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jeudi 19 juillet 2012

Où en est on pour les GPS avertisseurs de radars ?

La torpeur estivale permet de gagner du temps, comme toujours. Alors qu'un protocole d'accord devait être signé avant l'été, entre le ministère de l'Intérieur et les fabricants regroupés au sein de l'AFFTAC*, le texte n'est toujours pas adopté. Par contre, l'Etat aura été plus rapide à installer sur le bord des routes des radars pédagogiques. Il est vrai que, juste avant le 14 juillet, la Mission d’information « Accidents de la circulation et prévention routière » de l'Assemblée Nationale a reçu à la fois le représentant de l'association et 40 millions de consommateurs. Les parlementaires voulaient être éclairés sur les causes réelles d'accidents. Du côté des autorités, on assure que dans les prochains mois (officiellement dès janvier 2012), les avertisseurs ne signaleront plus l'emplacement exact d'un radar fixe ou mobile, mais uniquement une zone à risque dans laquelle pourra se trouver un radar ou pas. Une cartographie des zones à risques est en train d'être élaborée en collaboration avec les préfectures.



Mais, comme les radars sont censés être installés dans des zones à risques, il ne devrait pas y avoir tant d'impact. Dans le cas particulier des avertisseurs de radars communicants (Mini Coyote, Wikango, Inforad), les utilisateurs pourront continuer à signaler les radars mobiles, mais pas avec l'emplacement exact du contrôle. Le point GPS sera traduit dans la base de données par une zone à risques, dont la longueur sera définie en fonction du type de route. Pour les autoroutes, la longueur de la zone à risque sera a priori de 4 kilomètres, de 2 kilomètres sur les autres voies hors agglomération et de 300 mètres en ville. Dans ces zones à risques "temporaires", la nature du danger (radar, accident, embouteillage, etc) ne sera pas précisée. Le bon point est que les automobilistes devront lever le pied plus longtemps.
Une fois que le protocole sera validé et que l'Etat fournira ses données, les fabricants procèderont à une mise à jour "over the air", sans intervention de l'utilisateur. Elle sera en revanche manuelle pour les produits non communicants. Il sera intéressant de voir comment vont se positionner les fabricants de GPS et les constructeurs, qui avaient tellement hésité avant d'intégrer les radars fixes.

*Association Française des Fournisseurs et utilisateurs de Technologies d'Aide à la Conduite

lundi 28 mai 2012

GPS avertisseurs de radars : la fin programmée d'une exception française ?

Hier avait lieu une réunion entre l’AFFTAC* (association qui représente les fabricants d’avertisseurs de radar) et Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur. Cette réunion Place Beauvau était très attendue, car elle intervenait à l'issue d'annonces contradictoires, à propos de la suppression des panneaux signalant les radars. En apparence, rien ne change ou presque car il a été décidé de modifier ces appareils afin qu'ils deviennent des avertisseurs de "zones dangereuses". Ils ne seront donc pas interdits. Mais, il ne faut pas se tromper. Le gouvernement veut rester ferme et ne souhaite pas remettre en cause l'interdiction de signaler les radars. Une interdiction qui prendra effet a priori au 31 décembre. Les dispositifs GPS proposés par Coyote, Inforad, Wikango et consorts vont donc perdre de leur intérêt, qui consistait jusqu'à présent à signaler avec précision les radars fixes ou mobiles.



La mobilisation des acteurs concernés a réussi à créer le buzz, avec plus d'un million de signatures et près de 200 000 fans sur Facebook. C'est bien plus que les membres de toutes les associations de victimes réunies. Le seul point positif est que les "experts", qui sont censés conseiller nos dirigeants, ont découvert à cette occasion - prière de ne pas rire - que les GPS avertisseurs de radars servaient aussi à indiquer la vitesse autorisée en fonction de l'axe emprunté, et à signaler les bouchons et les accidents (avec pour certains appareils un appel d'urgence). C'est à ce genre de détail qu'on mesure à quel point les technocrates sont compétents.


En ce qui me concerne, je n'ai jamais été très fan de ces systèmes qui "bipent" tout le temps. Mais, si l'on met de côté le signalement des radars, ces appareils ont effectivement le mérite d'afficher la vitesse adéquate (en l'absence de panneaux). Ils ont influencé du coup les GPS (nomades ou embarqués) qui rendent désormais ce service. Coyote a vraiment révolutionné le marché avec un appareil communicant, autorisant une mise à jour en temps réel (ce qui d'une certaine façon anticipait sur les GPS connectés), et favorisant par la suite des applications pour smartphones. Alors, que va-t-il se passer ?


Claude Guéant et l'AFFTAC ont convenu d'engager "un travail en commun en vue de développer un ensemble de fonctionnalités contribuant à améliorer la sécurité routière. Les services de l'Etat apporteront ainsi leur appui à la diffusion de l'information, qu'il s'agisse des vitesses autorisées, de l'état du trafic ou de la lutte contre la somnolence". Traduction : les fabricants auront accès à la carte de France des points noirs (qu'il sera intéressant d'analyser), tels qu'ils sont répertoriés par les services de l'équipement. Mais, les appareils se contenteront d'afficher "les secteurs routiers accidentogènes", sur leur longueur. Ils inviteront aussi les automobilistes à "adapter leur vitesse en fonction des limitations et des circonstances". Le fin mot de l'histoire est que c'est l’Etat qui donnera les informations aux diffuseurs.
C'est donc en effet la fin programmée des GPS avertisseurs de radars, tels qu'ils ont été conçus à l'origine. Et sans doute une belle occasion manquée de favoriser le dialogue entre les usagers de la route et les pouvoirs publics, dans le but de signaler les "vrais" points noirs et de contribuer au trafic temps réel.

*Association Française des Fabricants et utilisateurs de Technologies d’Aide à la Conduite