Après le Cayenne hybride de série, la 911 GT3 R Hybrid qui fait des étincelles en compétition et la superbe 918 Spyder qui préfigure une hybride "plug in" pour le futur, Porsche passe un nouveau cap avec la mise en production d'une Boxster 100 % électrique. C'est dans le cadre d'un programme de recherche (Modellregion Elektromobilität Region Stuttgart), lancé par le ministère des Transports allemand dans la région de Stuttgart, que ce projet va voir le jour. La firme va développer trois véhicules laboratoire, conçus sur la base du Boxster et dotés d’un moteur entièrement électrique. Les essais, qui vont commencer au début de l'année 2011, doivent permettre de recueillir des informations importantes sur les nouveaux composants de moteurs électriques et les systèmes de batterie pour véhicules entièrement électriques, ainsi que sur les infrastructures nécessaires à l’électromobilité. Porsche en profitera aussi pour évaluer le comportement des utilisateurs et les exigences auxquelles devront répondre les futurs produits. Comme on le sait, Porsche n'est pas prêt à renoncer à la performance. Dans la mesure où la 918 Spyder offre 600 chevaux et une accélération de 0 à 100 km/h, pour une consommation moyenne de 3L/100 km*, la Boxster électrique sera forcément une "bête de course". Mais, elle devra aussi offrir une autonomie raisonnable. En tout cas, le roadster Tesla va trouver de la concurence en face avec la Mercedes SLS AMG E-Cell (prévue en 2013) et la Boxster électrique. *Théorique, car calculée selon le cycle NEDC en Europe.
Voir la vidéo sur Porsche et la voiture électrique :
La marque allemande a opéré des virages technologiques pas toujours faciles à négocier. Je me souviens des cris d'orfraie poussés par les puristes quand il y a eu le passage au diesel. Même surprise, quand il a été question d'une motorisation hybride. C'est Mozart qu'on asssassine ! Aujourd'hui, on trouve sur le marché un Cayenne S hybride et la Panamera hybride débarquera en juin. Et plus personne ne s'offusque, à l'idée de rouler un jour dans une Porsche électrique, ce qui arrivera un jour comme en témoigne la Boxster E actuellement en test en Allemagne. Mais, je dois dire que j'ai été surpris par l'annonce de Porsche, hier, qui a décidé de produire en série limitée la 918 Spyder en 2013. Ceux qui rêvent devant les concept cars et qui aimeraient pouvoir parfois les admirer chez eux vont être servis. A (partir de) 645 000 euros pièce, et hors taxes, la marque de Zuffenhausen va faire de ce modèle hybride rechargeable un objet de luxe incomparable.
Dotée de la technologie aperçue sur le concept car du salon de Genève et avec un design qui fait référence à la Carrera GT, à la 917 de course et à la RS Spyder, la 918 Spyder sera un concept car de route. Le modèle de série sera en tous points identique à la version de salon, avec une coque en plastique renforcé par de la fibre de carbone. Seule différence : un système manuel pour enlever les panneaux de toit amovible que l'on pourra ranger sous le capot à l'avant. A part cela, Porsche proposera de la technologie de pointe avec le moteur V8 de 500 ch de la RS Spyder, avec une transmission robotisée PDK à 7 vitesses. Le "moulin" est en fait assisté de deux moteurs électriques qui développent 218 ch. Soit, au total 718 ch. Et pourtant, la 918 Spyder consommera moins de 3 L/100 km selon le cycle européen et ne rejettera que 70 g de CO2 par km. Elle pourra même rouler en mode 100% électrique, pendant 25 km et jusqu'à 150 km/h en vitesse maxi. Mais, on peut imaginer que les heureux propriétaires vérifieront d'abord sur circuit les performances. Ce modèle d'exception accélèrera de 0 à 100 km/h en 3,2 s et filera à plus de à 320 km/h.
Revoyons la vidéo :
Les premières livraisons ne sont prévues qu'en novembre 2013, mais Porsche recommande de réserver dès maintenant. Décidément très exclusive, la 918 Spyder ne sera produite qu'à 918 unités.
Après l'effervescence liée à un salon, j'aime bien tirer un bilan et faire ressortir les tendances. C'est ainsi que j'ai choisi d'abord de vous parler des hybrides, car c'est dans ce domaine qu'il y a eu le plus de nouveautés à Genève. Et, ce qui est très symbolique, c'est que les GT deviennent vertes. Par exemple, Ferrari est venu avec cette 599 Kers HY qui est une voiture-laboratoire, avec un système dérivé du Kers de la F1 et qui grâce à sa technologie hybride réduit de 35 % les émissions de CO2.
Voir l'animation vidéo de la Ferrari Kers HY :
Porsche était aussi très en verve avec la 911 GT3 R hybrid et la superbe 918 Spyder dont j'ai déjà parlé, sans oublier bien sûr le Cayenne hybride (et son cousin le Touareg).
L'autre annonce très importante concerne Audi avec la création d'une famille e-Tron. La nouveauté était bien sûr la A1 e-Tron, qui était le troisième concept à être dévoilé par la marque aux anneaux. Mais, ce n'est pas qu'un effet de manche. Une véritable gamme va être mise en place avec l'arrivée dès 2012 du premier modèle, qui sera en fait une R8 électrique. Mais, l'A1 est également au programme avec une technologie combinant la batterie et un petit moteur thermique.
Autre enseignement : l'hydrogène continue de tracer sa route. Hyundai, qui a signé un appel avec Mercedes, General Motors, Toyota et Opel, présentait l'ix35 FCEV. Ce modèle marque une avancée technique par rapport au précédent, qui était basé sur le Tucson, et la marque avance la date de 2012 pour une production en pré-série. Hyundai a réussi à réduire les coûts et à simplifier l'assemblage.
Parmi les autres tendances, il y a bien sûr l'information qui passe par les téléphones mobiles du type Smartphone, et plus spécifiquement l'iPhone. Le mobile d'Apple était à l'honneur chez beaucoup de constructeurs qui avaient prévu des applications (Volkswagen pour le salon et un jeu Think Blue Challenge, Citroën pour la DS3, Smart pour une application et un kit pour l'auto avec navigation GPS). Je voudrais citer Peugeot qui va lancer une application sur l'App Store pour son service Mu de mobilité à la carte. Grâce à l'iPhone, on pourra localiser les concessionnaires Peugeot qui font de la location de vélos, scooters et véhicules (dont les futures Ion et BB1).
Toujours au chapitre de la communication, Internet à bord devient un standard grâce à la 3 G. Peugeot et Audi vont y venir, dans la foulée de BMW qui a misé dès le départ sur Edge. Mais, chez Rinspeed, on pense déjà à la voix sur IP (comme sur Skype ou sur une box ADSL, la voix transite par Internet), au chat, à la visio-conférence et aux réseaux sociaux de type Facebook et Twitter. La 3 G sera par ailleurs indispensable pour les futurs véhicules électriques, qui seront forcément communicants pour indiquer leur position et rechercher des prises.
J'ai aussi repéré quelques autres trouvailles. Depuis le temps qu'on en parle, les rétroviseurs semblent sur le point de céder leur place à des petites caméras pour améliorer l'aérodynamisme. J'ai vu cela chez Hyundai (i-Flow) et chez Porsche (918 Spyder) entre autres.
La petite Lotus Emas 3 conçue avec l'aide de Lotus avait pour sa part une caméra de recul. Cet équipement baisse en prix et se retrouve partout, sur les GT (Lamborghini Superleggera) comme sur les véhicules plus compacts, voire citadins.
Chez Renault, la nouvelle Mégane coupé-cabriolet innove avec un déflecteur fixe.Cette vitre coupe-vent vient protéger les occupants des turbulences. Ce n'est pas aussi sophistiqué que le déflecteur amovible piloté depuis le tableau de bord chez Mercedes, mais ça contribue au plaisir de conduire cheveux au vent.
Dans le segment des GT, les freins en céramique font leur chemin. La technologie, dérivée de la compétition, semble désormais bien établie. C'est le cas chez Bugatti, Porsche ou encore Lamborghini.
Et puis, le salon de Genève a été l'occasion aussi de voir le pneu lunaire de Goodyear. Il était situé, non pas sur le stand, mais à l'entrée de la salle de presse, sponsorisée par la marque. Un beau coup de com', même si la vraie nouveauté chez Goodyear était le pneu Run on Flat dont le concept est adapté aux futurs véhicules électriques et hybrides.
A l'image de l'Opel Ampera, qui sort fin 2011 en Europe, et qui s'est offert un petit coup de pub au salon de Genève en arrivant par la route depuis le siège de la marque à Rüsselsheim, en Allemagne, les constructeurs optent clairement pour l'électrique avec un prolongateur d'autonomie. Rappelons que le principe est d'installer une batterie au lithium-ion pour faire 60 km en mode purement électrique et d'avoir un petit moteur 1,4 L 4 cylindres (alimenté à l'essence ou au méthanol), consommant à peine 1,6 L/100 km, pour porter l'autonomie à plusieurs centaines de km. On a vu plusieurs marques à Genève exposer des concepts reprenant ce type de technologie, au lieu de jouer la carte de l'électrique classique.
L'architecture est celle qu'utilisera Chevrolet pour la Volt. C'est la solution qui paraît la plus logique. On peut rouler à l'électrique en ville et continuer tranquillement son chemin, sans risque de tomber en panne sèche. La solution a été reprise sur le concept Flextreme GTE/E d'Opel dont j'ai déjà parlé ici sur ce blog.
Mais, GM/Opel n'est pas seul sur cette voie. La technologie a été reprise par Audi sur la e-Tron. A la surprise générale, la marque aux anneaux a présenté une troisième version de voiture électrique e-Tron sur la base de l'A1. Et justement, Audi a privilégié la piste de l'électrique avec prolongateur d'autonomie pour ce modèle. On peut citer également le cas de Lotus qui, tant sur l'Evora 414 E hybride que sur la Proton Emas, a combiné une batterie lithium-ion avec un petit moteur 3 cylindres de 1,2 L et d'une puissance de 47 ch.
Voir le diaporama :
Globalement, ce salon de Genève marque plutôt un retour en force de l'hybride classique (VW Touareg, Porsche Cayenne et GT3R, Ferrari 599 Kers HY, Audi A8 hybride, Concept BMW Série 5 hybride, Hyundai i-Flow hybride-diesel) et rechargeable (Suzuki Swift, Porsche 918 Spyder, Kia Ray, Citroën REVOLTe), même si plusieurs marques comme Nissan, Renault (plus en retrait sur ce thème à Genève), Rinspeed, Heuliez, Seat et Volkswagen ont communiqué sur l'électro-mobilité. Le tout est de savoir si c'est dû à l'actualité ou si cela traduit une réorientation dans les bureaux d'études.