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vendredi 21 décembre 2012

La France est-elle vraiment en avance sur le véhicule décarboné ?

En lisant attentivement l'étude de l'Observatoire Cetelem de l'automobile sur le véhicule électrique, très fouillée et vraiment instructive, je suis tombé sur l'interview de deux ministres de l'actuel gouvernement (Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, et NKM, ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement). Bien entendu, tous deux soutiennent que la France est en pointe sur la question du véhicule décarboné. Mais qu'en est-il vraiment ? Après toutes les belles promesses, les observateurs ont plutôt le sentiment que la France a pris du retard.



Tout a commencé quand le Président de la République a fait son discours au Mondial de l'Automobile, en 2008. J'y étais. Nicolas Sarkozy annonçait alors un vaste programme en faveur du véhicule décarboné, d'un montant de 400 millions d'euros et un projet de commande groupée pour faire décoller le marché. Dans les mois suivants, l'inénarrable Jean-Louis Borloo promettait monts et merveilles avec un objectif de 4 millions de prises en 2020. Décryptons à présent les propos d'Eric Besson dans l'étude Cetelem. "La France, dit-il, a fait le pari de l’émergence d’une offre compétitive, avec une première phase d’accompagnement, via des incitations publiques. Cet accompagnement s’est notamment matérialisé par le bonus écologique depuis 2008". Ceci est vrai. Mais, le gouvernement ne s'est pas ruiné avec les primes pour le véhicule électrique, les véhicules étant arrivés plus tard que prévu. D'autre part, si les 5000 € sont maintenus pour le VE en 2012, rien ne permet à ce stade de savoir si un tel effort sera maintenu dans le futur. Or, c'est la clé, car le business model de certains constructeurs ne tient qu'à cette condition.


Justement, le Cetelem pose la question qui tue : pourquoi avoir choisi la prime à l'achat alors que les allemands privilégient au contraire l'aide à la recherche ? Ce à quoi Eric Besson rétorque : "le système français privilégie les deux extrémités de la chaîne, en mettant aussi bien l’accent sur la R&D, notamment au travers du crédit impôt recherche et des prêts publics pour les véhicules décarbonés que sur l’aide à la consommation via les primes à l’achat". Le problème, c'est que les investissements d'avenir, cela reste encore très virtuel. Pendant ce temps, bien d'autres pays font plutôt le pari de l'innovation et aident leurs industriels. Cela n'empêche pas le ministre de prétendre que "les deux groupes automobiles français sont en avance". Une déclaration qui fera sourire les connaisseurs. L'un dépend totalement de Mitsubishi et l'assume pleinement, l'autre doit une fière chandelle à Nissan qui le fournit en batteries.


Mais, continuons avec un motif de satisfaction objectif. "La France a mis en place le plus gros appel d’offres public européen avec La Poste, et portant sur un parc automobile concernant à terme 40 000 véhicules électriques", souligne Eric Besson. C'est exact et cela contribue à garantir de l'emploi. Mais, alors que des entreprises publiques achètent 15 637 Kangoo ZE et 3074 Peugeot Ion, Nissan vend en un an 20 000 Leaf (et uniquement aux USA). Faut-il acheter français (ou plutôt franco-japonais) ou donner aux français les conditions pour être des champions mondiaux ?


Le dernier point concerne l'infrastructure. Que dit Eric Besson ? Il indique que le gouvernement a favorisé "la création d’un écosystème favorable au développement des infrastructures de recharge grâce au Livre vert remis par le sénateur Louis Nègre". C'est tellement vrai que, lors du salon des Maires, il y a quelques semaines, plusieurs acteurs* ont tiré la sonnette d'alarme lors d'une table ronde pour indiquer que la France prenait du retard par rapport à d'autres pays, en Europe et dans le monde. A part ça, on est champion du monde. Un mot quand même du futur avec les smart grids. Dans le rapport du Cetelem, NKM affirme que "le gouvernement soutient ces innovations au travers des investissements d’avenir. Deux appels à projets ont été lancés auprès des entreprises sur les réseaux électriques intelligents. Six projets correspondant à un investissement de 115 M€ ont d’ores et déjà été retenus".
On reparle de tout cela après les élections ?

 *L'Avere, le Club des Villes Ecologiques, DBT, La Poste, Nissan, Renault, Rennes Métropole

lundi 1 octobre 2012

La France lance son plan "voiture électrique"



Les fuites avaient été bien orchestrées avec un article dans Paris Match, mais on ne retrouve pas les mêmes chiffres dans le "plan national pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables" du gouvernement. Ainsi, les 2 millions de voitures électriques annoncées par Jean-Louis Borloo pour 2020 ne sont mentionnées nulle part. On lit à la place que les véhicules "décarbonés" devraient représenter 25 % du marché à l'horizon 2025, qu'ils devraient générer en 2030 une activité économique de 15 milliards d'Euros et maintenir ainsi l'emploi dans la filière automobile, et que l'on économisera 4 millions de tonnes équivalent pétrole en 2020 (avec à la clé 17,5 millions de tonnes de CO2 en moins, soit un gain de 3 % sur les émissions par rapport à 2007). Bref, on mélange les dates et on s'avance moins sur les volumes.
Quoi qu'il en soit, l'Etat est bien décidé à accompagner le développement d'une filière, ce qu'il appelle l'équipe de France (pourvu qu'ils ne prennent pas Domenech...) de la voiture écologique.




La première action consiste à commander des voitures pour l'Administration et les groupes privés. 100 000 véhicules sont concernés d'ici 2015, avec une première tranche de 50 000 déjà identifiés pour un appel d'offres prévu en fin d'année (des voitures électriques d'une autonomie de 150 km, selon le cahier des charges établi par La Poste). Du côté des particuliers, le bonus écologique de 5000 € pour les véhicules qui font moins de 60 g par CO2 par km est maintenu jusqu'en 2012. Il pourra soutenir la demande pour les véhicules électriques qui vont arriver (Peugeot, Mitsubishi, Smart, Renault, Bolloré, Heuliez). Un bonus de 2000 € sera maintenu aussi pour les hybrides (une bonne nouvelle pour PSA) à moins de 135 g et les versions au gaz (GPL, GNV).
Un coup de pouce sera également donné à la recherche. Il y a déjà 11 programmes en cours sur le véhicule électrique en France, mais le plus important est le soutien d'une filière batteries. Ainsi, le gouvernement va appuyer le projet d'usine à Flins, avec Renault, Nissan et le CEA. 100 000 batteries par an pourront être produites à partir de 2012.



Concernant les infrastructures, un groupe de travail a été constitué et a remis ses conclusions. Dès 2012, les constructions d'immeubles (bureaux et habitations) devront comporter obligatoirement une prise de recharge avec le parking. Au travail, les prises seront obligatoires à partir de 2015 dans les parkings et seront considérées comme un avantage social. Dans les co-propriétés, un "droit à la prise" facilitera les transactions. Un aménagement est également prévu sur la voirie publique (qui ne concernera que 10 % des recharges), mais en concertation avec les villes. C'est en fait chez les particuliers que seront rechargées les voitures sur des prises standard, et comme une prise classique suffit pour une charge de 6 à 8h, il n'y aura donc pas d'investissement particulier. Le plan n'apporte d'ailleurs aucune précision concernant les bornes de recharge rapide (qui seront supportées par des acteurs privés). On est loin des 4,4 millions de prises en 2020 annoncées dans Paris Match. En revanche, il est bien prévu de redimensionner le réseau d'EDF pour acheminer le courant jusqu'aux bornes et de créer une filiale de l'électricien pour installer les bornes en question. Tout cela sera a priori financé par le grand emprunt. La France et l'Allemagne utiliseront par ailleurs les mêmes prises.
En conclusion, le plan très ambitieux s'est un peu vidé de sa substance. Pourvu que les français veuillent bien quand même rouler à l'électrique...

mercredi 27 juin 2012

La mobilité durable : un pôle de R&D majeur à Versailles-Satory



Le 26 juin, j'ai assisté à l'inauguration d'un nouveau bâtiment de l'INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et la Sécurité) sur le site de Versailles-Satory, là même où travaille depuis 10 ans le LIVIC (Laboratoire sur les Interactions entre le Véhicule, l'Infrastructure et le Conducteur). Ce n'est pas seulement un bâtiment de plus. L'objectif est de bâtir un pôle de recherche majeur sur la mobilité durable et les véhicules décarbonés, le tout dans l'orbite du pôle de compétitivité Mov'eo, qui est le plus gros pôle sur l'automobile.




Le site abrite des équipes en charge de la psychologie de la conduite (simulateurs, ergonomie) ainsi que le fameux LIVIC et un centre innovant qui a pour nom le CEREMH (centre de ressources innovation mobilité handicap). Il va aussi accueillir des spécialistes du véhicule électrique.



L'INRETS est en fait une grosse machine de recherche, dont les effectifs sont éclatés entre Lyon, Lille, Salon de Provence, Marne La Vallée et Satory. Ce dernier site est appelé à prendre beaucoup d'importance, d'autant qu'il sera relié à Orly, La Défense et Roissy par un métro automatique, dans le cadre du Grand Paris.



Le LIVIC travaille depuis 10 ans sur des systèmes d'aide à la conduite : régulateur de vitesse, alerte de sortie de voie, freinage automatique et même conduite entièrement automatisée. Certains de ces systèmes existent déjà chez les constructeurs, me direz-vous...
C'est vrai, mais cela n'empêche pas ce labo de déposer des brevets et de vendre des technologies aux équipementiers.



Ils ont une expertise de pointe dans bien des domaines, en particulier dans la simulation de capteurs et les capteurs optiques (reconstitution de l'image pour percer le brouillard à l'aide d'une caméra). Nous avons décliné toutes ces techniques, dans le cadre d'une table ronde que j'animais.



Lors de cette visite, j'ai aussi été surpris par un véhicule destiné aux handicapés, d'autant que c'est un véhicule-école. Développé par le CEREMH, auquel je faisais allusion ci-dessus, il est équipé de plusieurs boîtiers électroniques permettant de piloter la direction, l'accélération et le freinage. C'est vraiment bien fait.



Un handicapé sur fauteuil roulant peut directement s'installer au volant et le moniteur à côté peut tout contrôler, avec les doubles commandes mais aussi avec un boîtier avec joystick. Ce monospace est utilisé sur les pistes de Satory pour des leçons de conduite avec handicapés.













En ce qui concerne le véhicule décarboné, nous n'avons pas eu de véhicule électrique à essayer. Mais, avec Renault et Valeo dans le pôle Mov'eo, nul doute qu'on va en croiser prochainement sur les pistes de Satory...

mercredi 20 juin 2012

La France et la mobilité durable à l'heure de Rio + 20 (seconde partie)


Après un état des lieux sur les émissions de CO2 en France et sur l'évolution du parc, voyons comment l'Ademe gère les projets liés à la voiture propre pour demain. D’importants moyens de recherche ont été mis en place depuis 2008. Ainsi, pas moins de 74 millions d'euros ont été consacrés au soutien de 18 projets de constructeurs ou d’équipementiers pour des véhicules électriques et hybrides rechargeables. La mise en place des Investissements d’Avenir en 2010 a amplifié les moyens de l’ADEME, avec un programme Véhicule du Futur bénéficiant d’une enveloppe de crédits de 950 millions d’euros.



L’agence accompagne ainsi les lauréats dans la concrétisation de leur projet d’innovation jusqu’à la phase de pré-industrialisation. Les appels à manifestation d'intérêt (véhicules décarbonés et expérimentations liées aux infrastructures de recharge VE-VHR) ont déjà permis de soutenir 8 projets pour une aide globale de 41,3 millions d’euros. Ces différents programmes de recherche ont d’ores et déjà eu des impacts positifs sur l’écosystème automobile, avec des partenariats.


A titre d'exemple, on peut ainsi citer les projets Forewheel (Michelin, CEA, MIA Electric, Orange), VELROUE (Renault, IFP, Michelin), LIM (Boxer Design, Peugeot Scooters, SAFT Batteries), VéLV (PSA Peugeot Citroën, Valéo, Leoni, Johnson Controls-SAFT, Michelin, Leroy Somer, GKN, IMS-Bordeaux), Quat’ode (Véléance, bureau d’études Car&D), ou encore S’PLR (XOR Motors, NAOS M2M, DRIVEMOTION).

Demain, nous parlerons du projet ZAPA qui est si controversé.

La filière voiture électrique en France



Vendredi 19 juin, Jean-Louis Borloo et Ségolène Royal ont inauguré devant les caméras la première ligne de production en série de batteries lithium-ion pour les véhicules électriques et hybrides. Cela se passait à l'usine SAFT de Nersac, en Charente. Sur fond de Grenelle de l'Environnement et de programme sur les véhicules décarbonés, on serait tenté de croire que tout cela a lieu grâce au gouvernement. Mais, la réalité est un peu différente. En fait, l'usine existe déjà depuis un petit moment dans le cadre d'une alliance entre SAFT et Johnson Controls. Et elle fournit effectivement la Mercedes S400 hybride dont le lancement est prévu ce mois-ci. De ça, il n'en est pas question dans le dossier de presse du ministère de l'écologie. A la place, on lit que les ministres (il y avait aussi Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'écologie) se félicitent du très bon positionnement mondial de la France par rapport au véhicule électrique.

La seule annonce intéressante est celle de l'émergence d'un consortium réunissant Saft, Valeo, Michelin, Leroy Somer, GKN et Leoni : une alliance de six industriels réunissant toutes les compétences requises (batteries, moteurs électriques, gestion électronique, liaisons au sol) pour aider les constructeurs à aller plus vite dans le développement de véhicules électriques. C'est peut être la naissance d'un pôle national, alors que - pour la petite histoire - la région Poitou Charentes que préside Ségolène Royal a perdu pour sa part un pôle de compétitivité sur le véhicule hybride (MTA : Mobilité et Transports Avancés) qui a fusionné avec le pôle Mov'eo en région parisienne.
Au delà de ces subtilités, le seul fait qui compte est de voir que le dossier de la voiture électrique avance. D'ailleurs, 11 projets ont été financés à hauteur de 57 millions par l'Ademe dans le cadre du programme véhicules décarbonés. Ils concernent aussi bien le quadricycle électrique que le véhicule électrique, le véhicule hybride (stop & start de nouvelle génération et hybride rechargeable), l'utilitaire hybride, le bus électrique et hybride, ou encore le camion hybride.



Mais, il y a encore plus spectaculaire. Vous n'avez pas encore entendu parler du projet GERRI (Green Energy Revolution Reunion Island) et pour cause : il ne sera présenté que début juillet à Paris dans le cadre des victoires de l'innovation des administrations en pointe. L'objectif est de faire de l’île de La Réunion le premier territoire au monde intégrant, d’ici 2030, les problématiques environnementales au quotidien : urbanisme, déplacements, production d’énergie, tourisme. Le projet Green Energy Revolution Reunion Island (Gerri) sera opérationnel à partir d’octobre 2009.
Les initiateurs de Gerri veulent multiplier le nombre de chauffe-eau solaires, favoriser les véhicules propres (hybrides, électriques puis à pile à combustible), développer les stations-service multimode (pile à combustible), bannir les 4x4 de l’île, développer les bâtiments labellisés haute qualité environnementale, etc. La Réunion veut aussi inciter au co-voiturage, développer les transports collectifs propres et favoriser le vélo électrique.
Bref, du nouveau : à la fois en métropole et sous les cocotiers.

mercredi 25 avril 2012

La filière française se mobilise pour le véhicule de demain à travers Road 2011

road 2011
Du 26 au 28 mai, la Société des Ingénieurs de l'Automobile (SIA) organise Road 2011. C'est la seconde édition des RencOntres pour l’Automobile de Demain (ROAD), sur le circuit de Versailles Satory. Cet événement est un rendez-vous central pour échanger, découvrir et tester les véhicules électriques ou hybrides issus du savoir-faire tricolore. Ce n'est pas un salon grand public mais les étudiants peuvent y participer. La manifestation comprendra une exposition, des conférences, des essais de véhicules décarbonés, un forum de l’emploi et le Trophée SIA qui permet à de jeunes ingénieurs de montrer leurs projets. J'avais eu l'occasion d'y faire un tour l'an dernier. Si j'étais resté sur ma faim par rapport aux constructeurs nationaux (rien de plus que ce que l'on voit déjà dans des salons classiques), c'était plus instructif du côté des équipementiers et surtout des projets des jeunes ingénieurs.

A ce propos, le Trophée SIA porte cette année sur le thème du "zéro émission". Une dizaine d’écoles sont d’ores et déjà inscrites à ce concours parmi lesquelles les Arts & Métiers ParisTech, l’Ecole Centrale de Lyon (ECL), ou l’Université de Technologie de Belfort Montbéliard (UTBM).
Parce que l’avenir se prépare dès aujourd’hui, il est important pour la filière de se valoriser dès à présent auprès de ses futurs collaborateurs. Pour donner l’opportunité aux étudiants et aux entreprises de se rencontrer, ROAD 2011 proposera pour la première fois, un Forum pour le recrutement des jeunes. Cela représente plus d’un millier de postes qui seront à pourvoir en 2011 dans le domaine technique, du technicien supérieur à l’ingénieur.
L'espace dédié aux innovations réunit les acteurs majeurs de la profession, constructeurs (PSA Peugeot Citroën, Renault) comme équipementiers (Bosch, Delphi, Faurecia, Michelin, Valeo). On y trouve aussi des sociétés spécialisées dans l'ingénierie (AVL, IAV, ESG), des start up (Modulowatt) et les pôles de compétitivité (iD4CAR, Mov’eo, Pôle Véhicule du Futur). L'événement est également soutenu par les fédérations de l'automobile comme la Plateforme de la Filière Automobile (PFA), le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), la Fédération des Industries des Equipements pour Véhicules (FIEV), l'AVERE (association de promotion du transport électrique), sous le parrainage des Ministères de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et celui de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Lien : http://www.sia.fr/evenement_detail_rencontres_automobile_demain_road_1100.htm

vendredi 23 mars 2012

Voiture électrique : le nouvel eldorado ?


Quand on lit la presse, on n'entend plus parler que de voiture électrique. Dernière annonce en date : celle de Barack Obama qui a débloqué 2,4 milliards de dollars pour favoriser ce type de véhicules. Le président des Etats-Unis veut faire rouler un million de voitures non polluantes à l'horizon 2015. Les fonds proviennent du plan de sauvetage US, avec 1,5 milliard pour les seules batteries. A ce propos, on notera que les plus grandes firmes du secteur et les labos de recherche de l'armée coopèrent en bonne intelligence. Bon, 2,4 milliards de $, c'est un peu plus ambitieux que les 400 millions accordés par la France au véhicule "décarboné"... Mais, l'hexagone est dans le vrai. Le gouvernement a raison d'investir dans ce secteur. D'ailleurs, il n'est pas isolé. L'Espagne a également des ambitions et affiche sa volonté d'avoir un million de véhicules hybrides et électriques sur les routes à l'horizon 2014. Je me rappelle qu'en débutant dans ce métier, à la fin des années 80, on annonçait des chiffres mirifiques pour l'an... 2000. Mais, EDF et les contructeurs français n'avaient pas été suivis par les politiques et l'Etat. La différence, cette fois, c'est que l'impulsion vient d'en haut et que c'est à l'échelle de la planète.

samedi 11 février 2012

Tokyo met l'accent sur la "smart mobility city"

Le Japon est un pays qui sait parfois se remettre en cause. En voici un exemple concret avec l'édition 2011 du salon de Tokyo, que les organisateurs, réunis au sein de la JAMA (l'association locale de constructeurs) ont choisi de relancer de façon assez astucieuse. D'abord, l'événement aura lieu en décembre prochain en plein centre de Tokyo - et non plus en très lointaine banlieue comme cela était le cas auparavant au Makuhari Messe de Chiba. Et ce choix, en milieu urbain, s'accompagne d'une animation qui me paraît très pertinente. Le salon va consacrer un espace "smart mobility city" pour évoquer les challenges du véhicule décarboné. C'est ce qui permet au salon de mettre en avant ce slogan assez évocateur : "mobility can change the world".



Réparti sur 6840 m2, ce pôle va mettre en avant des véhicules de nouvelle génération, électriques et hybrides. Mais, ce ne sera pas seulement un espace "vert" comme on le voit dans les salons en général. La JAMA a souhaité inscrire l'automobile dans un "système". Je devrais même dire un "éco-système", avec les technologies liées à l'information et à la communication, et la gestion de l'énergie à travers les "smart grids". Cette approche globale me paraît logique. Sans frontière entre les différentes industries, l’espace "smart mobility" sera l’opportunité de découvrir la ville "bas carbone" du futur. Une ville où l'on produit par exemple du courant électrique à base de panneaux solaires et où des compteurs intelligents dans les maisons peuvent gérer la charge entre l'électro-ménager, les produits électroniques et le véhicule. Les organisateurs espèrent la participation d'une cinquantaine de sociétés pour cette première mondiale.


Il sera possible d’essayer les véhicules exposés sur cet espace et d’assister par ailleurs à des démonstrations de conduite automatisée. La JAMA prévoit aussi d’organiser des symposiums internationaux sur le thème du transport intelligent et de la "smart community". Des animations sont aussi prévues pour les professionnels et les enfants. Le salon de Tokyo a même calé un atelier "la nouvelle société de mobilité pour les nuls". On devrait y envoyer des responsables politiques d'Occident...