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mardi 19 juin 2012

A la découverte de la Mia Electric (deuxième partie)

Voici donc la suite de mon récit, après la visite vendredi dernier du site de production de la Mia à Cerizay, dans les Deux-Sèvres. Comme je le disais hier, ce concept a été mûrement réfléchi à partir d'une feuille blanche. Contrairement à d'autres constructeurs, Mia Electric est parti du constat qu'une voiture électrique ne pouvait pas tout faire. C'est donc une micro citadine, taillée pour la ville, et qui - dans des dimensions réduites - est quand même capable d'accueillir trois passagers et des bagages.



Vous voulez entrer à bord ? Pas de problème, il suffit d'appuyer sur ce bouton en forme de fleur sur l'aile pour ouvrir les portes coulissantes (une de chaque côté). Un bouton similaire de chaque côté à l'intérieur permet d'ouvrir ces mêmes portes.


L'habitacle se présente ainsi. Le conducteur est placé au milieu et vers l'avant, alors que les deux passagers sont placés de part et d'autre et peuvent allonger leurs jambes. L'avantage de la position centrale, c'est qu'on bénéficie d'une bonne vision périphérique (facilitée par les larges surfaces vitrées).


L'un des aspects les plus étonnants de la Mia, c'est son rayon de braquage. La voiture tourne littéralement sur elle même. J'ai pu faire le test dans l'enceinte des locaux de Mia Electric, en slalomant à travers l'usine, mais aussi dans le bourg de Cerizay où la Mia peut se faufiler absolument partout.


Mais, encore une fois, ce n'est pas une voiturette*. La Mia est homologuée en classe M1 (et N1 pour la version utilitaire), ce qui veut donc dire qu'elle peut emprunter les voies rapides. J'ai d'ailleurs fait le test avec la Mia sur une grande route. La voiture plafonne à 100 km/h, mais elle n'a aucun mal à atteindre cette vitesse et ne craint pas les côtes. Pourtant, nous étions trois à l'intérieur au moment du test. A noter qu'un mode "éco" permet de limiter les appels de puissance pour préserver l'autonomie.


Le tableau de bord, sobre, se montre lisible. On peut voir s'afficher la récupération d'énergie au freinage quand on lève le pied de l'accélérateur.


Il y a en fait trois versions de cette voiture électrique : la Mia classique (de la taille d'une Smart), la Mia L (version longue de 3,19 m avec 4 places) et la Mia U (version utilitaire). La Mia de base sera proposée à 15 920 euros (bonus fiscal de 5000 euros déduit, mais batterie incluse) début 2012.

Voir le diaporama de l'essai de la Mia :



Demain, je parlerai des évolutions techniques à venir sur la Mia et des projets de Mia Electric.

*La Mia satisfait aux normes pour les crash tests. J'ai d'ailleurs visité le "cimetière" où sont entreposées les autos cassées pour la bonne cause.

lundi 18 juin 2012

A la découverte de la Mia Electric (première partie)

Invité de longue date par Mia Electric pour visiter les installations à Cerizay, dans les Deux Sèvres, j'ai sauté sur l'occasion hier, en marge d'un déplacement dans la région. C'était vraiment le moment, car la production de la micro citadine vient de démarrer cette semaine. Les premiers exemplaires fabriqués sont destinés à l'auto partage (service Yelomobile de La Rochelle à partir du 24 juin et Auto Bleue à Nice à partir du mois d'août), aux collectivités et aux entreprises. Mia Electric va produire 6000 véhicules cette année et 12 000 l'année prochaine. L'exploit de cette entreprise franco-allemande est d'avoir réussi à convaincre des clients dans toute l'Europe et en France, à partir de plans. Mais, le projet est solide et cohérent.



Avant de détailler la genèse de ce modèle, d'abord né sous le nom Heuliez Friendly, je voudrais d'avord dire un mot sur le sauveur de l'ex division électrique d'Heuliez. Il a pour nom Edwin Kohl. Le créateur du groupe pharmaceutique qui porte son nom (et qui réalise un milliard d'euros de chiffre d'affaires) est un écologiste convaincu et qui figurait parmi les premiers clients déclarés de la voiture. Actionnaire à titre individuel, en plus de son entreprise, il aide Mia Electric à se développer, tout en maintenant la production en France (alors que le siège est en Allemagne). Il va aussi contribuer à donner une image responsable de ce constructeur, en faisant construire une éolienne à chaque fois que 10 000 véhicules électriques seront vendus afin de réduire l'empreinte carbone. Pour être honnête, il faut aussi signaler que Ségolène Royal s'investit, en tant que Présidente de la région Poitou-Charentes, à la fois financièrement et en temps pour suivre le projet.


Tout le mérite donc de la Mia est d'être un véhicule compact, voire très compact, sans pour autant être un quadricycle à moteur. C'est une vraie voiture, qui nécessite un permis de conduire. Seulement, elle est légère (784 kg) et a été conçue autour de la chaîne de traction électrique. C'est donc un concept original, avec trois places assises et le conducteur en position centrale, ses deux portes coulissantes et une faible emprise au sol. La voiture a fait l'objet aussi d'une éco conception, avec des panneaux de carrosserie thermoformés (peu onéreux et facilement réparables) et surtout un réseau de fournisseurs locaux (ex : Leroy Somer pour le moteur électrique) afin de réduire l'empreinte carbone.


Mia Electric a aussi fait un choix original de batteries. Le parti pris a été d'intégrer des batteries lithium fer phosphate, moins chères que le lithium-ion - et aussi moins performantes il est vrai - mais plus stables et plus sûres. Leur intérêt est de ne pas avoir d'effet de mémoire et de supporter le "biberonnage" Ainsi, 10 mn de charge suffisent pour récupérer 8 km d'autonomie. Le constructeur offre le choix entre deux packs de batteries : 8 et 12 kWh, qui offrent de 80 à 130 km d'autonomie.

Voir la diaporama la Mia en production :



Demain, je parlerai de mon essai et des atouts commerciaux de la Mia.

mercredi 7 mars 2012

Mia : le pari d'Heuliez pour son avenir


Bonne nouvelle : Heuliez est de retour. La PME des Deux-Sèvres, dont l'avenir est toujours incertain en raison de la valse des repreneurs (BKC, Brightwell...), a souhaité délivrer un message positif en venant exposer au salon de Genève et en présentant à la fois une nouvelle identité visuelle et un nouveau produit. Exit, la Friendly (qu'on appelait aussi la "Ségo Car", car elle avait participé à l'appel d'offres de Ségolène Royal pour développer une voiture électrique à 5000 €), et bonjour la Mia. Il s'agit d'une petite auto compacte et fun pour la ville, dotée d'une autonomie de 100 km et pouvant rouler jusqu'à 110 km/h. Et attention, c'est "Mia by Heuliez".



Depuis l’été 2009, une équipe de passionnés s’est alliée à Heuliez pour lui apporter ce souffle nouveau dont la « Mia by Heuliez » est le porte drapeau. La société a par ailleurs engagé deux grands noms du style et du design : Murat Günak, ex directeur du design de Volkswagen (et passé aussi par Mercedes et Peugeot) et président de Mindset depuis 2008, et David Wilkie, ex-directeur du design de Bertone. Un apport d'air frais dont avait besoin Heuliez pour réussir son pari de l'électrique.


Mia a été pensée pour offrir une habitabilité et un confort optimum. Le choix de la position centrale de conduite permet de proposer des dimensions compactes, ainsi qu'une visibilité périphérique adaptée à la conduite en ville. Sa grande surface vitrée est idéale en environnement urbain. Avec la possibilité d’enlever les sièges arrière pour bénéficier d'un volume de chargement optimal (jusqu'à 1,2 m3), Mia s’adapte à tous les besoins. Et en plus, elle est pratique : l'ouverture du coffre s'effectue grâce à un hayon, le retrait du plancher et du pavillon au niveau des portes latérales coulissantes crée une accessibilité hors du commun permettant de rentrer et sortir à gauche ou à droite dans un espace très restreint.
Du côté de la technique, Heuliez a fait le choix de batteries Lithium Phosphate de Fer (LiFePO4). Cette technologie permet d'avoir des batteries ultra sécurisées, sans effet mémoire et capables de parcourir de 100 à 230 km en fonction du pack de batterie choisi (6 à 18 kWh). Afin d’optimiser l’espace de vie les packs batterie sont placés dans le plancher. La recharge se fait en deux heures.

Voir la vidéo :




Le plus intéressant, c'est que ce n'est pas un énième concept qui ne verra le jour que dans deux ou trois ans (comme c'est le cas dans les salons et pour les plus grandes marques). En se connectant sur le site Mia by Heuliez (http://www.heuliez-mia.com/), il est possible de passer commande de la voiture. Remarquez, Heuliez avait déjà fait ça pour la Friendly, attendue à l'origine pour 2012. Là, la PME promet des livraisons à partir d'octobre 2010. La Mia est vendue 12 930 € TTC, en tenant compte du bonus écologique* de 5000 € avec un pack batterie en France. Avec une consommation de 0,01 €/km, un coût d’entretien et d’assurance largement inférieur à celui des voitures traditionnelles, la petite Heuliez est la première voiture électrique abordable à l’achat. Espérons que ça va marcher.

* sous réserve de confirmation par la loi de finance rectificative.

Voir le diaporama :