enseigne à l'école Strate Collège. Son parcours l'a amenée à faire du management de l’innovation par l’expérience utilisateur. Autrement dit, son rôle est de mettre en scène les usages futurs (la connectivité dans le véhicule par exemple) et rendre ces services simples et accessibles. On passe d'une logique de techniciens à une expérience client, où le design de l'interface doit justement faire oublier la technologie. Ca doit marcher et être magique.
On devrait prochainement voir les premiers fruits de cette approche au niveau de la connexion du smartphone dans le véhicule.

*Terme qui a remplacé il y a trois ans l'ingénierie automobile)

dimanche 29 juillet 2012

TomTom LIVE fait école chez les constructeurs

Après avoir fait l'évènement chez Renault, avec Carminat TomTom, puis Carminat TomTom Live, le fabricant néerlandais a réussi à pousser ses pions chez d'autres constructeurs.
Ainsi, les services LIVE (HD Traffic, prix des carburants, météo, zones de danger, recherche locale par Google) ont été repris par le groupe Fiat (Blue & Me TomTom 2 LIVE sur la Lancia Ypsilon), Mazda (NVA-SD8110 EU LIVE), Opel (TomTom Connect pour la Corsa) et Lexus (CT MoveOn Navi sur la CT200h).
Selon les marques, l'abonnement est offert pendant 3 mois ou un an.
Et ce n'est pas tout, car TomTom annonce avoir signé un accord mondial avec PSA ! Le groupe français va adopter les GPS connectés à partir de 2015.

mercredi 6 juin 2012

PSA lance en interne le challenge Connected Users

Pour doper l'innovation, le groupe français a choisi de lancer le challenge Connected Users. Axé sur le thème « Imaginons ensemble de nouvelles expériences utilisateurs avec nos objets électroniques et la voiture de demain ! », ce concours est ouvert à l’ensemble des collaborateurs de PSA Peugeot Citroën (en France comme à l'international), qui sont ainsi invités à partager les idées sur une plateforme d’échanges.

Chaque participant est invité lors de cette étape à proposer des idées sur le thème de la connectivité des véhicules, mais aussi à commenter, améliorer, faire avancer les idées des autres participants, notées de 1 à 5 étoiles. Celles qui atteignent le niveau "Hot" sont évaluées par des spécialistes qui peuvent inciter les candidats à aller plus loin. Les propositions doivent être en phase avec les valeurs des marques Peugeot et Citroën, ainsi qu'avec le plan stratégique (Total Cost Ownership, Qualité perçue, CO2, Distinction, Globalisation).
Les idées les plus plébiscitées sont assurées d'avoir une suite :
- une idée rapidement applicable sera utilisée pour réaliser un démonstrateur en 2012
- une autre idée, pour sa vision futuriste, sera utilisée pour mettre en scène l'expérience utilisateur sous forme de storyboard en 2012
- 10 autres idées continueront à être enrichies par une communauté d'experts
Un mois à peine après l’ouverture du challenge, PSA a recueilli plus de 1 000 idées, 3 000 commentaires, 4 500 notes et 123 idées « Hot ».

vendredi 1 juin 2012

Connected Users : un challenge chez PSA autour de la voiture communicante

Pour doper l'innovation, le groupe français a choisi de lancer le challenge Connected Users. Axé sur le thème « Imaginons ensemble de nouvelles expériences utilisateurs avec nos objets électroniques et la voiture de demain ! », ce concours est ouvert à l’ensemble des collaborateurs de PSA Peugeot Citroën (en France comme à l'international), qui est ainsi invité à partager ses idées sur une plateforme d’échanges.

Chaque participant est invité lors de cette étape à proposer des idées sur le thème de la connectivité des véhicules, mais aussi à commenter, améliorer, faire avancer les idées des autres participants, notées de 1 à 5 étoiles. Celles qui atteignent le niveau "Hot" sont évaluées par des spécialistes qui peuvent inciter les candidats à aller plus loin. Les propositions doivent être en phase avec les valeurs des marques Peugeot et Citroën, ainsi qu'avec le plan stratégique (Total Cost Ownership, Qualité perçue, CO2, Distinction, Globalisation).
Les idées les plus plébiscitées sont assurées d'avoir une suite :
- une idée rapidement applicable sera utilisée pour réaliser un démonstrateur en 2012
- une autre idée, pour sa vision futuriste, sera utilisée pour mettre en scène l'expérience utilisateur sous forme de storyboard en 2012
- 10 autres idées continueront à être enrichies par une communauté d'experts
Un mois à peine après l’ouverture du challenge, PSA a recueilli plus de 1 000 idées, 3 000 commentaires, 4 500 notes et 123 idées « Hot ».

mercredi 29 février 2012

PSA-GM : mieux que Renault-Nissan ?

Ainsi donc, PSA Peugeot Citroën et General Motors ont décidé d'unir leurs destins dans le cadre d'une alliance mondiale. Ce n'est pas rien, car le seul GM - qui est redevenu le numéro 1 de l'automobile - pèse à lui seul plus 9 millions de véhicules par an. C'est plus que Renault-Nissan (7 millions) et Daimler (un peu moins de 2 millions). Avec le concours de PSA (4 millions de véhicules), cette nouvelle alliance représente le chiffre incroyable de 13 millions de véhicules. Soit, l'équivalent de Volkswagen plus Fiat-Chrysler, ou Renault-Nissan plus Toyota ! PSA va donc, sur le papier, faire mieux que son frère ennemi qui avait pourtant lancé la mode des partenariats stratégiques.



Selon les termes de l'accord, PSA Peugeot Citroën et General Motors partageront certaines plates-formes, modules et composants sur une base mondiale, de façon à jouer sur les volumes. L'objectif est bien sûr de réduire les coûts liés au développement de nouvelles technologies et aux émissions de CO2. Les deux partenaires vont jouer la complémentarité sur le diesel, l'hybride et l'électrique. En première phase, PSA Peugeot Citroën et General Motors se concentreront sur les véhicules particuliers de petite et moyenne taille, les monospaces et les crossovers. Par la suite, les deux partenaires prévoient également de développer conjointement une nouvelle plateforme pour les véhicules à faibles émissions de CO2. Les premiers véhicules issus d'une plate-forme commune seront commercialisés à partir de 2016.

mercredi 22 février 2012

Vers une alliance entre PSA et GM ?

Selon notre confrère La Tribune, PSA Peugeot Citroën serait en train de négocier les conditions d'une alliance avec General Motors. Les discussions, entrées en phase finale, pourraient déboucher sur un accord qui serait alors annoncé en ouverture du salon de Genève. Une hypothèse qui semble crédible. Tout comme d'autres journalistes, j'avais été surpris de voir Philippe Varin, le PDG de PSA, à bord du vol AF 378 qui nous emmenait à Detroit, le 8 janvier dernier. Il a bien le droit d'aller aux Etats-Unis mais sa présence ne pouvait être motivée que par un rendez-vous important. Le groupe confirme "être en discussion pour des projets de coopérations et d'alliances", en précisant toutefois qu'il n'y a "aucune certitude pour qu'elles aboutissent".



Sur le papier, une telle alliance serait une bouée de sauvetage pour PSA, trop isolé en Europe. General Motors pourrait ouvrir les portes des marchés américains (nord et sud) et asiatiques (Chine et Inde notamment). En échange, le groupe français pourrait aider son partenaire à trouver des synergies pour le marché européen, où il est déficitaire depuis dix ans. Le Financial Times précise que les deux groupes pourraient développer en commun des moteurs, des transmissions et des véhicules.
GM (et en particulier Opel) pourrait bénéficier des moteurs diesel et pourquoi pas des petits moteurs essence de PSA. Inversement, le français pourrait s'appuyer sur l'américain pour l'électrique et l'hydrogène.
Des économies d'échelle sont possibles entre les deux groupes, mais la conclusion d'un tel accord dépend maintenant de la décision de la famille Peugeot. Or, GM pèse deux fois plus lourd que PSA. Et l'alliance va plus loin que les coopérations ponctuelles que le groupe français mène avec BMW (moteurs essence, hybrides), Fiat (utilitaires), Ford (moteurs diesel), Mitsubishi (voitures électriques, 4X4) et Toyota (petites voitures).


Mais, l'alliance entre les deux groupes ne passera pas forcément par des échanges capitalistiques. Dans un passé récent, les fusions n'ont pas marché. Il suffit de voir ce qu'a donné l'aventure Daimler-Chrysler... Pour sa part, GM garde sans doute un souvenir cuisant de ses fiançailles avec Fiat. Mais, le groupe américain, qui s'est bien rétabli, avait tenté de se rapprocher de Renault-Nissan. Il a peut être trouvé le bon partenaire avec PSA, à qui on a déjà prêté des projets d'alliance avec Fiat-Chrysler et Mitsubishi. Au-delà du partenariat stratégique qui se joue pour le constructeur français, et qui est sans doute le seul moyen de le rendre viable à long terme, c'est un meccano industriel qui se met en place. Je dirais même une tectonique des plaques avec des mastodontes tels que GM (avec PSA), Toyota, le groupe Volkswagen, le trio Renault-Nissan-Daimler et le reste du monde.

lundi 20 février 2012

L’hybride modulaire par PSA

En déployant l’hybride diesel en 2012, sur des modèles de série, le groupe français concrétise sa promesse d’une solution technologique visant à réduire encore plus les émissions de CO2. Il répond même, avec 4 modèles lancés* cette année, à l’effort consenti par Renault pour se doter d’une gamme de 4 véhicules dans un autre type d’énergie, le 100 % électrique. Le choix de l’hybride diesel n’est pas exclusif à PSA, puisque Volvo va lancer un break utilisant cette technologie (le V60 D6 qui sera rechargeable) et que Mercedes va sortir aussi une Mercedes Classe E associant l’électricité et le gazole. Le français est par contre le seul – pour le moment – à proposer une architecture qui permet d’avoir les 4 roues motrices, grâce à un moteur électrique monté sur l’essieu arrière. Il peut aussi faire évoluer son système pour l’adapter si besoin au moteur à essence.



Les ingrédients de la technologie Hybrid4 sont connus : un moteur 2 L HDI avec filtre à particules de 163 ch, un moteur électrique de 37 ch à l’arrière et le système e-HDI de coupure automatique du moteur, le tout relié à une boîte pilotée à 6 vitesses.

Voici les composants sur la 508 RXH :



On obtient ainsi une puissance cumulée de 200 ch, un boost à l’accélération (mode sport) et un mode tout électrique qui permet de rouler pendant 3 à 4 km en fonction de l’état de charge de la batterie. Voici une vidéo qui récapitule les différents modes disponibles sur l'Hybrid4 :

 

Sur les 4 modèles déployés cette année, ces composants sont associés à une batterie NiMH (nickel métal hydrure), dont la technologie est éprouvée et présente aussi l’avantage d’être moins chère, à défaut d’être la plus performante. Mais, cela va évoluer d’ici un an.


Dans le cadre de son association avec BMW (les groupes ont créé une joint venture baptisée BMW Peugeot Citroën Electrication), PSA va en effet passer à la batterie lithium-ion, tout en ajoutant la fonction rechargeable à l’hybride. La solution est actuellement en test. L’idée est de proposer une autonomie limitée à une vingtaine de km (comme sur la Prius plug in), tout en conservant la même architecture. Le groupe pense que cette approche est plus pertinente que celle de GM avec la Chevrolet Volt et l’Opel Ampera. L’hybride rechargeable, déjà acté chez BMW sur la future i8, viendra renforcer l’offre chez PSA. L’architecture devra en conséquence être modifiée, car il faudra un moteur électrique plus performant que celui qui est prévu actuellement.


Il faut bien comprendre que l’architecture Hybrid4 est modulaire. Ce choix, dès l’origine du projet, a permis de pouvoir très vite transférer les composants sur deux plateformes différentes (celle de 3008/DS5 et celle de la 508). Dans l’avenir, il sera possible de jouer sur la batterie et le moteur électrique, mais aussi sur le moteur thermique. Pour certains marchés (par exemple la Chine), PSA pourra par exemple remplacer le HDI par un moteur à essence. Il pourra aussi intégrer en cours de route une boîte à double embrayage (pour le moment inexistante), qui serait du meilleur effet sur l’Hybrid4. La priorité est l’hybride diesel, avec un déploiement qui pourrait concerner à terme des véhicules plus compacts. Mais, d’autres options sont également sur la table.

*3008, 508 RXH et 508 Hybrid4 chez Peugeot, DS5 Hybrid4 chez Citroën

lundi 6 février 2012

PSA mise sur le design sonore (troisième partie)

Suite et fin de mon compte-rendu sur ma nouvelle visite au labo NeoSound de PSA Peugeot Citroën, qui est situé dans l'enceinte du centre de recherche de Vélizy. Cette structure, qui fait partie du dispositif StelLab, planche également sur le son spatialisé. Autrement dit, le son qui semble sortir d'un peu partout dans l'habitacle, à la manière de ce que Renault propose par exemple avec le son 3D d'Arkamys, grâce à un traitement numérique et des algorithmes. Mais l'approche de PSA va un peu plus loin. Il ne s'agit pas seulement de restituer un son plus personnalisé, avec le sentiment d'être plongé au coeur d'un orchestre et de pouvoir distinguer tout autour de soi les instruments et les voix.



Le constructeur aimerait aussi pouvoir appliquer la logique du son spatialisé au GPS par exemple. Une instruction comme "tournez à droite" pourrait être envoyée vers le côté droit de l'habitacle pour bien faire comprendre le changement de direction. Autre idée : pouvoir spatialiser le son du kit mains-libres en fonction du destinataire de l'appel (passager à l'avant ou à l'arrière). J'ai pu aussi constater que PSA travaillait au NeoSound sur la directivité du son. Le concept est encore plus intéressant, car il s'agit là d'envoyer une source sonore juste au dessus d'un occupant du véhicule, de façon à ce qu'il puisse écouter son programme (par exemple un match de rugby et avec pourquoi pas un son spatialisé pour qu'il ait le sentiment d'être au bord de la pelouse), sans pour autant déranger les autres passagers.
Autant de concepts que les outils numériques rendent possibles.

dimanche 5 février 2012

PSA planche sur le son spatialisé dans l'habitacle

Je suis retourné visiter le labo NeoSound de PSA Peugeot Citroën à Vélizy. Ce laboratoire, qui fait partie du hub de recherche StelLab, travaille sur ce qu'on appelle le design sonore. Entre autres, les chercheurs planchent sur le son spatialisé. Autrement dit, le son qui semble sortir d'un peu partout dans l'habitacle, à la manière de ce que Renault propose par exemple avec le son 3D d'Arkamys, grâce à un traitement numérique et des algorithmes. Mais l'approche de PSA va un peu plus loin. Il ne s'agit pas seulement de restituer un son plus personnalisé, avec le sentiment d'être plongé au coeur d'un orchestre et de pouvoir distinguer tout autour de soi les instruments et les voix.



Le constructeur aimerait aussi pouvoir appliquer la logique du son spatialisé au GPS par exemple. Une instruction comme "tournez à droite" pourrait être envoyée vers le côté droit de l'habitacle pour bien faire comprendre le changement de direction. Autre idée : pouvoir spatialiser le son du kit mains-libres en fonction du destinataire de l'appel (passager à l'avant ou à l'arrière). J'ai pu aussi constater que PSA travaillait au NeoSound sur la directivité du son. Le concept est encore plus intéressant, car il s'agit là d'envoyer une source sonore juste au dessus d'un occupant du véhicule, de façon à ce qu'il puisse écouter son programme (par exemple un match de rugby et avec pourquoi pas un son spatialisé pour qu'il ait le sentiment d'être au bord de la pelouse), sans pour autant déranger les autres passagers.
Autant de concepts que les outils numériques rendent possibles.

PSA mise sur le design sonore (deuxième partie)

Après un premier tour d'horizon du design sonore chez PSA Peugeot Citroën, qui a permis d'évoquer les sons polyphoniques et la personnalisation des ambiances sonores, je vais évoquer aujourd'hui l'aspect moteur. Comme je l'ai déjà écrit sur ce blog, BMW fait appel à des artifices pour enjoliver le son de certains modèles, comme la Z4 ou la Série 6 Coupé diesel. Peugeot a fait la même chose avec le coupé RCZ (puis Citroën sur la DS4) en greffant un système qui permet de réveiller certaines fréquences et de filtrer dans l'habitacle des sonorités plus sensuelles. Le procédé se marie à merveille avec des modèles plutôt sportifs ou à fort caractère. Mais, les outils numériques vont pouvoir élargir ce type de prestations à des véhicules de plus grande diffusion.



Le laboratoire NeoSound, basé à Vélizy (le centre de recherche de PSA), travaille justement sur la couleur sonore des moteurs. Les chercheurs utilisent les termes de bourdonnement et de rugosité pour qualifier les sonorités les plus agréables d'un moteur et jouent sur les fréquences. Le numérique permet en fait d'isoler certains bruits et d'en réhausser d'autres. Le résultat, que nous avons pu apprécier sur un simulateur de conduite (mais qui est testé aussi sur des véhicules d'essai) est assez étonnant. Il faut savoir aussi que PSA a développé avec l'aide du CNRS un logiciel maison qui a pour nom HARTIS (HArmonic Real Time Synthesis) pour "tuner" de façon électronique le son ressenti à bord. L'objectif est d'améliorer l'agrément de conduite et de renvoyer des informations utiles.


Précisément, le design sonore va jouer un rôle essentiel dans les véhicules électriques. Il s'agit de "sonoriser" un véhicule qui, par nature, est silencieux. C'est utile pour le conducteur qui se retrouve parfois désarçonné, face à un moteur qui ne lui "parle" pas et dont l'accélération est linéaire. Cela l'est encore plus pour les piétons, qui peuvent être surpris et pis encore se retrouver en danger. PSA travaille actuellement sur des bruiteurs, typés selon la marque (nous en avons entendu un échantillon) et alertant les usagers vulnérables (piétons, cyclistes) de la présence d'un véhicule électrique entre 0 et 25 km/h. Tous les constructeurs échangent à ce propos, en Europe (où PSA est impliqué dans le cadre du projet eVADER avec Renault, Nissan et Continental Automotive), aux USA et au Japon.
Nous terminerons demain par le son spatialisé.

vendredi 3 février 2012

PSA mise sur le design sonore

J'ai été convié à Vélizy, au centre de recherche du groupe français, pour une visite plus en détail du laboratoire NeoSound. Comme je l'avais déjà écrit sur ce blog, ce labo est l'un des éléments du StelLab, le hub de recherche de PSA, plus spécifiquement en charge des aspects liés au traitement numérique du son dans la voiture. La rencontre a été fructueuse, car elle a permis de faire un point global sur le design sonore. Ce n'est pas une nouvelle mode, mais un travail qui consiste à adapter le son en fonction des prestations du véhicule et de le rendre cohérent par rapport à l'identité de la marque. Ca veut dire concrètement qu'on planche à Vélizy sur des ambiances sonores, fonctionnelles et personnalisables, adaptées au design et au caractère des futures Peugeot et des futures Citroën.



Le son a beaucoup d'importance dans l'automobile. Il rassure au claquement des portières et exalte les sens dès lors qu'il s'agit du moteur. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce dernier point un plus tard. Mais avant, il faut rappeler que PSA a été l'un des premiers à personnaliser le son à bord. Il propose en effet des sons polyphoniques sur les Citroën C5 et DS4 ainsi que sur la Peugeot 508. Suivant une logique inspirée des sonneries de téléphone portable, que l'on peut personnaliser (en accédant au menu du mobile ou en téléchargeant de nouvelles sonneries), le conducteur se voit proposer des ambiances.


Plus concrètement, voici les trois ambiances offertes aujourd'hui au choix des clients. A l'issue de ce travail, mené avec le CNRS et les créateurs de la société Qwartz, PSA a retenu des sonorités classiques, une ambiance nature et un ton plus techno (Meca Urbain) qui a bien plu à Citroën. C'est vrai que transformer le "tic tac" des clignotants en boîte à rythme peut en surprendre plus d'un. Bien évidemment, l'idée derrière est de pouvoir constituer une bibliothèque sonore et de la proposer aux clients. On peut tout à fait imaginer un App Store propre à chaque marque, où il serait possible de télécharger par Internet les sonorités désirées.


Mais, ce travail mené avec des designers sonores, n'est pas seulement là pour faire joli. Les sons numériques sont aussi là pour traduire des informations (oubli des feux ou de la ceinture), vitales ou plus secondaires, en alternative à des pictogrammes visuels. C'est une forme d'ergonomie, qui a la particularité de faire appel à la psychologie et qui "raconte" une histoire.
La prochaine fois, je vous parlerai des sonorités liées aux moteurs et aux véhicules électriques et hybrides.