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dimanche 10 juin 2012

La voiture connectée selon Bosch

L’équipementier allemand travaille sur deux volets complémentaires pour le futur : la communication sur roues et la conduite autonome. Si la voiture communicante est déjà une réalité, avec l’intégration des smartphones pour la musique et la voix, l’objectif est à de rendre plus facile l’utilisation à bord des appareils électroniques. Pour cela, le choix va se porter sur une plateforme multimédia sous Open Source de type Linux. L’autre souci est de restituer l’information de façon lisible. Il s’agit de transférer en souplesse n’importe quelle application Internet de façon fiable sur l’écran de bord et sous une forme adaptée à la conduite. Ainsi, Bosch travaille sur des interfaces homme machine en 3D et des affichages tête haute 3D, ainsi que sur des tableaux de bord paramétrables. Le géant allemand souhaite également introduire la reconnaissance vocale en langage naturel, de façon à pouvoir associer la voix, l’affichage et le toucher. Cette combinaison rend par exemple possible la lecture vocale d’e-mails dans la voiture, mais aussi la sélection rapide des musiques ou d’une destination sur le GPS. Parallèlement, l’IHM va aussi évoluer à bord pour signaler de façon plus conviviale les informations importantes. Bosch prévoit par exemple d’utiliser la réalité augmentée pour afficher les distances de sécurité et les éventuels dangers. Cette technologie fera son apparition en 2014 chez un constructeur allemand.



L’autre axe de recherche consiste à assister toujours plus la conduite. La jeune génération, plus habituée à tenir un joystick qu’un volant, a une autre approche de la mobilité. Elle acceptera plus facilement les fonctions d’assistance à la conduite reposant sur les radars et les caméras. Pour information, le nombre de capteurs radars va être multiplié par 4 cette année et 15 % des voitures lancées en Europe auront des systèmes de freinage prédictif basés sur radar. Par ailleurs, 1 voiture sur 10 sortira avec des capteurs vidéo en 2015. Rappelons que ces capteurs analysent au rythme de 25 images par seconde ce qui se passe devant la voiture, de façon à détecter une dérive de la trajectoire ou à reconnaître un panneau de signalisation.


Par la fusion de données, certaines manœuvres pourront se dérouler de façon automatisée. On pense par exemple au stationnement ou la conduite en convoi lors d’un bouchon, avec une voiture qui freine et roule au pas sans intervention du conducteur. Mais, on n’en est pas encore au stade de l’auto qui roule toute seule pendant que son propriétaire relève ses e-mails. En revanche, il y a bien une complémentarité entre la voiture connectée et la voiture équipée de fonctions d’assistance à la conduite. La voiture va devenir elle-même une source de renseignement, en relayant des données sur la vitesse, sa position et le niveau d’adhérence au sol. Ces informations pourront être transmises aux autres véhicules pour éviter les bouchons et les accidents. Tout cela va cependant prendre encore du temps avant d’avoir un nombre significatifs de véhicules équipés, même si tous les ingrédients sont là.

mardi 1 mai 2012

Des voitures sans pilotes et en ville dès 2013 ?

Voilà une annonce qui a de quoi intriguer... Quel constructeur a donc décidé d'introduire cette technologie ? En vérité, aucun. Mais, il n'en demeure pas moins que la ville de Belfort va bien accueillir en mars 2013 une démo (on appelle ça un showcase dans le jargon) de véhicules qui roulent en convoi et sans conducteur. L'expérimentation aura lieu dans le cadre du projet SafePlatoon, financé par l'ANR (Agence Nationale de la Recherche) et qui a débuté en mars 2011 pour une période de 36 mois. Il est piloté par l'Université de Technologie Belfort-Montbéliard (UTBM) et soutenu par le Pôle Véhicule du Futur. L'objectif est de développer d'ici 2014 des algorithmes assez fiables, de façon à ce que des véhicules puissent s'insérer dans le trafic, détecter les obstacles (autres véhicules, piétons) et quitter la voirie pour venir se garer. Les applications pourraient concerner l'auto partage en libre-service, les militaires mais aussi le monde de l'agriculture.



Les partenaires* de SafePlatoon ont déjà participé à des projets liés à la conduite en convoi et aux véhicules autonomes. Par ailleurs, on parle ici de petits véhicules, plus proches de la voiture de golf. Par exemple, l'UTBM a développé via son laboratoire SeT (Systèmes et transports) la Set Car, qui est un petit véhicule électrique (sur base de Chrysler Gem), ou encore le Robucar, qui est propulsé par quatre roues motrices et complètement automatisé. Dans les deux cas, le prototype est équipé d'un télémètre laser et peut se localiser dans un environnement virtuel dans lequel les objets ou les piétons sont modélisés. Le projet SafePlatoon va utiliser la simulation 3D (grâce à la plateforme Pro-Sivic de la PME Civitec) pour tester la fiabilité des algorithmes avant de passer à la phase pratique. Après Belfort, d'autres démos sont programmées : à l'automne 2013 dans une ferme expérimentale de l’Irstea (anciennement le Cemagref), et la dernière en mars 2014, sur la plate-forme PAVIN**. Ce sera l'occasion de voir plusieurs véhicules autonomes : des SetCars, mais aussi le VIPA (Véhicule Individuel Public Autonome) de Ligier, des quads, des 4x4 et même des tracteurs ! Les constructeurs automobiles seront conviés à ces démos. L'UTBM devrait même inviter Google pour leur montrer ce que les frenchies savent faire et leur faire goûter à l'occasion de la Cancoillotte.

*Comme le LASMEA (Laboratoire des Sciences et Matériaux pour l’Electronique et d’Automatique)
** La Plate forme d’Auvergne pour les Vehicule Intelligents est un site de 5000 m2 offrant aux petits véhicules de type Cycab la possibilité d’évoluer dans des environnements realistes ; urbain d’une part, avec 317 m de voies goudronnées des façades d’immeubles, un carrefour, un rond-point, une zone de montée de passagers ; et rural d’autre part avec 264 m de pistes stabilisées avec zone de dévers, sol instable (bac à sable), anneau de vitesse (15 km/h max). Le site est équipé avec de l'informatique, des cameras, une couverture Wi-Fi, des feux de signalisation, de l'éclairage, etc...

dimanche 11 mars 2012

EO : l'auto super mobile de demain ?

Dans le cadre du Cebit de Hanovre, qui avait lieu la semaine dernière, le Centre de recherche allemand en intelligence artificielle (DFKI) présentait un concept innovant de véhicule électrique biplace. Baptisé "EO smart connecting car", ce véhicule pèse 600 kg et avance à 55 km/h. Mais surtout, il est doté de roues capables de tourner à 90 , ce qui lui permet de tourner sur lui même ou de faire un créneau dans un trou de souris. Par ailleurs, il penche dans les virages. Autre atout : son empattement varie. La voiture peut se rétracter d'un mètre en longueur pour occuper moins de place au sol (gagnant ainsi 50 cm en hauteur). EO* est une synthèse de concepts déjà vus (Nissan Pivo et Glider, Matra Zoom). Mais, ce concept allemand va un peu plus loin.


 Voir la vidéo :

 

L'EO smart connecting car peut en effet se raccorder à d'autres véhicules du même type et partager l'énergie (on a la même chose en France avec le concept Modulowatt). Pour effectuer des trajets sous forme de "train routier", les véhicules doivent se rétracter (une opération qui peut se faire en roulant).


Là où ce concept diffère, c'est qu'il prépare la voie à la conduite autonome. L'idée est de laisser ce genre d'engins gérer l'insertion dans le trafic et décharger complètement le conducteur. L'automatisation est clairement à la mode, comme le montre l'appel à projet du Conseil Général des Yvelines, et dont j'ai déjà parlé sur ce blog. Le projet "EO smart connecting car" s'inscrit dans un programme de la région-pilote "Oldenbourg / Brême" et bénéficie d'un financement du Ministère fédéral des transports, de la construction et du développement urbain (BMVBS) jusqu'en 2014.

*EO veut dire je vais en latin

Lien : http://robotik.dfki-bremen.de/en/research/robotsystems/eo-smart-connecting-car.html