On connaît désormais le nom du champion du monde en Formule 1. Je suis content pour jenson Button, que j'avais eu la chance de rencontrer lors d'un Grand Prix de France, alors qu'il n'avait pas encore remporté la moindre victoire. La saison de F1 a été marquée par l'arrivée du KERS (Kinetic Energy Recovering System), un système destiné à récupérer de l'énergie au freinage. C'était un premier pas vers une Formule 1 "plus verte". Les équipes n'ont pas toutes joué le jeu, mais on a vu quand même que le système - quand il ne tombait pas en panne - donnait un avantage considérable avec un surplus de puissance en ligne droite.
Le fait est que le KERS va être adapté à la voiture de série. Magneti Marelli, le concepteur de ce système, et STMicroelectronics ont signé un accord en vue de développer des systèmes s'inspirant de cette technologie pour la production de masse. Ils s'appliqueront sur des véhicules électriques et hybrides. Si les équipes de F1 n'ont pas encore perçu le potentiel (ou ne se sentent pas obligées de consommer moins de carburant), la récupération d'énergie est capitale pour la voiture de série. On peut transformer de l'énergie perdue et la réutiliser pour l'injecter dans la batterie. L'objectif de Magneti Marelli et de ST est de proposer aux constructeurs un produit qui associe à la fois des hautes performances et une taille compacte. Les départs au feu vert vont peut être ressembler à des grilles de Grand Prix dans le futur...
Après la superbe C-X75, qui avait célébré de belle manière les 75 ans de Jaguar, la marque britannique continue d'explorer les motorisations alternatives. Ainsi, la firme de Coventry nous gratifie à Francfort d'un concept de voiture de sport "Un plus Un", avec un système hybride expérimental et à hautes performances. Sous le capot, Jaguar a prévu un moteur V6 de 3,0 litres suralimenté développant 380 ch pour un couple de 450 Nm. Ce V6 est assisté d’un moteur électrique développant 70 kW (soit l’équivalent de 95 ch) pour un couple de 235 Nm, que le conducteur peut solliciter en appuyant sur un bouton prévu à cet effet au volant pour bénéficier alors d'une puissance de 475 ch. Ce groupe propulseur hybride expérimental est dérivé du système KERS, développé pour la Formule 1.
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Grâce à ce système, implanté dans un châssis en aluminium allégé, et avec l'aide d'une boîte de vitesses à huit rapports, la C-X16 abat le 0 à 100 km/h en 4,4 secondes et atteint la vitesse maximum de 300 km/h. L'association du thermique et de l'électrique permet d'afficher une consommation de seulement 6,9 L/100 km et un taux de rejets de CO2 de 165 g/km. De plus, la C-X16 se transforme en un véhicule électrique parfaitement propre capable de rouler à une vitesse de 80 km/h.
Jaguar a utilisé un système Stop & Start intelligent. Il s'agit du dispositif étrenné par la XF. Capable de couper le moteur seulement 300 millisecondes après l’arrêt de la voiture, il fait appel à un démarreur à double solénoïde (TSS) qui réussit à redémarrer le moteur dans l’intervalle de temps nécessaire au conducteur pour faire passer son pied de la pédale de frein à celle d'accélérateur. Il permet donc un redémarrage du moteur nettement plus rapide tout en offrant un fonctionnement parfaitement transparent et des performances largement supérieures à celles de tous ses principaux concurrents du marché. En outre, c'est la première fois qu'un tel système est monté sur un moteur suralimenté par compresseur.
Un graphique affiché au tableau de bord indique à quel moment le surcroît de performances apporté par le moteur électrique peut être pleinement exploité. Une fois le bloc de batteries chargé, le bouton "Push to Pass" monté au volant permet de profiter, pendant 10 secondes au maximum, de toute la puissance (70 kW) et du couple (235 Nm) supplémentaires fournis par le moteur électrique. Du fait du temps de réaction instantané du moteur électrique, cette puissance se révèle immédiatement disponible. La batterie est constamment et automatiquement rechargée, l’ensemble du système étant surveillé et contrôlé par un dispositif spécialement prévu à cet effet baptisé Hybrid Vehicle Supervisory Controller. Le bloc de batteries comme le moteur électrique qui équipent le C-X16 sont refroidis par eau afin d’éviter toute perte de performances lors de l’échauffement de ces systèmes en conduite enlevée. En outre, l’électronique évoluée est alimentée en air frais par le système de climatisation, dont le compresseur est à commande électrique au lieu d’être entraîné par le moteur, le risque de pertes étant ainsi réduit.
Dans le passé, la F1 jouait le rôle de pionnier en matière de technologie pour l'application sur des modèles de série. Il y eut ainsi l'injection directe, le turbo, la levée variable des soupapes... Ou encore, plus récemment, la récupération de l'énergie cinétique avec le KERS (SREC en français). La volonté est de renouer avec la tradition, avec une "Formule Verte". L'association des écuries de Formule 1 (FOTA) prépare actuellement une série de mesures visant à améliorer son image dans le domaine de l'environnement. La clé du changement sera un nouvelle réglementation sur les moteurs pour 2013, avec le retour du turbo. Non pas pour doper la performance, mais pour améliorer l'efficacité énergétique". Le SREC fera aussi son retour la saison prochaine mais les moteurs 4 cylindres doivent réduire leur consommation d'essence. Ce qui pourrait se traduire par une quantité limitée de carburant attribuée à chaque équipe.
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"La FIA et la FOTA travaillent pour adapter les réglements techniques à partir de 2013. C'est une période excitante pour la Formule 1. Je suis ravi que notre sport puisse se mettre à l'heure du respect de l'environnement", se réjouit Martin Whitmarsh, président de la FOTA, et dirigeant de l'écurie McLaren. Pour atteindre ses objectifs, la FOTA collabore avec le cabinet londonien Trucost, dont les analystes sont spécialisés dans les questions d'environnement. L'association des constructeurs de F1 continue par ailleurs de réfléchir pour diminuer les émissions de CO2 dans les deux prochaines années, de concert avec la FIA. Les émissions de dioxyde de carbone devraient ainsi diminuer de 12 % entre 2009 et 2012.
Les constructeurs n'hésitent plus à afficher sur circuit leurs innovations technologiques.
Volvo en est la preuve vivante, puisque la marque suédoise vient d'engager en championnat de voitures de tourisme dans son pays (STCC) une C30 équipée de la technologie DRIVe (aérodynamique plus étudiée, pneus à faible résistance au roulement, système Stop & Start de coupure automatique du moteur à l'arrêt, modifications au niveau de la boîte de vitesses, recharge de la batterie au freinage...), reflet de ce qui est proposé sur les modèles de série. Ce n'est pas un coup d'essai pour Volvo qui, en 16 ans d'engagement dans ce championnat, a déjà engagé un break diesel avec catalyseur, une version alimentée au gaz naturel et plus récemment un modèle au bioéthanol E85.
Volvo n'est d'ailleurs pas un cas isolé. Toyota a par exemple aligné au Japon une voiture hybride lors d'une course d'endurance. La technologie hybride sera d'ailleurs certainement un bon motif de compétition dans des épreuves du type Le Mans qui, pour l'instant, tournent à l'affrontement entre Audi et Peugeot dans le domaine du diesel (et cela, qui l'eût cru il y a seulement 10 ans ?).
Les écologistes - ou plutôt devrais je dire les Ayatollahs de la "vertitude" - ont beau jeu de montrer du doigt l'irresponsabilité des constructeurs qui font de la compétition sur circuit, brûlant du pétrole pour rien. Savent-ils au moins qu'il existe des catégories du type Bioracing Series où les bolides s'affrontent au jus de betterave ou de colza ? Il me semble qu'on est en train de basculer dans une autre ère. Le karting passe à l'électrique et même la Formule 1, accusée de tous les maux, tente d'évoluer avec le système KERS de récupération d'énergie.
Tout cela va dans le bon sens. Ce qui compte, c'est qu'on ait du spectacle en bord de piste. Tant pis si les circuits ne sentent plus l'essence et l'huile. Moi, en tout cas, ça ne me choque pas.