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mercredi 17 octobre 2012

Premiers retours d'expérience sur la Mini E à Paris

Dans le cadre d'un événement, qui a permis par ailleurs de présenter pour la première fois en France l'Active E et les concepts i3 et i8 du dernier salon de Francfort, le groupe BMW a réuni la plupart des 50 pionniers qui ont roulé en Mini électrique. Ils étaient une quarantaine hier, rassemblés à l'Espace Cardin. J'y étais, d'autant que j'avais été sollicité en tant qu'expert par le constructeur pour animer une partie des débats. C'était un moment très spécial, car si ces hommes et femmes - qui ont postulé par Internet et qui ont été sélectionnés à l'issue d'un procédé très rigoureux - ne se connaissaient pas, ils partagent une même passion pour ce prototype qu'ils ont a-do-ré. Le caractère sportif de la Mini E et son extraordinaire freinage regénératif - qui permet de ralentir sans avoir à freiner, en profitant du frein moteur - ont vraiment séduit.




Ce n'est pas moi qui le dit, mais une étude qui a été menée par l'IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux). Car, tous les conducteurs de Mini E, qui payent pour faire ce test, ont accepté de répondre à des questionnaires très détaillés. Leur avis est unanime : tous les participants ont vraiment apprécié la voiture, à tel point d'ailleurs que quelques privilégiés ont réussi à la conserver et à refaire une deuxième vague de tests. Parmi les enseignements, on note que l'autonomie de 150 km couvre largement les besoins. La moyenne des trajets est de 47 km sur les candidats de la première vague. En général, ils rechargent à domicile 5 fois par semaine, d'autres ayant le réflexe de recharger tous les jours (comme pour leur smartphone). En ce qui concerne la charge, le délai de 9 à 10 h (sur une prise classique) est jugé inadapté, d'où une demande pour une "wall box" qui permet de charger en 4 h.



L'autre information concerne le silence de fonctionnement. L'absence de bruit est à la fois une source de satisfaction et d'inquiétude (car les piétons n'entendent pas), mais personne ne réclame pour autant de bruiteur électronique. Les tests ont permis de faire découvrir à l'entourage des pionniers (c'est le nom des conducteurs de Mini E) ce qu'était une voiture électrique. Car, malgré une communication débridée à ce sujet, la plupart des français ne savent toujours pas si ça existe ou pas. Ceux qui ont eu l'occasion de découvrir la Mini E étaient surpris de voir que la voiture était 100 % électrique (ils la croyaient hybride). Et eux aussi ont changé leur regard sur l'électrique, en raison des performances en matière d'accélération. Certes, il y a eu aussi quelques critiques sur l'habitabilité (une stricte deux places) et le chargeur à domicile (certains ne fonctionnaient pas). Mais, c'est plutôt positif. D'ailleurs, 92 % des testeurs recommandent de passer à l'électrique.



En dehors de ces résultats et des échanges que j'ai pu avoir avec ces clients, j'ai appris deux ou trois petits choses. Par exemple, un expert d'EDF a réussi l'exploit de parcourir 237,5 km avec une seule charge au volant de la Mini E. Certes, il a roulé pendant 5 h pour y arriver en empruntant des routes de campagne, mais quand même...Certains ont réussi plus modestement à faire 180 km. L'autre information concerne le test mené par le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique et aux énergies alternatives) avec une Mini E entre Grenoble et Chambéry à l'INES (Institut National de l'Energie Solaire). La voiture, qui a parcouru près de 10 000 km en quelques mois, a été rechargée dans 30 % des cas avec de l'électricité produite à partir de panneaux photovoltaïques.
Enfin, EDF a reconnu que le test de la Mini E était le premier du genre en France. Il prend fin le 12 décembre.

mardi 7 août 2012

La Mini "E" prend la route en Allemagne





Vous avez déjà entendu parler de la Mini "E" ?
Il s'agit de la version électrique de la célèbre Mini, de BMW, avec un moteur électrique et des batteries lithium-ion. Une première série de 500 modèles a été introduite aux Etats-Unis, en Californie, à New York et dans le New Jersey. Le déploiement se poursuit avec des Mini "E" en Allemagne, à Berlin et plus récemment à Munich, où la firme bavaroise a conclu un accord avec E.ON, la compagnie d'énergie. Une quinzaine de voitures vont circuler dans la ville et utiliser des stations de recharge.




En tout, 600 véhicules électriques vont être testés.
BMW a la ferme intention de commercialiser ces futures voitures électriques. D'ailleurs, le constructeur a annoncé le choix de son fournisseur de batteries : ce sera SB Limotive (une joint venture entre Bosch et le coréen Samsung).
Il est très courant (oui, je sais un jeu de mots facile) pour des constructeurs de se "marier" avec des fournisseurs de batteries. Voici d'ailleurs la liste à ce jour :
Mercedes-Evonik, Volkswagen-Sanyo, GM-Hitachi (Chevrolet-LG Chem pour la Volt), Renault-Nissan-AESC (JV avec NEC), PSA-Mitsubishi (JV avec GS Yuasa : Lithium Energy Japan), Ford-Magna et Johnson Controls, sans oublier l'alliance entre Saft et Johnson Controls et le partenariat entre l'équipementier Continental et Enax.
Au passage, on peut signaler aussi les partenariats avec les compagnies d'énergie : BMW-E.ON, Mercedes-RWE, Toyota-EDF, Volvo-Vattenfall.

mercredi 4 juillet 2012

BMW pied au plancher sur l’électro-mobilité (part 1)

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A l’occasion d’un séminaire sur l’électro mobilité à Munich, auquel j’ai assisté, BMW a levé un pan du voile sur le projet Méga City (ou projet i) qui désigne la future voiture électrique qu’il lancera en 2013. C’est le patron du design, Adrian van Hooydonck, qui a révélé les lignes de ce modèle. Il ne s’agit encore que d’un sketch, car le design n’a pas encore été finalisé par le board de BMW. Néanmoins, on devine que l’auto sera à connotation sportive et plaisante à conduire (« fun to drive »). Fruit d’un compromis entre le luxe et le développement durable, la future voiture zéro émission du groupe BMW se tourne vers le futur et emprunte quelques traits au concept Vision Efficient Dynamics du dernier salon de Francfort. Le constructeur bavarois créée ainsi le buzz pour occuper un terrain médiatique qu’il a laissé à d’autres, en particulier l’alliance Renault-Nissan, alors que c’est le seul à pouvoir justifier d’actions concrètes avec 600 véhicules qui circulent dans le monde depuis plus d’un an, et qu’ont pu tester en conditions réelles de vrais clients.


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Au-delà de l’annonce médiatique, ce rendez-vous a été l’occasion de discuter technique. Car, chez BMW, on a affaire à des ingénieurs pointus qui aiment relever des défis. Et là, on voit la différence par rapport à la France. Outre-Rhin, on ne fait pas du bricolage. Et la com’, c’est quand on a quelque chose à montrer… Le développement durable n’est pas un vain mot chez cette marque qui a eu le courage de tirer un trait sur la Formule 1 et de se lancer dans une traque des grammes de CO2, à travers le programme Efficient Dynamics. Le pari est d’ores et déjà réussi, avec une moyenne d’émissions comparable à celle d’un constructeur généraliste. Mais, BMW est convaincu que l’avenir passe par autre chose que les carburants. Sa stratégie repose sur l’électrique, ainsi que l’hybride et à plus long terme l’hydrogène*.
*Contrairement à ce qui a pu être annoncé, BMW ne renonce pas à l’hydrogène. Simplement, il ne ne donnera pas suite a priori à la piste de l’hydrogène liquide que l’on utilise dans un moteur conventionnel et va s’intéresser à la pile à combustible.

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Il est important de noter que, si la chancelière Angela Merkel rêve de voir un million de voitures électriques sur les routes en 2020 en Allemagne, le constructeur pense qu’à cette date la part de marché du véhicule électrifié (véhicules électriques purs et hybrides combinés) oscillera entre 5 et 15 %. Pour l’anecdote, on rappellera que la première voiture électrique de BMW est apparue en 1972 lors des JO de Munich et qu’un modèle spécifique, la E1, a été présentée en 1993. Ce n’est donc pas une préoccupation d’hier.

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Ce que j’ai appris en allant à Munich, c’est que la décision de se lancer dans l’électrique a été prise vers 2012-2007, avant que Renault ne commence son plan média. BMW est allé très vite et a pu présenter à la surprise générale une Mini électrifiée, la Mini E, lors du salon de Los Angeles fin 2008. Et dès 2009, la marque a pu lancer un programme de leasing. Pour 800 $ par mois, et pendant deux ans pour certains, de vrais clients ont pu rouler à l’électrique et au quotidien. Plus de 450 exemplaires ont roulé ainsi aux USA. Les tests ont eu lieu également en Allemagne, à Berlin et Munich, et c’est au tour de l’Angleterre et de la France d’accueillir la Mini E. En France, elle arrivera à partir du mois de novembre. 50 voitures vont circuler dans la capitale et dans l’ouest parisien, dont 25 réservées à des particuliers qui pourront s’inscrire sur le site de Mini, à partir de la mi-juillet. Les heureux élus pourront rouler avec pendant 6 mois, pour un loyer de 500 Euros par mois. L’opération va avoir lieu jusqu’en décembre 2011.

Voir le clip Mini E :



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La Mini E est une auto classique électrifiée. Elle a été transformée de façon à pouvoir accueillir la batterie (8 modules de 12 cellules) dans le plancher et le moteur électrique à l’avant. Résultat : elle perd deux places au passage et son coffre est largement condamné. Mais, c’est en quelque sorte un « brouillon » pour tester la technologie des accumulateurs lithium-ion et pour évaluer quels sont les comportements en matière de mobilité. J’ai pu tester la Mini E sur route ouverte dans les environs de Munich et il faut reconnaître que c’est un beau jouet. Le moteur électrique développe l’équivalent de 204 ch. Autant dire que la Mini E est un vrai kart. Elle accélère très fort et se distingue par un frein moteur important. On pourrait presque la conduire sans toucher au frein, car le simple fait de lever le pied entraîne une décélération. Bardée de stickers, l’auto est assez craquante. J’ai pu toutefois mesurer que, quand on s’en sert comme d’un dragster, l’autonomie baisse rapidement. La Mini E est donnée pour 240 km théoriques, ce qui veut donc dire 160 km réels.

Voir le diaporama :



A suivre : l’Active E et le projet Méga City…

vendredi 30 mars 2012

La voiture électrique en est encore au stade expérimental, et pour encore plusieurs années

Et qui le dit ? EDF et certains constructeurs comme par exemple le groupe BMW qui a déjà accumulé 10 millions de km en tests depuis fin 2008 dans plusieurs régions du monde (USA, Allemagne, Grande-Bretagne, en ce moment la France et à suivre le Japon et la Chine) avec sa Mini E et qui va continuer jusqu'à l'arrivée de sa i3 en 2013. Voilà ce qu'on pouvait entendre hier dans le cadre du congrès eCarTec à Paris. Cet événement, boudé par les constructeurs français, traite de l'électro mobilité sous un angle technique et économique. Le sentiment global est que les différentes briques de l'éco système se mettent en place (bornes de recharge, facturation par les producteurs d'énergie, coopération avec les loueurs), mais que tout cela est compliqué et que cela va prendre du temps. "C'est la première fois dans l'histoire de l'automobile qu'on introduit une nouvelle technologie sans qu'il n'y ait de standards communs entre les acteurs", soulignait par exemple Thomas Soulier de Mobix.



A mille lieues du buzz aussi extravagant que futile entretenu par les constructeurs, les experts présents à ce congrès ont fait preuve de prudence. Il a été question de tests et de retours d'expérience, d'auto partage, de modèle économique avec des formules d'accès à de la recharge depuis des centres commerciaux ou des parkings, le rôle des loueurs... Car, de l'avis de beaucoup de partenaires potentiels, il est très difficile de travailler avec les constructeurs automobiles. Des industriels qui se contentent de remplacer des voitures thermiques par des voitures électriques, sans régler les problèmes d'encombrement et de stationnement, et qui espèrent perpétuer leur modèle fondé sur les volumes de masse là où la logique commande plutôt d'apporter une réponse adaptée à des besoins ponctuels.



Je retiens ces chiffres d'EDF : alors que 2012 est annoncée comme l'année de lancement pour le grand public (actuellement, il se vend à peine plus de 100 VE par mois), les volumes ne seront que de 50 à 80 000 unités par an en 2015. Il faut encore réduire les coûts pour les batteries d'un facteur 2,5 à 3 et améliorer la durée de vie des batteries jusqu'à 10 ans. Et quoi qu'on en dise, l'autonomie reste encore largement perfectible, surtout que les premiers clients vont sans doute constater le décalage entre la théorie et la réalité.

lundi 20 février 2012

Une étude remet en cause les certitudes autour de la voiture électrique


Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'une étude réalisée par des étudiants de l'ESCP Europe. Il s'agit de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris, qui prépare notamment à un Master "European Business". L'étude a été réalisée sur décembre et janvier sur le thème : "les véhicules électriques ont-ils un marché ?". Il se trouve que je fais partie des 754 personnes qui ont donné leur avis et qui ont répondu à un questionnaire assez fouillé. C'est par une diffusion sur quelques sites spécialisés et sur Facebook que les personnes ont été recrutées.


L'étude a été préparée pour le compte de Cap Gemini, une firme de consulting bien connue et qui opère dans le domaine de la technologie. Si cela vous intéresse, je vous invite à cliquer sur ce lien : http://sites.google.com/site/lesnouvellesvoitures/home/les-resul.


Alors, qu'apprend-on dans cette étude ? A mille lieues des études un peu dirigées ou des prévisions au doigt mouillé que l'on a l'habitude de lire, la méthode a au moins le mérite du bon sens. Les étudiants ont interrogé les participants sur l'adéquation entre la demande et l'offre et ont essayé de dresser le profil des acheteurs potentiels.



Sur le premier point, on apprend que 91 % de l'échantillon parcourt moins de 100 km par jour, que la moitié a déjà une citadine et que la moitié aussi ne prend jamais les transports en commun. Le prix et l'autonomie sont les facteurs les plus importants. Et là, la grosse surprise, c'est que l'autonomie souhaitée est de 232 km en moyenne. Autant dire que c'est bien plus que ce que promettent les constructeurs (130 à 160 km pour les batteries lithium-ion, 250 km pour Bolloré qui a une technologie différente). S'agissant du prix, un quart ne paiera plus cher et 9 % demandent même à payer moins. Apparemment, les clients potentiels demandent à ce que la voiture électrique soit au même prix qu'une version thermique.



S'agissant de l'offre, inexistante, les sondés ont été amenés à s'exprimer sur la Blue Car de Bolloré et sur la Renault Zoé. La première devrait sortir d'ici quelques mois, mais les personnes interrogées ont une mauvaise image de l'entreprise Bolloré et ont l'impression que le projet n'avance pas. Elle est toutefois considérée comme la meilleure. Quant à la Zoé, annoncée pour 2012, elle fait trop futuriste et n'est ni une citadine, ni une routière. Les soi disant experts en marketing apprécieront...



Les personnes interrogées ont été soumises à un panel de 10 véhicules : Bolloré Bluecar, Heuliez Friendly, Mitsubishi i-MIEV, Mini E, Nissan Leaf, Peugeot iOn, Renault Zoé, Renault Twizy, Smart ED et Tesla roadster. Quand on fait la synthèse des résultats, on se rend compte que ce sont les modèles à grande autonomie et à faible temps de charge (4 h est la durée moyenne souhaitée), ce sont en fait des voitures atypiques qui se distinguent. Pour l'ESCP Europe, il n'y a pas photo, le podium idéal est :
1) Bolloré Bluecar
2) Mini E
3) Heuliez Friendly
Ce classement est toutefois à relativiser, car il n'est pas sûr que les modèles en question sortent vraiment un jour. Bolloré sera plus un producteur de batteries qu'un constructeur. BMW prévoit en fait une auto électrique en 2013 (projet Mégacity) qui n'aura sans doute rien à voir avec la Mini. Quant à Heuliez, c'est la survie même de l'entreprise qui est en jeu.



En fait, l'enseignement principal est que la clientèle potentielle n'est pas plus "green" que cela, habite aussi bien ville qu'à la campagne, et que la recharge se fera surtout chez soi et à la campagne. Voilà qui tempère un peu les ambitieux projets de recharge rapide et de stations "quick drop" pour les batteries. La mobilité alternative façon "Autolib" à Paris ne suscite pas non plus beaucoup d'enthousiasme (même si moi je considère que c'est très bien pour éduquer le marché). Les constructeurs devront également présenter la voiture électrique comme étant plus fun et porteuse d'innovations (notamment avec un GPS connecté).
Autant dire qu'il y a encore du pain sur la planche et que ce n'est pas le marketing viral à la Facebook qui va régler le problème.