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samedi 22 décembre 2012

Le sud de la France s'empare de la voiture électrique

Plusieurs manifestations témoignent de l'intérêt que porte la Côte d'Azur à l'électro mobilité, et plus largement le sud de la France. Depuis quelques années, Ever Monaco essaie de s'imposer en Principauté comme le rendez-vous incontournable des voitures écologiques et des énergies renouvelables. Ce salon permet de voir et d'essayer les nouveautés, à deux comme sur quatre roues. L'autre intérêt vient du rallye de Monte Carlo des énergies alternatives, agréé par la FIA et qui permet de voir s'affronter des véhicules de plusieurs énergies sur un même parcours. Nissan sera une fois plus le partenaire et mettra en avant la Leaf, du 31 mars au 3 avril. Mais, Monaco n'est plus seul. Ainsi, le Club des Voitures Ecologiques, qui réunit plus de 70 parlementaires et se veut un lien entre la sphère publique et la sphère privée, a organisé en 2010 les Rencontres Internationales des Voitures Ecologiques (RIVE) sur le pôle mécanique d'Alès, dans le Gard. Une nouvelle édition est prévue les 6 et 7 juillet. Et ce n'est pas fini, car Cannes va accueillir le GETIS (Green Energies & Technologies International Show) du 3 au 5 février, avec un pôle dédié à la mobilité électrique. D'autre part, il ne faut pas oublier que Nice va accueillir à partir d'avril 2011 la première expérience d'auto-partage de voitures électriques (Citroën, Peugeot et Mia Electric) à grande échelle, bien avant Paris, avec 210 voitures sur 70 stations à Nice, Saint-Laurent-du Var et Cagnes-sur-Mer. Et que la ville d'Antibes accueille déjà des VE en libre-service avec Cité VU.



Toutes ces initiatives ne sont pas forcément concurrentes, même si on peut se douter que chacun veut tirer la couverture à soi. Nouveau venu sur le créneau des manifestations écologiques, GETIS va par exemple faire l'événement avec un défilé "Cannes 2050" sur la Croisette, en préambule de la projection du film "Océans" de Jacques Perrin. Le vendredi 4 février, une trentaine de véhicules électriques et hybrides circuleront en défilé. Un show qui fera sans doute le buzz, d'autant que la Croisette sera fermée au trafic pour l'événement. Le salon en lui même prévoit par ailleurs une expo sur le thème des déplacements propres, qui est l'une des thématiques parmi d'autres (ports et villes en Méditerranée, les bâtiments...).


Enfin, n'oublions pas la Croisière Bleue Electrique. Fédérant les principaux acteurs de la filière du véhicule électrique, l’événement itinérant, sous forme de course d’orientation, traversera 10 villes de France pendant l’été 2011, le long de la RN7 entre Paris et Monaco. Le classement sera réalisé en fonction des découvertes des équipages et non de leur vitesse. La croisière se transformera dans 5 villes en un village de la mobilité durable, véritable lieu de convivialité et d’échanges pour aller à la rencontre du grand public, de tous les acteurs de la filière électrique et des institutionnels.
L’Avere-France est associée à l’organisation de cette opération et plusieurs acteurs de la filière Véhicule électrique, dont Renault, Venturi, La Poste, Mondial Assistance, ont déjà indiqué leur intérêt pour cet évènement unique qui permettra de démontrer au grand public que la mobilité électrique automobile est une réalité.

dimanche 8 juillet 2012

Vent de panique sur l'électrique

L'actualité de ces derniers jours a suscité un certain émoi chez les partisans de la voiture électrique, au point de semer le doute jusque chez les plus convaincus. De quoi parlons nous ? D'abord de la publication par Le Canard Enchainé d'études réalisées par l'UTAC* et par l'INERIS** et qui mettent en avant le risque spécifique des batteries de véhicules électriques. Le rapport, qui remonte à octobre 2010, et qui porte sur la sécurité des véhicules, souligne que le lithium - qui est l'un des composants clé de ces nouvelles batteries - s'enflamme au contact de l'air et dégage des émissions toxiques. L'INERIS préconise des mesures par rapport à l'emplacement des bornes de recharge dans les parking, la formation des secours et le stockage des batteries. Suite à cette parution, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, a décidé de reporter sa commande (30 véhicules d'ici la fin de l'année, 84 en 2012, 64 en 2013 et 123 en 2014) auprès de PSA. Le président du Conseil, Patrick Devedjian, a saisi l'Etat, via le Préfet du département pour que le constructeur puisse apporter des précisions sur la sécurité des véhicules concernés.



Ce premier point a suscité une réaction de la part de l'Avere France. L'association, qui est l'interlocuteur des pouvoirs publics pour les véhicules électriques et hybrides, "considère comme primordiale la maîtrise des risques présentés par les nouvelles technologies". Mais, elle dénonce aussi "toute simplification outrancière, même dans le cadre du principe de précaution". Autrement dit, il ne faut pas condamner la filière, au moment où elle prend forme dans le cadre d'une compétition mondiale. C'est aussi le sens de l'appel qui a été lancé par diverses personnalités***, dont des parlementaires, dans le cadre des Rencontres Internationales des Véhicules Ecologiques à Alès. Le message est qu'un "véhicule électrique est aussi sûr qu'un véhicule thermique".


L'autre élément d'actualité concerne l'usine de batteries de Flins, chez Renault. Comme on le sait, le site ne démarrera qu'en 2014 (au lieu de 2012), et sans l'aide des pouvoirs publics (125 millions prévus pour la production de batteries et 100 millions pour fabriquer la Zoé) qui n'apprécient guère l'attitude de la direction du groupe, et en particulier celle de Carlos Ghosn. Là, c'est plus embêtant, car on touche au politique. Autant Renault avait su s'y prendre pour s'attirer les bonnes grâces des autorités de l'Etat pour porter une filière électrique "made in France", dans l'euphorie qui avait suivi le plan pour les véhicules décarbonés et le Grenelle de l'Environnement, autant le soufflé est retombé très vite, suite à diverses péripéties dont la fameuse affaire d'espionnage. Et on s'interroge de plus en plus ouvertement, au sein des partisans du VE, sur la prétendue maîtrise technologique de Renault.
Tout cela risque au final de porter le discrédit sur une filière qui en est à ses balbutiements et de lasser les politiques, qui ne voient pas les promesses se concrétiser à l'approche des prochaines échéances électorales.

*UTAC : Union Technique de l'Automobile et du Cycle. Cet organisme est chargé de l'homologation en France.
**Institut national de l' Environnement industriel et des Risques. Cet organisme dépend du ministère de l'Ecologie.
Lien : http://www.ineris.fr/centredoc/1002752-1-photographie-reglementaire-et-normative-ve---utac-v1.pdf

***Liste des signataires :
Louis Nègre, Sénateur, Rapporteur du Grenelle II, auteur du Livre Vert sur les infrastructures de recharge pour les véhicules décarbonés
Marcel Deneux, Sénateur
Richard Mallié, Député, Premier Questeur de l’Assemblée nationale
Max Roustan, Député-Maire d’Alès, Président du Grand Alès et du Pays Cévennes, organisateur des Rencontres Internationales des Voitures Ecologiques
Alfred Trassy-Paillogues, Député et Président du Groupe d’Etudes sur l’Automobile à l’Assemblée nationale
Philippe Vitel, Député du Var
Bernard Darniche, Président de l’Institut Les citoyens de la route
Philippe Aussourd, Président de l’Avere-France, association professionnelle pour le développement de la mobilité électrique
Marc Teyssier d’Orfeuil, Délégué général du Club des Voitures Ecologiques