Vous avez peut être entendu parler de la suspension Bose (oui, du même nom que le spécialiste du son)... J'avais consacré à l'époque un reportage sur M6 Turbo à cette incroyable invention, mise au point au bout d'un quart de siècle de recherche et qui, grâce aux électro-aimants et à une certaine puissance de calcul, permet au véhicule de rester à plat. C'est une véritable révolution dans le domaine de la suspension qui renvoie les systèmes des constructeurs au rang de gadget. Bose annonce aujourd'hui une application dérivée de ce système. Mais, je vous propose d'abord de revoir le sujet TV :
A défaut d'avoir convaincu les constructeurs automobiles d'adopter sa technologie électro-magnétique, Bose s'est tourné vers le secteur du poids-lourd. Et, voici le résultat :
La société américaine a tout simplement conçu un siège suspendu. Le Ride System offre un confort bien supérieur aux sièges classiques à suspension par air (lesquels n'évitent pas les vibrations). Tout comme pour l'automobile, la méthode de Bose consiste à détecter les chocs de la route et à envoyer des contremesures. Par de puissants algorithmes, le système arrive à maintenir une assiette constante. L'amplificateur qui est relié au capteur ne consomme pas plus qu'une ampoule de 50 watts. Ce siège, sur lequel travaille Bose depuis 1994, va être proposé aux entreprises qui exploitent des flottes de camions à partir de mars. Le siège s'installe en deux heures et se connecte à la batterie pour l'alimentation. Voilà qui va peut être finir par convaincre les constructeurs (PL, et peut être auto) et qui relancera peut être l'incroyable suspension électromagnétique de Bose.
Depuis 2001, Michelin organise un "Design Challenge" qui met à contribution de jeunes designers du monde entier sur un thème donné. Leurs réalisations sont ensuite exposées sous forme de maquettes, dans un espace en sous-sol du salon de Detroit. Pour l'avoir visité plusieurs fois (contrairement aux médias français qui ignorent superbement ce concours), cela vaut le coup d'être vu. Pour cette édition 2010, Bibendum avait donc choisi le thème du véhicule électrique, avec en corollaire son fameux concept Active Wheel de roue avec moteur électrique incorporé. Le challenge a été relevé par de nombreux designers avec des idées surprenantes comme la recharge sans fil ou l'auto-alimentation. Michelin présente sous forme de vidéo les coulisses de ce concours : http://www.michelinchallengedesign.com/MCD_2010/mcd_flv_video_2010.asp
Commençons d'abord par le français Anthony Jannarelly avec sa suprenante iMo. Si la forme évoque davantage un iMac sur deux roues (pour moi c'est plus un oeuf Kinder) qu'une voiture électrique, l'engin est sympa. Mais surtout, je trouve originale l'idée d'un parking le long des murs et surtout à l'aide de ballons (des dirigeables actionnés par des robots qui restent sur place ou posent les iMo sur le toit des buildings pour libérer la rue). Vous pouvez consulter des animations sur ce site : http://www.imoconcept.com/
Sur ce projet "Roller Sphere" du bulgare Krasimir Emilov Asenov, l'auto est une boule qui se déplace avec un système du type chenille (Caterpillar) avec l'aide de caoutchouc synthétique. Un système de gyroscopes permet de garder l'équilibre, d'avancer et de tourner. L'énergie combine l'électrique et le solaire.
On revient à des formes un peu plus "automobiles" avec la NPLX du chinois Peixin Li. C'est une auto flexible, dont le nombre de places (de 1 à 4) et de roues (de 2 à 4) peut changer. Elle accueille son propriétaire par des flashes lumineux et peut changer d'apparence extérieure. L'auto combine l'énergie solaire, l'électricité et la suspension magnétique.
La vidéo ci-dessus est de Joao Dias, un portugais qui a conçu la Zeus. C'est une voiture de sport électrique. Parmi les innovations, on peut citer les roues qui pivotent à 180 pour faciliter la maniabilité, les modes "ville" et "autoroute" avec des roues dont la taille change pour faciliter l'insertion dans le trafic, des joysticks pour piloter, des commandes tactiles et de l'énergie stockée dans des super-capacités.
Dans le genre électrique et viril, voici "The Yog" de l'indien Arun Thomas. C'est une moto en forme de Y avec trois grosses roues. Le pilote est assis sur un pack ultra-mince de batteries.
L'américain Robert Marvin a imaginé, avec la GRIDcharger, un véhicule alimenté par une turbine à vapeur. La turbine charge les batteries de bord ainsi que les quatre moteurs électriques. Le véhicule innove également par une suspension à sustentation magnétique de type Maglev (comme les trains russes), qui vient réduire la résistance au roulement, alors que la roue motorisée récupère de l'énergie au freinage. Et la nuit, on ne branche pas la GRIDcharger pour faire le plein, mais pour alimenter la maison ! C'est la 5ème fois que ce Géo Trouvetou est sélectionné en finale du Michelin Design Challenge.
Cette réalisation est plus classique, mais j'aime bien. Le finlandais Jukka Rautiainen a imaginé avec la Minilux un véhicule électrique et solaire, capable de se recharger avec des panneaux photovoltaïques et de redonner du courant électrique au réseau en cas de trop plein.
Mais, gardons le meilleur pour la fin avec "DOT TIRE" du coréen Dongil Kim. Les points qui recouvrent la bande de roulement du pneu transfèrent l'énergie cinétique au moteur électrique, ce qui fait que la voiture se charge en roulant. Et l'auto change de couleur en fonction du niveau de la batterie.