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dimanche 24 juin 2012

Ethernet se précise dans l'automobile

Cette semaine, Continental a organisé un "Technology Day" autour du réseau Ethernet dans ses locaux, en banlieue de Munich. La réunion était suivie notamment par BMW, Volkswagen, Jaguar, Land Rover, Bosch, NXP, ou encore Valeo. Par rapport à d'autres réseaux embarqués tels que le CAN, Flexray ou encore MOST (qui est plus axé sur le multimédia), le réseau Ethernet présente bien des avantages. Il garantit du haut débit (jusqu’à 100 Mb/s) et permet surtout de réduire les coûts de câblage. Le gain serait de 80 % au niveau du poids et de 30 % au niveau du coût pour le câblage. Le réseau Ethernet permet en effet de transmettre des données par une simple paire torsadée non blindée. Plus économique, ce procédé permet d’éviter les interférences au niveau de la compatibilité électro-magnétique.



Le réseau Ethernet semble idéal pour les applications faisant appel aux systèmes d’aide à la conduite, les fameux ADAS (Advanced Driving Assistance Systems). Par exemple, BMW veut utiliser cette solution pour l’aide au parking avec 4 caméras qui restituent une vue à 360 degrés autour du véhicule. Mais, le haut débit garanti par Ethernet permet aussi de supporter d’autres applications comme la détection de piétons par caméra, ainsi que la surveillance des limitations de vitesse (en se basant toujours sur un capteur vidéo). Poussée par un consortium en Allemagne, cette solution technique pourrait voir le jour dès 2013. A plus long terme, vers 2020, BMW imagine une intégration plus poussée d’Ethernet au niveau de l’architecture électrique et électronique.

mercredi 18 avril 2012

L’Architecture électronique sera le moteur du changement pour les véhicules électriques à l’horizon 2030

On résume trop souvent le véhicule électrique à l’électrification du moteur et l’ajout de batteries. L’arrivée de ces composants permet à certains nouveaux entrants de pénétrer sur le marché automobile. Mais, il ne leur donne pas un avantage déterminant. Et la simple évolution du véhicule, vers le zéro émission, ne permet pas non plus de modifier radicalement la mobilité. En revanche, l’électro-mobilité offre l’opportunité unique de repenser totalement l’architecture électrique/électronique et de concevoir des véhicules avec plus de flexibilité et d’introduire plus rapidement des innovations. Ce qui permet d’ouvrir le marché à de nouveaux arrivants et de dynamiser le secteur. Voici en substance les conclusions auxquelles arrive le projet « eCar IKT »*, soutenu par le ministère fédéral de l’économie et des technologies, et qui a réuni plusieurs acteurs de premier plan, dont ESG et Siemens.



Pendant 30 ans, l’industrie automobile a intégré des composants faisant appel à toujours plus d’électronique, du premier ABS au système d’assistance au freinage en passant par l’ESP. Ce choix du « toujours plus » a débouché sur une incroyable complexité. Les véhicules récents intègrent jusqu’à 100 unités de contrôle, avec des capteurs qui transmettent et reçoivent des informations en provenance de plusieurs bus de communication (LIN, CAN, MOST, FlexRay). Un empilement qui conduit à un véritable « mille-feuilles », et qui se double par ailleurs d’une complexité croissante au niveau des logiciels (10 millions de lignes de code, contre… 100 dans les années 70).
Pour toutes ces raisons, il convient d’introduire une nouvelle architecture électronique pour les véhicules électriques. Au même titre que l’informatique (open source, cloud computing) et l’aéronautique (architecture centralisée) qui ont su faire leur révolution culturelle, l’automobile doit changer de modèle. Les partenaires du projet, dont ESG, appellent ainsi à l’adoption d’une architecture simplifiée. En abandonnant les composants coûteux, et en remplaçant les pièces hydrauliques par des commandes « X by wire » (reliées par fil électrique), il est possible de réaliser des véhicules low cost – plus adaptés aux pays émergents - et offrant un très haut niveau de sécurité.


L’idée est donc de faire des véhicules plus simples, avec des composants réutilisables et jouant la carte de la fusion de données, et de faire la différence par une couche de « middleware ». L’intégration serait alors plus orientée « services », avec des modules capables de se connecter à Internet et d’aller chercher de l’information. Au sein d’une plateforme, il serait alors possible de gérer des fonctions comme l’auto partage, mais aussi d’autres services liés à la mobilité.
Ce type d’architecture aurait le mérite d’ouvrir plus largement le marché, de favoriser le recours à des fournisseurs de services et d’améliorer aussi l’après-vente en proposant des mises à jour logicielles. La mise en compétition des constructeurs avec des opérateurs de mobilité et d’autres acteurs aurait un effet vertueux sur l’innovation et la réduction des coûts. Le projet estime que l’Allemagne a une carte à jouer et que l’industrie robotique – qui fait appel à des capteurs de perception – serait un modèle à suivre pour l’automobile.
Sur un plan technique, il est réaliste de tabler sur des fonctions low cost en 2020. A l’horizon 2030, on pourrait alors concrétiser le rêve d’une « e-Car » totalement connectée, avec gestion intelligente de l’énergie, qui proposerait des services à la carte et pouvant éventuellement rouler toute seule…

*Architecture électronique et technologies de l’information au service de l’électromobilité
Rapport consultable à l’adresse : http://www.fortiss.org/ikt2030/