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vendredi 9 novembre 2012

L'Australie : futur terrain d'expérimentation pour la voiture verte ?



Le Global Green Challenge vient de se disputer en Australie. Vous ne connaissez pas ? Ah, vous en étiez resté peut être au World Solar Challenge, une course de voitures solaires lancée par la commission au tourisme du sud de l'Australie qui se déroulait tous les deux ans, et dont le parcours était de 3000 km entre Darwin et Adelaïde ? Hé bien, les organisateurs ont décidé de capitaliser sur cet événement et de l'élargir à d'autres formes d'énergie. Il y a donc au sein d'un même Global Green Challenge deux catégories : le World Solar Challenge avec des véhicules solaires et l'Eco Challenge avec des énergies alternatives (électrique, hybride, éthanol, mais aussi essence et diesel à basse consommation). L'itinéraire emprunte toujours la Stuart Highway, la route des explorateurs.




Dans la catégorie solaire, c'est une équipe japonaise qui l'a emporté. L'Université de Tokai, associée à l'industriel Sharp, avait conçu un véhicule ultra fin (77 cm sur 39 cm) recouvert de 6 m2 de panneaux photovoltaïques et capable de rouler jusqu'à 150 km/h. L'un des pilotes, Kenjiro Shinozuka, avait été le premier japonais à terminer un Paris Dakar en 1997. Le rendement est de 30 %, grâce à des cellules sophistiquées qui sont qualifiées pour l'aérospatiale au Japon.



A noter que des français étaient dans la course. L'école HEI (Hautes Etudes d'Ingénieur) de Lille était présente avec le prototype Helios. C'est la 5ème fois que ce véhicule (165 kg, 110 km/h en vitesse de pointe) participait à l'événement. L'auto s'est classée en 13ème position sur 32 (5 places de mieux par rapport à l'édition 2007), avec une moyenne de 58,6 km/h. Un autre équipage, de l'école Polytech de Clermont-Ferrand participait aussi avec la Belenos (un clin d'oeil au dieu gaulois, dont le nom signifie éclatant).



Pour l'Eco Challenge, le plateau était assez hétéroclite avec une Tesla électrique, une hybride Holden Viva, des diesel (Ford Fiesta, Mini Cooper, Kia Sorento, Hyundai Santa Fe, Skoda Superb), des essence (Ford Falcon, Holden Sportswagon) et même une moto Honda roulant à l'alcool. Je n'ai pas bien compris qui a gagné, mais, au pays de Mad Max, ils n'ont pas hésité à aligner une HSV Maloo (un Pick up de sport V8 que n'aurait pas renié Mel Gibson) qui rejette la bagatelle de 177 g de CO2 par km. Bref, le Challenge Bibendum de Michelin peut encore dormir tranquille, mais la concurrence s'organise aux antipodes pour confronter sur route les nouvelles énergies.

dimanche 15 juillet 2012

Eco Solar Breizh : le projet avance bien

Voici en exclusivité les premières images - encore virtuelles - d'Eco Solar Breizh, un projet de voiture solaire réalisé en Bretagne. Le projet est porté par mon ami Jean-Luc Fleureau, que j'ai eu l'occasion de croiser à Brest*. Cet ingénieur, titulaire d'un DEA en robotique et ancien enseignant, est aujourd'hui conseiller technologique pour des entreprises en Bretagne. Mais surtout, il aime relever des défis. Et, après l'Eco Marathon Shell pour lequel il avait formé le Team Breizh, il veut disputer le World Solar Challenge de 2013 en Australie avec une voiture bretonne. La voici.


Evidemment, associer un projet de voiture solaire à l'image de la Bretagne peut faire sourire. Mais, le projet est très sérieux. Et surtout, il a pour ambition de montrer le savoir-faire technologique de la région, en associant les compétences des entreprises locales à celles d'écoles d'ingénieurs. Le cahier des charges était de développer une auto à 4 roues** d'un poids inférieur à 140 kg et capable de rouler jusqu'à 150 km/h. Le véhicule doit mesurer 4,50 m de long pour 1,80 de large et intégrer 6 m2 de cellules photovoltaïques.


Pour être franc, les composants ne sont pas tous bretons, ni même français. Ce qui est local : les matériaux composites et la télémétrie. Ce qui est français : les pneus (Michelin) et d'une certaine façon les panneaux solaires (en provenance de Malaisie, mais dont le fournisseur vient d'être racheté par... Total). Les deux moteurs électriques et la batterie lithium-ion viennent respectivement d'Allemagne et de Chine. Néanmoins, l'intégration de ces éléments fait appel au savoir-faire breton. On retrouve par exemple autour du projet le Véhipôle de Saint-Brieuc (et l'IUT de la ville), Berbet Technology et AC Systèmes. Le pôle de compétitivité ID4Car est également de la partie.


Le tableau de bord s'affichera directement sur un smartphone. Un gage de modernité qui rappelle aussi que la Bretagne est une terre de télécoms.


Officiellement présentée à l'automne prochain, l'Eco Solar Breizh va en réalité bientôt faire ses premiers tours de roues. L'équipe souhaite également faire un Paris-Brest à titre de démo, à l'été 2013, avant de s'envoler pour l'Australie et de défendre les couleurs de la France (et de la Bretagne).

Lien : http://www.ecosolarbreizh.com/

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/5001218e9a98c

*Où j'ai pu assister aux Tonnerres de Brest et même naviguer dans la rade, au contact des superbes voiliers, grâce à TRW qui a un site de production à proximité. J'y reviendrai demain.
**Comme l'indique le nouveau règlement, alors que certains véhicules solaires pouvaient n'avoir que 3 roues.