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mercredi 26 décembre 2012

Les pneus et le CO2


Prenons un peu d'avance et parlons de 2012 : une date à laquelle les automobilistes pourront choisir leurs pneus en fonction de leurs performances. L'Europe prévoit en effet d'instaurer une grille de notation, portant sur l'efficacité énergétique, l'adhérence sur le mouillé et le niveau sonore. Les pneus feront l'objet d'un étiquetage et devront respecter des standards minimaux de performances. Les américains et les japonais ont une approche similaire, même si les critères diffèrent quelque peu. Goodyear a communiqué sur ce thème pendant les mois de mai et juin lors d'une tournée à destination des distributeurs, et à laquelle je participais. Pour sa part, Michelin est revenu sur ce point lors du Mondial de l'Automobile et a donné quelques chiffres, passés inaperçus et que je me fais un plaisir de vous redonner.



Ainsi, 30 % des pneus actuels du marché ne pourraient plus être vendus en 2014, avec ces nouvelles normes. Et, lorsque les normes seront renforcées vers 2016, ce sont alors 70 % des pneus qui ne pourraient plus être autorisés à la vente. Les marques "Premium", qui sont partenaires des constructeurs, et qui font des efforts continus en matière de recherche et de qualité, seraient alors favorisées. Elles vont d'ailleurs commencer dès le début de 2012 à étiqueter leurs pneus en ce sens.


Un autre point mérite d'être souligné : celui de la résistance au roulement. Les pneus vont jouer un rôle essentiel en matière de réduction des émissions de CO2. Que ce soit l'Energy Saver chez Michelin (150 véhicules du marché l'utilisent en première monte) ou l'Efficient Grip de Goodyear, ces produits sont stratégiques pour les constructeurs, car ils économisent jusqu'à 4 grammes par km. Et ils le seront encore plus après 2012. La réglementation européenne prévoit en effet des pénalités pour les marques qui ne respecteraient pas les seuils prévus. Entre 2012 et 2018, le barème est le suivant:
5 € par gramme en cas de dépassement d'un gramme par km,
20 € par gramme en cas de dépassement de 2 ou 3 g par km,
45 € par gramme en cas de dépassement de plus de 3 g par km.
Le tarif sera encore plus lourd en 2019 avec 95 € par gramme de CO2 en cas de dépassement. Le prix est par véhicule, naturellement.
On comprend pourquoi les manufacturiers sont autant courtisés pour les pneus verts et pourquoi les marques qui font des 4X4 et des voitures de sport passent à l'hybride, voire à l'électrique.

dimanche 16 septembre 2012

Le pneu, un facteur essentiel pour le véhicule électrique



Quand on parle de la voiture électrique, et c’est un thème auquel personne ne peut vraiment échapper au salon de Francfort, on pense généralement à la batterie. A ce propos d’ailleurs, on peut se demander pourquoi il y a une telle différence entre les batteries classiques lithium-ion (130 à 160 km d’autonomie) et les batteries de véhicules plus exclusifs comme la Tesla qui revendique 400 km. En revanche, personne ne parle du pneu. Or, le pneumatique est un facteur important. Sur un véhicule classique à moteur thermique, la résistance au roulement a un impact sur 20 % de la consommation de carburant. L’énergie nécessaire pour faire avancer la voiture est même absorbée à hauteur de 30 %, dès lors qu’il s’agit d’une propulsion toute électrique.




On comprend donc l’intérêt que suscite auprès des constructeurs un pneu plus efficace, car l’autonomie des véhicules électriques et hybrides va s’en ressentir. Michelin a engagé des recherches sur le sujet et a présenté à Francfort un prototype de pneu pour véhicule électrique. Il est de plus grand diamètre et relativement étroit pour réduire la résistance à l’avancement. Les ingénieurs ont développé également de longs sillons longitudinaux, étroits et directionnels, pour assurer un silence de fonctionnement, tout en générant une bonne adhérence et une longévité élevée. Michelin a développé un produit spécifique, tant au niveau des dimensions, de la structure, que des matériaux et du design de la bande de roulement.



Sinon, Bibendum communique également sur l’Active Wheel : son concept de moteur électrique dans un ensemble pneu-roue pour gérer la propulsion, le freinage et la suspension. L’énergie électrique (batteries lithium-ion, super condensateurs ou à terme pile à combustible) se traduit par du « zéro émission », du silence et même plus de confort et de sécurité. Avec un temps de réponse de 3/1000ème de seconde, la suspension électrique corrige instantanément – et sans l’aide d’éléments mécaniques – le roulis et le tangage du véhicule.
Le véhicule électrique va ouvrir la voie à de nouvelles sensations de conduite.

lundi 2 juillet 2012

Michelin Total Performance : l'innovation au coeur du pneu

A l’heure où Michelin est en train de renouveler 80 % de ses gammes de pneus tourisme et camionnette dans un délai de moins de 3 ans, l'entreprise prend l'engagement de proposer des pneus qui délivrent plusieurs performances simultanément : la sécurité, la meilleure longévité kilométrique et la réduction de la consommation de carburant. C'est le cas par exemple du nouveau pneu Energy Saver +, le pneu vert de nouvelle génération. Ce produit permet d'économiser 200 litres de carburant après 45 000 km d’utilisation, par rapport à un pneu classique qui se situe au minimum du seuil réglementaire prévu par le système d'étiquetage européen (et qui entre en vigueur en novembre). Il freine aussi 16 m plus court sur le mouillé et dure plus longtemps.



Les chercheurs du Centre de Technologies de Ladoux (Auvergne) ont mis au point un nouveau mélange de gomme breveté, l’Eco and Grip Compound, utilisé pour la première fois dans la composition d’un pneu. Celle-ci limite l’échauffement des molécules du mélange de gomme. Un atout non négligeable, car moins le pneu s’échauffe, moins il consomme d’énergie. Mais, il a fallu veiller à ce que cette innovation n'affecte pas les autres qualités.


Pour information, il faut savoir que depuis l'introduction de la gamme Energy en 1992, 160 brevets ont été déposés pour améliorer le produit. La famille de pneus a été homologuée pour 190 véhicules de 22 marques.


La famille se décline également avec le nouvel Energy EV. Adapté aux véhicules électriques, il va être inauguré cet automne par Renault sur la Zoé. Ce pneu permet d'améliorer de 6 % l'autonomie du véhicule (210 km en cycle NEDC, entre 100 et 150 km en réel).


Dans un tout autre genre, Michelin a aussi développé un nouveau pneu pour les professionnels qui roulent en utilitaire. L'Agilis + permet d'économiser jusqu'à 270 litres au bout de 60 000 km d'utilisation et freine 17 m plus court. Mais, ce n'est le seul atout. Ce pneumatique bénéficie de flancs renforcés qui lui permettent de moins subir les effets d’éventuels chocs contre les trottoirs, dans les nids de poules et contre d’autres éléments d’infrastructures. Mieux encore, il dispose de huit patches antirâpage qui le rendent encore plus solide face aux petits chocs de la vie quotidienne.
Demain, je parlerai de la recherche chez Michelin.

samedi 23 juin 2012

Audi et le programme Efficiency













Sous l'appellation "e" comme "efficiency" (efficacité en anglais), Audi propose des modèles particulièrement sobres. Il en est ainsi de l'A4 TDI 2.0 L qui, grâce à tout un arsenal technologique, ne rejette que 119 g de CO2 et se contente de 4,6 L/100 km, alors qu'elle développe pourtant 136 ch. J'ai d'ailleurs pu vérifier ce type de performance lors d'un "efficiency challenge" organisé par Audi cette semaine entre Paris et Honfleur. J'ai consommé 4,4 L/100 km à l'aller en roulant à l'économie et 4,8 L/10 km au retour... sans me priver.




Comment Audi est-il parvenu à un tel résultat ? C'est bien sûr la combinaison de plusieurs solutions, élaborées dans le cadre du programme "Modular Efficiency".
Il y a par exemple un système Start/Stop qui coupe le moteur au feu rouge et le redémarre en douceur dès qu'on relâche le pied du frein. Le gain est de 0,2 L/100 km et de 5 g de CO2 par km. La boîte manuelle à 6 vitesses a des rapports allongés et un indicateur de changement de vitesses indique à quel moment il faut rétrograder ou passer un rapport supérieur. L'information s'affiche sur le tableau de bord, comme on le voit dans la première vidéo.



Il y a même un système embarqué qui analyse les causes pouvant aggraver la consommation. Par exemple, il vous dira de remonter les vitres si la climatisation est activée. Les conseils délivrés par l'auto peuvent réduire de 30 % la facture de carburant.
L'Audi A4 TDI "e" a aussi des pneus à moindre résistance au roulement, bénéficie d'une aérodynamique améliorée et de protections carénées sous le châssis (lui même abaissé de 20 cm) qui réduit la traînée, sans oublier une cartographie moteur qui privilégie la basse consommation. Par ailleurs, l'auto récupère de l'énergie à chaque freinage ou décélération. L'énergie cinétique est convertie en électricité qui va alimenter la batterie, soulageant ainsi temporairement l'alternateur qui va réclamer moins de carburant de la part du moteur.



La stratégie est si efficace qu'Audi ne voit pas l'intérêt pour l'instant de passer à l'hybride, hormis pour le Q5 (un gros SUV) dont la version mi-essence mi-électrique peut intéresser les Etats-Unis. Je trouve que les allemands ont du mérite car ils arrivent à conserver de la puissance et un certain brio, tout en rivalisant en sobriété avec les constructeurs français dont les modèles sont moins affriolants.
Tout ça pour dire que les labels "verts" n'ont pas une réputation usurpée.

vendredi 11 mai 2012

Goodyear est prêt pour l’étiquetage des pneus

A partir du 1er juin prochain, les manufacturiers pourront communiquer sur les notes obtenues par leurs pneumatiques vendus dans l’Union Européenne, dans le cadre de l’étiquetage obligatoire. La marque américaine se dit prête par rapport à la nouvelle réglementation, qui entre en vigueur au 1er novembre (avec un marquage sur les pneus dès le 1er juillet). L’objectif de l’étiquetage est de mieux informer les consommateurs sur la qualité des pneus. Une vraie révolution sur ce marché, où il faut vraiment être expert pour faire la différence entre les produits.



Les pneus seront désormais classés de A à G, en fonction de leurs performances dans trois domaines : l’adhérence sur sol mouillé, la résistance au roulement et le niveau sonore extérieur. Le principe est le même que dans l’électro-ménager, si ce n’est que le classement porte sur plusieurs critères. La nouvelle réglementation impose à chaque fabricant de tester en interne ses pneumatiques, suivant des procédures strictement définies par l’Union Européenne. Ce sont les fabricants qui délivrent les notes. Mais, ce déclaratif s’appuie sur des tests réels et un mécanisme de validation va se mettre en place au niveau européen.


Goodyear a anticipé cette nouvelle réglementation européenne et annonce avoir déjà testé plus de 4 000 pneumatiques de tourisme. En tout, 10 000 tests ont été opérés avec l’aide de 270 collaborateurs. Par ailleurs, le manufacturier va faire l’effort de former et d’informer ses 8000 distributeurs en Europe. Il a prévu d’inviter certains d’entre eux au Portugal, où il procède en ce moment au lancement de gamme 4X4. Il va aussi déployer des outils de formation en ligne.


Le souhait des fabricants de grandes marques est de montrer que les pneus de qualité sont à la fois plus sûrs et globalement plus performants. Leurs propriétés intrinsèques reflètent les efforts en matière de recherche et l’expérience acquise à travers la première monte et dans certains cas la compétition. Goodyear précise par exemple qu’une différence de 18 m au freinage sur le mouillé peut être observée entre un pneu A et un pneu classé G. La réglementation devrait inciter les consommateurs à se reporter sur des produits.
De toute façon, l’étiquetage va forcément avoir un impact. Les catégories de classe F et G sont amenées à disparaître en 2014.


A ce propos, il y aura sans doute dans le futur de nouvelles catégories en haut de tableau (A+, A++, voire triple A), comme dans l’électro-ménager. Pour sa part, Goodyear attend précisément le 1er juin pour lever le voile sur deux nouvelles technologies. L’une d’elles concerne la résistance au roulement, avec un procédé qui aidera les constructeurs automobiles à réduire encore davantage la consommation de carburant et les émissions de CO2 en Europe. Ce nouveau pneu est actuellement en cours d'évaluation finale avant sa mise éventuelle en production. La technologie, sur laquelle rien n’a filtré à ce jour, devrait créer de nouveaux standards dans l’industrie du pneumatique. Elle a été développée en Europe, par le Centre d'Innovation de la marque au Luxembourg. C’était l’un des deux projets les plus confidentiels de Goodyear. Le second porte sur une nouvelle technologie axée sur la sécurité. Un nouveau pneu, vraiment plus sûr, et considéré comme une avancée majeure (alors que les pneumatiques actuels sont déjà très évolués), est en développement depuis maintenant un an.
Rendez-vous donc le 1er juin pour en savoir plus sur ces futurs pneus.