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vendredi 23 novembre 2012

L'Allemagne veut devenir leader de l'électro-mobilité

ecartec
Il y a quelques semaines a eu lieu eCarTec, un congrès sur la voiture électrique qui se double d'une expo. C'était à Munich. Je n'y étais pas, mais ceux qui se sont rendus sur place m'ont dit qu'en comparaison, l'espace "voiture propres" du Mondial de l'Automobile était une aimable plaisanterie. Le congrès, qui a reçu plus de 12 000 visiteurs, avait en effet 388 exposants de 25 pays, parmi lesquels BMW, Mitsubishi, Peugeot, Renault, ainsi que des acteurs de la filière comme les producteurs d'énergie (EON, RWE, Vattenfall) et les équipementiers (Siemens, AVL, Bosch, Infineon, Johnson Controls). Il y a eu 3000 essais de 60 véhicules.
Accéder au site : http://www.ecartec.eu/

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Pourquoi je vous parle de cela ? Parce que mon sentiment est que l'Allemagne, avec son industrie automobile en tête, est en train de se donner les moyens de contrôler le marché de l'électro-mobilité. Contrairement à la France, où EDF ne veut pas investir dans l'infrastructure, on dénombre outre-Rhin plusieurs producteurs d'énergie. Tout comme les américains et les japonais, les allemands sont très forts pour travailler ensemble et imposer des standards. D'ailleurs, selon le patron de Continental, Elmar Degenhart, tous les acteurs impliqués (constructeurs, fournisseurs d'énergie, flottes, collectivités, politiques, scientifiques) ont intérêt à coopérer, faute de quoi l'Europe se fera manger par la Chine. Dans l'Empire du Milieu, il y a déjà 60 millions de scooters électriques sur les routes et le pays investit à fond dans l'infrastructure. Ce que propose Continental est d'organiser un vaste débat sur la mobilité du futur et de donner à l'Allemagne un plan pour concrétiser ses ambitions.

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La France va-t-elle se laisser faire ? Dans notre pays, PSA et Renault n'ont pas la même approche de l'électro-mobilité, ce qui complique un peu les prises de position sur la question. Quoi qu'il en soit, la SIA (Société des Ingénieurs de l'Automobile) organise les 25 et 26 novembre à La Défense un congrès sur les voitures électriques et hybrides (http://www.sia.fr/evenement_detail_congres_electronique_systemes_automobiles_1062.htm), un événement censé montrer les capacités scientifiques de la France et pour ne pas laisser le champ libre aux allemands, qui ont pris pied en France pour dupliquer leur congrès eCarTec (http://www.ecartec-paris.eu/).

lundi 4 juin 2012

Non, le diesel n'est pas encore mort

Avec le sens de la mesure qui les caractérise, mes confrères ont titré il y a quelques mois sur la disparition du moteur diesel. Ils pronostiquent la fin du bloc mazout, sous les coups de boutoir des normes Euro 6 et des zones à faible émission (Low Emission Zones ou ZAPA pour la France) en centre ville, sans parler des projets de taxation pour réduire l'écart avec l'essence. L'affaire est entendue et le diesel va céder la place à l'essence et à l'hybride. Le problème, c'est que ce n'est pas tout à fait l'avis des constructeurs européens et de leurs fournisseurs. Ils vont d'ailleurs s'employer à démontrer le contraire dans le cadre du congrès diesel, organisé par la SIA* à Rouen, à partir d'aujourd'hui et jusqu'à demain. Pour l'anecdote, on pourra y voir la DS5 Hybrid4 (pas la version présidentielle bien sûr), un clin d'oeil à la voiture officielle du nouveau pensionnaire de l'Elysée, qui se trouve être natif de la région.



Mais, si le congrès se déroule à Rouen, c'est pour une toute autre raison. La région est très impliquée dans le secteur automobile (avec une présence forte de Renault) et abrite par exemple le pôle du Madrillet, très centré sur les développements moteurs, notamment dans le diesel. Par ailleurs, ce coin de Normandie est aussi la patrie du pôle de compétitivité Mov'éo. Pendant ces deux jours, les meilleurs experts vont passer en revue les nouveautés en matière d'injection (types d'injecteurs, pressions plus élevées, injections multiples), de combustion et de post traitement. Le futur du diesel va rimer avec la catalyse SCR, un mode de post traitement qui permet d'éliminer les oxydes d'azote, grâce à un additif (urée). Le procédé va certes augmenter le coût des moteurs diesel (500 € environ et sûrement pas 2000 € comme on a pu le lire), ce qui risque de rendre les moteurs diesel moins compétitifs sur les petits véhicules . Mais, personne ne pronostique pour autant d'effondrement des parts de marché.


Dans le cadre d'une table ronde, qui réunit ce soir des dirigeants de PSA Peugeot Citroën, Renault, Ford, Bosch, Continental et Delphi - et que j'ai l'honneur d'animer - les représentants de l'industrie auront justement à coeur de défendre le diesel. Ils pensent que ce type de motorisation a encore du potentiel pour les 10 à 15 ans à venir. Il est encore possible de gagner en rendement et sur les émissions polluantes, tout en réduisant le bruit et les vibrations. Le diesel devrait toutefois s'électrifier de plus en plus, avec des systèmes comme le Stop & Start (ou d'autres comme le volant d'inertie), voire le full hybrid. C'est une bonne nouvelle pour PSA, qui a déjà vendu en France 2000 voitures équipées de sa technologie Hybrid4, et sans doute un passage obligé pour Renault qui reconnaît ne pas négliger cette option pour le futur.

*SIA : Société des Ingénieurs de l'Automobile

vendredi 25 mai 2012

Quel avenir pour le moteur diesel ?

Bosch diesel
La Société des Ingénieurs de l'Automobile (SIA) organise aujourd'hui et demain un congrès international sur le moteur diesel à Rouen à l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées). C'est un événement de grande ampleur, qui se déroule en partenariat avec le pôle de compétitivité Mov'eo, les Universités de Karlsruhe et Londres, ainsi qu'avec Polytechnique à Turin. Les plus grands experts du monde vont se pencher sur le potentiel du moteur diesel, qui apporte aujourd'hui une réponse satisfaisante en matière de réduction des émissions de CO2, mais qui doit faire face à une complexité technique qui engendre des coûts croissants. Alors, quel avenir pour le diesel ? Le point d'orgue de ce congrès sera une table ronde, que j'ai l'honneur d'animer, et qui réunira :
Christian Chapelle (VP Powertrain and chassis engineering, PSA Peugeot Citroën)
Odile Desforges (Executive VP Engineering and quality, Renault)
John Fuerst (General Manager, Diesel engine management systems, Delphi)
Juergen Gerhardt (Senior VP Diesel system engineering, Bosch)
Helmut List (CEO AVL List)
Accéder au site du congrès :
http://www.sia.fr
/evenement_detail_motorisations_diesel_face_au_1044.htm



Bluetec

Voici quelles sont les projections des experts :
Jusqu'à Euro VI (2014) : moteurs conventionnels avec de l'injection piézo*, des pièges à NOx (oxydes d'azote) et l'apparition de la catalyse SCR (avec un additif à base d'urée), moteurs à trois cylindres (downsizing) pour les petits véhicules ou solutions low cost du type "derating" (on dégonfle des moteurs pour les réduire en performances et en émissions)
*Exemple : la Polo Blue Motion à 87 g de CO2 par km avec des injecteurs solénoïdes de Delphi
En 2020 et au-delà : transfert du diesel vers les véhicules haut de gamme et les utilitaires, hybrides diesel et "plug in"
De l'avis de tous les experts, le diesel a encore un potentiel. On peut améliorer la combustion en jouant encore sur l'injection (aussi sur la qualité des carburants), la gestion du moteur et en réduisant le coût du post-traitement qui est un vrai frein. Le monde ne sera pas "tout-électrique" en 2020, même si l'hybridation (Stop/Start ou "full hybrid") sera plus généralisée.
D'autre part, le diesel pourrait aussi se faire une place sur les marchés émergents comme l'Inde (peut être un jour la Chine, qui mise plus sur l'essence et l'hybride), voire les USA avec le clean diesel. Les européens, qui ont inventé le diesel, continueront à l'utiliser, et en particulier chez les constructeurs allemands. Mais, la suprématie du "mazout" sera disputée par l'électrique et l'essence...

Voir le diaporama :

mercredi 25 avril 2012

La filière française se mobilise pour le véhicule de demain à travers Road 2011

road 2011
Du 26 au 28 mai, la Société des Ingénieurs de l'Automobile (SIA) organise Road 2011. C'est la seconde édition des RencOntres pour l’Automobile de Demain (ROAD), sur le circuit de Versailles Satory. Cet événement est un rendez-vous central pour échanger, découvrir et tester les véhicules électriques ou hybrides issus du savoir-faire tricolore. Ce n'est pas un salon grand public mais les étudiants peuvent y participer. La manifestation comprendra une exposition, des conférences, des essais de véhicules décarbonés, un forum de l’emploi et le Trophée SIA qui permet à de jeunes ingénieurs de montrer leurs projets. J'avais eu l'occasion d'y faire un tour l'an dernier. Si j'étais resté sur ma faim par rapport aux constructeurs nationaux (rien de plus que ce que l'on voit déjà dans des salons classiques), c'était plus instructif du côté des équipementiers et surtout des projets des jeunes ingénieurs.

A ce propos, le Trophée SIA porte cette année sur le thème du "zéro émission". Une dizaine d’écoles sont d’ores et déjà inscrites à ce concours parmi lesquelles les Arts & Métiers ParisTech, l’Ecole Centrale de Lyon (ECL), ou l’Université de Technologie de Belfort Montbéliard (UTBM).
Parce que l’avenir se prépare dès aujourd’hui, il est important pour la filière de se valoriser dès à présent auprès de ses futurs collaborateurs. Pour donner l’opportunité aux étudiants et aux entreprises de se rencontrer, ROAD 2011 proposera pour la première fois, un Forum pour le recrutement des jeunes. Cela représente plus d’un millier de postes qui seront à pourvoir en 2011 dans le domaine technique, du technicien supérieur à l’ingénieur.
L'espace dédié aux innovations réunit les acteurs majeurs de la profession, constructeurs (PSA Peugeot Citroën, Renault) comme équipementiers (Bosch, Delphi, Faurecia, Michelin, Valeo). On y trouve aussi des sociétés spécialisées dans l'ingénierie (AVL, IAV, ESG), des start up (Modulowatt) et les pôles de compétitivité (iD4CAR, Mov’eo, Pôle Véhicule du Futur). L'événement est également soutenu par les fédérations de l'automobile comme la Plateforme de la Filière Automobile (PFA), le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), la Fédération des Industries des Equipements pour Véhicules (FIEV), l'AVERE (association de promotion du transport électrique), sous le parrainage des Ministères de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et celui de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Lien : http://www.sia.fr/evenement_detail_rencontres_automobile_demain_road_1100.htm