mardi 29 mai 2012

Peugeot 205 GTi 1.6L - 1984




La 205 GTI a 26 ans et entre dans le monde de la collection, délaissant du même coup celui de l’occasion. Car beaucoup d’exemplaires de cette voiture culte furent massacrées par des propriétaires peu soigneux ou par d’autres, adeptes, eux, du tuning. Ce qui pour le collectionneur soucieux du strict état d’origine revient au même. Les 205 GTI ne sont pas encore devenues très rares, mais pourtant en trouver une collectionnable sans avoir à lui prodiguer des soins
réparateurs intenses relève déja l’exploit. Tous les constructeurs généralistes ont dérivé à un moment ou à un autre une version sportive de l’un de leurs modèles les plus populaires. La liste de ces voitures à part et pourtant d’apparence si commune est  très longue. Ce qui fait que pour l’amateur et collectionneur des années 2010 le choix est tout aussi grand pour se faire plaisir selon ses goûts. Théoriquement seulement, car en pratique c’est une autre histoire. En effet, certains modèles de ces petites autos passion sont devenus si rares, que vouloir en trouver une à vendre sous un ou deux ans dans un bel état d’origine et exempte de tous défauts rédhibitoires n’est pratiquement que pure illusion. Et je n’exagère pas.Sauf à être particulièrement têtu et patient, seule la chance pourra intervenir en votre faveur si vous désirez faire entrer dans votre garage une Alfa Sud 1.3 ou 1.5 Ti, une Fiat Ritmo 125 ou 130 TC Abarth, une Ford Escort  RS 1600i ou une RS Turbo. S’agissant de la 205 GTi, en 1.6L ou en 1.9L, on en n’est pas encore au point de la raréfaction de ces trois exemples (beaucoup plus rares à l’origine il est vrai). Mais attention, ne traînez pas, les belles 205 GTi se raréfient elles aussi. Enfin, plus exactement, elles entrent dans des collections pour ne plus en sortir. Car la GTi de Peugeot est indubitablement devenue un collector, une auto de connaisseur, d’initié, quelque chose que l’on achète plus par hasard ou pour être à la mode. La mode, sa mode, elle l’a dans le dos, aujourd’hui c’est une autre vie qui s’ouvre à elle.

Rappels
En 1976, Volkswagen défraye la chronique avec la Golf GTi. Une version à laquelle ne croyaient pas les dirigeants de la marque. Ce modèle, pas novateur dans son concept mais à la réalisation très rigoureuse, s’éleva non pas d’un mais d’au moins deux crans au-dessus de ses concurrentes directes. À tel point que de concurrentes réelles elle n’en avait pas, tout bonnement ! De fait; le succès fut quasi immédiat et colossal.
Les autres constructeurs européens tardèrent plus ou moins à mener la chasse à cette automobile faisant naître un phénomène de société équivalent à celui de la R8 Gordini en France quelques années auparavant. Sauf que la Golf GTi connut un succès international et non pas limité à son pays d’origine. Ce qui n’est pas du tout la même chose en terme de volume de vente, de parts de marché, de taux de pénétration et d’exportation, de propagation d’image. Enfin bref, de tout ce qui fait l’aboutissement de l’industrie automobile, c’est à dire son commerce. Tous ceux qui entreprirent dans un premier temps de déboulonner la Golf GTi s’y cassèrent les dents ! Même si certaines de leurs créations n’étaient pas, loin s’en faut, dénuées de qualités, personne ne put réussir le cocktail quasi parfait réalisé par Volkswagen en terme d’efficacité de performances brutes, de polyvalence et même de fiabilité et d’économie. La Golf GTi permettait à ses propriétaires de l’époque de réaliser des moyennes réservées il y avait encore peu à de surpuissantes GT. Pas moins ! Et ceux qui ne veulent pas le croire ne sont certainement jamais montés dans une Golf GTi bien menée. Quand on sait qu’en 1977 la Golf proposait ce dont elle était capable pour au moins 4 fois moins cher qu’une GT de haute lignée tout juste capable de la suivre sur une route du Morvan, on comprend son succès sans plus d’explication. Volkswagen réagit vite à deux critiques majeures afin de conforter encore son insolente avance : l’absence de 5me vitesse et un relatif manque de couple du 1600, qui pour y répondre évoluera en 1800.
La grande bataille engagée dans le sillage de la surdouée de Wolfsburg n’échappa pas à Peugeot, alors à cette période  en train d’élaborer le projet M 24 qui deviendra la 205. Pour les décideurs de la firme au lion il fallait aussi à leur future petite voiture sa version sportive. Les études et l’observation de ce qui se passait chez les concurrents, et notamment bien sûr chez Volkswagen, le prouvaient, toutes les gammes de la marque avaient à gagner de la présence d’un dérivé sportif de la M 24. À condition que Peugeot s’en donne les moyens. Le succès colossal de la Golf GTi, ainsi que ceux moindres mais néanmoins pas négligeables d’autres modèles répondant au même concept (R5 Alpine, Escort XR3 par exemple), ne pouvait que faire naître de grandes espérances. Mais pour que la réponse au succès de la Golf GTi soit à sa hauteur il fallait au moins, et encore cela paraissait n’être qu’un minimum peu souhaitable, arriver à en égaler le niveau de qualité globale. Ce qu’aucune marque n’avait encore réussi à faire au moment où se prendront les dernières orientations capitales du projet M 24. Comme quoi ce qui paraît simple n’est pas forcément facile à faire. Car le plus rageant dans la Golf GTi c’est qu’absolument rien de techniquement révolutionnaire n’entre dans sa composition ! Pourtant le résultat est là, bel et bien révolutionnaire lui !
Le projet M 24 fut donc orienté vers des caractéristiques de base d’où déboucheront des qualités pouvant en faire une petite sportive redoutable tout en étant, comme la Golf, facile à vivre. Un gage de plus grande diffusion. Tous les atouts furent regroupés pour y parvenir : rigidité de caisse, poids modéré, volume, aérodynamisme, possibilité d’adopter un “ gros ” moteur sans revoir spécialement le bloc avant, possibilité d’adopter un train avant triangulé très efficace, réalisation de la carrosserie 3 portes sur la plate-forme de la 5 portes (volume intérieur égal) etc... Le tout en tenant compte d’un prix de vente cohérent avec une politique de conquête, et d’un niveau de fiabilité souhaité en parfait accord avec la forte réputation de Peugeot en ce domaine. À la fin des années ‘70 et au début des années ‘80, si Peugeot avait une réputation de sérieux, force est de constater que la marque n’avait pas une image très glamour. De plus, de par une conjonction de faits liés à la fois à ses produits et à une politique expansionniste pour le moins désastreuse, ses comptes plongent dans le rouge. À la vérité, ils y sont même déjà et la M 24 doit assurer le salut tout en préparant le terrain pour d’autres futurs modèles en changeant complètement l’image terne et vieillotte de la marque. D’où un look très étudié et la mise en place d’un très ambitieux programme de compétition échafaudé sur la base d’une auto dévolue exclusivement à la course et reprenant le visuel de la 205 de Monsieur tout-le-monde. Pour un impact fort et pour qu’il y ait auprès du public une assimilation parfaite de la M 24 Rallye (qui sera en fait la 205 Turbo 16) à la M 24 tout court (c’est à dire toutes les autres 205 à moteur avant), un savant et minutieux calendrier de présentations sera mis en place.
Impossible ici de simplement survoler toutes les données, qu’elles soient techniques, sportives, stratégiques, industrielles, ou encore commerciales, qui assurèrent le succès des 205 en général et de la GTi en particulier. La somme de ces données est énorme et la revue tout entière ni suffirait pas. Ce bref rappel passant beaucoup d’éléments à la trappe me parut néanmoins  nécessaire pour que les plus jeunes d’entre vous, ainsi que les moins connaisseurs de l’histoire de la 205, comprennent bien que la célèbre GTi de Peugeot n’est pas devenue une star automobile par des simples faits dus au hasard. Celle-ci possédait, et possède encore, une somme de qualités rare à ce niveau. Son succès commercial fut simplement mérité et la place en collection qu’elle est en train de se faire ne l’est pas moins. Si jusqu’ici de ce texte vous ne deviez retenir qu’une chose, que ce soit celle-ci : une 205 GTi, même en fonction des critères d’aujourd’hui, ce n’est comme qui dirait pas n’importe quoi, c’est du très bon à la portée de presque toutes les bourses. Je dis presque, car entre une 1.6 115 chevaux trafiquée, défoncée et au moteur rincé et une 1.6L de 105 chevaux de 1984 entièrement d’origine, en très bon état et ayant moins de 100 000 kilomètres il y a une grosse différence de prix de vente. Au demeurant parfaitement justifiée.
Quelle qu’en soit la version, 105, 115 ou 130 chevaux, la 205 GTi distille un plaisir de conduite intense et son degré d’efficacité est certainement très au-delà de vos capacités de pilote. Son rendement routier global est encore très actuel et ne la mène pas à la limite qui veut, surtout s'il s’agit de la redoutable 1.9L 130 chevaux. Elle possède aussi l'immense avantage aux yeux des véritables connaisseurs d’être d’une race de voitures que l’on ne trouve plus en neuf dans les gammes actuelles. De ces «GTi» pures, sans artifices électroniques d’aide à la conduite, ayant un poids contenu, gage de grande sportivité, un comportement facile à comprendre et hyper efficace (gare quand même à celui de la 1.9L, plus survireuse), des mécaniques rageuses et souples (surtout en 1.9L) mais pas surpuissantes. Sans oublier une somme de détails qui font que ces voitures collectionnables, pour ne pas dire de collection, sont encore des voitures modernes mais dépourvues des derniers inconvénients rencontrés souvent sur celles-ci (prix, aseptisation, complexité, etc). Ce sont donc des voitures faciles à faire rouler et à conserver dans un très bon état.
Si vous hésitiez à vous offrir ce jouet extraordinaire qu’est la 205 GTi, je vous conseillerais de ne pas hésiter plus longtemps. Vous ne regretterez pas votre investissement, par ailleurs assez modique. Profitez-en ça ne va peut-être pas durer. Mais de grâce, évitez les exemplaires bidouillés, modifiés esthétiquement, ou au moteur soi-disant préparé et aux trains roulants soi-disant améliorés. Peu de préparateurs du dimanche, conseillés par les vendeurs de centre-auto sont plus forts que les ingénieurs et essayeurs d’usine. Toutes ces voitures trafiquées, n’ayons pas peur du mot, n’avancent souvent pas plus vite qu’une restée de série et en pleine forme... Sans parler que, entre autres nombreux inconvénients, des trains roulants exagérément durcis, par exemple, amènent à mettre le conducteur plus en confiance par un senti différent de la route et une plus grande sécheresse de réaction perçue parfois à tort comme une amélioration de la tenue de route. Encouragé à pousser plus sa voiture le conducteur se trouve souvent pris au dépourvu quand, beaucoup moins prévenante dans ses réactions, celle-ci entame une figure qu'il ne saurait contrôler aux vitesses atteintes.
De plus les voitures modifiées vous coûterons cher à remettre en conformité avec leur état d’origine, alors laissez-les donc de côté et concentrez vos efforts sur la recherche d’un modèle strictement de série et répondant, du fait, parfaitement à l’esprit collection. Et puis vous verrez, les 205 GTi les plus admirées de nos jours ne sont pas les plus “ tunées ” mais celles étant le plus dans un état d’origine s’approchant de la perfection.
La vie de la 205 GTI
À la vérité Peugeot ne se contenta pas seulement d’égaler Volkswagen, mais déboulonna tout simplement la Golf GTi de son piédestal, bien aidé en cela il est vrai par une mutation de celle-ci en 1984 tendant vers un embourgeoisement pas du goût de tout le monde. Bref, la 205 GTi se taille rapidement la part du lion dans le marché de plus en plus concurrentiel des sportives populaires compactes. En dénommant sa création des 3 lettres devenues magiques, Peugeot avait clairement désigné l’adversaire numéro un et l’objectif à atteindre : faire de sa GTi la nouvelle référence du marché. Ce fut fait au-delà des espérances. Tout comme la Golf avant elle, la petite Française va devenir un véritable phénomène de société à l’échelon européen. Il faut dire qu’en plus des atouts intrinsèques au modèle, de l’ombre, Peugeot est passé à la lumière avec son programme compétition basé sur le Championnat du Monde des Rallyes Groupe B qu’elle ambitionne de gagner. Et en ce domaine les évènements pouvaient difficilement mieux se dérouler pour la marque française, qui enchaîne les victoires avec la 205 Turbo 16, qui est devenue grâce à une équipe incroyable la nouvelle arme à battre. L’Europe entière, et notamment la France bien évidemment, se prend de passion pour les rallyes au plus haut niveau qui sont, ceci explique en partie cela, très largement médiatisés à l’époque. Supportées commercialement par les succès de la 205 Turbo 16, les 205 ordinaires, et la GTi bien sûr, se vendent comme des petits pains. En plus de la course, on peut voir les 205 lors de vastes campagnes de pub bien senties et omniprésentes. Presse, spécialisée en automobiles ou pas ; radios ; affichage ; foires et salons, rien n’est omis comme support, et surtout pas la télé où l’on peut y voir, entre autres, un film publicitaire pour la seule GTi s’inspirant des aventures d’un célèbre agent secret britannique. Un vrai chef d’œuvre dans son genre.
Les journalistes essayeurs ne trouveront pas grand chose à redire sur les prestations de la 205 GTi. Les critiques émises furent mineures et les premiers clients parmi ceux ayant un bon coup de volant eurent vite fait de juger à tel point on ne leur avait pas menti. Oui, vraiment, la 205 GTi proposait en 1984 un niveau d’efficacité incroyable. En réalité elle n’avait qu’une faiblesse aux yeux du grand public avide de chevaux et à qui les subtilités d’une auto réussie échappent souvent. Surtout celles liées au comportement et à la tenue de route, certainement de loin les plus difficiles à ressentir pour un conducteur moyen.
Avec son 1.6L de 105 chevaux seulement, la Peugeot n’a pas le compte pour épater le non-connaisseur, qui pourra lui préférer à cause de cela une concurrente plus musclée, mais aussi souvent bien plus lourde. Par contre elle est sans aucun doute la plus efficace, la plus équilibrée, la plus agile, bref la plus tout ce qui fait le comportement d’une super sportive.
Au cours de l’année 1984 rien de notable ne sera modifié sur les voitures de ce premier millésime. Ce ne fut pas tout à fait le cas au cours de l’année 1985 (je tiens à vous prévenir que les listes qui vont suivre ne sont pas complètes, elles indiquent seulement les évolutions les plus importantes techniquement, ainsi que les plus voyantes) : adoption d’un nouveau pommeau de levier de vitesses, d’un nouveau graphisme «GTi» au centre du volant, et surtout d’un nouveau système de déverrouillage de marche arrière qui entraîna pas mal de modifications sur la boîte, le tablier avant et la tringlerie.
En 1986, la 205 GTi se dédouble avec l’apparition d’une version 115 ch (commercialisation fin janvier). Pour délivrer 10 chevaux de plus, le moteur 1580 cm3 XU 5J reçut des soupapes plus grandes, un nouvel arbre à cames et une culasse à chambres de combustion modifiées, ainsi que les conduits d’admission et d’échappement. En plus des modifications améliorant le rendement, le XU 5J, qui devient XU 5JA dans sa déclinaison 115 chevaux, reçut également un grand nombre d’améliorations de détails portant sur son renfort.
De son côté, la 105 chevaux évoluera encore assez peu cette année d’un strict point de vue technique, et seulement avec des éléments issus de la nouvelle 115 afin d’harmonisation. Par contre nous noterons que la 105 adopta immédiatement le nouveau tableau de bord apparu avec la 115 ch.
Plus tard dans l’année, 105 et 115 recevront un nouveau train arrière assez largement modifié par rapport au précédent mais en en conservant tous les principes et le dessin. À peu près au même moment la 105 bénéficiera du rapport d’assistance et du compensateur de freinage de la 115.
Pour 1987, la 105 chevaux est retirée du catalogue et une nouvelle version d’une cylindrée d’1.9L est mise en commercialisation. Avec ses 130 chevaux DIN et son couple maximum s’établissant à 16,8 mkg DIN à 4.750 tr/min (13,7 à 4.000 pour la 1.6L 105 et 13,6 au même régime pour la 115), la nouvelle 205 GTi est apte à répondre aux plus puissantes concurrentes en matière de performances brutes. Immédiatement 115 et 130 partagent les mêmes nouveaux détails d’équipement apparus cette année : planche de bord, tableau de bord, rétroviseur extérieur, volant cuir, etc.
Avec la 1.9L de 130 chevaux, Peugeot remet les pendules à l’heure et propose un choix intéressant de deux voitures quel que peu différentes et séparées d’environ 10 000 Francs au tarif de l’époque. Ce qui n’est pas rien et peut faire hésiter. Le caractère moteur de la 1.9 GTi est tout autre que celui de la 1.6 GTi. Dans le nouveau 1905 cm3 longue course, type XU 9JA, on ne reconnaît guère les XU 5J et XU 5JA.
De profonds remaniements furent réalisés pour définir le 1.9L 130 chevaux XU 9JA : nouveau vilebrequin (course de 88 mm contre 73 pour les 1600), nouvelles bielles plus courtes, nouveaux pistons, nouvelle culasse, soupapes agrandies, arbre à cames redéfini, radiateur d’huile, rigidification du carter-cylindres par une entretoise...
Afin d’optimiser l’exploitation des nouvelles caractéristiques moteur, la transmission de la 1.9L GTi reçut quelques modifications : 1re, 2me et rapport de pont allongés. Voilà qui serait déjà pas mal si c’en était resté là, mais Peugeot est allé plus loin, revisitant toutes les parties cruciales de sa voiture en matière de comportement dynamique afin de lui apporter sur ce point également un caractère plus trempé. Ainsi le train arrière est reculé de 5 mm pour éviter le contact des pneus de 15 pouces (14 pour les 1.6L) dans les passages de roue et il reçoit de nouveaux amortisseurs. Sa voie s’élargit et il est doté de freins à disques. Le train avant a un déport réduit et une voie réduite. Par contre, le diamètre des roulements est sensiblement augmenté. À l’intérieur on trouve de nouveaux garnissages de sièges permettant de différencier nettement les deux versions. On observera que dans le même but le dessin des jantes de 15’’ n’est pas identique à celui de celles de 14’’.
Pour 1988, 115 et 130 évoluent un peu : nouveaux étriers de freins, becquet de hayon redessiné, nouveau rétroviseur extérieur, nouvelle planche de bord et nouveau tableau de bord, nouveau volant etc... Concernant la seule 130 ch, le radiateur d’huile est remplacé par un échangeur huile/eau type Modine.
Rien de vraiment notable pour 1989 dans le cadre de cette étude rapide.
En 1990, les deux versions reçoivent une nouvelle boîte de vitesses à rapport et grille modifiés. Le couple de pont de la 115 demeure plus court que celui de la 130.
Présentation cette année de la 1.9 GTi «Griffe» qui ne sera volontairement produite qu’à 3.000 exemplaires. Cette version chic reçoit une finition spéciale :
- Peinture vert «Fluorite» métal.
- Baguettes grises foncées
- Jantes anthracite
- Marquage latéraux «Griffe»
- Moquette grise
- Sièges cuir «Ouragan»
- Direction assistée
- Système ABR
- Équipements de confort
repris à la Gentry.
En 1991 les 205 GTI reçoivent de nouveaux clignotants avant, des blocs de
feux arrières fumés et redessinés, un rétroviseur droit et diverses “bricoles” de finition. À cela s’ajoutent quelques modifications techniques sans importance si ce n’est celle, optionnelle, concernant un antiblocage de freins (ABR) à 2 capteurs seulement.
Rien de notable en 1992, si ce n’est la possibilité d’obtenir la 130 avec le tissu de siège apparu l’an passé sur la 115.
En 1993, la 115 est retirée du catalogue et le moteur 1905 cm3 XU 9JA devient XU 9JAZ suite à des modifications pour l’adaptation d’un échappement catalytique. La puissance chute à 122 chevaux DIN et le couple à 15,6 m.kg. Par contre son régime d’obtention de 3.000 tr/min est plus favorable à une utilisation sage.
La nouvelle GTi dépolluée évolue également à l’intérieur avec de nouveaux habillages et des jantes couleur gris anthracite.
Pour le millésime 1994, les plus visibles des modifications concernent l’éclairage (blanc) et les clignotants (pose de répétiteurs sur les ailes avant).
Fin de production de la 205 GTI 1.9L de 122 chevaux le 31 Janvier 1994. Une page est tournée.
À noter qu’en décembre 1984, Peugeot mit en vente un kit moteur destiné à répondre aux demandes de clients désireux d’absolument plus de puissance. Ce kit permettait de porter la puissance à 125 chevaux et surtout procurait un caractère plus bouillant au XU 5J. Finalement ils ne seront pas si nombreux qu’on aurait pu le croire à confier leur GTI 1.6L 105 chevaux à un garage Peugeot afin de la faire modifier avec les pièces du kit performance. Il faut dire que même issue d’un grand constructeur, homologuée et garantie pièces et main d’œuvre, la formule du kit n’a jamais eu bonne réputation et grand succès en France. La 205 GTi ne fera pas exception en ce domaine. Ce qui explique que la diffusion du kit 125 chevaux fut confidentielle. De plus l’apparition de la 115 puis de la 130 le torpilla.
Aujourd’hui trouver à acheter une 205 1.6 GTI kitée 125 chevaux est intéressant à plus d’un titre. Mais il faudra bien s’assurer que le kit est entièrement présent sous le capot et qu’il n’est pas qu’un rêve dans l’esprit du vendeur. De plus en cas de gros pépin incriminant l’une des pièces du kit il y a de fortes chances qu’un retour à la normale soit obligatoire, faute de pouvoir trouver la pièce en bon état. Méfiance donc ! 

Que vérifier ?

CARROSSERIE-COQUE
Bien que la caisse des 205 GTI ait subit un sérieux traitement anticorrosion, il peut arriver d’en rencontrer quelques unes avec des traces de corrosion. Rien de très anormal car il ne faut pas oublier que certaines ont connu une vie tumultueuse et que le temps a passé. Les plus âgées des 205 GTi ont déjà 20 ans. Les traces de corrosion se rencontrent généralement sous les enjoliveurs plastiques latéraux, dans les passages de roues, autour des poignées de porte, dans le bas du hayon, au niveau des charnières de celui-ci et à la base du pare-brise. Examinez également attentivement la rainure située au-dessus des vitres latérales arrières. Si vous y voyez des craquelures de peinture c’est que la caisse, très légère mais connaissant du fait des soucis de rigidité si elle a été souvent malmenée, a travaillé. Regardez aussi devant les roues arrières, à la jonction du panneau de tôle situé sous l’enjoliveur latéral avec le bas de caisse. Il se peut pour les mêmes raisons qu’il y ait une fissure à l’endroit précis où panneau de tôle et bas de caisse se rejoignent. Sauf à vouloir entreprendre une restauration complète, fuyez les voitures présentant ces soucis. Une 205 GTi qui a été bien entretenue et pas martyrisée doit nous être arrivée sans corrosion et avec une caisse indemne.
Traquez donc les traces de chocs, très courant sur ce type d’auto souvent menée à la cravache par un jockey inexpérimenté.
Assurez-vous que les plastiques bruts extérieurs (protections latérales, pare-chocs, extensions d’ailes) sont bien tous de la même teinte. Ils ont en effet tendance à éclaircir avec le temps, et si différence de teinte il y a c’est que certains ont été probablement changés. Demandez et regardez pourquoi.

HABITACLE
Le gros souci lors de l’achat d’une 205 GTI dans le but de la collectionner c’est l’intérieur. Effectivement, la finition y est légère, surtout sur les premiers millésimes, et le pire reste le tissu et la mousse des sièges qui sont d’une bien piètre qualité. Très fréquemment les bourrelets latéraux placés à l’extérieur sont complètement abîmés. Ne pas s’inquiéter des “cri-cri” se faisant entendre sur route bosselée, ils étaient déjà présents quand les voitures étaient neuves. Si elle en est munie, et pendant que vous êtes dans la voiture que vous convoitez, vérifiez donc le bon fonctionnement de son toit ouvrant optionnel coulissant. N’achetez pas une 205 GTi avec un toit ouvrant d’accessoiriste. D’abord car il ne s’accompagne pas des traverses de rigidification qui vont avec l’élément «usine», et nous avons vu que sur le point crucial de la rigidité de caisse la 205 GTi est un peu limitée, et ensuite car dans l’esprit « collection » ce genre d’accessoire plus ou moins bien rajouté n’a rien à faire sur votre future voiture.
Pour finir, assurez-vous que tout correspond bien au bon millésime. Il se peut fort bien que vous rencontriez pendant vos recherches des voitures avec un panachage sièges-volant et autres de millésimes différents. Avec la vie qu’on connut certaines 205 GTI ces dix dernières années ce n’est pas bizarre du tout…

ELECTRICITE
L’instrumentation à aiguilles peut faire des siennes, surtout sur les plus vieilles voitures, de même que les voyants à qui il peut arriver de s’allumer ou de clignoter de façon anarchique.
Quelques faiblesses au niveau des accessoires peuvent aussi survenir selon les modèles. En réalité rien de bien grave. Sauf peut-être celle de la pompe à essence immergée qui déclare forfait par intermittence d’abord, puis définitivement à cause de la pâte isolante qui recouvre ses cosses qui se désagrège dans le temps. Ce n’est pas que ce soit très grave au fond mais si l’on n’est pas prévenu et pas très connaisseur des faiblesses du modèle, il est possible de penser à pire.

TRAINS ROULANTS ET FREINS
Trains avant et arrière peuvent nécessiter un resserrage de leurs éléments constitutifs (rarement fait). Les cannelures des barres de torsion arrières se rongent parfois et les roulements de roues peuvent avoir pris du jeu. Ces problèmes se rencontrent le plus souvent sur des autos fortement kilométrées.
Il se peut aussi que le train avant devienne bruyant lors des braquages. Ceci vient des biellettes de barre stabilisatrice. Rien de méchant. Sachez que les amortisseurs d’origine Peugeot ne garantissent pas une tenue de route optimale au-delà de 40.000 km. Évitez les voitures aux suspensions rabaissées et durcies, toujours à cause de la caisse pas assez rigide pour encaisser sans dommage le surcroît de contraintes.
Côté freinage rien à signaler d’autre que le fait que son efficacité dépend beaucoup de l’adaptation disques-garnitures. Certaines voitures vous paraîtront donc beaucoup plus performantes que d’autres sur ce point. Selon l’utilisation, la durée plaquettes-disques avant peut aller du simple au double.
Jetez un œil aux pneumatiques. Le fait qu’ils soient neufs ne fait pas tout. Les qualités routières de la 205 GTi dépendent beaucoup des enveloppes choisies. Évitez les pneus Truc-Much modèle ZZPXX vantés par le vendeur du centre-auto local comme étant ce qu’il y a de mieux au monde (à deux fois moins cher que des Michelin, ce serait étonnant...). Ou alors changez-les pour profiter pleinement des incroyables capacités de votre GTi. Le bon marché est toujours trop cher en matière d’automobile, surtout quand cela touche directement à la sécurité et au plaisir de conduire.

TRANSMISSION
Comme pour les freins, l’embrayage durera plus ou moins longtemps selon le degré de sollicitation. C’est une évidence. Mais une évidence bonne à rappeler en ce qui concerne une petite sportive susceptible d’avoir souvent effectué des démarrages éclairs.
La boîte de vitesses est très très solide. Au bout de dizaines et de dizaines de milliers de kilomètres seuls les synchros de 2me et 3me peuvent présenter des petits signes de fatigue sur les autos bien conduites et entretenues. À signaler que le pignon de marche arrière est toujours très bruyant.
Les soufflets de cardans sont fragiles et pensez à regarder le silentbloc moteur supérieur droit. S’il a trop de jeu, la transmission peut en avoir souffert.
Enfin, vérifiez la tringlerie de levier de vitesses (bague Téflon). Plus pour la forme qu’autre chose car rien de grave et d’onéreux ne peut y survenir, mais sur certaines 205 GTi ce n’est pas joli joli de ce côté. Cela renseigne aussi sur l’exigence du propriétaire en matière d’entretien.

MOTEUR
Très fiables, les XU 5J, 5JA, 9JA et 9JAZ ne rencontrent que très peu de problèmes pour des moteurs équipant des sportives souvent menées sans ménagement. Disons qu’ils s’usent gentiment sans faire parler d’eux au fil des milliers de kilomètres. Il est très rare d’entendre parler d’un moteur de 205 GTi qui aurait cassé, ou alors c’était dans des circonstances anormales. Un manque d’huile par exemple.
Parmi les soucis vraiment chroniques et connus des XU à injection, un ralenti instable, qui ne va pas en s’arrangeant à mesure que le système d’injection prend de l’âge. En réalité bien que cela soit gênant et agaçant il n’y a rien de dramatique et la réparation peut être facilement effectuée.
Un point important, et qui renseigne lui aussi beaucoup sur l’importance que le propriétaire donnait à l’entretien de sa GTi, demandez donc la dernière facture du changement de courroie de distribution. Et pendant que vous y êtes, regardez les autres aussi… s’il y en a. Passés les 100.000 km, ce qui est aujourd’hui courant chez les 205 GTi, les injecteurs arrivent à connaître des soucis (pas graves, donc faciles à remédier).
L’échappement peut jouer des tours, notamment à hauteur du collecteur, ce qui produit un petit chuintement. Au même endroit se trouve vissée la patte de fixation de la boîte à air et avec la chaleur, celle-ci rouille et les vibrations la font casser. Là encore rien de grave.

Comme vous pouvez vous en rendre compte si vous ne le saviez déjà, les 205 GTi, quelle qu’en soit la version précise, sont des sportives extrêmement endurantes. Bien que la finition légère puisse un peu altérer le plaisir à la longue et que le manque de rigidité de la coque soit regrettable pour une auto ayant des trains roulants si efficaces, le bilan est largement positif. Évidemment tout n’est pas ici noté, il se peut tout à fait que vous rencontriez lors de vos recherches des exemplaires connaissant d’autres soucis. Mais ceux-ci ne sont certainement pas à mettre dans la catégorie des problèmes connus comme apparaissant sur la quasi-totalité des 205 GTi ayant effectué un kilométrage relativement important. Il conviendra donc lors de votre achat que vous soyez vigilent sur l’ensemble du ou des véhicules inspectés, et pas seulement et bêtement sur les seuls points ici énumérés. Ce conseil restera valable pour les autres véhicules que nous traiterons dans les prochains numéros.
Enfin, je dirais que dans le but de collectionner il est préférable d’éviter les 205 GTi s’approchant des 150.000 km si l’on ne vous apporte pas de sérieuses garanties d’une vie passée sans reproche (carnet d’entretien, factures, vidanges avec de la très bonne huile etc... Très bien entretenues dans les moindres détails et de manière préventive, ainsi qu’utilisées gentiment, elles peuvent encore faire beaucoup de chemin (certainement autant). Dans le cas contraire, le moteur sera déjà rincé et il ne vous gratifiera pas d’accélérations et de reprises dignes de lui, et puis tout le reste sera à l’avenant. Vous n’aurez que l’ombre d’une 205 GTi. Alors si vous ne pouvez pas vous assurez de la vie qu’a connu la voiture que vous convoitez, méfiance…
Et suivez donc ce dernier conseil, cherchez plutôt un exemplaire à tout prix peu kilométré. C’est le cas avec une auto affichant moins de 40.000 km au compteur. Certains  en demandent près de 7600 E de leur GTi. Oui, je sais c’est cher, mais c’est devenu tellemnt rare ! En cherchant bien et en étant patient c’est pourtant encore possible de trouver pareille auto. Au final, quelle joie de rouler dans une 205 GTi qui a encore le parfum du neuf. Comme dans les années ‘80, au temps de sa splendeur.

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