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mercredi 12 septembre 2012

Allemagne-France : le choc des cultures autour de l'électrique

Il y a deux ans, Renault venait défier les constructeurs allemands en dévoilant à Francfort les concepts de ses 4 futurs modèles ZE. Nous sommes en 2011 et il s'est passé beaucoup de choses. La marque au losange, qui a accumulé entre temps quelques déboires, et dont seulement deux modèles sortiront cette année à l'automne (Fluence et Kangoo ZE) et le troisième en fin d'année (Twizy), sera au salon avec un nouveau concept électrique, Frendzy. A priori, il n'y aura pas de révélation pour la version de série de Zoe. Mais, on ne sait jamais et il se murmure que Renault pourrait faire des annonces sur l'autonomie de ce modèle, le plus emblématique d'entre tous. Quant à PSA, il sera bien entendu présent avec la Peugeot Ion et la Citroën C-Zéro. Toutefois, l'actu de cette édition 2011 est le lancement de l'hybride diesel avec la 308 Hybrid4 chez Peugeot (et le pendant chez Citroën avec la DS5). Il est à noter que Renault et PSA seront présents dans le tout nouveau hall dédié à la mobilité électrique, et auquel s'associent également Chevrolet, Daimler, Mitsubishi et Opel (sans oublier Mia Electric). Mais, cette année, l'Allemagne se livrera à une démonstration de force. La quasi-totalité des marques germaniques a prévu de montrer des concepts et de futurs modèles. Les constructeurs avancent avec le soutien de géants de l'industrie comme Bosch et Siemens, ainsi qu'avec le soutien de l'Etat fédéral.



Les allemands ont structuré leur outil industriel. Daimler a par exemple mis en place sa filière pour les batteries (Deutsche Accumotive avec Evonik) et les moteurs électriques, en coopération avec Bosch. Les Mercedes et Smart électriques de série sortiront avec des composants "made in Germany". Par ailleurs, les constructeurs allemands testent plusieurs technologies (prolongateur d'autonomie, traction intégrale électrique, hybride rechargeable, pile à combustible). Ils s'investissent aussi dans l'allègement. Bien avant les français, ils ont accumulé aussi des tests intensifs (15 millions de km pour le seule groupe BMW) et en conditions réelles (y compris en France pour Mini), alors que Renault vient de lancer le projet SAVE avec Nissan et que PSA vient de démarrer un test en Bretagne. Ceci étant dit, quelles sont les forces en présence ?


BMW i3 et i8

La marque bavaroise est la première à prendre la parole ce matin pour présenter sous forme de concepts les deux premiers modèles de sa marque BMW i : la i3 électrique et la i8 hybride rechargeable. Les deux modèles sortiront en 2013. Le point fort ? Une architecture modulaire et une cellule réalisée en PFRC (plastique renforcé en fibre de carbone).

Voir la vidéo :



Volkswagen et Audi en position de force

Le groupe VW sort la grosse artillerie. Alors que la Golf Blue e-Motion est à l'essai sur le stand, Volkswagen présente son concept NILS de monoplace électrique. Une vision de ce que pourrait être la mobilité électrique en 2030. Dans la même veine, et avec les mêmes composants, Audi a préparé un Urban Concept avec des grosses roues de 21 pouces. Elle présente aussi une A2 concept, électrique bien sûr, et qui préfigure la future A2 e-tron. La marque aux anneaux a prévu par ailleurs un show autour de la R8 e-tron sur son gigantesque stand en forme d'anneau, qui a été aménagé à l'extérieur. Pour être complet, Seat (autre marque du groupe) a prévu un concept hybride plug in et la Porsche Boxster E sera présentée pour la première fois sur un salon.

Voir la vidéo sur Audi et sa griffe e-tron :



Daimler et la Smart

2012 est aussi l'année du lancement pour la Smart électrique (testée dans cette configuration depuis 2007) et pour la Classe A électrique chez Mercedes. Smart fera le show avec le concept Forvision, réalisé avec l'aide de BASF et qui montre comment l'allègement et de nouveaux matériaux peuvent améliorer l'autonomie. La marque annonce également le lancement de son e bike.


Opel vise les jeunes

La marque au blitz lance l'Ampera dans toute l'Europe. Comme la Chevrolet Volt, dont elle s'inspire (et partage la technologie), ce modèle joue la carte du prolongateur d'autonomie pour éviter l'anxiété liée à la panne de batterie. Mais, Opel a aussi prévu un modèle "junior" à deux places (que l'on présente sous le nom de RAK e) et qui vise la même cible que la Twizy de Renault.

Voir le diaporama :


Le match Allemagne-France sera intéressant à suivre, alors que notre ministre de l'industrie a réuni la filière à Bercy et qu'il a rappelé l'ambition d'être à l'avant-garde mondiale. Mais, n'oublions pas que PSA collabore avec BMW sur l'hybride et que Daimler a rejoint l'alliance Renault-Nissan. Autre singularité : Mia Electric est franco-allemand.

mercredi 20 juin 2012

A la découverte de la Mia Electric (troisième partie)


Suite et fin de la présentation de la Mia Electric. Après la présentation de l'entreprise et le récit du tout premier essai de ce modèle, je propose de lever une partie du voile sur la stratégie. L'un des atouts de ce véhicule, c'est qu'il est connecté. Lors de sa conception, Mia Electric, a prévu deux bus CAN pour l'électronique embarquée, dont l'un prévu pour la télématique. La micro citadine embarque un boîtier avec une puce GPS et une connexion 3 G, ce qui permet de remonter des données en temps réel (suivi, maintenance), mais aussi de piloter certaines fonctions à distance (activation de la climatisation, verrouillage des ouvrants). Ces fonctions ont été pensées par rapport à l'auto partage, mais elles vont s'avérer très pratiques également pour le grand public.



Dans le cadre de son ouverture aux particuliers (Heuliez n'a jamais vendu qu'aux constructeurs et c'est aussi une première pour Mia Electric, toute jeune entreprise issue d'Heuliez), la société doit en effet s'appuyer sur de nouveaux outils. Et, précisément, la communication embarquée permettra de faciliter les interventions en après-vente. En ce qui concerne la distribution, Mia Electric passe pour le moment par son site Internet pour prendre les commandes, mais un partenaire doit être annoncé d'ici la rentrée. Son profil devrait créer la surprise par rapport à ce qui se fait d'habitude dans l'automobile.


La Mia va connaître également des évolutions techniques. Un pack batterie de 18 kWh est prévu à terme, pour les clients qui nécessitent d'avoir plus d'autonomie. Par ailleurs, un prolongateur d'autonomie à base de pile à combustible est aussi à l'étude, avec cette fois un rayon d'action qui passerait à 300 km.


L'autre événement est l'arrivée programmée d'un autre modèle dans la gamme. La Mia aura une grande soeur en 2014. Précisons que Mia Electric bénéficie du concours de deux pointures du design, avec Murat Gunak (ex patron du style chez Volkswagen) et David Wilkie (qui officiait chez Bertone). L'un habite Wolfsburg en Allemagne et l'autre Turin en Italie, mais ils viennent la semaine à Cerizay pour travailler sur les projets.


Et parmi les projets, en voici un autre. Il a pour nom Agiwhyl. Il s'agit en fait de la suite, sous le nom de Mia, du projet initié par Heuliez avec Michelin sur la Will : la voiture sur base d'Opel Agila équipée des moteurs roue Active Wheel. Le projet se poursuit dans le cadre de l'Ademe, mais le souhait est de pouvoir proposer une solution commercialisable d'ici deux à trois ans.
Pas mal pour une PME établie dans les Deux-Sèvres... Mais, rappelons que Mia Electric capitalise sur une expertise de longue date : Heuliez avait lancé dès 1984 la fabrication de ses premiers véhicules électriques (des bus à Tours), a produit tout de même 6500 véhicules pour PSA (des Peugeot 106 et Citroën Saxo électriques) et a collaboré avec Dassault de 2001 à 2007 à travers la SVE (Société des Véhicules Electriques).

mardi 19 juin 2012

A la découverte de la Mia Electric (deuxième partie)

Voici donc la suite de mon récit, après la visite vendredi dernier du site de production de la Mia à Cerizay, dans les Deux-Sèvres. Comme je le disais hier, ce concept a été mûrement réfléchi à partir d'une feuille blanche. Contrairement à d'autres constructeurs, Mia Electric est parti du constat qu'une voiture électrique ne pouvait pas tout faire. C'est donc une micro citadine, taillée pour la ville, et qui - dans des dimensions réduites - est quand même capable d'accueillir trois passagers et des bagages.



Vous voulez entrer à bord ? Pas de problème, il suffit d'appuyer sur ce bouton en forme de fleur sur l'aile pour ouvrir les portes coulissantes (une de chaque côté). Un bouton similaire de chaque côté à l'intérieur permet d'ouvrir ces mêmes portes.


L'habitacle se présente ainsi. Le conducteur est placé au milieu et vers l'avant, alors que les deux passagers sont placés de part et d'autre et peuvent allonger leurs jambes. L'avantage de la position centrale, c'est qu'on bénéficie d'une bonne vision périphérique (facilitée par les larges surfaces vitrées).


L'un des aspects les plus étonnants de la Mia, c'est son rayon de braquage. La voiture tourne littéralement sur elle même. J'ai pu faire le test dans l'enceinte des locaux de Mia Electric, en slalomant à travers l'usine, mais aussi dans le bourg de Cerizay où la Mia peut se faufiler absolument partout.


Mais, encore une fois, ce n'est pas une voiturette*. La Mia est homologuée en classe M1 (et N1 pour la version utilitaire), ce qui veut donc dire qu'elle peut emprunter les voies rapides. J'ai d'ailleurs fait le test avec la Mia sur une grande route. La voiture plafonne à 100 km/h, mais elle n'a aucun mal à atteindre cette vitesse et ne craint pas les côtes. Pourtant, nous étions trois à l'intérieur au moment du test. A noter qu'un mode "éco" permet de limiter les appels de puissance pour préserver l'autonomie.


Le tableau de bord, sobre, se montre lisible. On peut voir s'afficher la récupération d'énergie au freinage quand on lève le pied de l'accélérateur.


Il y a en fait trois versions de cette voiture électrique : la Mia classique (de la taille d'une Smart), la Mia L (version longue de 3,19 m avec 4 places) et la Mia U (version utilitaire). La Mia de base sera proposée à 15 920 euros (bonus fiscal de 5000 euros déduit, mais batterie incluse) début 2012.

Voir le diaporama de l'essai de la Mia :



Demain, je parlerai des évolutions techniques à venir sur la Mia et des projets de Mia Electric.

*La Mia satisfait aux normes pour les crash tests. J'ai d'ailleurs visité le "cimetière" où sont entreposées les autos cassées pour la bonne cause.

lundi 18 juin 2012

A la découverte de la Mia Electric (première partie)

Invité de longue date par Mia Electric pour visiter les installations à Cerizay, dans les Deux Sèvres, j'ai sauté sur l'occasion hier, en marge d'un déplacement dans la région. C'était vraiment le moment, car la production de la micro citadine vient de démarrer cette semaine. Les premiers exemplaires fabriqués sont destinés à l'auto partage (service Yelomobile de La Rochelle à partir du 24 juin et Auto Bleue à Nice à partir du mois d'août), aux collectivités et aux entreprises. Mia Electric va produire 6000 véhicules cette année et 12 000 l'année prochaine. L'exploit de cette entreprise franco-allemande est d'avoir réussi à convaincre des clients dans toute l'Europe et en France, à partir de plans. Mais, le projet est solide et cohérent.



Avant de détailler la genèse de ce modèle, d'abord né sous le nom Heuliez Friendly, je voudrais d'avord dire un mot sur le sauveur de l'ex division électrique d'Heuliez. Il a pour nom Edwin Kohl. Le créateur du groupe pharmaceutique qui porte son nom (et qui réalise un milliard d'euros de chiffre d'affaires) est un écologiste convaincu et qui figurait parmi les premiers clients déclarés de la voiture. Actionnaire à titre individuel, en plus de son entreprise, il aide Mia Electric à se développer, tout en maintenant la production en France (alors que le siège est en Allemagne). Il va aussi contribuer à donner une image responsable de ce constructeur, en faisant construire une éolienne à chaque fois que 10 000 véhicules électriques seront vendus afin de réduire l'empreinte carbone. Pour être honnête, il faut aussi signaler que Ségolène Royal s'investit, en tant que Présidente de la région Poitou-Charentes, à la fois financièrement et en temps pour suivre le projet.


Tout le mérite donc de la Mia est d'être un véhicule compact, voire très compact, sans pour autant être un quadricycle à moteur. C'est une vraie voiture, qui nécessite un permis de conduire. Seulement, elle est légère (784 kg) et a été conçue autour de la chaîne de traction électrique. C'est donc un concept original, avec trois places assises et le conducteur en position centrale, ses deux portes coulissantes et une faible emprise au sol. La voiture a fait l'objet aussi d'une éco conception, avec des panneaux de carrosserie thermoformés (peu onéreux et facilement réparables) et surtout un réseau de fournisseurs locaux (ex : Leroy Somer pour le moteur électrique) afin de réduire l'empreinte carbone.


Mia Electric a aussi fait un choix original de batteries. Le parti pris a été d'intégrer des batteries lithium fer phosphate, moins chères que le lithium-ion - et aussi moins performantes il est vrai - mais plus stables et plus sûres. Leur intérêt est de ne pas avoir d'effet de mémoire et de supporter le "biberonnage" Ainsi, 10 mn de charge suffisent pour récupérer 8 km d'autonomie. Le constructeur offre le choix entre deux packs de batteries : 8 et 12 kWh, qui offrent de 80 à 130 km d'autonomie.

Voir la diaporama la Mia en production :



Demain, je parlerai de mon essai et des atouts commerciaux de la Mia.

mardi 7 février 2012

Où en est Mia Electric aujourd'hui ?

Le constructeur franco-allemand de la région Poitou-Charentes, issu du carrossier Heuliez et contrôlé par le Dr Kohl, ne semble pas trop ressentir les effets de la crise. Si l'on en croit son directeur général, Laurent Buffeteau, il se vend actuellement entre 12 et 14 Mia par jour. Soit, un volume de 250 véhicules par mois qui se vendent principalement en France (auto partage, collectivités). En bon gestionnaire et afin de limiter ses stocks, Mia Electric a décidé de caler la production en fonction des ventes réalisées (l'inverse de ce que font les grands constructeurs...). L'objectif est de doubler les volumes à partir du mois de mai. Mia veut faire la différence par ses produits abordables, mais aussi par une politique de distribution originale.



Depuis début janvier, il est possible d'acheter la Mia chez 40 revendeurs spécialisés dans toute la France, ainsi que sur le site d'Aramisauto.com, le célèbre mandataire. Et en ce qui concerne le service après-vente et l’entretien pour les particuliers, le constructeur a passé un accord avec un réseau de réparateurs agréés. Ainsi, Mia intervient sur rendez-vous au domicile des clients. La marque dispose pour cela d’une flotte de camions avec tout le matériel nécessaire et d’une équipe de techniciens ("flying doctors") capable de gérer 99 % des cas de figure. C'est un véritable plus pour les clients qui n’ont pas à se déplacer pour l’entretien de leur Mia. Tout acheteur bénéficie également d’un service assistance 24h/24 et 7 jours/7, par le biais d’un numéro vert, avec un réseau national de 520 réparateurs itinérants et de 50 centres d’expertise agréés Mia, répartis dans toute la France. Dans tous les cas d’immobilisation, un véhicule de prêt est mis à disposition. Pour les flottes d’entreprise, un partenariat a été conclu avec la société Aprolis qui gère l’après-vente directement auprès des sociétés ou des collectivités.